Le feu n‘a pas de forme propre, mais il s’attache à l’objet qui brûle. La lumière, elle, s’attache aux ténèbres.

Philosophie de Cogitor

 

Après un mois de réparations, le Voyageur du Rêve était prêt à quitter la Terre pour une nouvelle croisière de mise à jour des suresprits. Mais Vorian Atréides avait un dernier devoir avant de partir : rendre visite à Érasme le robot, ainsi qu’il le lui avait demandé.

L’extraordinaire calèche tirée par six chevaux blancs le conduisit à la villa. Cette fois, le soleil brillait et quelques rares nuages dérivaient au-dessus de l’océan.

Il vit aussitôt Serena Butler, sur le seuil. Elle portait une robe noire et floue de servante et son ventre était si rond qu’il se demanda comment elle pouvait encore vaquer à sa tâche.

Elle l’attendait les bras croisés, avec une expression neutre. Il ne savait pas à quoi il s’était attendu, mais il fut dépité. Il se souvenait du ton qu’elle avait eu lors de sa première visite, et il avait espéré qu’elle se montrerait au moins heureuse de le revoir.

Peut-être était-ce à cause de son bébé. Il se dit que son organisme devait être secoué par des tempêtes hormonales. Elle s’inquiétait sans doute aussi du sort réservé à son enfant. Quelles étaient les intentions d’Érasme ?

Elle avait été la fille d’un homme important au sein de la Ligue des Nobles, mais ici elle n’était plus qu’une modeste domestique, elle n’était pas de la classe des servants et son enfant pourrait bien finir dans les enclos des esclaves de la plus basse classe... à moins que Vorian n’use de son influence. Mais à supposer qu’il y parvienne, est-ce qu’elle lui montrerait de la gratitude ?

Il laissa les chevaux piaffer sur les dalles et passa entre les colonnes de style grotesque égyptien. Avant que Serena ait parlé, il bredouilla :

—                       Je vous prie de m’excuser si je vous ai offensée la dernière fois, Serena Butler. En quoi que ce soit.

Il avait appris cette phrase par cœur.

—                       C’est votre lignée qui m’offense, rétorqua-t-elle sèchement.

Il fut pris de court. Il était le fils d’Agamemnon et il avait eu le droit de lire les Mémoires de son père, de connaître toutes les conquêtes glorieuses des Titans. Il avait eu la chance de découvrir des mondes intéressants, des centaines de choses. Jusqu’alors, être le fils d’un Titan lui avait toujours paru un avantage.

Devant son expression, Serena se rappela qu’elle devait s’en faire un allié et lui fit un sourire.

—                       Mais c’est autant un fardeau pour moi que pour vous, Vorian.

Elle l’accompagna entre les statues et les urnes et il dit, comme s’il lui devait une explication :

—                       Je vais partir à bord du Voyageur du Rêve et votre maître a demandé à me parler avant. C’est pour ça que je suis ici.

Elle haussa les sourcils.

—                       Je suis certaine qu’Érasme sera heureux de vous voir.

Ils allaient franchir une porte, et Vorian demanda :

—                       Vous n’acceptez jamais d’excuses ? Ou bien considérez-vous que les affronts sont permanents ?

Elle parut surprise.

—                       Mais vous n’êtes pas vraiment navré, n’est-ce pas ? Vous servez de votre plein gré les machines pensantes, qui ont réduit les humains en esclavage et qui les torturent. Vous reconnaissez au moins ça, non ? Vous êtes fier de votre père, comme si ce qu’il fait le méritait. Que savez-vous des horreurs qui ont été commises au Temps des Titans ? Vous avez entendu parler des Rébellions Hrethgir ?

—                       J’ai lu dans le détail les Mémoires de mon père...

—                       Je ne parle pas de la propagande d’Agamemnon, mais de l’Histoire. La vraie.

Il se renfrogna.

—                       La vérité est la vérité, n’est-ce pas ? Comment peut-il y avoir différentes versions d’un même événement ?

Elle soupira, excédée, comme s’il n’était qu’un enfant qu’elle avait du mal à convaincre.

—                       Par bien des côtés, Vorian Atréides, vous n’avez pas plus de conscience qu’une machine. Parce que vous ne comprenez pas que vous avez un choix à faire  – parce que vous croyez vraiment que vous ne faites rien de mal. (Un sourire effleura ses lèvres.) Mais comment se mettre en colère contre quelqu’un qui se trompe à ce point ? Peut-être qu’Agamemnon a trop honte de vous apprendre l’Histoire. Vous êtes-vous jamais soucié de vérifier les faits, ou vous contentez-vous d’accepter pour argent comptant les récits de guerre de votre père ?

Il redressa le menton, indécis sur ce qu’il devait penser de l’humeur agressive de Serena.

—                       Je suis un servant. Je peux avoir accès à toutes les archives historiques si je le souhaite.

Ses pensées tournaient furieusement.

—                       Alors, enquêtez donc par vous-même. Vous aurez tout le temps de repenser à toutes ces choses dans votre vaisseau.

Ils s’avancèrent dans le salon austère. Les murs de plass répandaient une clarté d’ambiance jaune. Puis, brusquement, ils passèrent par toute une gamme de tons et la lumière s’adoucit. Serena lui désigna un divan brun.

