Quand elle était de passage à Boston, Martha
Oesterlé descendait au Lenox, sur Copley Square, dans le quartier
neuf de Prudential Center. Elle y avait ses habitudes depuis des
années. Ses habitudes et presque sa légende : réuni en assemblée
générale, le petit personnel de l'hôtel l'avait élue La Cliente La
Plus Emmerdante Du Siècle.
Parce que, pour les siècles précédents, il
manquait d'éléments de comparaison.
Elle surgit à neuf heures. Dévisagea l'un des
réceptionnistes avec son air habituel, c'est-à-dire en donnant
l'impression qu'elle le haïssait mortellement :
— J'espère que mon appartement est prêt ?
— Il l'est, se hâta de dire le portier.
Il eut le malheur d'ajouter :
— Comme toujours.
— Ne dites pas stupidement « comme toujours ». Il
y a neuf ans, le 7 avril à la même heure, vous vous étiez trompé.
Vous m'aviez donné le 324. Vous vous étiez trompé d'un étage. Alors
ne dites pas stupidement « comme toujours », s'il vous plaît. Ma
clé.
Elle entra dans l'appartement et en referma la
porte à clé derrière elle, après avoir accroché la pancarte : « Ne
pas déranger. » L'appartement se composait d'une entrée spacieuse,
d'un grand salon partiellement aménagé en bureau, d'une chambre à
coucher et d'une salle de bain. Elle pénétra dans le salon et
déposa sur la table sa mallette. Elle l'ouvrit, en retira les
dossiers qu'elle avait l'intention d'étudier durant la soirée, les
disposa méthodiquement dans l'ordre même où elle comptait les
aborder. Elle rangea, exactement parallèles, les trois stylos à
encre violette. Elle ôta le manteau de demi-saison qu'elle portait
par-dessus son tailleur. « Une douche et ensuite je me mettrai au
travail. »
Mais d'abord téléphoner à Fitzroy Jenkins pour
savoir s'il avait pu joindre Farrar et fixer à ce dernier un
rendez-vous pour le lendemain. Elle appela sans succès le numéro de
New York sur la ligne directe. Incroyable ! Depuis près de vingt
ans que Jenkins était son adjoint, c'était la première fois qu'il
manquait à l'appel.
Elle refit le numéro trois fois de suite.
Sans plus de résultat...
... Partagée entre sa fureur et un étrange
sentiment de malaise, qui provenait sans doute de ce que
l'appartement était surchauffé.
Une histoire de climatisation.
Donc, engueuler la réception.
Alors elle vit ses mains bouger indépendamment
d'elle. Ses mains balayèrent les dossiers sur le plateau de la
table, les expédièrent au sol. Sans violence aucune, au contraire
avec douceur, et chaque dossier après l'autre.
Elle tituba. Pensa : « Simple malaise, dû à cette
chaleur insensée. » Elle revint à Jenkins, à son incroyable
manquement : « Je lui ai dit : joignez Farrar à Colorado Springs et
dites-lui que je me rendrai personnellement à Boston pour le
rencontrer. Faites-le. Quant à vous, je vous appellerai chez vous à
New York entre neuf heures et neuf heures quinze. Et vous me
rendrez compte. Je le lui ai dit, clair et net. Et il n'est pas
chez lui ! »
Pour la cinquième fois, elle voulut appeler New
York. Mais ses mains ne lui obéirent pas davantage : au lieu
d'aller vers le téléphone, sa main droite ramassa les trois stylos
à plume d'or et les planta carrément dans le bois de la
table.
« Ce foutu Jenkins a intérêt à avoir une bonne
excuse... »
Elle tituba pour la deuxième fois.
« Une bonne excuse, une bonne excuse, une bonne
excuse », se répéta son cerveau.
