72.
Krysztov débarqua quelques minutes après Ari dans
l'appartement de la porte de Champerret.
L'analyste vint lui ouvrir, le visage
déconfit.
— T'as les clefs d'ici toi ? demanda le
Polonais en fronçant les sourcils.
— Oui. Depuis des années. C'est une longue
histoire.
— Je vois…
Zalewski suivit son ami dans le salon.
— Alors ?
— Alors… Elle a fait ses valises. Elle a fait
ses valises et elle est partie.
— Où ?
— Je n'en ai pas la moindre idée.
Le garde du corps se laissa tomber sur le canapé,
abasourdi.
— C'est pas possible… Tu crois qu'elle
aurait…
— Je n'en sais rien, coupa Mackenzie. Je ne
sais pas ce qu'elle a fait ! Mais les documents de Mancel ne
sont plus à la consigne, et elle était la seule, avec toi et moi, à
connaître le code. Et maintenant, comme par hasard, elle est
partie.
Ari s'appuya contre une commode en bois noir et
leva les yeux au plafond.
— Cela ne lui ressemble tellement pas,
murmura-t-il d'un air effondré.
— Tu crois qu'elle a été enlevée ?
— Ça serait plus crédible. Mais il n'y a pas
la moindre trace de lutte dans l'appartement. Et puis pourquoi
aurait-elle appelé à Levallois en faisant croire qu'elle était
malade ? J'ai l'impression qu'elle a soigneusement préparé ses
affaires…
— Tu as regardé son ordinateur ?
— Tu sais bien que j'ai horreur de ça.
Le Polonais se leva et s'installa derrière le
bureau d'Iris. Il démarra le PC et commença à farfouiller dans le
logiciel de courrier électronique. Il ne lui fallut que quelques
minutes pour trouver la réponse qu'ils cherchaient.
— Regarde !
Ari vint se placer derrière lui et lut par-dessus
son épaule, perplexe. Iris avait reçu un mail de confirmation d'Air
France. Elle avait acheté des billets en ligne et son avion
décollait de Roissy trois heures plus tard.