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Césarion était inquiet. Il y avait plusieurs semaines qu’il s’inquiétait. Quand il avait cessé de recevoir des courriers et compris que les convois de blé ne passaient plus : sur tous les navires marchands qui, depuis la « réouverture » de la mer, partaient chargés pour la Grèce, un quart au plus revenaient à Alexandrie – pas besoin d’être un grand mage pour deviner que les autres avaient coulé en chemin ! « Des tempêtes peut-être ? suggérait prudemment le dioïcète, chargé des finances et principal ministre. Les orages d’été drossent parfois les vaisseaux vers les écueils du Ténare ou du cap Malée… » Le jeune pharaon restait sceptique. Il espérait seulement que les bateaux qu’il envoyait n’étaient attaqués qu’au retour, après avoir livré leur cargaison. Sinon…
À dire vrai, les trahisons et les difficultés avaient commencé dès Samos. À l’époque, Césarion recevait encore deux courriers par semaine. C’est ainsi qu’il avait appris la défection d’un ancien proconsul, Plancus, et de son neveu Titius, qui s’étaient embarqués de nuit pour l’Italie. « Certes, écrivait la Reine, il est dur pour l’Imperator de perdre un vieux compagnon, mais, en ce qui me concerne, je ne suis pas fâchée. Munatius Plancus, ce flagorneur, ce gros histrion toujours prêt pour me flatter à faire le pitre dans nos banquets, avait cessé de m’amuser – depuis notre arrivée dans l’île, il montait Marc contre moi. Un soir, tout sénateur qu’il est, je lui ai dit publiquement qu’il avait une langue à nettoyer les godasses et à torcher les culs : il paraît qu’il n’a pas goûté ma plaisanterie… Bon vent ! » Césarion regretta qu’en vivant au milieu des soldats la Reine devînt si grossière ; pour le reste, il n’avait pas attaché d’importance à l’affaire : depuis l’enfance, il lisait les événements avec les yeux de sa mère – si elle était contente, il était content. Ou tâchait de l’être…
Malheureusement, le départ de Plancus s’était révélé lourd de conséquences, car le transfuge avait appris à Octave l’existence d’un testament d’Antoine. C’était lui-même, le boute-en-train des « petits soupers », qui, trois ans plus tôt, à Rome, avait remis ce document à la garde des Vestales ; Antoine l’avait dicté juste avant sa deuxième campagne d’Arménie et, comme tout patricien romain, il avait fait déposer le rouleau scellé au temple de Vesta. Informé par Plancus le bouffon, Plancus le traître, Octave avait alors commis un acte sans précédent, illégal et sacrilège : menacer la Grande Vestale pour qu’elle lui remît le testament d’un homme vivant ! C’était, en ce temps-là, plus choquant que de violer une sépulture. Puis, ayant brisé les sceaux, il avait donné lecture au Sénat d’extraits choisis, en taisant la date du document. Un document qui répartissait les royaumes entre les enfants de Cléopâtre et confirmait la filiation de Césarion : ces Donations d’Alexandrie, qui n’avaient jamais été ratifiées par les sénateurs, Antoine semblait les réitérer pour défier le peuple romain. On alla jusqu’à prétendre que, père indigne, il déshéritait ses filles nées d’Octavie ! Bref, Octave fit beaucoup de tapage autour d’un testament qui ne contenait, en vérité, qu’une seule clause inhabituelle : s’il mourait en campagne, l’Imperator demandait qu’aussitôt ses funérailles célébrées sur le Forum on transportât son corps à Alexandrie. « En Égypte ? gronda le peuple. Auprès de la sorcière ? Il veut faire d’Alexandrie la nouvelle capitale du monde ? Il nous trahit ! Mort à l’Égyptienne ! »
La Reine confiait à son fils aîné qu’Antoine avait été très affecté par ce scandale : impossible pour lui de répliquer, de faire savoir qu’Octave postdatait des volontés déjà anciennes et déformait sa pensée. À Rome, il n’avait plus d’amis, plus de relais… Du reste, qu’aurait-il pu dire ? Hein, entre nous ? Même avec le recul, les historiens se demandent aujourd’hui comment Marc Antoine aurait pu justifier le besoin, si tôt exprimé, de rejoindre Cléopâtre dans la mort… Longtemps, il avait prétendu ménager la chèvre et le chou, maintenir la balance égale entre Rome et Alexandrie, Cléopâtre et Octavie ; mais c’était à sa manière un homme honnête, qui n’avait pas eu le cœur de tricher au-delà de la mort.
