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LE 3 mars 1844, le colonel Charles de Vigors fit la connaissance de Bagatelle. Ce hussard à l’aise n’importe où, qui avait dormi dans les lits des hobereaux prussiens en fuite, bivouaqué sous la neige avec, en guise de couvertures, des rideaux arrachés aux palais incendiés des boyards, connu les fermes des retraites où il avait partagé la paille des chevaux, réquisitionné sans billets de logement des chambres de nonnes polonaises, fut tout de même ébahi par cette demeure sobre, aux proportions harmonieuses, par l’exubérance d’une nature inconnue, gorgée en cette saison de sèves impatientes, par l’importance d’une domesticité sur laquelle Mallibert prit aussitôt autorité.

D’emblée adopté par la société des planteurs souvent bonapartistes, à laquelle Virginie le présenta au cours des barbecues, il séduisit Dandrige à qui, par plus d’un trait de caractère, il rappela Adrien. Plus fin et plus expansif que le défunt marquis, il devint vite pour l’intendant un excellent compagnon de chevauchées. Moins admiratif et moins béat que le premier mari de Virginie, il se montrait fort empressé autour de sa femme, ne se mêlant en rien des affaires de la plantation, mais toujours prêt à donner un conseil, à proposer un appui.

Les enfants lui firent bon accueil. Pierre-Adrien le convainquit de raconter ses campagnes, Gratianne obtint qu’il enfilât, un soir, pour dîner, son uniforme chamarré et Julie fut émerveillée par l’habileté avec laquelle il lui fabriqua des meubles de poupées. Marie-Adrien, auquel il rendit visite avec sa femme au collège Saint-Joseph, se montra moins chaleureux. Virginie expliqua que le tempérament de son fils aîné ne portait pas celui-ci aux démonstrations.

On s’entendit pour dire à Pointe-Coupee que la veuve du marquis avait bien choisi son second mari qui, huit jours après son arrivée, tint à accompagner sa femme au cimetière de Sainte-Marie et à s’incliner devant le tombeau des Damvilliers. Agissant avec naturel, sans ostentation ni raideur, le colonel évita de se mêler aux discussions politiques. Comme il était excellent danseur et d’une gaieté de bon aloi, sa réputation fut rapidement faite : il était digne d’être sudiste. Au cours des années, il le devint, encore que ses principes républicains l’eussent conduit, au début, à se ranger spontanément du côté des anti-esclavagistes. Quand il connut mieux les conditions de vie des esclaves et qu’il eut apprécié le dévouement que ceux-ci portaient à leurs maîtres, son opinion évolua. Le Sud n’était-il pas ce parterre de roses dont le parfum grise les âmes et dont parlait un poète yankee, en déplorant que le charme de la Louisiane soit capable d’émousser chez les cœurs les plus généreux le sens de la liberté !

Ce n’est que plusieurs semaines après l’arrivée du couple que Dandrige put avoir avec Virginie une de ces conversations intimes et confiantes dont l’un et l’autre connaissaient le prix.

« J’avais un peu peur, Clarence, que vous ne désapprouviez un remariage aussi rapide.

— Je le désapprouverais si je ne vous voyais pas heureuse, Virginie ; mais, puisque ce n’est pas le cas, je suis enchanté. Comme toujours, vous avez agi au mieux. Le colonel de Vigors est un parfait gentilhomme, vous ne pouviez rêver meilleur compagnon et, pour Bagatelle, meilleur régent !

— Bagatelle, Bagatelle, vous parlez toujours de Bagatelle comme si c’était un royaume, Clarence. Ce n’est pas à Bagatelle que j’ai pensé en épousant Charles, j’avais besoin d’un homme, c’est aussi cru que cela. Je suis heureuse de surcroît qu’il convienne à Bagatelle. »

Virginie s’exprimait d’un ton vif, un peu irrité. Dandrige en fut surpris.

