91.
— Je suis en position. Terminé.
En entendant le grésillement dans le petit haut-parleur, Ari approcha l'émetteur-récepteur de son oreille.
— Il n'y a ni gardes ni caméras, continua Krysztov. C'est étrange. À toi.
— Soit ils ont négligé la sécurité du bâtiment, ce qui m'étonnerait beaucoup, soit ils sont partis.
— Ou alors c'est un piège, intervint Iris sur leur canal. Faites attention, les garçons. Ils savent peut-être que vous êtes là.
— Il n'y a qu'un moyen de savoir, répondit Ari. Krysztov, on entre. Je te préviens quand je suis devant la porte. Il faut qu'on fasse sauter ça en même temps. À toi.
— OK. Je me prépare. Terminé.
Mackenzie jeta un dernier coup d'œil à la voûte immense du bâtiment en ruine, puis, du bout de son fusil, il poussa la petite porte et s'avança dans l'escalier en pierres qui s'enfonçait sous la cathédrale.
Il sentit la tension monter en lui. À cet instant, il ne pensait qu'à une chose : sauver Alain. Sauver le frère d'Iris, qui était peut-être enfermé quelque part dans le complexe.
La lampe torche collée contre le canon du Mossberg, il descendit prudemment les marches. L'air était chaud et humide, les murs renvoyaient une légère odeur de moisi. À mesure qu'il progressait, Ari ne pouvait s'empêcher de songer au puits de Saint-Julien-Le-Pauvre et à la descente qu'il avait faite, seul, dans les entrailles de Paris. Quelques mois plus tard, voilà qu'il se retrouvait dans la même situation : un couloir obscur caché sous une église, une plongée vers le cœur de la terre. Mais cette fois, il voulait des réponses pour clore cette affaire une bonne fois pour toutes. Plus rien ne pourrait l'arrêter : aucune classification Secret Défense, aucun ordre ministériel.
L'escalier fit un coude vers la droite, Ari descendit encore une vingtaine de marches et parvint enfin devant une lourde porte métallique, dont la modernité contrastait avec les pierres du couloir.
Il jeta un coup d'œil alentour. Pas de gardes et pas caméras ici non plus, mais la serrure semblait solide. Il espéra que l'explosif fabriqué par Krysztov suffirait.
En prenant garde de ne faire aucun geste brusque, il sortit la petite boîte en plastique de son sac à dos et la plaqua sur la serrure à l'aide de ruban adhésif. Il fixa ensuite le minuscule détonateur confectionné en urgence par le Polonais. Une charge primaire et secondaire, et un système de déclenchement électrique sommaire. Une bombe de terroriste. La dangerosité d'un tel appareillage n'était pas négligeable ; les anecdotes au sujet d'accidents survenus lors de la manipulation d'explosifs artisanaux étaient nombreuses, mais Ari avait une totale confiance en son ami. Dans la précarité de leur situation, Zalewski avait certainement agi au mieux pour minimiser les risques.
D'un geste assuré, l'analyste déroula lentement les deux fils le long de la porte, puis sur le sol, et il revint sur ses pas, jusqu'à l'endroit où l'escalier faisait un angle. Là, il pourrait s'abriter derrière le mur.
Une fois en place, il saisit à nouveau l'émetteur-récepteur qu'il portait à la ceinture.
— Krysztov, je suis prêt. La charge est en position. Terminé.
Aucune réponse. Ari resta patiemment adossé au mur rugueux. Il sentit son estomac se nouer. Son engagement au sein de la FORPRONU, seize ans plus tôt, avait laissé des traces. Une certaine conscience du danger imminent, et une bibliothèque d'images violentes qui ne manquaient pas de défiler dans sa tête quand il sentait venir le combat. Quelques instants plus tard, la voix de Zalewski résonna enfin dans l'appareil.
— Idem ici. J'attends ton signal. À toi.
— On se retrouve à l'intérieur à l'endroit prévu. Terminé.
Les deux hommes, à l'initiative du Polonais, avaient entièrement mémorisé les plans du complexe souterrain. En croix, comme la cathédrale, il n'était guère compliqué. Ils avaient soigneusement planifié leur progression à l'intérieur, sachant qu'Ari allait entrer par le sud et Krysztov par l'est. Si tout se passait bien, ils devaient se retrouver à l'entrée du poste de sécurité, au centre de la croix, endroit où ils risquaient de rencontrer la plus grande résistance, et où ils espéraient trouver Alain Michotte.
Mackenzie plaça son pouce au-dessus de l'interrupteur qui terminait les deux fils électriques, puis il enfila son masque.
Il appuya sur le commutateur du talkie.
— Prêt ?
— Prêt.
