Sitôt que l’info selon laquelle nous avions identifié un suspect possible du nom de Tyler Bell parvint au bureau du chef de la police, le retour de bâton ne se fit pas attendre. On nous demandait de rendre cette information publique, sans délais. Ce qui était beaucoup plus facile à dire qu’à faire.
Certes, il fallait bien donner quelque chose aux journalistes. Si un autre meurtre était commis sans que nous ayons fait état des progrès de l’enquête, la presse nous incendierait sans même chercher à connaître nos raisons. Nous perdrions beaucoup de temps en communication de crise, et nos investigations en pâtiraient.
D’un autre côté, notre suspect faisait partie du grand public, et diffuser trop d’informations sur ce que nous savions et ce que nous ignorions eût été une faute irréparable.
En guise de compromis, il fut décidé d’organiser un point presse improvisé sur les marches du Daly Building. Nous n’y tenions pas vraiment, mais aucune autre proposition n’avait l’heur de plaire au grand patron. À ses yeux, il fallait impérativement « communiquer sur les progrès de l’enquête ». Et tant pis pour les éventuelles conséquences…
Le soir même, à vingt heures, la rencontre avec les journalistes eut donc bien lieu, mais elle fut brève. Nous révélâmes simplement que notre principal suspect s’appelait Tyler Bell.
Bree, elle, avait préféré ne pas apparaître devant les caméras. Elle ne voulait pas entendre une nouvelle fois évoquer l’agression dont elle venait de faire l’objet.
Quand ce fut fini, on nous attendait pour une réunion d’urgence. L’enquête s’accélérait et, curieusement, SW semblait tout faire pour qu’il en soit ainsi.
Lui, ou quelqu’un d’autre.