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L'ENRACINEMENT DE LA MONARCHIE
négociations dont il espère tirer profit. Fouché dispose d'une autre pièce maîtresse en la personne de Fagan, un ancien émigré dont le père vit alors à Londres. Il est envoyé secrètement en Angleterre avec la mission de prendre des contacts. Ces divers envoyés font état de l'intransigeance des Anglais qui refusent toute négociation avant l'évacuation préalable de l'Espagne où leurs troupes continuent d'appuyer l'effort de la guérilla. Fouché prend alors sur lui de proposer aux Anglais des compensations. Il modifie le plan de paix mis au point par Napoléon et que Labouchère devait rapporter à Londres, proposant aux Anglais de les aider à reconquérir les États
Unis. Ces tractations secrètes menées par l'entremise d'Ouvrard finissent cependant par être éventées. Napoléon en a connaissance en avril. Mais les a-t-il jamais ignorées ? Quoi qu'il en soit, il patiente avant de réagir, se donnant le temps de faire arrêter Ouvrard. Une fois celui-ci sous les verrous, il procède au remplacement de Fouché. Cette affaire de négociations avec l'Angleterre dans lesquelles finalement Fouché fait preuve d'un sens réel de l'intérêt général sert aussi de prétexte à Napoléon qui peut dès lors se débarrasser d'un ministre devenu encombrant et dont l'opposition à ses choix s'avérait chaque jour plus patente. Son hostilité au mariage de Napoléon avec Marie-Louise est l'une des manifestations de ses hésitations face à l'évolution monarchique du régime.