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– Comment vas-tu faire pour contacter ce Long John Silver ?

– Il faut que nous nous rendions à Cape Cod.

– Pourquoi là-bas ?

– Parce que c’est là que nous le retrouverons. Nous allons dire à Sheridan que nous désirons nous recueillir à l’endroit où Eddy a été tué.

– Quand nous étions gamins, nos parents nous envoyaient souvent en camp de vacances à Cape Cod. C’est un lieu magique, où planent encore les fantômes des pirates qui infestaient la côte est des États-Unis. Je ne sais pas si Long John Silver y a jamais abordé, mais c’est ce que nous avions imaginé. Déjà à cette époque, j’étais passionné par les histoires d’écumeurs des mers. Avec les copains du camp, j’avais organisé de véritables équipages. Nos bateaux ne quittaient pas le rivage. C’étaient de vieilles barques de pêche échouées sur le sable, mais nous y avons fait des voyages fabuleux. Bien entendu, j’étais le capitaine, et Eddy mon second. Nous étions les flibustiers, poursuivis par les corsaires anglais. Nous avons récolté pas mal de plaies et de bosses, parce que nous y allions de bon cœur avec nos sabres en bois.

Ils étaient arrivés la veille au soir. Situé à quelques centaines de kilomètres au nord-est de New York, Cape Cod avait conservé le caractère authentique et sauvage qu’il devait avoir à l’arrivée des premiers colons sur le sol américain. On imaginait facilement dans les rues, aujourd’hui peuplées de touristes, les échoppes de traite où l’on pouvait troquer fourrures et alcools, fusils et cartouches, tissus en provenance d’Europe, épices et bijoux indiens. William Sheridan n’avait émis aucune objection.

– De toute façon, deux de mes gars vous suivent en permanence, afin de vous protéger. Soyez tout de même prudents. Et faites acheminer votre courrier, au cas où les Mutants se manifesteraient de nouveau.

Kevin et Alexandra avaient loué une chambre dans un petit hôtel confortable, à l’écart du centre touristique.

Ce matin-là, ils faisaient une promenade sur une longue plage de sable, bordée à l’ouest par un escarpement rocheux. Au loin, on devinait les silhouettes en costume des deux agents du FBI chargés de leur sécurité.

– Ils ne sont pas très discrets, remarqua Alexandra. On les repère à dix lieues.

Kevin désigna le haut éperon qui dominait la plage.

– C’est là que nous allons rencontrer Long John Silver, dit-il.

Il se tourna vers Alexandra et ajouta, avec un mélange de joie et de nostalgie.

– Long John Silver, c’était moi, lorsque j’étais capitaine des pirates de Cape Cod. Eddy savait que je serais le seul à comprendre, au cas où sa lettre tomberait entre les mains de quelqu’un d’autre.

– C’est-à-dire ?

– Nous avions installé notre repaire dans une grotte à laquelle on accède seulement à marée basse. Nous y avions creusé une cachette dans la roche, où nous entreposions notre butin. C’est sans doute là qu’Eddy a dissimulé son dossier. Il me tarde d’y être, mais il ne faut surtout pas avoir l’air de chercher quelque chose, à cause de ces deux rigolos.

– Ils sont là pour veiller à notre sécurité, objecta Alexandra.

– Ou pour nous épier. J’ai plutôt confiance en William, mais ses supérieurs n’ont rien à foutre de nous. La seule chose qui les intéresse, c’est ce maudit secret. Si au moins je savais comment faire pour le retrouver sans l’aide des Mutants… Allez, viens !

Il lui prit la main et tous deux se dirigèrent en flânant vers la falaise de granit, où Kevin ne fut pas long à retrouver l’entrée de la grotte aux pirates.

– Il faut vraiment savoir qu’il y a une caverne ici ! s’exclama Alexandra.

– Fais le guet, aux cas où nos anges gardiens deviendraient un peu trop curieux.

Elle se posta en embuscade. Kevin disparut dans les profondeurs ténébreuses de la caverne, muni d’une lampe-torche.

