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New York, deux jours plus tard…
– Voilà, Mike ! Tu en sais autant que moi. Lorsque nous avons quitté l’Atalaya, la sphère lumineuse s’était dissipée. Peut-être ai-je été victime d’une hallucination. Mais le directeur du port, Max Richardson, a vu la même chose. Et il a formellement reconnu le propriétaire du navire.
Mike Longway, l’éditeur de Kevin, médita un court moment, puis secoua la tête d’un air sceptique.
– Je croyais que tu devais passer quelques jours en mer pour chasser Sharon de ta tête, et non pour en ramener un conte à dormir debout !
– Sharon ?
Il marqua un court silence puis ajouta :
– C’est curieux, depuis cette tempête, je ne pense plus du tout à elle.
Il posa les mains à plat sur le bureau de son ami.
– Écoute, Mike ! Je ne suis pas fou ! Il s’est passé quelque chose de bizarre à Blowing Rocks.
Longway le contempla d’un air pensif.
– Tu as sans doute été victime d’une hallucination. Il n’y a pas là de quoi écrire un roman, tout juste un article à sensation dans un canard pour fond de poubelle. Alors, il vaudrait mieux que tu oublies tout ça et que tu te remettes sérieusement au boulot. Tu m’as promis ton prochain manuscrit, n’oublie pas ! La vie tumultueuse et sanglante de Mary la Rouge.
– Eh bien, tu devras attendre un peu ! Cette histoire m’intrigue. Je ne crois pas à l’irrationnel et je veux en savoir plus. Toute la côte de Floride a été balayée par un ouragan d’une violence exceptionnelle. On dénombre près de trente victimes et autant de disparus. À Miami, on a relevé des pointes de vent à près de deux cent quatre-vingts kilomètres à l’heure. Blowing Rocks a beaucoup souffert. La moitié des bateaux du port s’est retrouvée sur les quais. Mais l’Atalaya, lui, n’a rien eu. Même chose pour les petits navires rangés près de lui, dont le mien. Pas la moindre égratignure ! C’est à peine si l’eau frémissait autour d’eux !
– Il s’agit probablement d’un caprice local de Lenny.
– Ça, je pourrais encore l’avaler, mais comment expliques-tu la disparition de Paul Falcon dès notre arrivée ?
– Une hallucination, je te l’ai déjà dit…
– Non, non ! Ce type était là pour une raison précise. C’est lui qui manœuvrait cette… force inconnue, cette sphère lumineuse qui protégeait le navire. Il y avait à bord un truc que nous n’avons pas su voir. Un appareil, ou quelque chose de ce genre. Ce que je ne comprends pas, c’est comment Falcon a pu disparaître ainsi. Et pourquoi. Le navire lui appartient, il n’avait donc rien à craindre de nous.
Mike Longway soupira. Jamais Kevin n’avait semblé aussi excité. Et il avait vraiment oublié Sharon. Vu son moral avant le départ, il fallait qu’il se soit réellement passé quelque chose d’extraordinaire.
– À quoi penses-tu ? demanda-t-il.
– Je n’en sais rien. Peut-être une technologie révolutionnaire. Ce n’est pas la première fois que ça arrive. Rappelle-toi l’expérience de Philadelphie, en 1943.
– C’était une affaire militaire. Autant que je m’en souvienne, ils ont utilisé des champs magnétiques de forte intensité pour rendre des navires invisibles, mais le magnétisme a provoqué de graves lésions chez les marins.
– On a dit aussi qu’ils ont tenté de provoquer le déplacement instantané de l’escorteur Eldridge en se basant sur les travaux d’Einstein. Certains témoins prétendent que le fantôme de l’Eldridge est apparu brièvement dans le port de Norfolk alors qu’il se trouvait théoriquement au large de Philadelphie, à quatre cents kilomètres au nord !
