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Égérie des révoltés de l'EldoGaronne réclamant, avec force banderoles accrochées aux balcons, la bonne finition de leur immeuble, revendiqué fleuron de la ZAC de Bordeaux-Bastide, la pétulante Marie-Claire Sanchez a été très surprise de voir surgir sa « bonne amie banquière ».
– Tu m'as déçue, mon petit ! J'attendais sûrement des miracles de ta part. L'inexistence de tes résultats m'a remis les idées en place. Les pressions que tu devais exercer sur le beau Jean-Denis, si elles ont eu lieu, ont été sans effet.
– Détrompez-vous. Cinq personnes, dont deux enfants, en sont déjà mortes, et moi, je suis en sursis.
Mamie Tornada est restée clouée, le chignon blond platine figé, la verve enfuie. Valérie lui a tout révélé, depuis le racket de Dubreuil jusqu'à l'extermination de sa famille, en passant par son pseudo-suicide, la relation Moran-Collin, le piratage, l'escroquerie bidon, l'élimination du témoin Joël et sa propre garde à vue suivie d'une mise en examen.
– Alors, je vous en prie, madame Sanchez, ne me dites pas que mon essai de faire plier Moran est resté sans effet.
– Sûr, je, je… je conçois que… vu sous cet angle… C'est effarant… J'ai besoin d'un remonte-boyaux… Tu… tu en veux un ?
Déterminée, Valérie opine du chef.
– Si vous avez du cognac, ce sera avec plaisir.
– J'ai.


Un bon ballon d'Extra Rémy Martin plus tard, la stratégie de riposte se dessine clairement dans l'esprit de l'insoumise.
– Mes jours sont comptés. Crier l'affaire sur les toits sera mon assurance-vie. Puisque vous n'avez toujours pas obtenu les finitions et réparations attendues, vous allez remplacer tous vos calicots, auxquels plus aucun passant ne prête attention, par un seul : « Jacques Collin, secourez votre ami Moran, rendez-nous la caisse noire. »
– Ah ! oui ! ça secouerait, ça… Incontestablement… Elle tient mal l'alcool.
– En mettant Collin en avant, vous aurez la presse parisienne, la mairie n'aimera pas, ils s'échinent pour valoriser l'image de Bordeaux Rive Droite. Ils obtiendront de Moran ce que personne d'autre ne peut obtenir.
– Illusion ! Bien sûr, mais… Quelles preuves on a pour balancer Collin ? Je sais bien qu'il se trimballe un magasin de casseroles accrochées à la queue, mais personne n'a jamais réussi à le cravater… On y va à poil, là !
– Comment ai-je pu imaginer une autre réaction ? Je perds tout sens commun. Parlez-en avec vos partenaires de galère. Jouez sur l'intuition.
– Un peu faible, non ?
– Non ! Quand les médias parisiens s'en mêleront, vous citerez mon nom et mes confidences. Je fais n'importe quoi. Ils se tourneront vers moi, je témoignerai de ce que j'ai trouvé dans les comptes de la BGD, de ce j'ai vu, entendu, vécu…
– Oui, oui, je… Elle est branque, cette drollesse ! Je vais faire ça… Je vais en parler aux autres copropriétaires… Tu m'excuses, ma chérie, je… je suis obligée de te ficher dehors, j'attends un ami qui ne devrait pas tarder et j'ai rien de prêt.
Elle s'est levée pour raccompagner son encombrante visiteuse.
– Naturellement. Dubreuil mort. Sa femme morte. Ses enfants morts, quelle horreur ! Je n'ai déjà que trop abusé. Elle ne bougera pas le petit doigt. Elle doit me prendre pour une folle… Elle a raison… Et Joël ! Pauvre Joël
Sur le palier, Marie-Claire embrasse Valérie en la pressant fort sur sa généreuse poitrine. Elle me fait ses adieux. J'ai de plus en plus la sensation d'être dans le couloir de la mort.