— On y va. Cinq, quatre, trois, deux, un, go !
La déflagration fut bien plus forte qu'il ne l'avait imaginée. Le souffle se fit ressentir jusque dans le haut du couloir et, quelques instants après l'explosion, il entendait encore tomber des pierres et des débris de métal. Une fumée noire avait envahi l'espace déjà obscur du souterrain. Sans attendre, Ari se précipita à travers l'épais nuage. Il descendit les quelques marches et distingua bientôt l'ouverture béante au milieu du mur. La porte avait été éjectée par l'explosion et une partie de la paroi de béton s'était écroulée. De l'autre côté, il aperçut un couloir gris. Aucune lumière allumée.
Sur ses gardes, progressant lentement à la manière d'un commando, il s'engouffra dans le corridor sinistre. Il n'y avait rien devant lui que cette perspective rectiligne, puis, tout au bout, une nouvelle porte. Ari pressa le pas. À n'en pas douter la double détonation, de ce côté et de celui de Krysztov, avait réveillé tout le monde à l'intérieur du centre et les gardes n'allaient pas tarder à réagir. Nerveux, bouillonnant, il sentait son cœur cogner, son sang battre dans ses veines.
Il avança aussi vite que possible jusqu'à la seconde porte, qu'il enfonça d'un grand coup de pied. Au-delà, il découvrit un nouveau couloir, peint de blanc cette fois, et le long duquel se succédaient sur chaque mur une dizaine de portes.
Mais toujours personne. Les lumières étaient éteintes. C'était à croire que tout le monde dormait.
— Il n'y a personne ici, à toi.
— Personne de mon côté non plus, répondit Krysztov avec une note d'inquiétude dans la voix.
— On continue, terminé.
Ari s'arrêta au niveau de la première porte sur sa droite. Il se plaqua sur le côté puis, de la main gauche, enfonça brusquement la poignée. Rapide coup d'œil à l'intérieur. Rien ici non plus. La salle était entièrement vide. Il pesta, retourna dans le couloir et se plaça devant la deuxième porte. Sans baisser sa garde, il pénétra dans cette nouvelle pièce. Promenant le faisceau de sa lampe, il distingua de simples meubles en fer, placards, commodes, tables… Mais aucun objet, pas un papier, rien. On eut dit que les lieux n'étaient plus occupés. Ou qu'ils avaient été complètement dévalisés.
Ari remonta l'allée, ouvrant les portes les unes après les autres pour constater que le Centre – de ce côté-là en tout cas – était bien désert. Selon les plans, il se trouvait dans la zone résidentielle du complexe : chambres, réfectoire, cuisine, garde-manger… Plusieurs indices laissaient penser qu'il n'avait pas été abandonné depuis longtemps : aucune poussière sur les meubles, une odeur de cuisson dans les cuisines… À y regarder de près, d'autres signes permettaient de déduire qu'on était parti précipitamment. Dans l'une des chambres, Ari avait remarqué des vêtements qui pendaient d'un tiroir ouvert. Dans une autre, le lit était encore défait et on avait laissé un roman sur la table de chevet.
Il enclencha un interrupteur sur le mur, sans résultat. Il en essaya un autre quelques mètres plus loin. Toujours rien. On avait coupé les plombs.
En se dirigeant vers le bout du couloir, Ari reprit le talkie à sa ceinture.
— Krysztov ? Tu as trouvé quelque chose ?
— Les bureaux sont vides. Il reste des claviers et des écrans d'ordinateurs, mais on a enlevé les unités centrales. À toi.
— Les plombs sont coupés. J'ai l'impression qu'il n'y a plus personne.
— Ils sont partis en emportant tout ce qui pouvait les compromettre, intervint Iris, qui suivait toujours leur progression depuis l'extérieur.
Ari devina la profonde déception dans sa voix.
— On continue, Krysztov ?
— Je n'aime pas ça, Ari. S'ils sont partis, c'est sans doute qu'ils savaient qu'on arrivait… Ça sent le piège.
— Je sais. Mais on ne peut pas s'arrêter maintenant. Il y a peut-être des preuves, des indices.
— Visiblement, ils ont fait attention à ne laisser aucune trace. Du moins rien d'important. Tout ça ne me dit rien qui vaille. On ferait mieux de sortir.
Ari hésita. C'était risqué. Mais il s'imaginait mal affronter le regard d'Iris en lui avouant qu'ils n'avaient pas osé aller jusqu'au bout.
— Sors si tu veux, dit-il finalement. Moi, je continue. Alain est peut-être à l'intérieur.
Le Polonais mit quelques secondes à répondre lui aussi.
— OK. On continue comme prévu. Terminé.
