En voulant à la terre entière, et à Braden Thompson en particulier, nous arrivâmes au QG de la police d’une humeur massacrante. Le surintendant Davis ne tarda pas à nous mettre le grappin dessus.
— Par ici, aboya-t-il en se dirigeant vers son bureau. Tous les trois. Tout de suite.
Nous nous regardâmes, vaguement inquiets.
— C’est bizarre, j’ai l’impression qu’on va me coller et me sucrer mon entraînement de foot, marmonna Sampson.
— Oui, renchérit Bree, et moi, qu’on va me virer de l’équipe de pom-pom girls. Non, je plaisante, je n’ai jamais été cheerleader.
Le temps de nous ressaisir, nous étions face à Davis.
— Pourriez-vous m’expliquer ceci ?
Il retourna le journal posé sur son bureau. En une du cahier des pages locales, je vis un article intitulé « Le Showman a peut-être fait un émule ».
Ce n’était pas tant le titre qui me surprenait. J’avais oublié à quelle vitesse ce genre d’infos pouvait se propager.
Bree répondit pour nous.
— Nous ne le savons nous-mêmes que depuis ce matin. Et, d’ailleurs, on vient juste d’aller…
— Ne m’abreuvez pas d’explications, inspecteur Stone. Pour moi, ça équivaut presque à des excuses. Faites quelque chose !
Et il fit craquer ses cervicales puis se massa le cou nous signifiant ostensiblement l’état de tension dans lequel nous l’avions mis.
— Pardonnez-moi, lui répondit Bree, mais ce n’est pas le genre d’info que nous sommes en mesure de maîtriser. Une fois que…
Davis l’interrompit une nouvelle fois.
— Je n’ai pas besoin d’un cours de gestion de crise, je veux juste que vous mettiez fin à ce bordel. On est à la section criminelle. Vos supérieurs ne sont pas là pour vous servir de parapluie. En cas de problème, vous devez réagir avant que j’aie à vous le demander. C’est compris ?
— Oui, j’ai compris. Et moi non plus, je n’ai pas besoin d’un cours de gestion de crise. Idem pour SW, apparemment.
Soudain, un sourire incongru barra le visage de Davis.
— Vous comprenez pourquoi je l’adore ? nous dit-il, hilare.
Quelque chose me disait que oui, je comprenais parfaitement.