– Dépêche-toi ! s’exclama soudain Alexandra, ils arrivent. Lorsque que Peter Gallaghan et Desmond Mortimer, agents du FBI, arrivèrent près de la grotte, ils découvrirent le couple uni par un baiser qui aurait fait date dans l’Histoire sans leur intervention incongrue.

– Oh, excusez-nous ! bredouilla Peter.

– C’est que le patron nous a dit de ne pas vous perdre de vue, renchérit l’autre.

– Vous voulez peut-être partager notre chambre ? s’écria Alexandra d’un air furieux. Je sais bien que vous êtes censés nous protéger, mais point trop n’en faut. Nous sommes tout de même libres de nous embrasser dans un endroit discret.

– Bien sûr, Mademoiselle. Nous vous laissons.

– De toute façon, nous allions rentrer à l’hôtel ! rétorqua Kevin d’une voix rogue.

Les deux flics ne remarquèrent pas que le sac de plage que portait Alexandra avait pris du ventre.

Quelques instants plus tard, Kevin et Alexandra étaient de retour dans la chambre. Alexandra ferma les rideaux, pour laisser croire à de sauvages ébats amoureux. Eddy brancha l’ordinateur portable qui ne le quittait jamais, et déplia le message qui accompagnait les DVD.

« Salut, vieux pirate !

« Si tu lis ces lignes, c’est que je ne suis plus là, et que tu es rentré tout seul en possession des autres rapports envoyés par notre ami le fantôme. Ils sont au moins aussi édifiants que celui sur les soldats kamikazes, en particulier le dernier, qui révèle la vérité sur Roswell. Ils vous sont destinés, pour une raison que j’ignorerai toujours. Faites-en le meilleur usage possible. Je pense qu’il est important que la vérité éclate enfin sur tous ces sujets. On a raconté trop de conneries jusqu’à présent, et il est temps que le monde soit averti de la menace qui pèse sur lui. Je ne sais pas d’où elle vient – je ne sais toujours pas qui est tonton César – mais il faut tout faire pour arrêter ces sinistres crétins. Malheureusement, j’ignore comment.

« Bonne chance, vieux frère, et à plus tard, dans une autre vie.

« Enfin, j’espère…

« Ton pote Eddy. »

Ému, Kevin replia soigneusement la lettre et ouvrit le coffret contenant les DVD. Eddy les avait classés dans l’ordre selon lequel il les avait reçus. Alexandra et Kevin découvrirent ainsi les dessous de Pearl Harbor et d’Hiroshima, de l’assassinat de Kennedy, les rapports secrets sur le sida, sur la fabrication des virus sélectifs, sur l’eugénisme et sur les manipulations occultes des peuples et de leurs gouvernements.

– Les salauds ! explosa Alexandra lorsqu’ils eurent terminé. Il n’y a pas de mots assez forts pour qualifier les pourris qui sont derrière ça. J’aimerais les tenir et les découper en lanières.

Kevin soupira :

– William avait raison. Les Mutants cherchent bien à prendre le contrôle de la planète et à asservir l’espèce humaine. C’est monstrueux.

– Tu es sûr que ce sont les Mutants ?

– Qui veux-tu que ce soit d’autre ? Tout ce qu’il y a là-dedans confirme les soupçons de Sheridan : l’eugénisme, les manipulations du génome humain, les drogues, les virus sélectifs. Sans compter les complots destinés à amasser la plus colossale fortune de tous les temps. Souviens-toi de ce qu’a dit Tcheng : « Ils disposent déjà d’une fortune dont vous ne soupçonnez pas l’importance. » Lorsque l’on sait comment ils l’ont obtenue, cela n’a rien d’étonnant. Et cela se comprend. Ils nous ressemblent, mais ils nous sont largement supérieurs. Pour eux, nous sommes des attardés mentaux, presque des animaux de compagnie.

Alexandra fit une moue sceptique.

– À la lecture de ces rapports, je pensais plutôt à une poignée de vieux réactionnaires de type Ku Klux Klan, des nazis, ou quelque chose du même genre.