Plus question, donc, d’entretenir la fiction de son mariage romain – ni, pour Octavie, de continuer à le protéger. À la violation de son testament il avait répondu par la lettre que Cléopâtre espérait depuis neuf ans : « Fais tes paquets. » « Fais tes paquets », avait-il écrit à son épouse romaine, qui avait aussitôt quitté le palais des Carènes, suivie des six enfants qu’elle élevait.
Cléopâtre était satisfaite. Césarion le fut aussi. Pour d’autres raisons : le testament lui révélait qu’Antoine ne cherchait pas à l’éliminer puisqu’il envisageait de mourir avant lui et tenait, dans cette hypothèse, à le confirmer dans la possession de l’Égypte et dans ses droits à gouverner Rome. Le mari de sa mère ne lui préférait donc pas sa propre vie ? ni celle de ses enfants ?
Le garçon en fut surpris ; puis soulagé ; puis surpris d’être soulagé : serait-ce qu’il aimait mieux ne pas avoir à tuer ses frères ? Il alla rendre visite aux trois « petits », et ce fut ce jour-là qu’il tâcha de persuader Séléné de rouvrir les yeux sur les beautés du monde qui l’entourait.
« Sérieusement, lui demanda Antyllus au dîner, tu ne comptes pas épouser ma sœur ?
— Sérieusement, répondit Césarion, sérieusement je l’épouserai.
— Remarque, dans son genre elle est drôle. Pas sotte, bien qu’un peu toquée. Comme reine, passe… Mais comme femme ! » Antyllus, à quatorze ans, se vantait d’avoir déjà couché avec deux femmes de chambre. C’était bien possible. Césarion, lui, quoique aimé, n’avait pas « couché ». Et même, quand on parlait de ces choses-là, il lui arrivait de rougir, ce qui le rendait furieux pendant deux jours. Il coupa court : « C’est une gamine, évidemment. Mais je ne l’épouserai pas avant cinq ou six ans… Si je vis encore à ce moment-là !
— Pourquoi ? Tu as l’intention de te suicider ?
— Antyllus, ne te fais pas plus bête que tu ne l’es : cette histoire de testament, le divorce de ton père, les derniers discours d’Octave, c’est la guerre ! Pas des escarmouches en Arménie. La guerre avec Rome !
— Et alors ? Tu ne crois pas mon père capable de la gagner ? Un homme qui commande à toute l’Asie ! »
« Testament ou pas, la guerre était inévitable, avait assuré Cléopâtre dans sa dernière lettre de Samos. Nous n’avons que trop temporisé. » Sur ces entrefaites, Rome avait, en effet, déclaré la guerre, mais à la Reine d’Égypte, pas à Antoine. « Il ne s’agit nullement d’une guerre civile, déclarait Octave au Sénat. Comme vous, Romains, j’ai en horreur ces luttes fratricides qui ont détruit tant de nos familles ! Il s’agit ici d’un ultime combat contre les monarchies ! »
« Faux cul jusqu’au bout ! » concluait la Reine, de plus en plus militaire dans son vocabulaire. C’est alors que les troupes d’Orient avaient quitté Samos pour Athènes, puis Athènes pour Patras, et Patras pour Actium, là-haut, près des Balkans.
Au début, Césarion avait été informé régulièrement. Par les bateaux de ravitaillement qui faisaient la navette entre l’Égypte et la Grèce, sa mère lui expédiait des messagers qui lui racontaient tout. Excellentes nouvelles, le plus souvent. Mais nouvelles « officielles » : ces hommes récitaient leur leçon… Comme il est plus facile, cependant, de tirer les vers du nez à un messager que de lire entre les lignes, Césarion parvenait à se faire une certaine idée de la situation.