À la brasserie Au Bureau, avec vue sur le port de la Lune et la porte Cailhau abritant la statue de Charles VIII en majesté, Valérie déjeune d'une flammekueche gratinée. Je dois garder l'idée que crier sur les toits me sauve la vie. Je vais aller voir Sud-Ouest. Faut tout déballer… Avec quelles preuves, nom d'un chien ?! Avec quelles preuves ?! Tout le monde te le dit !… Pas grave, même si je suis considérée comme diffamatrice, je sauve ma peau ; après avoir alerté la presse, ils ne peuvent plus me zigouiller… Tu parles ! Rappelle-toi Yann Piat, les frères Saincené, ceux-là aussi avaient dénoncé, ils ont été effacés le plus officiellement du monde… L'avenir est désespérant… Changer de portable. Ne donner le numéro à personne. Personne !… Téléphoner papa. Inviter pour Noël. Ne pas le laisser seul, cette année. Elle vide sa chope de Stella Artois. À ta santé, Joël ! Elle en commande une autre. Tuer la bête… Exorciser.


Je fais vraiment, mais vraiment, n'importe quoi ! Je suis folle à lier ! Elle a eu beau s'astreindre à marcher au bord de la Garonne en début d'après-midi, rien n'a érodé l'obsession. Joël mort. Dubreuil mort. Sa femme morte. Ses enfants morts. Valérie respire un bon coup et presse le bouton du visiophone, cerbère de la porte palière donnant accès à Moran SA. L'image d'une hôtesse style poupée Barbie apparaît. Sûr qu'il l'a sautée !
– Bonjour, que puis-je pour votre service ?
– Valérie Lataste, je désire voir M. Moran.
La fille consulte un écran.
– Je vois que vous n'avez pas rendez-vous…
– Annoncez-moi. Il m'attend.
– Un instant.
L'écran s'éteint. De longues secondes s'éternisent. Ils ne vont quand même pas me laisser sécher là, sans redonner signe de vie !… Je suis bonne à enfermer. Personne ne sait que je suis ici. Si je n'en ressors pas, personne ne viendra m'y chercher. Je devrais laisser un message à Hugo. Elle retire le Panasonic de son sac.
La porte s'ouvre et, sculptural comme un Michel-Ange, Jean-Denis Moran s'y encadre, le sourire rayonnant, la crinière lumineuse, les bras largement ouverts.
– Soyez la bienvenue.
C'est vrai qu'il est beau, l'ordure ! Il veut lui prendre la main encombrée du portable, elle se soustrait au contact en remettant le module à sa place. Elle n'est pas venue pour capituler. D'un geste gracieux, il l'invite à entrer. À qui elle a téléphoné ? Je le saurai.
Elle le suit. J'aime pas le regard maquerelle de Barbie !
– Vous êtes déjà venue à la Cité mondiale ?
– Au cas où vous en douteriez, je ne suis pas ici en touriste, je me passerai de votre visite guidée.
– J'adore l'imprévisibilité de votre personnalité. Vous me faites penser à l'une de mes filles, Angelina. Vous devez avoir à peu près le même âge. Elle a vingt-six ans…
Elle a un an de moins que moi. Je te le dirai pas. T'es parfaitement au courant… Qu'est-ce qu'il sait de moi ?… Peut-être qu'il connaît des choses que j'ignore ! Ils arrivent devant la splendide porte laquée de mauve du fief directorial. Magali Miller, la plastique parfaite et l'œil noir sur la défensive, sort d'un bureau adjacent.
– Ah ! euh… je vous présente Magali Miller, mon assistante. Valérie Lataste.
Malgré son art consommé de la dissimulation, la maîtresse ne peut cacher l'extrême surprise qui lui plisse le front. Après une brève hésitation, elle tend la main. Valérie ne la refuse pas.
– Mademoiselle Lataste, je suis ravie de faire votre connaissance.
Moran s'ébaudit.
– Vous voyez, chère amie, tout le monde est heureux de vous voir ici !… Sois gentille, apporte-nous du café…
– Pas pour moi !
– Vous avez tort, chère Valérie, j'ai un arabica qui est un pur délice. Je le reçois directement de Colombie.
– Par le même exportateur qui vous deale la coke ? Je suis dingue !
Une étincelle brille dans le regard de Magali. En plein dans le mille ! Elle est venue l'assassiner ! Moran a perdu son alacrité… Une à deux secondes. Pas plus.
Il s'esclaffe.
– J'adore votre témérité, jeune fille ! Vous êtes un mousquetaire ! Entrez dans mon royaume.
Il ouvre la porte et s'efface. Tandis que Valérie passe, il adresse une mimique autoritaire à Magali, lui intimant l'ordre de décamper. Elle lui décoche un sourire d'une tendresse trop accentuée pour être sincère et s'exécute. Je voudrais qu'elle te crève !
Pétard ! Quel luxe ! Bien plantée au milieu de la pièce, tournant le dos à l'esquisse de port entrevue par la vaste baie panoramique embrassant l'enclave xviiie, Valérie fait face à son hôte qui la dépasse et, avenant, l'invite à s'asseoir au salon. Elle accepte l'offre et va se laisser couler entre les bras d'un des quatre superbes fauteuils de cuir anglais rouge sang. Moran la contourne et vient prendre place juste en face d'elle, radieux.
– Voilà donc la jeune et jolie personne qui s'intéresse tant à moi.
– Dans quel état se sent-on quand on a cinq morts sur la conscience ?
– Vous parlez de vous ?
– Idiote ! J'ai mal formulé ma question ! Je vais vous accuser publiquement d'avoir fait assassiner Laurent Dubreuil…
– Laurent est mort ?!
Son visage clame la plus parfaite sidération. Je l'ai bien réussie, cette protestation contre un destin cruel ; elle en est toute chamboulée, la mignonne.
– Que s'est-il passé ? Pourquoi me mettez-vous en cause ? Laurent était un ami ! Il faut que j'appelle sa femme, elle doit être accablée… Et ses enfants qu'il adorait ! Mon Dieu, quelle horreur. Ils doivent être dans un état… Je pousse, là !
Valérie le considère avec une haine mâtinée d'infini mépris.
– Comment ai-je pu supposer qu'il réagirait différemment ? Je suis la reine des imbéciles ! Vous êtes abject.
– Je pense que vous aimiez ce cher Laurent autant que moi et la douleur vous égare.
– Et il continue à sourire ! Existe-t-il une seule cause au monde qui pour être défendue justifie l'anéantissement de toute une famille : le père, la mère, les deux enfants ?… Et la mort de mon ami Joël !
Sa voix a tremblé. Les larmes lui nouent la gorge.
Moran l'observe avec un sourire apitoyé. Je la verrais bien dans un tableau vivant : « l'esclave éplorée ». Il se fait fataliste.
– Tous les conflits armés dont les journaux sont pleins conduisent à une interrogation identique, chère amie.
Elle se lève, en rage.
– Je ne suis pas votre chère amie !
– Je le regrette, croyez-le.
– Arrêtez ! arrêtez !!!… Vous n'êtes pas aussi fin stratège que vous le croyez ! Vous faites semblant d'apprendre la mort de Dubreuil, et vous ne réagissez absolument pas quand j'y ajoute celles de sa femme, de ses gosses et de Joël Ardinaud !
Il s'est dressé et la fixe, les yeux dans les yeux.
– Bien vu ! C'est que je pense que vous n'êtes pas maîtresse de vous-même… Alors, je crois plus prudent de ne pas vous contredire… En outre, j'ignore qui est Joël, euh… Comment dites-vous ?
– Une personne étrangère à ce carnage m'aurait déjà jetée dehors.
– J'ai la réputation d'être un homme galant. De plus, je suis persuadé que vous bluffez…
– Votre pirouette est pathétique !
– … que les gens dont vous parlez sont bel et bien vivants… Ce serait une telle monstruosité si…
– Une monstruosité, c'est ça, oui… Le qualificatif vous convient à merveille. Comment devient-on ce que vous êtes ? Je ne peux pas croire que cela soit inné. Quels choix avez-vous faits ? Quels événements vous ont poussé à les faire ?
Un voile de tristesse lasse érafle le masque de Dionysos jovial ; le temps que mettrait une larme furtive pour glisser sur une joue.
– Vous n'allez pas en croire vos séduisantes oreilles… Je vais vous faire une confidence que bien peu de gens ont entendue… Mon père était un ivrogne, un fainéant qui, quand il n'était pas ivre, se louait au noir sur des chantiers occasionnels et rares. Ma mère se prostituait… Avec l'assentiment de mon père. Il exploitait cette ressource pour dédommager ses nombreux amis bistrotiers… Mes deux frères, ma sœur et moi sommes nés dans la misère. Je suis le seul survivant…
Effectivement, Valérie est interloquée. Où veut-il me conduire ? Est-ce qu'il dit la vérité ?
Moran s'est écarté en se tournant vers la baie vitrée tendue du sol au plafond pour dégager une étroite vue sur le port. Il poursuit son monologue, le regard perdu vers un point de fuite lointain.
– J'ai souffert de la faim, du froid, de la violence… Je n'ai su lire qu'assez tard, j'avais neuf ans… C'est un prêtre qui m'a éduqué. Il débordait d'affection pour moi… Trop… Son contact m'a énormément appris sur la condition humaine. Je lui dois tout ce que je suis devenu… C'était un fin lettré, il a porté à ma connaissance bien des livres édifiants qui m'ont éclairé sur la manière d'embrasser la vie… J'ai vite compris qu'exister se résumait à une alternative : soumettre ou être soumis…
Il fait soudain face avec un large sourire.
– Mon coquin de prêtre appelait cette vision réaliste des choses : la sagesse de Dieu. Dieu n'est soumis à personne. Je me suis fait fort de l'imiter.
Valérie mime la sidération.
– Inimaginable !
Il rit et vient vers elle.
– Je sais que cela peut sembler mégalomaniaque, mais cela m'a réussi. Je suis assez content de ma position sociale et pour la conserver, ma jeune amie, je suis prêt à assiéger, investir, réduire et anéantir toutes les places fortes qui me résistent… Je parle métaphoriquement, bien sûr… J'ai toujours agi de la sorte. On ne change plus, à mon âge. Quand j'avais le vôtre, j'étais déjà ainsi… Depuis toujours, je mène une guerre. Et je la gagne.
Il se tait, avec sur les lèvres la douceur pateline du père qui vient de raconter une belle histoire à sa fille.
Qu'est-ce que je fiche ici ? J'ai trop bu, le cognac chez la mamie, les deux bières à la brasserie… Comment dialoguer avec ce type ? C'est un monstre fier de l'être
– Vous reconnaissez avoir fait tuer les Dubreuil et Joël Ardinaud ? T'es conne !
Moran éclate de rire.
– Charmante !… J'adore votre candeur.
– Je vais vous dénoncer ! Me répandre dans la presse !
– Si cela peut satisfaire votre libido, faites-le. Je milite pour que les corps et les esprits vivent tous leurs désirs.
– Vous êtes ignoble. Votre libido a été satisfaite en brûlant vifs Anita, Noémie et Nicolas Dubreuil ? Vous étiez sur place ? Vous assistiez à la mise en scène ? Peut-être que vous la dirigiez. Vous avez pris votre pied ? Vous n'arrivez plus à le prendre qu'en vous excitant à ces jeux ? Inimaginable, il parvient à garder le sourire ! À croire qu'il se l'est fait greffer !
– Elle a un sacré cran, cette fille ! Je suis persuadé que les Dubreuil sont en parfaite santé.
– Vous mentez !
– Quant à la manière dont je… prends mon pied… je serais honoré d'en débattre… d'en ébattre, plus intimement avec vous…
– L'idée même me donne envie de vomir !
– Racontez… L'idée… Quelles images voyez-vous ?
– Un vieux beau puant, tirant sa jouissance de l'humiliation, de l'abaissement, de l'avilissement, de la ruine d'autrui ! Pour qui vous prenez-vous, pour Don Juan, pour Gilles de Rais, pour Satan ? Je vais vous pourrir la vie, vous dénoncer, vous harceler, vous contraindre à tomber le masque ! Vous menez une guerre, disiez-vous, je vais être l'âme de la résistance qui vous poussera hors du champ de bataille et vous détruira !
Elle tourne les talons et gagne la porte. Tu n'es pas folle, tu es hyper, hyper, hyper démente ! Irrécupérable ! Et il se fout de toi, il applaudit !
– Bonne chance, la Pucelle !
Furibonde, elle est sortie en laissant grand ouvert et, de longues enjambées, a quitté le lieu détestable, sans ménagement pour Barbie qui, depuis la photocopieuse de l'accueil, ne lui a épargné aucun poncif commercial.
– Nous sommes enchantés de votre visite et avons hâte de vous revoir. Je reste à votre disposition pour toute information qui vous serait utile.
– Y a des cas où tu ferais mieux de demander à ton boss s'il est judicieux de passer le disque !
La jolie fille en est tout éberluée.


Jaillissant littéralement sur le parvis des Chartrons, au pied de la Cité à l'écrin d'acier et de verre, Valérie aspire une grande goulée d'air. La pollution la plus intégrale ne sera jamais aussi infecte que ce fumier ! Elle entame la traversée du parterre d'un bon pas. Je file chez Sud-Ouest, j'arriverai bien à intéresser la rédaction à mon cas.
– Mademoiselle Lataste, quel heureux hasard !
Une main épaisse lui saisit le coude. Elle sursaute en se retournant.
C'est l'esquimau.
– Il vient voir Moran ! C'est lui le flic ripou de l'équipe Bensoussan ! Vous allez chez Moran ?
– Non. Je suis ici pour vous. M. Moran a alerté le 17…
– Alerté !
– Vous débarquiez chez lui avec l'intention d'y semer le désordre.
– Et un membre de la financière rapplique chaque fois que Moran a besoin d'un chien de garde ?
Les yeux bridés se ferment quasiment.
– Dans tous les flics, y a un gardien de la paix qui sommeille… Et surtout, comme il se trouve que la juge Dambo a décerné un mandat d'amener à votre encontre…
– Quoi ?! Qu'est-ce qui lui prend ?
– … son appel est remonté jusqu'à nous. Je vous conduis devant elle.
– Il n'est pas question que je vous suive !
Il glousse en pétrissant son énorme cou.
– Elle est rigolote !
Il tire un petit radiotéléphone de sa veste au cuir flapi, le porte aux lèvres et presse le commutateur.
– Amenez-vous, elle fait sa bégueule.
Valérie détale. Je suis nulle, je réagis comme une coupable ! Du quai vers lequel elle court et des passages Beaujau et Notre-Dame ouverts sur ses arrières, des policiers en uniforme ont surgi. Elle jette des coups d'œil éperdus et renonce avant qu'ils l'aient atteinte. Aucune chance de les semer. Je sers pas ma cause en fuyant. Matthieu Fourrier s'avance, l'air en rogne, les menottes à la main.
Une petite foule commence à s'agglutiner alentour.
Quand les pattes démesurées serrent les bracelets sur ses poignets tordus sans ménagement dans le dos, machinalement, Valérie porte le regard vers les étages de la Cité mondiale…
Là-haut, derrière la baie panoramique, debout, impérial comme Titus prodiguant la survie ou la mort au Colisée, Jean-Denis Moran sourit.