CHAPITRE XXIX

Était-ce dû à l'amour qu'elle portait à Nielsen? Nelvéa ne souffrait plus des visites ambiguës de son amant nocturne. Pour la première fois de sa vie, elle n'était plus en proie au doute. Elle vivait pleinement, se donnait sans remord aux étreintes de son compagnon, heureuse de lire en lui un bonheur qu'il attendait depuis des siècles.

Elle avait cru vivre un rêve au début de leur rencontre. Mais plus les jours passaient, plus leur complicité se resserrait. Ils riaient de tout et de rien, se passionnaient pour les secrets des mondes oubliés.

Elle s'était intéressée à ses travaux de laboratoire, et l'accompagnait volontiers dans ses recherches. Ils passaient ainsi de nombreuses heures penchés sur les énigmes que leur posaient les vestiges arrachés aux ruines enfouies sous la poussière des siècles.

Bien sûr, parfois elle se reprochait d'avoir abandonné sa quête.

Mais comment aurait-elle pu la poursuivre? Vers quel but s'orienter?

Lorsqu'elle y pensait, elle était persuadée que Dorian et Solyane n'étaient pas étrangers à sa venue à Vallensbrùck. Elle en voulait pour preuve l'impression fantastique qu'elle avait éprouvée juste avant de rencontrer Nielsen. C'était inexplicable, mais c'était ainsi.

Elle connaissait trop bien leurs schemes mentaux. Ils étaient présents, près d'elle, sur la terrasse. Depuis, elle ne croyait plus du tout à leur mort. Elle avait le sentiment qu'elle les retrouverait un jour. Alors, Vallensbrùck n'était-elle qu'une étape sur sa route?

Un jour, alors qu'ils étudiaient un lot de bijoux plus qu'à demi dévorés par les oxydes, elle déclara: - Je crois que j'aurais aimé vivre à l'époque des Anciens. Leur monde devait être passionnant.

Nielsen fit une moue sceptique.

- Passionnant, peut-être. Mais c'était un monde irrémédiablement voué à l'anéantissement.

- Pourquoi dis-tu cela? Nous savons tous les deux que les légendes sur lesquelles s'appuient les amanes sont sans fondement. Ce monde a disparu à cause d'épidémies soudaines.

- Non, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Les amanes ont imaginé des légendes effrayantes pour frapper les esprits. Mais la vérité est encore plus impressionnante que ces légendes.

Il lui prit la main.

- Au cours de mes voyages, j'ai découvert certaines choses qui m'ont aidé à mieux comprendre ce qui s'est réellement passé. Et crois-moi, je souhaite que jamais un tel monde ne revoie le jour. C'est pourquoi j'ai le plus profond respect pour la tâche entreprise par les amanes.

- Quelles choses?

- Il y a une crypte que je ne t'ai pas encore montrée. Seuls mes plus proches collaborateurs en connaissent l'existence. Mais je veux que tu me promettes de ne révéler à personne ce que tu vas apprendre.

- Est-ce donc si terrifiant?

- Tu jugeras par toi-même! Viens!

Il l'entraîna dans les sous-sols du palais, au niveau le plus profond.

Ici, les murs n'étaient plus de marbre, mais de béton. Nelvéa ne distinguait à priori rien d'inquiétant. Sous la lumière orange de sphères lumineuses s'alignaient des rayons emplis d'objets insolites, métalliques, de formes simples, cylindres, disques, cubes.

- Cette salle a été bâtie dans les ruines de l'ancienne cité libre. Les secrets qu'elle renferme ne doivent pas être remis entre toutes les mains. Ces objets sont des mémoires à l'or synthétique, inaltérables au temps. C'est grâce à elles que j'ai pu comprendre ce qui s'est réellement passé au cours des cinq siècles qui ont précédé le Jour du Soleil. Toutes les époques ont engendré des œuvres d'art magnifiques.