En vérité, on n’a jamais su ce qui s’était passé. L’armée a même prétendu qu’il n’y avait jamais eu d’expérience. Mais le docteur Jessup, qui s’est intéressé de près à l’affaire, s’est suicidé en 1959. Officiellement, du moins. Plutôt curieux, non ? Quand on considère les progrès de la science en près de soixante ans, on peut s’interroger sur le niveau atteint par les scientifiques au service de l’armée.
– Mais ce yacht appartient à un civil. Même très riche, je doute qu’il puisse disposer d’une arme secrète aussi sophistiquée.
– Et pourquoi pas ? Certains consortiums privés jouissent de moyens énormes.
– Justement, il pourrait être risqué de s’intéresser à ça de trop près.
– C’est vrai, mais je suis curieux de nature. Mike poussa un long soupir.
– Et surtout têtu. Que comptes-tu faire ?
– Prendre rendez-vous avec Paul Falcon. Richardson m’a donné son adresse. Il possède une propriété à Rocky Point. C’est au bord du lac Klamath, dans le sud de l’Oregon.
– Tu n’as pas peur qu’il se foute de toi ?
– C’est un risque à courir.
Kevin contacta également Edward Lee. Celui-ci, né à Harlem, avait réussi, à force de travail, à se faire une place dans un monde où les gens de couleur étaient toujours aussi mal considérés. Kevin n’avait jamais accordé la moindre importance à la peau noire de son ami. Tous deux avaient suivi le même cursus depuis l’enfance jusqu’à Harvard, où ils avaient terminé diplômés en droit. Edward Lee avait choisi l’administration et travaillait pour le FBI. À ce titre, il pourrait peut-être apporter quelques informations intéressantes.
– C’est d’accord ! répondit Eddy. À charge pour toi de m’offrir le restaurant si je dégotte du sensationnel.
L’appartement de Kevin, situé au sommet d’un petit immeuble construit au début du siècle, ressemblait à une annexe du musée de la marine. Le long des murs du salon se dressaient des consoles sur lesquelles trônaient des maquettes de navires. La plus importante atteignait près de deux mètres. C’était un superbe vaisseau de guerre français du XVIIe siècle, armé d’une centaine de canons. Aux murs étaient accrochés des tableaux représentant des batailles navales, des photos d’îles, des cartes marines. Divers objets complétaient cette collection : sextants, boussoles, un astrolabe, compas anciens, coquillages provenant des mers lointaines. Des aquariums d’eau de mer séparaient l’immense salon en trois parties, dont l’une, ouverte sur la terrasse, servait de bureau. Lorsqu’il écrivait, Kevin passait en fond sonore un enregistrement de bruits marins, afin de se plonger dans l’ambiance.
En dehors de l’océan, Kevin se passionnait pour les langues. Il parlait et lisait le français et l’espagnol, dans lesquels il possédait bon nombre d’ouvrages, notamment des recueils de poèmes.
Avant d’allumer son ordinateur, il prit le temps de se servir une bière et de commander une pizza. Se connectant sur Internet, il tapa le nom de Paul Falcon. Au bout de trois heures de recherche, il dut renoncer. Falcon n’apparaissait sur aucun site, et ne possédait apparemment pas d’e-mail.
Découragé, Kevin prit une douche et se coucha, sans pour autant trouver le sommeil. Il ne parvenait pas à chasser la vision du grand navire blanc immobile au cœur de la tempête. Il tentait de s’accrocher à l’hypothèse d’un appareil à la technique révolutionnaire, mais le souvenir de la silhouette sombre ne correspondait pas à cela. L’attitude de l’homme ne rappelait en rien celle d’un technicien penché sur des consoles de commande. Et pourtant, il refusait de croire qu’il avait pu assister à un phénomène paranormal. Les bateaux fantômes et les spectres qui les hantaient n’existaient que dans les livres. Dans la réalité, c’était impossible. Tout cela devait avoir une explication logique.
Trente-quatre ans plus tôt, il avait lui-même vécu une expérience insolite, qui l’avait profondément marqué. Cependant, les études de droit à Harvard ne laissant guère de place pour le surnaturel, il avait enfoui cette histoire dans le tréfonds de sa mémoire.
