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Lorsque Bree Stone arriva à son bureau, le lundi matin, le téléphone sonnait déjà. Elle posa sa cannette de Slim-Fast vide – elle en avait vidé deux pendant le trajet – et décrocha. Elle chassa Alex de ses pensées pour se reconcentrer sur des choses bien moins agréables.

— Bree, c’est Brian Kitzmiller. Dites, j’ai un truc à vous montrer, vous allez voir, ça décoiffe !

— Un truc qui décoiffe, Kitz ? À quoi faites-vous allusion ? À un nouveau jeu pour votre Wii ? Vous savez que vous êtes un phénomène, vous ?

Elle remit son sac à l’épaule.

— Je suis là dans cinq minutes.

— Inutile de vous déplacer. Avez-vous un ordinateur à proximité ?

— Bien sûr, comme tout le monde, aujourd’hui.

Dès qu’elle fut sur Internet, Kitz l’orienta vers un site intitulé SerialTimes.net. Bree leva les yeux au ciel. Quoi encore ? La page d’accueil regroupait un fatras d’images au format timbre-poste, de mises à jour « non officielles » et d’infos. Le malsain le disputait à l’obscène. Dans le genre, Bree avait rarement vu pire.

L’élément le plus voyant de la page était une boîte au contour rouge, avec, en titre :

Exclusif ! À ne pas manquer !

Un message du plus mortel des showmen !

Cliquez ici.

— Et je suis censée croire que c’est vrai ? demanda-t-elle. Répondez-moi, Kitz.

— Cliquez, et vous me direz ce que vous en pensez.

La fenêtre suivante proposait un texte en lettres blanches sur fond noir, avec la même police de caractère, style vieille machine à écrire, que celle du blog mis en ligne par le tueur. L’une des innombrables pistes que Bree avait explorées sans grands résultats.

Ce n’était pas l’aspect familier du site qui répondit aux interrogations de Bree, mais les deux images collées en haut de l’écran : un petit drapeau irakien et le X vert de X-Files, symboles utilisés lors des deux premiers meurtres.

Une manière de dire : eh oui, c’est moi.

— Ces deux éléments ne sont pas connus du grand public, dites-moi ? demanda Kitzmiller. Ou je me trompe ?

Bree fit non de la tête, comme s’il pouvait la voir, et marmonna :

— Non, Kitz. On n’en a pas fait état.

Elle était déjà en train de lire le message, tout aussi incroyable que les précédents.

L’imitation est le plus sincère des hommages. Charles Caleb Colton.

 

Je tiens à faire une mise au point pour tous ceux qui s’intéressent ou devraient s’intéresser à la question. Le coup merdique de l’autoroute George Washington Memorial ? C’est quelqu’un d’autre, pas moi. Je m’avoue flatté, mais ne m’en attribuez pas la paternité, car je n’y tiens pas. Ce que je veux dire, c’est que notre ami « Nixon » s’est borné à copier ce que j’ai fait au Riverwalk ! Et il n’a même pas eu le courage de montrer son visage. Qui plus est, c’était du travail d’amateur, indigne de moi ou de mes modèles.

Le stade de FedExField, en revanche, c’était bien moi. Il fallait des couilles pour y entrer et en ressortir. Imaginez-vous commettant un double meurtre dans un lieu public fermé comme celui-là.

Ne vous y trompez pas. Il n’y a qu’un SW – le Showman de Washington. Quand ce sera moi, vous le saurez. Vous le saurez parce que je vous le dirai.

Et quand je passerai de nouveau à l’action, ce sera avec classe et inspiration. Accordez-moi un peu de respect, je pense que je l’ai bien mérité.

Désormais, au moins, la police dispose d’un coupable qu’elle est en mesure d’arrêter – cet imposteur ! Pas vrai, inspecteur Bree Stone ? Car vous n’êtes pas près de mettre la main sur moi, n’est-ce pas ?

Profitez bien de la vie, enfoirés.

 

— SW

Quelques secondes durant, Bree resta figée là, incrédule. Alex avait vu juste au sujet des meurtres de l’autoroute… et de tout le reste, probablement.

En votre honneur
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