« Mais, dit-il, que vous le vouliez ou non, Bagatelle est un royaume et cela a son importance pour vous, comme pour vos enfants. Et je suis certain que vous y avez pensé à Paris, quand vous avez accepté la demande de M. de Vigors.

— Pas le moins du monde, je vous assure. Je n’ai pas une âme de vestale. Bagatelle est une partie de mon bonheur et de ma vie, mais ce n’est pas toute ma vie, ni tout mon bonheur… et le véritable régent de Bagatelle, c’est vous, Clarence. À moi, il me fallait un mari ou un amant. Votre austérité vous permet de vous passer d’affection et de tendresse, tant mieux pour vous ! Je ne suis pas faite ainsi. J’ai, moi, besoin d’être aimée !

— Tout être humain a besoin d’être aimé, Virginie, dit l’intendant doucement, et ne croyez pas que ce soit un bienfait naturel que d’être dispensé de ce désir. La solitude du cœur n’est pas enviable. Elle n’apporte qu’une paix creuse, celle de la solitude !

— Pardonnez-moi, Clarence. Je vous connais si mal, malgré l’affection que je vous porte ! J’ignore les motifs qui vous tiennent éloigné de la voie normale des êtres ordinaires, mais je ne doute pas de votre sincérité et j’aimerais faire quelque chose pour votre bonheur.

— Existez, Virginie, telle que vous êtes, et cela suffit. Le reste ne dépend plus ni de vous ni de moi. Sachez que, m’étant accepté tel que je suis, je ne puis me dire malheureux.

— Ni heureux ?

— C’est une question de mots. »

Mme de Vigors comprit qu’elle n’en saurait pas davantage. Pour elle, Clarence, cet homme sans femmes ni passions, demeurait un mystère irritant. Quand, autrefois, elle avait questionné Adrien à ce sujet, ce dernier avait hésité un moment avant de répondre : « N’écoutez surtout pas les sornettes des demoiselles de plantation, Virginie, quant aux mœurs particulières dont serait affligé Dandrige. Il y a dans la vie de cet homme un drame que je suis seul à connaître et qui en fait une sorte de saint…, oui, c’est cela, un saint malgré lui. Sachez que c’est l’être le plus estimable que je connaisse après vous et que je l’aime comme un frère ou un fils. »

Quel était ce drame auquel avait fait ce soir-là allusion son premier mari ? Seul Clarence aujourd’hui pouvait le dire, or il ne le dirait jamais.

Au mois de mai, M. de Vigors, qui avait apporté dans ses bagages un livre d’Alexis de Tocqueville, De la démocratie américaine, eut l’occasion, avec l’affaire Elliott, d’apprécier une des tares cachées du système judiciaire américain, dénommé par l’historien français : le pouvoir politique des magistrats. Le juge Elliott, qui avait délivré trois ou quatre cents certificats d’électeur à des étrangers qui n’y avaient pas droit, venait d’être destitué, ce qui causait dans le pays un certain malaise. Celui-ci se dissipa heureusement aussi vite qu’il s’était manifesté, surtout quand on apprit que le télégraphe, inventé par Samuel Morse, avait fonctionné de façon satisfaisante entre Baltimore et Washington. Généralisé, le système faciliterait copieusement les communications, ce dont personne ne se plaindrait dans un pays où le courrier rapide était transporté par des cavaliers, qui louaient fort cher leurs services. M. de Vigors fut assez fier d’apprendre à Dandrige qu’il existait déjà en France cinq cent trente-quatre stations de télégraphe.