Ce soir-là, elle revint à la surface.
Ses parents et lui étaient en vacances dans les Rocheuses. Une nuit, il avait fait un rêve étrange.
Une roue immense sur laquelle passe un câble métallique, un Pylône ancré sur un pic escarpé. Il reconnaît l’un des supports du téléphérique. Son attention est attirée sur les points d’ancrage. Des fissures courent sur le sol, sans doute provoquées par une secousse sismique. Lui, Kevin, est debout, au pied du pylône. Il sait par avance que l’armature ne tiendra pas au passage de la machine. L’instant d’après, il se trouve dans la station, près du quai d’embarquement. Des gens indifférents passent devant lui, s’engagent dans la cabine. Il leur hurle de ne pas monter, tente de les retenir. Mais personne ne l’écoute, personne ne le regarde. Impuissant, il ne peut empêcher le véhicule de s’élever dans les airs, plus petit, toujours plus petit contre la paroi abrupte de la montagne. Simultanément, il revoit la roue, les fissures qui s’élargissent. Le téléphérique dépasse le pylône… Soudain, il y a comme le claquement d’un fouet gigantesque. Les câbles se mettent à vibrer puis, avec une lenteur terrifiante, la structure se tord et bascule dans le vide. La cabine hésite un instant, danse de façon sinistre au bout des câbles devenus fous, puis chute vers l’abîme. Une clameur effroyable vrille les oreilles de Kevin. Malgré la distance, il perçoit les hurlements de terreur des passagers, curieusement étouffés et lointains. Épouvanté, il voit le véhicule toucher le sol, quelques centaines de mètres plus bas, et exploser sous l’impact. Ce fut alors qu’il se réveilla, trempé de sueur, sur son lit, dans la chambre d’hôtel. Aussitôt, sa mère fut près de lui. Il éclata en sanglots.
– Maman ! Il ne faut pas prendre le téléphérique demain !
– Hein ? Mais ça fait trois jours que ton père et toi vous réjouissez de cette excursion.
– La cabine va s’écraser. Je l’ai vu dans mon rêve. Les gens vont mourir.
– Ce n’est qu’un cauchemar, mon chéri. Tu ne cours aucun danger. Ces téléphériques sont très sûrs.
– Il y a eu un tremblement de terre. Un pylône a été à moitié arraché. Maman, je ne veux pas y aller.
– Qu’est-ce qu’il a encore ? grogna son père, furieux d’avoir été réveillé en sursaut.
– Il a eu peur, c’est tout !
– Papa, il ne faut pas prendre le téléphérique demain.
– Quoi ? Avec le mal que j’ai eu pour obtenir des billets ? Allez, rendors-toi, et fous-nous la paix !
– Vernon ! Il a huit ans.
– Justement ! À son âge, on ne doit plus avoir peur d’un cauchemar. Kevin n’était pas parvenu à fermer l’œil de la nuit. Lorsque son père avait décidé quelque chose, il était difficile de le faire renoncer. Autant essayer de convaincre une locomotive de faire un tête-à-queue.
Le lendemain, à la première heure, Kevin et ses parents se dirigèrent vers la station du téléphérique. Le jeune garçon n’avait cessé de pleurer, mais son père s’était montré intransigeant.
– Tu verras, de là-haut, on a une vue magnifique, affirmait-il.
Il tenait beaucoup à cette promenade, effectuée vingt ans plus tôt avec son propre père. Pour lui, c’était un retour aux sources, et il était hors de question de s’en priver. Karole, la mère, essaya d’arrondir les angles.
– Calme-toi, mon chéri ! Il ne faut plus penser à ce mauvais rêve. Regarde ! Il fait un temps superbe !
– Mais tu ne comprends pas ! Nous allons tous mourir ! Karole adressa un sourire d’excuse aux curieux qui s’étaient tournés vers eux, puis, à voix basse, lui intima l’ordre de se taire.