Le plancher s'inclina soudain et l'expédia contre
un mur. Au passage, elle renversa une petite table supportant une
lampe. Mais elle parvint à rester debout : « De l'eau. La salle de
bain. »
Miraculeusement, elle se retrouva devant la porte
ouverte de la chambre et la franchit. Dans la seconde suivante, un
nouveau mouvement brutal du plancher la précipita en avant, sur le
lit, où elle tomba, le visage contre le couvre-pied, incapable de
contrôler le moindre de ses mouvements.
« Une bonne excuse, le p'tit salaud... »
La chambre jusque-là obscure s'éclaira soudain. Et
Martha Oesterlé découvrit qu'elle n'était pas seule, pas plus dans
la chambre que sur le lit. Sa vision n'était pas normale, depuis
déjà plusieurs secondes : elle n'y voyait plus que par saccades,
par flashes successifs.
Mais elle finit tout de même par reconnaître
Fitzroy Jenkins couché à côté d'elle.
Fitzroy Jenkins, entièrement nu et vivant.
Bien vivant même.
Pas d'erreur possible.
Jimbo était arrivé avant le départ de l'escouade
des femmes de ménage qui, chaque soir, entre sept et huit,
nettoyaient salles de classes et laboratoires du sous-sol. L'une
d'elles avait entendu dire qu'il partait. Et Jimbo avait répondu :
« Oui, c'est vrai, je m'en vais, je quitte Harvard. Je suis juste
venu ranger quelques affaires. »
Il se mit au travail dès qu'il fut seul, vérifiant
le contenu de chaque disquette de l'ordinateur, de tous les
enregistrements, de tous les programmes qui se trouvaient dans les
armoires métalliques. Il recherchait la plus infime trace de
l'opération par laquelle les Sept avaient volé quatre-vingt-seize
millions de dollars.
Et, dans le même temps, il gardait un œil sur la
pendule murale, guettant l'éventuelle approche des Sept, venant au
rendez-vous qu'il leur avait fixé.
Rien.
A neuf heures — au moment où Martha Oesterlé
pénétrait dans l'hôtel Lenox à Boston, à quelques kilomètres de là
— il y eut un bruit de pas. Mais un homme seul entra, le gardien,
qui s'appelait Cobb.
— Oh, ce n'est que vous, monsieur Farrar !
— Ce n'est pas l'heure de votre ronde.
— Quelqu'un, l'un des gosses je crois, a téléphoné
pour m'avertir qu'il y avait de la lumière dans les
laboratoires.
Jimbo dégagea la disquette qu'il venait de
vérifier et chargea la suivante. Il lui en restait encore six à
contrôler.
— Quel gosse ?
Cobb haussa les épaules.
— Un gosse. Un de ces Jeunes Génies, comme on les
appelle. Je ne sais pas lequel. Certains ont déjà des voix
d'homme.
Jimbo retira ses grandes mains du clavier.
— Que vous a-t-il dit exactement ?
— Qu'il était au moins neuf heures du soir et
qu'il n'était pas normal qu'il y ait quelqu'un dans les labos en
pleine nuit.
Jimbo sourit à Cobb :
— Vous voilà rassuré, à présent.
— C'est sûr, dit Cobb, qui aimait bien Jimbo et
lui rendit son sourire.
Il finit par s'en aller. Jimbo ne bougea pas tout
de suite, en appui sur ses bras comme quelqu'un qui s'apprête à
exécuter un exercice de culture physique. Il se redressa pourtant.
Se massa le visage et surtout les globes oculaires avec l'extrémité
de ses longs doigts...
... Naturellement, l'hypothèse que l'un des élèves
ait alerté Cobb, était vraisemblable.
« Mais tu ne le crois pas, Jimbo. Tu penses qu'il
y a une autre explication.
« Tu penses qu'ils veulent te faire comprendre
quelque chose... »
L'idée fulgura : « Ou
t'assurer un alibi. »
Utilisant le traditionnel téléphone mural, il
rappela Cobb :
— Est-ce que des élèves sont sortis, ce
soir?
— Oui, dit Cobb. Des tas.
— Un lundi soir ? Alors qu'ils ont des cours le
lendemain ?