Kevin secoua la tête.

– Des nazis n’auraient pas agi contre Hitler.

– Et le dossier Roswell ?

Kevin introduisit le disque. Des titres apparurent à l’écran, qui renvoyaient à des articles, des listes de photos, de documents, d’articles de presse. Le dossier contenait deux études parallèles, l’une donnant la version officielle de l’événement, celle que l’on servait au monde depuis plus de cinquante ans, l’autre expliquant ce qui s’était réellement passé le 2 juillet 1947 dans le désert du Nevada.

Premier dossier : Version officielle.

« Dès le début des années quarante, l’armée des États-Unis observa une recrudescence de ces phénomènes étranges que l’on appelle ovnis, ou Objets Volants Non Identifiés. Deux thèses s’affrontèrent bientôt chez les militaires. Pour les uns, il pouvait s’agir de vaisseaux arrivant d’un autre monde ; pour les autres, ces engins étaient des appareils espions envoyés par les communistes ou les nazis. À plusieurs reprises, on tenta d’abattre l’un de ces ovnis. Mais ces étranges vaisseaux se déplaçaient beaucoup plus vite que les avions de chasse, et toutes les tentatives restèrent vaines.

« Jusqu’au 2 juillet 1947.

« Ce matin-là, la foudre s’abat sur l’un de ces mystérieux appareils. Le vaisseau inconnu, gravement touché, poursuit néanmoins sa route pendant deux cent cinquante kilomètres, jusque dans les environs de Magdalena. Là, il s’écrase dans un champ, près de la petite ville de Roswell.

« Ce n’est que quatre jours plus tard, le 6 juillet, que le propriétaire prévient les autorités. Le major Jesse A. Marcel et l’agent du contre-espionnage Cavitt se rendent sur place. Ils découvrent alors une quantité de fragments d’un matériau léger mais extrêmement résistant, dont certains présentent des signes inconnus. Le plus curieux est un morceau de forme circulaire d’environ trois mètres de diamètre. Marcel et Cavitt recueillent des échantillons et les adressent au général Mac Mullen, adjoint du général Vanderberg, chef d’état-major de l’US Air Force. Dans un premier temps, les fragments parviennent à la base de Fort Worth, au Texas.

« Mais les journalistes ont eu vent de l’affaire et les esprits commencent à s’échauffer. Certains parlent déjà d’un vaisseau extraterrestre abattu par l’armée, d’autres d’un avion espion russe ou chinois.

« Deux jours plus tard, le 8 juillet 1947, pour apaiser l’opinion, le général Ramey, commandant du 8e district aérien, à Fort Worth, adresse un communiqué de presse dans lequel il explique que l’épave est celle d’un ballon-sonde.

« Le même jour, un autre avion en provenance de Washington se pose à Roswell. Une équipe est chargée d’emporter les débris restants. Certains sont amenés à Fort Worth, d’autres partent pour la base de Wright Field, dans l’Ohio. Plus tard, tous les fragments sont regroupés à la base d’Edwards, en Californie.

« Cependant, très vite, des rumeurs courent sur l’affaire. Un ingénieur de l’université de Pennsylvanie, Barnett, affirme s’être rendu sur les lieux le 3 juillet au matin. Il décrit la carcasse d’un engin circulaire d’une dizaine de mètres de diamètre. Tout près sont allongés les cadavres de quatre humanoïdes revêtus d’un uniforme gris. Barnett est rejoint par des collègues de l’université, mais ils sont expulsés par les militaires qui établissent un cordon de sécurité autour de l’appareil. On interdit à quiconque de s’approcher de l’engin, et on ordonne à Barnett et ses acolytes de garder le silence.

« Au début des années cinquante, le président des États-Unis, Dwight Eisenhower, est intrigué par les rumeurs qui prétendent que l’armée détiendrait les restes d’un ovni abattu quelques années plus tôt. Dans la nuit du 20 février 1954, il se rend à la base d’Edwards sans prévenir personne, provoquant au passage un vent de panique dans son entourage. Jamais il ne parlera de ce qu’il a vu.