Ari se remit en route, plus vigilent que jamais, puis il s'immobilisa devant la dernière porte. S'il ne s'était pas trompé, ils n'étaient plus très loin. De mémoire, le poste de sécurité, où ils devaient se rejoindre, se trouvait deux salles au-delà. Et derrière ce poste, la cellule où le frère d'Iris était peut-être enfermé.
Le doigt sur la détente du Mossberg, Ari pénétra dans la pièce centrale du complexe. C'était une grande salle carrée, une sorte de sas qui faisait la jonction entre les quartiers résidentiels, dans l'axe vertical de la croix, et la partie fonctionnelle du Centre, dans l'axe horizontal. À droite, le couloir donnait sur les bureaux, les laboratoires et, un peu plus loin, sur le fameux poste de sécurité.
Il inspecta les alentours à la lumière de sa lampe puis reprit sa progression. Soudain, la voix de Krysztov s'éleva de son récepteur.
— Ari ! s'exclama-t-il. On sort ! Ça va sauter !
L'information fut comme un coup de poignard dans les entrailles de Mackenzie. En une fraction de seconde, il analysa la situation. Le chemin le plus court pour sortir ? Celui par lequel il était entré. Attendre Zalewski ? Non, ce dernier sortirait sans doute par l'autre côté. Chacun pour soi. Il fit volte-face et partit en courant.
Alors que ses pas claquaient sur la surface glacée du béton, les questions fusaient dans sa tête. Krysztov avait-il eu le temps d'arriver jusqu'à la cellule de détention ? Avait-il vu Alain ? Mais surtout : avaient-ils une chance de s'en sortir ? S'il arrivait quelque chose à son ami, il ne se le pardonnerait jamais. Il aurait dû se fier à l'intuition du Polonais et rebrousser chemin beaucoup plus tôt. Trop tard pour les remords.
À un rythme effréné, il fit tout le trajet en sens inverse. Le faisceau de sa lampe dessinait des zig-zag sur les murs à la cadence de sa cavalcade. À chaque pas il s'attendait à être balayé par l'explosion. Il entendait presque s'égrener les secondes d'un compte à rebours fatal. À bout de souffle, il arriva à l'entrée du quartier résidentiel. En face de lui, l'ouverture béante qu'il avait faite un peu plus tôt. Quelques mètres encore et il serait dehors.
Ari se précipita vers l'escalier mais, avant qu'il ne puisse l'atteindre, il fut rattrapé par l'immense déflagration.
Il lui sembla entendre derrière lui les portes du complexe sauter les unes après les autres dans un vacarme étourdissant. Puis, avec un léger décalage, son corps fut projeté en avant par le souffle incroyable de la détonation.
Mackenzie roula sur le sol jusqu'au bas des marches en pierre. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits. Quand il se redressa sur les coudes, hagard, une épaisse fumée avait envahi les lieux et il sentit aussitôt la brûlure dans sa gorge.
Sortir.
Mu par des automatismes de survie, Ari se releva d'un bond, abandonna arme et lampe derrière lui et commença à monter le vieil escalier en titubant dans l'obscurité. S'appuyant sur la paroi pour ne pas tomber, il gravit les marches en retenant son souffle. À chaque inspiration, il le savait, il risquait l'intoxication. Sa poitrine était en feu et sa tête lui tournait de plus en plus. Après quelques mètres, il crut qu'il allait perdre connaissance. Mais ce n'était pas le moment de faiblir. Il tenta de focaliser son esprit et accéléra le rythme de son ascension.
Soudain, il lui sembla voir une lueur. Ari releva la tête. Mais les yeux lui piquaient et il la baissa aussitôt dans un geste de défense. Agrippé au mur, il lutta pour ne pas s'écrouler, puis brusquement, il vit une ombre se dessiner devant lui et sentit qu'on l'attrapait par l'épaule.
Iris. Il était sauvé.
Elle se plaça à côté de lui, fit passer son bras par-dessus son épaule pour le soutenir et l'aida à sortir de la fournaise.
Quelques instants plus tard, ils étaient dehors, sur le parvis de la cathédrale.
Ari s'écroula, à bout de forces, sur les grandes dalles de pierre.
— Mon frère ? demanda seulement Iris en s'agenouillant près de lui.
Ari se contenta de faire non de la tête. Puis il reprit lentement une respiration normale et attrapa son amie par le bras.
— Krysztov ! Appelle-le.
Elle acquiesça, prit son talkie et appuya sur le commutateur.
— Krysztov ? Tu me reçois ?
Aucune réponse.
— Essaie encore.
— Krysztov ! Réponds ! Krysztov ! Tu es là ?
Mais le récepteur resta désespérément muet.
Les cathédrales du vide
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