Rire de Cobb. Mais lendemain était le General
Election Day, jour férié. Ça n'arrivait que tous les quatre ans.
Ils étaient sortis par petits groupes, les uns pour aller au
cinéma, d'autres à une exposition ou à un concert au Hynes
Auditorium, au Prudential Center.
— Rentreront vers onze heures, sans doute. C'est
l'heure limite fixée par Miss Oesterlé.
Jimbo remercia, raccrocha. Revint à l'ordinateur,
qui continuait la lecture du contenu des disquettes. Et celles-ci
ne contenaient rien d'autre que les programmes utilisés pour
l'enseignement.
« Il y a trois choses que tu
sais parfaitement, Jimbo.
« La première est que les Sept ont utilisé cet
ordinateur — par le biais d'un télétype et d'un téléphone à touches
— pour mener à terme toute l'opération du vol des cent et quelques
millions de dollars. Cent et quelques parce que, pour tomber sur un
chiffre rond de 96 — huit fois douze —, il avait nécessairement
fallu partir d'une somme plus importante. Les Sept l'ont fait, et
ils n'ont sûrement laissé aucune trace. Les Sept ne feraient pas ce
genre d'erreur. Les Sept ne font jamais d'erreur, en aucun domaine.
Et tu peux passer des heures et des mois à examiner à la loupe
chacun de ces enregistrements, tu ne trouveras rien. La vérité est
que huit personnes au monde savent pour l'instant que cet argent a
été volé, par qui et comment. Les Sept et toi. Et tu as reçu ta
part de douze millions. Ça, c'est le premier point, Jimbo.
« La deuxième est que les Sept ne viendront pas à
ton rendez-vous.
« Tu attends pour rien. Tu le sais.
« Tu l'as toujours su.
»
Il consulta sa montre comme s'il n'avait pas
confiance dans la pendule : presque dix heures. Il s'assit, face à
l'écran où défilait un programme de gestion des mouvements d'avion
au sol dans un aéroport-type. Il respirait l'odeur familière de
machine. Se sentait seul et abandonné.
Restait la troisième chose.
Depuis un bon bout de temps, il tentait de la
refouler, essayait en vain de l'enfouir au plus profond de sa
foutue mémoire. Mais elle remontait à la surface, surgissait à
nouveau, l'envahissait.
« D'accord, Jimbo, laisse venir la troisième
chose.
« Tu n'as jamais été capable d'empêcher ta
saloperie de cerveau de faire ce dont il avait envie, de toute
façon. Trop intelligent pour toi.
« Laisse-la venir occuper le devant de la scène.
Examine-la scientifiquement, froidement.
« La troisième chose que tu sais, Jimbo, c'est que
les Sept, en ce moment même, viennent brusquement de modifier la
cadence. Rupture de rythme, tout change, on diverge.
« Jimbo, les Sept ne sont plus seulement des
gosses super-super-doués, avec des cerveaux formidables capables de
ridiculiser n'importe qui, capables de voler cent millions de
dollars comme un rien, sans le moindre risque d'être pris, ou
d'apprendre le mongol en trois ou quatre jours.
« Examine ça scientifiquement et froidement, Jimbo
:
« Les Sept sont en train de tuer.
« Et tu devines même qui. »
Martha Oesterlé, allongée sur le dos depuis des
heures gémissait doucement. Ses yeux étaient grands ouverts et, en
un sens, elle était tout à fait consciente. En un sens seulement :
elle ne distinguait plus la chambre que par fragments. Un peu comme
si on lui avait mis sous les yeux des dizaines de clichés, chacun
reproduisant seulement un détail du décor. Et Martha Oesterlé ne
parvenait pas à rassembler tous ces clichés et à les mettre en
ordre. Impossible de tout relier pour en faire un ensemble
cohérent. Sa vision était éclatée comme un miroir brisé. Combien y
avait-il de silhouettes marchant sans bruit dans la chambre, autour
du lit? Trois? Deux? Ou bien toujours la même, se déplaçant ?