Un autre événement survint pendant l’été, qui fit pendant quelques soirées le fond des conversations de Bagatelle. Le chef mormon Joseph Smith – un illuminé, disaient les uns ; un saint homme, disaient les autres ; un homme d’affaires hors pair, soutenaient quelques-uns – avait été tué à Carthage (Illinois) par un citoyen excité. Les journaux minimisèrent la portée de ce crime atteignant une secte cordialement détestée par la plupart des gens. En fait, c’était une véritable tuerie qui avait eu lieu à Carthage, le 27 juin. Quelques semaines auparavant, les autorités de l’État avaient procédé à l’arrestation de Joseph Smith et de son frère Hyrum, ainsi que d’un certain nombre de dirigeants de l’« Église de Jésus-Christ et des Saints du Dernier Jour », sous le prétexte qu’ils se mêlaient de politique en pleine année électorale. La populace, entraînée par quelques imbéciles, avait pris d’assaut la prison où l’on retenait les prisonniers et les avait massacrés. C’était donc une bonne demi-douzaine de morts que l’on déplorait. Pour les fidèles de l’Église contestée, ils étaient aussitôt devenus des martyrs. Spécialement le pauvre Joseph Smith, qui était à l’origine de cette religion.

Celui-ci avait reçu en 1820, à l’âge de quinze ans, dans son petit village de Palmyra (État de New York), une étonnante visite. Un messager de Dieu, sorte d’ange commissionnaire, lui était apparu. Il disait se nommer Moroni et venait pour lui annoncer que le Seigneur comptait sur Joseph Smith pour restaurer la vraie religion. Fils de puritains austères bien qu’ayant le goût de l’argent, le garçon paraissait prêt à se consacrer à cette tâche, mais ne savait comment s’y prendre. Le Tout-Puissant, qui avait dû prévoir ces hésitations, lui dépêcha à nouveau, trois ans plus tard, son ange de confiance. Ce dernier lui indiqua, cette fois, que des tablettes d’or, transcription d’un livre hébreu, dû à un prophète oublié, appelé Mormon, étaient cachées sous une dalle, au sommet d’une colline. C’était le nouveau catéchisme de lumière, qu’il aurait à déchiffrer grâce à deux pierres-dictionnaires qu’il trouverait près des tablettes.

Joseph, qui n’avait pas les deux pieds dans le même sabot, s’en fut déterrer les tablettes, qui n’étaient que de métal doré, mais l’ange, surveillant ses gestes, lui intima l’ordre de les laisser là quatre années encore. En 1827, Smith convainquit un riche fermier, M. Martin Harris, qui avait tâté de plusieurs religions sans en trouver une qui lui convînt, de faire imprimer le livre de Mormon, qu’il avait traduit. En 1830, ce fut chose faite. Les trois mille exemplaires du texte, réputé sacré, qui racontait les pérégrinations de quelques tribus d’Israël, s’écoulèrent difficilement bien que le prix initial de l’ouvrage, proposé à un dollar, ait été ramené à vingt-cinq cents. Sans doute pour encourager son nouveau prophète, Dieu lui délégua alors un saint à la tête bien remplie, encore qu’amovible si l’on en croyait les images pieuses : Jean-Baptiste. La victime de Salomé donna de judicieux conseils en matière d’organisation de la secte. Un conseil de douze apôtres assista désormais le chef de l’« Église de Jésus-Christ et des Saints du Dernier Jour ».

La mise au jour assez suspecte des tablettes de métal doré avait suffi à exciter la curiosité des paysans de Palmyra. Les textes que Joseph Smith en tira, trouvant écho dans la puérilité ignorante et recueillant la fringale mystique de gens voués à la domination de l’argent, donnèrent naissance à une religion où l’affairisme devait toujours le disputer au souci du salut.

Les mormons reconnaissaient, autant que l’on puisse en juger, deux sources principales d’inspiration : la Bible, livre éternel, et les tablettes de Mormon, révélation « up to date » du Nouveau Monde. Des éléments bouddhiques, gnostiques, mahométans et chrétiens cohabitaient dans le caravansérail d’une philosophie bâtie de pièces et de morceaux. Il ne semblait faire nul doute, pour les adeptes de la secte, que les Indiens d’Amérique avaient une origine juive, ce dont les bons sauvages se moquaient comme de leur premier pagne.