« Fin 1954, les restes sont transférés dans l’Ohio, à Wright. Le secret reste entier et l’armée demeure muette sur le sujet. En 1978, le tout est rassemblé dans un centre de la CIA, à Langley.

« L’affaire rebondit en 1979 lorsque Jesse A. Marcel affirme que l’histoire du ballon-sonde a été montée de toutes pièces afin de brouiller les pistes. Malgré la promulgation d’un Acte sur la liberté de l’information, l’armée et les organismes officiels s’obstinent à garder le silence. Les bruits les plus farfelus courent pour expliquer l’énigme de Roswell. Les séries télévisées sur les extraterrestres envahisseurs fleurissent, les films de science-fiction se multiplient. On a même organisé, en 1997, une reconstitution de l’autopsie des fameux cadavres. Mais, pour l’opinion publique, le mystère reste entier. L’histoire des petits êtres gris n’a jamais été confirmée ou infirmée par l’armée. »

Le deuxième rapport, daté de novembre 1948, était rédigé par « César » lui-même.

Ce qui s’est réellement passé à Roswell.

« Le 2 juillet 1947, la foudre frappe un appareil inconnu évoluant au-dessus du Nevada, non loin des sites où l’armée testait l’effet des radiations atomiques sur les soldats. Ce n’était pas la première fois que l’on remarquait un phénomène semblable. Depuis le début des années quarante, les ovnis s’étaient multipliés, essentiellement dans les régions où avaient lieu les essais militaires ultrasecrets. L’hypothèse ne pouvait donc être écartée qu’il s’agissait en réalité d’appareils communistes chargés d’espionner les États-Unis. Lorsque l’engin fut touché, l’aviation le prit aussitôt en chasse. À plusieurs reprises, il fut atteint par des balles de mitrailleuses. Un avion normal aurait été abattu depuis longtemps, mais l’ovni continuait sa course. Enfin, il s’écrasa dans un champ, près de Roswell. Un commando d’élite fut aussitôt dépêché sur les lieux. Autour de l’épave gisaient trois cadavres. Un quatrième individu était encore en vie. C’était un être de haute taille, sanglé dans un uniforme de couleur argentée. Croyant avoir affaire à un ennemi humain, les militaires s’avancèrent vers lui. Bien que blessé, l’individu fit face et utilisa contre les soldats une arme étrange, qui n’a jamais pu être identifiée. Les hommes se mirent à tomber comme des mouches, sans qu’aucun projectile ne les ait frappés. Avant que le capitaine Karson, qui dirigeait le commando, ait compris ce qui se passait, une demi-douzaine de soldats avaient déjà péri. Il ordonna alors d’ouvrir le feu sur le pilote étranger. Celui-ci finit par succomber, non sans avoir réussi à tuer encore trois soldats. On constata alors que les morts avaient le cerveau littéralement réduit en bouillie. Pour certains, il coulait même à travers les narines. Aucune arme connue ne pouvait provoquer de tels dégâts.

« Le capitaine Karson appela aussitôt ses supérieurs. Dans la nuit, on vint récupérer les cadavres. Il fut convenu de garder un silence total sur l’affaire. Au matin, des indésirables, parmi lesquels un certain Barnett, envahirent la place. Les soldats avaient déjà été emportés, mais il restait encore les corps des espions. Les curieux eurent le temps d’apercevoir l’épave, qui avait une forme bizarrement circulaire, et les quatre cadavres. Il eût été plus prudent de supprimer Barnett et ses acolytes, mais les témoins étaient trop nombreux. On se contenta donc de le menacer, ce qui ne l’empêcha pas, par la suite, de divulguer l’information.