Mais la période de la technologie avancée, celle qui a précédé le Chaos, a dépassé toutes les autres. La technologie s'était mise au service de l'art, et l'on a connu un développement sans précédent de toutes les formes d'expression, picturales, musicales, et d'autres encore dont tu n'as pas la moindre idée. Pourtant, l'homme avait mis en marche une civilisation écrasante, qu'il ne contrôlait plus, dans laquelle il n'était plus rien. Sans doute à cause de la volonté inconsciente de survivre à sa mort, il gravait dans les molécules d'or les souvenirs de toutes sortes d'événements, afin qu'ils soient perpétués dans les millénaires à venir. Il a dû exister des milliards de ces objets. Mais nombre d'entre eux ont été détruits. Ceux que tu vois ici ont été retrouvés dans les ruines des cités antiques, ou dans celles des cités libres.

Nielsen sélectionna sur les rayons deux cylindres de dimensions réduites et se dirigea vers une sorte de console dans laquelle il introduisit le premier tube. Derrière la console s'étendait une salle semisphérique de couleur blanche. Il invita Nelvéa à s'asseoir à ses côtés et commença une étrange histoire.

- L'ère de la technologie avancée a débuté environ cinq siècles avant le Jour du Soleil. A cette époque, l'homme avait commencé à percer les secrets de la nature. Le développement que connut la civilisation fut extraordinaire. On effectuait des recherches dans tous les domaines, médicaux, militaires, scientifiques, industriels, artistiques...

La population du monde, grâce aux découvertes médicales, se multiplia rapidement, malgré les guerres de plus en plus meurtrières, et les épidémies nouvelles. L'homme se mit à vivre plus vite.

Il voulait tout connaître, tout essayer. L'art perdit cet amour du détail qu'il avait toujours connu depuis des millénaires. Il devint plus grossier, les lignes se simplifièrent, se déformèrent même parfois jusqu'à ne plus avoir aucune valeur représentative. Il recherchait l'essentiel, l'émotion à l'état pur. Simultanément, on emprisonna toutes les formes d'art dans un mercantilisme qui abaissa la création au niveau d'opérations commerciales. Elles devinrent sources de profit. Dans la profusion de créations de cette époque, peu d'entre elles avaient véritablement de la valeur. Mais celles qui en avaient dépassaient de loin tout ce qui avait été fait auparavant.

« Cependant, l'homme avait mis en marche un système économique de plus en plus complexe, géré par des machines, qu'il ne parvenait plus tout à fait à contrôler. De nombreuses idéologies, politiques, religieuses, sociologiques s'affrontèrent. Mais toutes les structures étaient basées sur le profit, au détriment de la qualité de vie. Une sorte de frénésie s'était emparée du monde. Écarté des valeurs spirituelles, l'homme édifia autour de lui d'immenses cages de béton et s'y enferma. Ainsi se développèrent des villes gigantesques que l'on aurait peine à imaginer aujourd'hui. L'homme croyait que le bonheur lui serait apporté par la possession, la richesse matérielle. Il avait mis en branle un système qui le broyait de plus en plus sans qu'il puisse réagir. Les nations s'effacèrent devant de gigantesques entités économiques, qui étendaient leurs tentacules sur le monde. Elles prirent peu à peu le contrôle des gouvernements et leur imposèrent leur volonté. On n'appartenait plus à une nation, mais à un système économique, contrôlé par un État parfois totalitaire, parfois libéral. Mais dans les deux cas, le profit était la principale motivation.

Il s'ensuivit d'innombrables conflits sociaux qui dégénérèrent souvent en de véritables guerres de rues. L'homme était devenu un pion, une cellule de ces gigantesques organismes qui puisaient en lui, tels des vampires colossaux, toutes ses ressources, au détriment de son bonheur réel. Dans ce monde qui avait oublié la véritable noblesse de l'homme naquirent des formes artisitiques nouvelles, où se traduisait le désespoir de peuples condamnés à vivre hors de la nature, dans un univers cubique, non bâti à l'échelle humaine.

Regarde.

Soudain, la coupole disparut dans un brouillard de lumière mouvante qui se stabilisa en une image étrange, ouverte sur un autre monde.

- Que se passe-t-il? s'inquiéta Nelvéa.

- Rassure-toi. Il ne s'agit que d'une image tridimensionnelle.

Le réalisme de la scène coupa le souffle de la jeune femme qui s'accrocha aux accoudoirs de son fauteuil. Devant elle s'étendait la perspective d'une avenue immense, bordée d'immeubles d'une hauteur inimaginable, percés d'une multitude d'ouvertures sombres.

- Voici à quoi ressemblait le monde des Anciens, Nelvéa, expliqua Nielsen. Des villes immenses, surpeuplées, dont les plus hauts bâtiments s'élevaient à plusieurs centaines de mètres. Ce que tu vois est l'une des artères principales d'une cité aujourd'hui engloutie sous les flots de Canaméria, dans l'ouest du continent. Cette cité, que l'on appelait la « Ville des Anges », comptait plus de soixante-dix millions d'habitants. Il est difficile d'imaginer ce qu'elle était. Ce que tu vois là n'est qu'une toute petite partie de la ville. Au fil du temps, son développement avait provoqué de curieux phénomènes. Dans les étages supérieurs vivaient les gens les plus riches, ou tout au moins ceux qui avaient un travail. Au pied des immeubles s'étiraient une multitude de centres commerciaux où les habitants venaient se ravitailler, se divertir, ou encore travailler. Au niveau inférieur s'étendaient les voies de communications, parcourues par toutes sortes de véhicules, automobiles ou encore mus par différentes sortes d'énergie, magnétique, électrique ou autre. Mais dans les profondeurs de la ville survivait tout un peuple marginal, où l'on rejetait les pauvres, les parias, les criminels, les désespérés, tous ceux qui ne pouvaient prétendre à un travail. Ce phénomène n'était pas propre à la Ville des Anges. Il fut général. De véritables batailles rangées opposaient les habitants des hauts immeubles à leurs frères des sous-sols. Pendant trois siècles, on parvint à endiguer le développement de cette faune humaine qui lentement, dans l'univers sans lumière des fondations des grandes cités, retournait à l'état sauvage. On créa des milices armées pour protéger les citadins. Pourtant, malgré les épidémies, malgré les soldats qui chaque nuit sillonnaient les artères de communication, la population des sous-sols se développa, et envahit les étages supérieurs. Peu à peu s'installa un climat de terreur, de combat permanent. Il n'existait aucune loi dans ce monde sans ^^ lumière, sinon celle du plus fort. Le désespoir y régnait en maître, qui provoqua chez certains des réactions démentielles, dont ces images vont te donner une idée.

Il appuya sur une touche et la scène s'anima. Des véhicules automobiles, aux formes fuyantes, illuminés de lumières aveuglantes, circulaient en tous sens, se croisant, se doublant, dans un vacarme infernal.

Une brume de bronze diluait l'ensemble dans un climat irréel comme si le jour ne parvenait pas à percer cet univers de métal et dé béton. Tout à coup, d'une artère transversale jaillit un véhicule extraordinaire, immense, de couleur noire, équipé de chenilles monstrueuses.

Il vira en trombe, écrasant quelques voitures au passage. Il ressemblait à un insecte gigantesque, hérissé de tubes sombres d'où jaillissaient des éclairs aveuglants. Ceux-ci venaient frapper les édifices, les autres véhicules qui s'embrassaient comme de l'étoupe.

Inexorablement, le monstre de cauchemar poursuivait sa route, semant la mort et la panique sur son passage. Des hurlements retentissaient de tous côtés, tandis qu'une voix nasillarde s'égosillait. Nielsen commenta: - Beaucoup d'hommes, désespérés par cet univers de béton, se suicidaient.

Mais certains d'entre eux, frappés de folie, tentaient d'entraîner le maximum de leurs semblables dans la mort. D'après ce que j'ai appris, il y eut plusieurs cas similaires. Le pilote de ce véhicule a assemblé tous les éléments pendant des mois, bourrant son engin d'armes et d'explosifs. Et puis un jour, il est sorti et a parcouru la ville en tous sens. La puissance de cet appareil était phénoménale.

Il tirait à vue, écrasait tout sur son passage. Personne ne pouvait l'arrêter, puisque la police elle-même ne pouvait intervenir sans mettre en danger la vie des habitants.

Devant les yeux atterrés de Nelvéa, le monstre poursuivait méthodiquement son œuvre destructice. Une voiture prise en chasse fut rattrapée, puis broyée comme une vulgaire coque de noix. Elle explosa sous les chenilles de l'engin, qui poursuivit néanmoins sa route sans en être affecté. L'image mouvante se prolongea, multipliant les scènes d'horreur, jusqu'au moment où le véhicule se jeta en pleine vitesse contre les fondations d'un immeuble élevé, fracassant les sousbassements.

Au niveau de l'artère de circulation s'ouvrait un centre commercial dont les vitres volèrent en éclat sous l'impact du leviathan.

Il y eut un vaste mouvement de foule fuyant le lieu, tandis que résonnaient sous les voûtes de la crypte les hurlements de ces gens morts depuis des millénaires. Nelvéa se boucha les oreilles pour ne plus entendre ces cris d'agonie et d'angoisse. Puis il y eut une accalmie relative. Le destructeur s'était enfin immobilisé. Et soudain, tout disparut dans un éclair aveuglant.

Nelvéa répit avec peine son souffle.

- Que s'est-il passé? balbutia-t-elle.

- Le pilote a déclenché le système d'autodestruction de son engin.

L'appareil qui enregistrait les images a été détruit en même temps que lui. D'après un autre cylindre relatif à cette histoire, l'immeuble, ébranlé par l'explosion, s'est effondré sur lui-même. Ce jour-là, le dément qui pilotait a entraîné plus de dix mille personnes avec lui dans la mort. En quelques heures.

- Mais c'est impossible.

- Hélas non! Cela a réellement existé. Mais il y a plus impressionnant encore.

Nielsen remplaça le cylindre d'or par le deuxième et une nouvelle image envahit la sphère. Une musique inconnue emplit les échos de la crypte, faisant résonner le cœur de Nelvéa. Une foule immense et mouvante acclamait des personnages, sur une scène pleine de lumière. La musique coulait d'instruments étranges, manœuvres par des hommes et des femmes vêtus d'habits lumineux. Un couple à demi-nu chantait, debout sur le devant de la scène. Une hystérie invraisemblable avait pris possession de la foule, en majorité des jeunes, que Nelvéa évalua à plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Nielsen expliqua: - A cette époque, les chanteurs et les gens du spectacle étaient considérés comme des demi-dieux. Leur célébrité faisait d'eux des êtres au-dessus du commun des mortels, et on leur vouait des cultes au même titre que des divinités. Nombre d'entre eux n'y pouvaient résister, et se supprimaient, parce que leur vie devenait un enfer.

Mais toujours il montait des couches inconnues des individus qui les remplaçaient. La carrière de certains était très courte, d'autres au contraire, peut-être parce qu'ils possédaient une personnalité plus forte, devenaient des dieux que chacun enviait et imitait. Ce fut le cas de ce couple. Mais toujours on exigeait plus d'eux, du nouveau, de l'inédit. Parce que tout avait été déjà fait, il fallait sans cesse réinventer, pour étonner le public. Et cela donna parfois lieu à des phénomènes inimaginables. Comme celui-ci.