—                       Érasme nous a demandé de l’attendre ici. (Elle s’installa avec réticence à son côté et ajouta :) Vous et moi.

Elle était tout près de lui. C’était sans doute ce qu’Érasme avait souhaité. Il n’y avait pas d’autre meuble dans la pièce. Vorian, silencieux, sentit son pouls s’accélérer. Mais il savait qu’il était absurde d’être attiré par elle.

Érasme épiait les deux humains sur ses écrans tournoyants. Il était intrigué par leur langage corporel, la façon qu’ils avaient de se regarder puis de détourner les yeux. En dépit de son attitude conflictuelle, Serena devait être un peu attirée par ce beau jeune homme. Et il ne faisait pas le moindre doute que Vorian Atréides était séduit.

Érasme avait souvent observé le comportement de reproduction des humains, mais cela n’avait rien à voir avec le processus de base. C’était bien plus complexe que tout ce qu’il avait pu observer chez les esclaves prisonniers.

Comme le silence se prolongeait, Serena risqua :

—                       On pourrait penser qu’un robot aurait un peu plus conscience du temps.

Vorian lui sourit.

—                       Ça ne me fait rien d’attendre.

Serena semblait tendue, mais elle prit la peine de sourire.

Fascinant. Dans la poésie classique et la littérature, Erasme avait beaucoup appris sur les mystères de l’amour romantique, mais jamais encore il ne l’avait vu fleurir. Une fois, soixante-treize ans auparavant, il avait découvert deux jeunes amants qui avaient fui leurs devoirs afin de voler quelques instants dans des rendez- vous galants. Il les avait surpris, bien sûr  – les humains étaient tellement maladroits quand ils voulaient vous abuser  – et les avait châtiés en les séparant définitivement. Cette réaction lui avait semblé évidente. S’il leur avait permis de gagner une pareille indépendance, le mal aurait gagné les autres esclaves.

Mais plus tard, il avait regretté cette mesure car il aurait aimé continuer à observer l’acte d’amour chez les humains.

Pour ces deux-là, il avait un plan parfaitement au point. Leurs rapports était une nouvelle expérience, bien différente des imaginaires « cellules rebelles » qu’il avait commencé à étudier à la suite du défi d’Omnius. Oui, il était important d’observer les humains dans leur comportement naturel.

Et quelquefois, il est nécessaire de les tromper.

Ils attendaient et devenaient agités. Il notait leurs moindres gestes, leurs regards nerveux, chaque mouvement de leurs lèvres, les mots qu’ils se disaient, le ton qu’ils employaient. Ils étaient mal à l’aise, perturbés par cette situation anormale, ne sachant quelle attitude prendre.

Vorian Atréides, visiblement, acceptait mieux les circonstances que Serena.

 — Erasme vous traite bien, dit-il comme pour tenter de la convaincre. Vous avez de la chance qu’il s’intéresse tant à vous.

Même avec son ventre, Serena eut la force de se redresser brusquement comme s’il l’avait frappée. Elle se tourna vers lui et Érasme apprécia son expression indignée, de même que le regard étonné de Vorian.

—                       Je suis un être humain. J’ai perdu ma liberté, ma maison, ma vie  – et vous venez me dire que je devrais avoir de la reconnaissance pour mon ravisseur ? Je crois que vous devriez consacrer beaucoup plus de temps à revoir votre opinion. (Il semblait abasourdi par son agressivité.) Vorian Atréides, votre ignorance me fait pitié.

Il hésita avant de répondre.

—                       Je n’ai pas connu le genre de vie que vous avez eu, Serena. Je ne suis jamais allé sur votre monde, et j’ignore donc ce que j’ai manqué, mais je ferais n’importe quoi pour que vous soyez heureuse.

—                       Je ne serai heureuse que lorsque je pourrai rentrer chez moi. (Elle soupira longuement et essaya de trouver une position plus confortable.) J’aimerais que nous soyons amis, Vorian.

Érasme décida qu’il leur avait accordé suffisamment de temps et il passa dans le salon.

Plus tard, Vorian se demanda pour quelle raison il avait été convoqué à la villa. Érasme l’avait accompagné dans le jardin botanique, ils avaient bavardé, mais le robot ne lui avait pas posé de questions sérieuses.

Tandis que la calèche le ramenait vers le spatioport et le Voyageur du Rêve, il se sentait nerveux, inquiet, troublé. Il était vexé de ne rien pouvoir faire pour ramener un peu de joie dans l’existence de Serena. Mais il était aussi surpris que l’idée de mériter son approbation et sa gratitude l’excite autant que de plaire à son père. Ses pensées tournaient autour de ce qu’elle lui avait dit à propos de l’Histoire des humains, de la propagande et de la vie sur les Mondes de la Ligue.

Elle l’avait provoqué. Jamais il n’avait songé à aller au-delà des Mémoires d’Agamemnon, jamais il n’avait osé imaginer que la perspective sur des événements semblables pût varier. Il n’avait même pas envisagé ce que pouvait être l’existence des humains féroces hors des Mondes Synchronisés, sinon vide et sans but.

Comment une civilisation aussi chaotique avait-elle pu produire une femme comme Serena Butler ? Quelque chose lui avait échappé.


La Guerre Des Machines
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