Et dans tous les cas sacrément grande.
Elle se souvenait... Des mains gantées l'avaient
mise nue, l'avaient sans violence obligée à se coucher sur le dos,
à écarter les cuisses, à accepter que le corps nu de Fitzroy
Jenkins vînt se coucher sur le sien.
Elle avait été pénétrée par l'homme.
Elle gémit et voulut à nouveau se redresser. Un
instant plus tôt — une heure plus tôt ? — lorsqu'elle avait
esquissé un mouvement identique, les mains gantées l'en avaient
empêchée, faisant doucement pression sur ses gros seins lourds.
Mais cette fois, au contraire, les mains gantées l'aidèrent à
s'asseoir. A lui seul, ce changement de position fit affluer une
série nouvelle de sensations, toujours fragmentées : la salle de
bains éclairée, le bruit de l'eau coulant dans la baignoire, son
propre corps entièrement nu avec ses hanches d'homme et ses gros
seins lourds. Et le corps également nu de Jenkins, allongé à côté
d'elle; le visage hébété de Jenkins, souriant dans le vide; les
silhouettes étrangement masquées circulant autour du lit.
L'objet qu'on plaça dans sa main...
... Le stylet extrêmement acéré et effilé que
depuis des années et des années elle transportait dans sa mallette.
Son stylet à elle, qui lui avait été offert par le vieux
Killian.
Les mains gantées l'amenèrent à resserrer ses
doigts autour du manche, la conduisirent à allonger le bras, puis à
le baisser lentement. La pointe aiguë vint se poser sur la poitrine
de Fitzroy Jenkins, à l'emplacement du cœur. Nouvelle pression
douce des mains gantées, indiquant le mouvement à faire. Le bras
d'Oesterlé l'exécuta docilement.
La lame s'enfonça sans résistance, d'une douzaine
de centimètres.
Ressortit lentement.
S'enfonça à nouveau, quelques millimètres plus
loin.
Dix fois, quinze fois, vingt fois.
Les mains gantées vinrent alors se glisser sous
les aisselles de Martha Oesterlé. Elles l'invitèrent à se lever, ce
qu'elle fit, titubant. Elle se laissa piloter vers la salle de
bains...
... Où l'eau ne coulait plus. Et où la baignoire
était aux trois quarts pleine.
Docilement, elle entra dans la baignoire, s'y
allongea. Le stylet était toujours dans sa main. Les mains gantées
le guidèrent sous l'eau agréablement tiède : incision au poignet
gauche puis, le stylet ayant changé de main, au poignet
droit.
L'eau commença à se colorer de rose.
L'avant-dernier mouvement des mains gantées
conduisit le stylet vers la gorge. Bref aller et retour pour ouvrir
la veine jugulaire externe, sur le côté droit du cou.
Le dernier mouvement fit doucement pression sur le
sommet du crâne, pour enfoncer le corps sous l'eau.
Martha Oesterlé bougea un peu. Pas beaucoup.
On ôta les serviettes-éponges qui obstruaient les
bouches du conditionneur d'air; elles reprirent leur place dans la
salle de bains. La climatisation se remit à fonctionner
normalement, évacuant les nappes de monoamine axydiase, un
catalyseur des réactions du cerveau humain mis au point par le
centre d'essais secrets des armes biologiques et chimiques, à
Dugway, dans l'Utah, au moment de la guerre du Viêt-nam.
Selon les calculs des architectes, le système de
climatisation renouvelait entièrement, toutes les quatre heures,
l'air de chaque appartement. Autrement dit, dans quatre heures les
derniers effluves de gaz allaient être aspirés. Et aucune trace
n'en subsisterait plus.
Vers dix heures cinquante, il restait encore trois
disquettes et quelques bandes à vérifier.
Jusque-là, il les avait prises dans l'ordre où
elles étaient rangées dans les armoires métalliques. Machinalement.