On avait un peu l’impression que cette filiation si opportunément découverte par Smith n’était pas totalement désintéressée. Rejetés par ceux qu’ils appelaient les « gentils » vers les territoires où les bons chrétiens américains avaient déjà déporté les Indiens, pour s’approprier leurs terres, les mormons souhaitaient établir des liens de solidarité avec ces parias insensibles aux charmes de la civilisation. Les « sauvages », pacifiques et grands amateurs de folklore, n’y voyaient pas d’inconvénient. Un dieu de plus n’était pas pour leur déplaire. Ils donnaient ainsi aux « colonisateurs » une belle leçon de tolérance religieuse.

Le clergé professionnel n’existait pas chez les mormons, où tout mâle de plus de douze ans pouvait célébrer le culte, s’il croyait à la continuité de la révélation aussi bien qu’à la nécessité de payer sa dîme au Conseil des chefs. « L’homme est ce que Dieu était. Ce que Dieu est, l’homme peut le devenir », affirmaient-ils. Si tous les grognards de la Grande Armée, chers au colonel de Vigors, détenaient leur bâton de maréchal dans leur giberne, tous les mormons recelaient dans leur sac leur auréole de saint. Dans le pays de la libre entreprise, personne ne se fût offusqué de pareilles convictions, si les mormons n’eussent été polygames. Pour des raisons mystérieuses et couvertes par le religieux secret de leurs pratiques, ces robustes fornicateurs s’étaient arrogé le droit de posséder officiellement plusieurs épouses, au mépris des lois fédérales et des mœurs convenables. S’agissait-il d’une forme de mortification au second degré ou d’un enthousiasme démographique inspiré de l’Évangile : « Allez et multipliez ! » nul ne le savait, en dehors du large cercle des épouses mormones. Joseph Smith, en mourant tragiquement, avait pour sa part laissé vingt-cinq veuves !

Quand Mallibert, l’ordonnance du colonel, dont les jeunes esclaves esseulées appréciaient les performances, connut cette particularité du rite, il souhaita se faire mormon. Le colonel, son maître, lui conseilla de s’abstenir, Bagatelle offrant sur le plan féminin autant de ressources que la secte de Joseph et avec d’autres garanties.

En attendant, les mormons, dont on ne devait pas sous-estimer la ténacité, venaient de se doter d’un nouveau chef, Brigham Young, qui envisageait d’emmener sa secte en deuil plus à l’ouest, dans un désert proche du Grand Lac Salé, où personne n’irait vérifier le nombre des épouses et où les politiciens ne prendraient pas ombrage d’opinions concurrentes. Au nom du Christ et en faisant des textes de la Bible une interprétation différente des Sudistes, les mormons, au nombre de quelques milliers, s’étaient très tôt déclarés hostiles à l’esclavage, ce qui ne pouvait leur attirer beaucoup de sympathies en Louisiane.

« Toutes les religions se valent et il en faut, dit le colonel de Vigors. On a peut-être tort de persécuter ces gens auxquels le dieu qu’ils invoquent n’a pas l’air d’accorder grande protection.

— On a toujours tort de persécuter quelqu’un pour ses croyances, ajouta Clarence, et d’ailleurs le Bill of rights, adopté en 1790 comme amendement à la Constitution des États-Unis, garantit formellement la liberté et l’exercice de tous les cultes. Cette liberté, qu’on ne peut regretter, fait évidemment du pays le théâtre d’une concurrence effrénée entre Églises rivales. Leurs procédés de recrutement ne sont pas toujours en harmonie avec l’amour du prochain que toutes ces sectes prônent invariablement ! »