Pour ne pas éveiller l’attention, il interrogeait les envoyés de sa mère sur la santé des uns, la santé des autres, au hasard, comme en passant : « Et Untel, comment va-t-il ? – Très bien, Seigneur, il a donné aux éphèbes athéniens un grand banquet. – Et tel autre ? – En ce moment, il ne participe plus aux réunions d’état-major. Il est souffrant… – il y a donc des maladies dans l’armée ? – Oh oui, Seigneur ! Quelques fièvres. » Au fil des mois, en utilisant tous les noms qu’il se rappelait, il découvrait le ravage des épidémies dans les rangs et, pire, le fléau des défections : « Et Silanus ? – Il s’est enfui, Seigneur. Il est passé à l’ennemi, c’était un lâche ! – Et Geminius ? – Retourné à Rome. Il prétendait qu’autour de l’Imperator on buvait trop. Comme si un peu de vin pouvait faire tort à un bon soldat ! Surtout quand l’eau est aussi pourrie que dans ce coin-là ! »
Des Romains, nombreux, désertaient. Et, dès le printemps, Césarion voyait, comme s’il y était, les rois alliés lâcher prise l’un après l’autre – soit que, fidèles, ils fussent morts pour tenir des positions intenables, soit qu’infidèles ils eussent déjà changé de camp : « Bogud, le roi de Maurétanie, Bogud, comment se porte-t-il ? – Il ne se porte plus, Seigneur, il est mort. Bravement. En défendant la citadelle de Méthoné. Dont l’amiral ennemi a réussi à s’emparer. – Et Amyntas, le roi de Galatie ? – Ah, ne me parle pas de celui-là ! Il a profité d’un moment où l’Imperator attaquait les retranchements d’Octave pour filer avec ses archers ! En même temps que le roi de Paphlagonie ! Des gens qui devaient tout à notre Imperator, notre Imperator qui les avait faits rois ! Mais ils ne nous manqueront pas : ces Asiatiques sont tous de mauvais soldats… – Et notre bon Tarcondimon, dis-moi, le souverain de Haute-Cilicie ? – Tué au combat, Seigneur. Tué à la tête de sa cavalerie qui chargeait la cavalerie d’Octave. Et sais-tu qui les commande, maintenant, les cavaliers d’Octave ? Marcus Titius, un de nos transfuges, le neveu de ce salaud de Plancus ! »
C’était une drôle de guerre : des armées qui se faisaient face, qui fortifiaient leurs positions derrière des remparts ou au fond des golfes, et des engagements indécis, une attente interminable.
Seule certitude, les hommes souffraient. L’infanterie d’Antoine en tout cas, qui semblait stationnée près d’une lagune malsaine. Et, avec l’été, la situation risquait d’empirer. Le moral des troupes ? Pas fameux. On respirait, à l’état-major, un air pestilentiel, et la proximité de la lagune n’expliquait pas tout : « Jamblique ? Tu ne m’as pas donné de nouvelles du prince Jamblique, le dynaste d’Émèse ? – L’Imperator l’a fait décapiter. Il paraît qu’il trahissait… Il a été exécuté en même temps que le sénateur Quintus Postumius. Ils étaient de mèche, à ce qu’on dit. » Une autre fois, alors que bateaux et messagers se raréfiaient (comment les attaquait-on, et où ?), une autre fois : « Je voudrais bien savoir, mon ami, ce que devient le vieux Glaucos, le médecin de ma mère. – Mort, Seigneur. – Mort, lui ? Mais de quoi ? – Euh… mort d’exécution », avait fini par lâcher le soldat embarrassé. Césarion, en insistant, crut comprendre qu’il était question de complot : Glaucos aurait conseillé à des Romains de s’enfuir parce que sa maîtresse menaçait de les assassiner ; la Reine l’avait, disait-il, chargé de préparer des poisons pour tous ceux qui s’opposaient à ses volontés. Du coup, même Dellius, l’éternel légat d’Antoine et l’un des plus vieux amis du couple, s’était mis à refuser les dîners. « Alors ton illustre mère s’est fâchée, et elle a fait tuer le médecin félon. »
Le messager semblait croire à l’histoire qu’il racontait. Des extravagances, naturellement ! Mais, pour Césarion, ces extravagances en disaient long sur l’atmosphère qui régnait à Actium… Il était inquiet. D’abord, pour la santé de sa mère. « Elle mange, boit et dort comme à l’ordinaire, lui avait assuré le dernier messager qui ait réussi à passer, elle suit partout l’Imperator et elle t’informe, Seigneur, qu’elle s’est fait faire une moustiquaire. » Une moustiquaire ? Ah, il la reconnaissait bien là ! Toujours pragmatique – et optimiste. Dommage qu’on ne pût mettre toute l’armée sous cloche ! Mais, même s’ils blessaient davantage de soldats