– Tu me fais honte, Kevin ! Cette excursion fait tellement plaisir à ton père !
Découragé par l’obstination aveugle des adultes, le jeune garçon se replia sur lui-même, la mort dans l’âme. Soudain, des bribes de conversation attirèrent son attention. Non loin de lui, deux personnes parlaient de la légère secousse qui avait touché la région pendant la nuit.
– On l’a à peine ressenti, mais c’était bien un tremblement de terre. Je sais ce que c’est, j’habite San Francisco.
Kevin s’arracha à la main de sa mère et courut vers les deux hommes.
– Pardon, Monsieur, je m’appelle Kevin. Vous dites qu’il y a eu un tremblement de terre cette nuit ?
Le bonhomme le regarda, amusé.
– Oui, mon garçon. Mais tu n’as rien à craindre ! Ce n’était rien à côté de ce qui se passe en Californie.
– Oh si !
Il se mit à hurler.
– Il ne faut pas monter dans le téléphérique ! Un pylône va s’écrouler et nous allons mourir !
– Kevin ! hurla son père.
– Non ! Je ne veux pas y aller ! Je ne veux pas y aller ! La cabine va tomber dans le vide !
Vernon l’attrapa par le bras.
– Tu vas te taire, oui ou non ?
– Un des pylônes est cassé ! Tout va tomber ! C’est à cause du tremblement de terre.
– Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Le Californien intervint :
– C’est exact, Monsieur, la terre a tremblé cette nuit.
– Je n’ai rien senti.
– C’était un séisme de faible intensité. Mais j’ai l’impression que votre fils a beaucoup d’imagination.
– Ce n’est pas de l’imagination, hurla Kevin. J’ai fait un cauchemar. J’ai vu le pylône s’écrouler.
Autour d’eux, la foule se rassemblait, attirée par les cris de l’enfant. Les avis étaient partagés. Certains, impressionnés, décidèrent de renoncer jusqu’à ce qu’une équipe d’entretien ait contrôlé la sécurité de l’installation. D’autres se moquèrent d’eux. Un technicien fut appelé, qui écarta les bras et déclara :
– Vous n’avez rien à craindre. Tous les pylônes sont vérifiés, et aucun d’eux ne présente de signe de faiblesse.
– Et le tremblement de terre ? hasarda une femme.
– Nous en avons pris note, mais ce téléphérique est conçu pour résister à pire. Croyez-moi, les tempêtes des Rocheuses sont autrement plus terribles que cette petite secousse.
– Je ne veux pas y aller ! hurla Kevin, en proie à la panique.
– Tu feras ce que je te dis ! le sermonna son père.
– Non ! dit Karole.
Vernon se retourna. Sa femme le fixait dans les yeux.
– Vas-y si tu veux ! Moi, je reste ici avec Kevin. J’estime que les techniciens devraient inspecter l’installation avant de risquer la vie des passagers. Il a pu se passer quelque chose cette nuit !
– Votre épouse n’a pas tort ! renchérit le Californien. Ces tremblements de terre, c’est vicelard, parfois. En tout cas, moi, je n’y vais pas.
– Moi non plus !
Kevin comprit qu’il avait gagné lorsque les trois quarts des voyageurs décidèrent de reporter l’excursion. Le technicien baissa les bras et déclara :
– Il faut que j’appelle la direction. Elle seule a le droit d’immobiliser cet engin.
La réponse vint immédiatement : il n’était pas question d’arrêter l’exploitation du téléphérique sous prétexte qu’un gosse avait fait un cauchemar. Ceux qui le souhaitaient pouvaient embarquer.
Kevin se réfugia près de sa mère, sous l’œil furibond de son père frustré.
Dans son appartement de New York, Kevin revécut la suite, le cœur encore serré par une angoisse rétrospective. Une dizaine d’irréductibles s’étaient embarqués, se moquant des autres. Le jeune garçon avait suivi la progression de la cabine, qui s’élevait lentement, très lentement vers les sommets.
À plus de trente ans de distance, Kevin entendit le claquement du câble qui se rompt, le grincement des montants métalliques tordus. Il revit la chute vertigineuse de la cabine, sa désintégration sur les parois rocheuses, puis son écrasement, cinq cents mètres en contrebas. Autour de lui, les gens hurlaient de panique. L’enquête avait très vite démontré que les points d’ancrage du pylône incriminé avaient été endommagés par la légère secousse sismique qui avait eu lieu la nuit précédente. Une bataille juridique avait suivi, où les avocats s’en étaient donné à cœur joie. Le directeur avait été condamné pour homicide involontaire et la compagnie avait dû débourser des indemnités colossales aux familles des victimes.
Ce jour-là, Kevin avait sauvé plus de trente personnes, qui avaient eu la sagesse de prendre son cauchemar au sérieux. Un rêve prémonitoire, comme l’avait dit un médecin. Mais cela n’avait pas empêché le traumatisme. Depuis cette époque, le souvenir de l’accident avait provoqué une sorte de blocage. Il refusait inconsciemment de se remémorer ses rêves, par peur de percevoir à l’avance d’autres catastrophes. Il avait appris que beaucoup de personnes faisaient des songes de ce genre. Pourtant, il refusait d’y croire. Tout cela n’avait été qu’une fantastique coïncidence. Rien de plus.
Tout comme ce qui s’était passé à Blowing Rocks trois jours plus tôt. Il n’y avait rien d’irrationnel dans cette histoire. Seulement un appareil ultramoderne sur lequel il était curieux d’en apprendre plus.
Il finit par s’endormir d’un sommeil peuplé de visions de tempêtes et de grands navires blancs.
Le lendemain, Eddy l’appela.
– Désolé, mon vieux ! dit-il. Je n’ai rien trouvé sur ton Paul Falcon. Il n’est fiché nulle part. Renseignements pris en Oregon, il exerce le métier de négociant en articles de valeur ; il s’intéresse essentiellement à l’archéologie. Il est marié à une certaine Katherine Latimer. Rien de sensationnel à signaler, sinon qu’ils possèdent un compte en banque plus que confortable, mais sur lequel nous n’avons pas relevé la moindre opération suspecte. Ce sont des gens discrets, qui ne se mêlent pas à la Jet Set. Ils paient régulièrement leurs impôts, font des dons à des œuvres de charité, comme tous les milliardaires. Ils n’appartiennent apparemment à aucune religion, ne fréquentent aucune secte. Autre détail, Falcon est d’origine égyptienne. J’ai leurs photos. Je te les fax.
– OK ! Merci, vieux frère !
Kevin composa ensuite le numéro fourni par Max Richardson. Un homme lui répondit.
– Je parle bien à M. Falcon ? Paul Falcon ?
– Lui-même !
La voix était grave et profonde.
– Je m’appelle Kevin Kramer. Vous me connaissez peut-être de nom. J’écris des romans de marine. Pour mon prochain livre, j’aurais besoin de renseignements sur des objets datant de l’Antiquité méditerranéenne. On m’a dit que vous étiez un expert en la matière. Pourriez-vous m’accorder un entretien ?
Il y eut un court silence, puis la voix grave répondit.
– J’ai lu quelques-uns de vos ouvrages, M. Kramer. Ma femme et moi serions ravis de vous recevoir. Quand souhaitez-vous venir ?
– Dans deux jours, si cela vous convient. Je viens de New York.
– C’est d’accord. Téléphonez-moi dès votre arrivée. Nous conviendrons d’un rendez-vous.
En raccrochant, Kevin ne put s’empêcher de se traiter d’imbécile. Il lui fallait un prétexte pour approcher le négociant, mais, lorsqu’il aurait révélé la vraie raison de sa venue, Falcon le flanquerait probablement dehors.
Tout en préparant sa valise, il se demanda, au-delà de la curiosité, quelle force mystérieuse le poussait irrésistiblement à s’intéresser à cette affaire qui pouvait s’avérer dangereuse.