Après tout, ce n'était qu'un prétexte pour s'attarder dans le
laboratoire.
Il sortit les trois dernières disquettes et les
examina distraitement. Comme toujours, elles portaient une
étiquette précisant leur contenu, et Jimbo pouvait les identifier
d'autant plus facilement que l'écriture était la sienne. La
première enfermait le fac-similé d'un programme tel que les
compagnies aériennes en utilisent pour leurs réservations ; la
deuxième reproduisait un programme de contrôle employé par les
métallurgistes ; la troisième était une copie extrêmement fidèle —
sauf les erreurs volontairement commises par Jimbo — du système CAD
Computer Aided Design (Conception Assistée par Ordinateur) mis au
point par la General Motors et servant à l'étude des carrosseries
de voiture.
Jimbo faillit ne pas voir le signe.
Un simple griffonnage au crayon, dans le coin
supérieur droit de l'étiquette.
Le chiffre 7.
La respiration lui manqua pendant deux secondes.
Il chargea la troisième disquette mais ne déclencha pas tout de
suite la lecture. Il alla de nouveau au téléphone et rappela Cobb
:
— Je vous réveille ?
— Je ne suis pas supposé dormir, répondit assez
aigrement Cobb. Je suis veilleur de nuit. Je ne dormais pas.
— Désolé de vous avoir réveillé. Je voulais
simplement savoir si des élèves sont rentrés.
— Il y en a pas mal qui sont rentrés.
— Mais pas tous.
— Pas ceux qui sont allés à l'auditorium à Boston.
J'aurais sûrement entendu leur car... Je veux dire : je l'aurais
vu. Je ne dormais pas.
« Ne te raconte pas d'histoires, Jimbo, cette
conversation avec Cobb n'a pas de sens. Tu sais très bien que les
Sept, ceux des Sept qui sont allés passer la soirée au Hynes
Auditorium — qui n'était vraiment pas très
loin du Lenox — que ceux-là rentreront à l'heure. Sans
faute. Et toi, Jimbo, tout ce que tu es en train de faire, c'est
renforcer ton alibi... »
Jimbo dit à haute voix :
— Il est presque onze heures et j'ai fini. Je ne
vais pas tarder à m'en aller.
— D'accord, grogna Cobb.
— J'éteindrai toutes les lumières dans le
labo.
— D'accord.
Un temps.
— Bonne nuit, monsieur Farrar.
— Merci, dit Jimbo.
Il n'osa pas répondre « Bonne nuit à vous aussi »,
de peur d'avoir l'air sarcastique.
Il revint à l'ordinateur.
Lecture.
Rien n'apparut cette fois sur l'écran cathodique.
On avait effacé le contenu de la disquette.
... Mais ils n'ont pas pris la peine de tout
effacer, juste pour jouer ou à la suite d'une erreur de
manipulation; il doit y avoir une signification.
Elle transparut sous la forme de trois mots, comme
autrefois, quand Fozzy avait repéré l'existence des Sept et avait
intercepté le message qu'ils s'adressaient les uns aux autres. La
différence venait de ce que ce message à présent était destiné à
Jimbo Farrar. Il le lut quand les trois mots s'inscrivirent sur
l'écran et se répétèrent à l'infini :
WE LOVE YOU. NOUS VOUS AIMONS.
Et une répétition presque à l'infini, tandis que
se dévidait la disquette :
Nous vous aimons, nous vous
aimons, nous vous aimons...
Il demeura longtemps à contempler l'écran éteint.
Il pleura, comme un enfant, en silence.
Il donna à l'ordinateur l'ordre d'effacement.
Sortit la disquette désormais vide et écrivit sur l'étiquette : «
Effacé par erreur. Farrar. »
Il s'en alla.
Il aurait pu regagner sa voiture sans être vu de
Cobb. Mais il fit un détour par le grand hall d'entrée pour passer
devant la vitre de la petite loge. Cobb lui rendit son salut.
Il était alors onze heures et dix minutes.