La Louisiane restait de tous les États du Sud le plus voué au catholicisme, tandis que dans le Nord on rencontrait quantité d’Églises, allant de celle des unitariens à celle des épiscopaliens, en passant par celles des baptistes, des quakers, des presbytériens et bien d’autres. Ces Églises dépêchaient dans le Sud des missionnaires, chargés de pêcher les âmes. Avec une audace incroyable, ils venaient relancer les gens jusque dans les plantations et même, comme le révérend Peter Cartwright, qui n’hésitait pas à user de sa force prodigieuse pour convaincre ses auditeurs de la suprématie de sa foi, jusque sur les show-boats du Mississippi ! On avait vu défiler à Pointe-Coupee des prédicateurs enflammés qui faisaient des descriptions de l’enfer si effrayantes que les enfants se mettaient à pleurer et se cachaient la tête dans les jupes de leur mère.

Dandrige, sans être franchement athée, se méfiait de toutes ces singeries. Il avait déjà fait éconduire quantité de baptistes, quakers, shakers, scientistes et autres vendeurs de brochures, palabreurs infatigables.

« La peste soit des prêcheurs, disait-il ; si l’enfer existe, ils s’y retrouveront tous, pour avoir à longueur de jour prononcé d’inutiles paroles ! »

Il faut dire que l’agressivité des Églises protestantes venait des progrès enregistrés depuis 1830 par le catholicisme. Dans l’ensemble de l’Union, on ne comptait alors que cent mille catholiques romains environ. En dix années, ils étaient devenus un million, grâce à l’apport des immigrants allemands et irlandais. Voyant leur clientèle s’échapper, les protestants se livraient parfois à des actes répréhensibles. Ils avaient brûlé en 1831 l’église Sainte-Marie à New York, en 1834 le couvent des ursulines de Boston et ils venaient tout juste de mettre le feu à deux églises et à un séminaire de Philadelphie. Des fanatiques galvanisaient leurs ouailles en leur affirmant que les catholiques prendraient les meilleures terres de l’Ouest, que les couvents n’étaient que des bordels, que le pape avait décidé de transporter le Vatican en Louisiane, pour mieux jouir des richesses du Nouveau Monde, que des curés s’emparaient des jeunes vierges qu’ils transformaient en chair à saucisses après les avoir violées.

L’été avait été marqué à Philadelphie par des émeutes consécutives aux incendies d’églises. Elles avaient fait treize tués et une cinquantaine de blessés. On pouvait redouter une guerre de religion, la plus stupide de toutes, car des journalistes protestants, idiots ou malintentionnés, osaient écrire : « La main sanglante du pape s’étend jusqu’ici pour nous détruire. »

M. de Vigors découvrait à travers toutes ces nouvelles une Amérique dont Paris ne soupçonnait pas l’existence et dont, à Bagatelle, on ne se souciait guère. Sauf quand les réformés tentaient de prêcher aux Noirs épars dans les champs la révolte contre les papistes esclavagistes « qui insultaient Dieu en les enchaînant ». Le colonel, par amour pour sa femme, conformité de vues avec son milieu et parce que, chez les Romains, il fallait se conduire comme les Romains, avait jeté dans le Mississippi un pasteur délégué par un certain William Miller et qui, se réclamant de l’Église adventiste du Septième Jour, annonçait aux Noirs médusés la fin du monde pour la semaine suivante !

« Vous avez fort bien fait, lui dit Clarence en apprenant la baignade forcée du prédicateur. Ces gens sont payés par les abolitionnistes et je doute de leur sincérité autant que de la pureté de leurs mœurs !

— Je ne suis pas aussi strict que vous, intervint Clément Barrow, qui assistait ce soir-là à la conversation. Les desseins de Dieu sont impénétrables et il utilise toutes les voies, même les plus tortueuses, parfois, pour arriver aux âmes. De Dieu, on peut tout attendre, même la fin du monde, conclut l’infirme.

— De Dieu, il n’y a rien à attendre de bon », conclut Clarence avec un sourire destiné à atténuer la portée de sa boutade.