que les flèches ennemies et nuisaient au moral de l’armée, les moustiques d’Actium n’étaient plus le premier souci du jeune pharaon : sa préoccupation, maintenant, c’était le ravitaillement. Les entrepôts d’Alexandrie croulaient sous le blé du Nil que, faute de navires, on ne pouvait plus expédier ; à l’évidence, l’armée d’Antoine ne contrôlait plus les liaisons maritimes. Qu’allaient devenir les troupes là-bas dans les montagnes d’Épire, au nord de la Grèce, quand les vivres commenceraient à manquer ? D’autant que dans un mois la mer serait « fermée » ! Comment des hommes malades, affamés, minés par l’ennui, tiendraient-ils une demi-année de plus dans une situation qui se détériorait ? Ils devaient attaquer ! Maintenant ! Sortir du bois. Tuer ou mourir. Mais en finir. Vite…
Une immense clameur monta soudain de Pharos, des quais de tous les ports, de la ville entière : « Les voilà ! Les voilà ! »
Césarion sortit du Palais Neuf en courant, se jeta sans manteau dans l’une des galères royales qui assuraient la navette entre Antirhodos et le continent : « Au Port des Rois, vite ! » Il se tenait debout dans la petite embarcation, scrutant la mer, mais il ne distinguait rien. Derrière lui, devant lui, les quais et la digue étaient noirs de monde ; des orchestres improvisés avaient commencé à jouer. Entre deux clameurs, « Vive la Reine ! », « Les nôtres ont vaincu ! », on entendait claquer des cymbales, mugir des conques. Un homme, sur la terrasse du Phare, sonnait du buccin : celui-là, sûrement, voyait la flotte. Dans la foule, on commençait à remarquer des taches rousses : les tuniques des légionnaires cantonnés près d’Alexandrie.
La petite galère de Césarion allait passer entre les tours de défense du Port des Rois quand le jeune homme aperçut le premier navire, une quinquérème dont le bordage et les filins avaient été enrubannés de guirlandes dorées ; de longues oriflammes couleur de feu pendaient aux manches des avirons. Quand le navire franchit à la rame la passe étroite entre l’îlot du Phare et les écueils du cap Lokhias, le peuple d’Alexandrie fit silence un instant et l’on entendit, sur la mer, les échos lointains d’un péan : à bord, les marins chantaient. D’autres mâts montaient maintenant à l’horizon, et chaque apparition soulevait une vague d’acclamations : aux « Antônios Autocrator ! », « Cléopâtre victorieuse ! », se mêlaient les « Évoé ! » dionysiaques, les claquements de langue, les sifflets, les youyous, et le roulement obsédant des tambours éthiopiens. Mais même en grimpant sur les toits, on ne voyait toujours pas l’Antonia de la Reine, son grand vaisseau aux voiles pourpres. Tant mieux, ce délai donnait le temps de se préparer ; au Port des Rois, Césarion se précipita sur la première sentinelle : « Qu’on aille chercher les princes !
— Ils sont prévenus, Fils du Soleil, ils arrivent. »
À mesure que les bateaux de l’escadre pénétraient dans le Grand Port, doublant le Palais Bleu, ils prenaient position de part et d’autre des fortifications du port privé, mais sans accoster, leurs avirons levés bien haut pour former une haie d’honneur au navire amiral. Quand enfin l’Antonia parut et vint à quai, les petits princes, sous le regard attentif de leur précepteur Nicolas, étaient sagement alignés au pied des remparts, par rang de taille. Une fanfare militaire, sur le pont du bateau, jouait un hymne guerrier, et tous les marins avaient les cheveux trempés de parfums. La Reine, résolument royale, double couronne sur la tête, cabochons d’émeraude autour du cou, descendit à pas lents derrière un détachement de sa garde. Césarion, quand elle lui fit face, s’inclina avec respect ; mais elle lui ouvrit les bras et lui donna l’accolade, comme s’ils étaient deux soldats. À l’oreille, elle lui murmurait : « Tu as encore grandi ! Et tellement changé ! Tu ressembles à ton père. Comme tu lui ressembles ! Tu m’as manqué… » Le dioïcète, à son tour, se prosterna, mais à peine eut-il mis le front dans la poussière que quatre gardes celtes se jetèrent sur lui et le traînèrent au bout du quai, malgré ses cris de cochon qu’on égorge. Du reste, à en juger par le gargouillis qui suivit, on l’égorgeait…
Diomède, le secrétaire de la Reine, s’approcha du général commandant les légions d’Égypte et lui tendit une tablette : « