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Nous pénétrâmes dans la maison tout doucement, sans faire de bruit, accompagnés d’un flic du quartier, un jeune qui s’appelait DiLallo et qui était mort de trouille. Les autres collègues en tenue étaient restés dehors pour tenir à l’écart les journalistes trop aventureux, voire les curieux parfois prêts à tout pour surprendre une scène scabreuse.

À l’intérieur, tout était parfaitement calme, mais on étouffait dans la chaleur de cet air vicié – ni fenêtre ouverte ni climatisation. Comme à l’extérieur, la déco se voulait moderne. J’aperçus une copie de canapé Eames dans le séjour, à ma gauche, et dans la salle à manger, plus loin, une table en laque rouge et des chaises cannelées. Rien de déterminant pour l’instant, mais je devinais qu’il s’était passé quelque chose ici.

D’un mouvement du menton, Bree indiqua qu’elle s’occupait du séjour, et elle fit signe au flic en tenue d’aller vers la cuisine.

Moi, je prenais l’escalier.

Les lattes de bois massif et la rambarde d’acier ne firent aucun bruit à mon passage. Cet endroit était trop calme à mon goût. L’expression « silence de mort » m’aurait paru appropriée, et je redoutais la découverte macabre.

Étions-nous, cette fois, censés jouer le rôle du public ? Était-ce ça, la grande nouveauté ? Cette mise en scène nous était-elle exclusivement destinée ?

Sous le petit dôme de verre, inondé de soleil, je sentais déjà mes épaules ruisseler.

En haut, l’escalier se dédoublait pour rejoindre un palier ouvert surplombant le rez-de-chaussée. Je vis une porte fermée sur la gauche, et plus près de moi, une autre, ouverte, laissant entrevoir une salle de bains vide. Enfin, elle avait l’air vide de là où j’étais.

Personne en vue en tout cas, mort ou vif.

J’entendais arriver d’autres collègues, en bas. Il y avait déjà du monde à disposition. Chuchotements nerveux, crachotements de radio. La voix éraillée de l’officier DiLallo – quelqu’un l’appela Richard, genre Richard, calme-toi.

Bree réapparut dans le hall, en contrebas, et m’indiqua qu’il n’y avait pas de problème. Je lui fis signe de monter.

— Pourquoi, tu te sens seul ?

— Quand tu n’es pas là, toujours.

Lorsqu’elle m’eut rejoint, je lui montrai la porte de la chambre.

— C’est la seule qui soit fermée.

Me préparant au pire, je fis irruption à l’intérieur de la pièce en braquant d’abord mon Glock sur l’angle opposé avant de balayer à gauche et à droite.

Je n’aurais pu dire si j’étais déçu ou soulagé. Il n’y avait rien, dans cette pièce. Rien d’inhabituel. Un lit bien fait dans un coin, un placard ouvert, avec des vêtements de femme.

Qu’avions-nous négligé ? Nous étions bien au bon endroit, non ?

Et là, nous entendîmes tous les deux le petit staccato d’un hélicoptère en approche rapide. Quelques secondes plus tard, l’appareil survolait la maison.

D’autres bruits nous parvenaient de la rue. Un cri les domina.

— Sur le toit !

Je levai la tête, et compris alors que le dôme s’ouvrait.

En votre honneur
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