« Afin de ne pas éveiller les soupçons, la mort des soldats fut imputée aux essais nucléaires ayant lieu dans cette région. On prétendit ensuite que le propriétaire du champ avait prévenu les autorités très tard, ce qui permit d’envoyer officiellement le major Marcel et l’agent Cavitt sur les lieux, le 6 juillet au matin. Le 8, le général Ramey donna une conférence de presse afin de faire taire les rumeurs propagées par Barnett, et expliqua que l’épave était celle d’un ballon-sonde. Bien entendu, cette version était fausse. Lorsque des farfelus imaginèrent l’histoire des « Petits Gris », l’armée ne tenta pas de démentir. Plus on raconterait de sornettes sur le sujet, mieux cela vaudrait.

« Cependant, l’énigme était loin d’être résolue.

« L’étude des cadavres permit d’établir qu’il s’agissait d’êtres humains. En revanche, il fut impossible de déterminer leur origine. Les signes gravés sur les fragments résistèrent à toute tentative de décodage, même avec les systèmes les plus perfectionnés. Il faut préciser que les données étaient très peu nombreuses, et sans aucun point de référence. Nous supposons qu’il s’agit d’indications telles que celles que l’on rencontre dans les avions, mais rien ne le prouve. D’autre part, la résistance extraordinaire dont avait fait preuve le survivant confirme qu’il bénéficiait d’un état physique étonnant, compte tenu des blessures qu’il avait reçues au cours de l’écrasement. Un homme normal aurait succombé bien avant l’arrivée du commando. Néanmoins, il a trouvé la force d’utiliser son arme inconnue. On a alors avancé l’hypothèse que cet individu s’était servi d’autre chose, peut-être la puissance de son esprit, pour frapper nos soldats.

« En conclusion, nous sommes parvenus, à l’époque, à l’hypothèse suivante : ces appareils volants, qui relève d’une technologie inconnue sur Terre, ne pouvaient venir que d’un autre monde. La recrudescence des apparitions d’ovnis nous amena à penser qu’il se préparait une invasion de notre planète.

« Cependant, nous avons révisé plus tard cette hypothèse, en découvrant, grâce aux médiums, qu’il existait des individus dotés de pouvoirs identiques à ceux du pilote de Roswell. Nous en avons conclu qu’il ne s’agissait pas d’extraterrestres, mais de Mutants. Des êtres qui constituent une menace pour nous, et que nous devons donc éliminer jusqu’au dernier.

« C’est pourquoi nous avons créé une section spéciale de médiums télépathes pour débusquer ces créatures et les mettre hors d’état de nuire. »

Kevin et Alexandra se regardèrent, interloqués.

– Alors là, je n’y comprends plus rien, déclara Kevin. Je pensais que « César » était le nom de code sous lequel les Mutants signaient leurs rapports secrets. Mais le dossier Roswell semble prouver le contraire. Qu’est-ce que ça veut dire ?

– Cela veut dire que « César » correspond à autre chose. Une puissante organisation secrète qui, depuis près d’un siècle, manipule les hommes politiques et les grands industriels pour servir ses projets, c’est-à-dire s’emparer de l’économie mondiale et modifier artificiellement l’espèce humaine.

– C’est peut-être cette organisation que Katherine Falcon appelle la Sainte Vehme. Un groupement d’individus extrêmement riches, qui ont décidé d’imposer leur loi au monde. Il est bien évident que des gens comme les Mutants doivent les gêner. Surtout si ces Mutants ont les mêmes objectifs qu’eux.

– Rien ne le prouve, rétorqua Alexandra.

– Comment expliquer autrement leur acharnement à réveiller ma mémoire profonde ? Ils ne font tout de même pas ça pour mes beaux yeux, non ?

– Je ne sais pas. Tout cela n’est pas clair. Les éléments que nous a donnés Sheridan semblent confirmer que nous avons été manipulés par les Falcon, mais il ignore sans doute l’existence de la Sainte Vehme. Nous devrions peut-être lui montrer ces documents.

Kevin hésita.

– Non. Je commence à en avoir marre que l’on décide à ma place. Nous allons remettre ces dossiers dans la cachette de Long John Silver. Personne ne viendra les chercher là. Ensuite, nous allons rentrer à New York et tenter de découvrir ce fameux secret par nos propres moyens. J’ai une petite idée.