Sur la scène, le couple venait de terminer son numéro. La foule hurlante vociféra son enthousiasme. Des énergumènes grimpèrent sur la scène, pour tenter d'approcher leurs idoles. Mais des hommes surgirent de l'ombre pour les repousser violemment. De courtes bagarres s'ensuivirent sous les yeux éberlués de Nelvéa. La jeune femme sentit un malaise l'envahir lorsqu'elle vit le couple lever les bras. Comme une onde impalpable qui s'étend vers l'infini, le silence s'étala sur la foule. Alors, lentement, l'homme et la femme se tournèrent l'un vers l'autre, et se défirent de leurs vêtements, sans cesser de se regarder. Puis ils se rapprochèrent et leurs corps s'unirent dans un étourdissant ballet d'amour. Incrédule, Nelvéa entendit la musique s'élever à nouveau, lente et sourde au début, puis acccordée à l'ivresse grandissante que l'on devinait chez la femme et son compagnon. Bien sûr, elle avait déjà assisté, dans les bas^fonds des villes qu'elle avait traversées, à des scènes d'accouplement destinées à émoustiller les spectateurs. Mais jamais elle n'aurait imaginé un tel phénomène, devant une foule aussi nombreuse. Sa surprise grandit encore lorsque l'image s'élargit. Elle constata avec stupéfaction que les spectateurs, gagnés par l'hystérie erotique du couple, s'étaient mis à l'imiter. Dans la salle immense, les vêtements volaient, des corps nus s'allongèrent, hommes et femmes mêlés, mélangés, à l'infini, parfois par couples, parfois par groupes, dans une fantastique bacchanale qui effraya la jeune femme. Mais la scène orgiaque ne s'arrêta pas là. L'image se rapprocha à nouveau du couple, du visage de la femme, transfiguré, extatique. L'homme se retira d'elle et rampa jusqu'à un coffret brillant, dont il fit jouer le couvercle. Alors apparurent deux poignards lumineux sous l'éclat des projecteurs. Lentement, il se releva et revint vers sa compagne, lui tendit l'une des armes. Sans cesser de se regarder, ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre. Puis, avec un ensemble terrifiant, leurs mains s'élevèrent dans le dos de l'autre, et les deux poignards s'abattirent violemment, sans hésitation, déchirant les corps nus sur lesquels deux filets de sang se mirent à ruisseler. L'homme et la femme eurent un sursaut, s'agrippèrent l'un à l'autre, puis titubèrent et s'écroulèrent, lentement, terriblement, le cœur éclaté.

Il y eut un moment de flottement dans la salle. Puis un grondement jaillit, effroyable, fait de hurlements de désespoir et de sifflements.

Au milieu des corps entremêlés des armes surgirent, frappèrent. Des cris d'hystérie, d'agonie, montèrent. Partout se multiplièrent des scènes de violence, de tuerie. Du sang inonda les corps luisant de sueur, tandis que des jeunes atterrés tentaient de fuir.

Nelvéa n'y tint plus. Elle se leva et se mit à vomir contre un mur.

Nielsen coupa l'image qui se dilua dans le néant. Puis il s'approcha d'elle et la prit doucement par les épaules.

- Pardonne-moi, murmura-t-il. Je n'aurais pas dû te montrer cela.

Elle ferma les yeux et reprit son souffle. Elle ne pouvait articuler un mot.

- Emmène-moi! finit-elle par dire entre deux hoquets. Je veux voir le soleil, la lumière.

Il l'entraîna au-dehors. Une fois revenue dans le parc qu'illuminait l'automne, Nelvéa se calma. Nielsen ne disait mot.

- Je n'ai rien à te pardonner. Je crois... je crois qu'il fallait que je voie cela pour comprendre. Fassent les dieux que jamais les hommes ne se laissent à nouveau entraîner à de telles abominations.

- Oublie tout cela. Les Anciens ont disparu, et nous veillerons à ce que leur folie ne règne plus jamais sur le monde.

Nelvéa leva les yeux vers lui et lui sourit. Pourtant, il lui sembla discerner un malaise chez son compagnon, un trouble diffus impalpable, dans lequel se forma l'image floue d'une cité immense, dont elle devina fugitivement le nom: Hackenmahar.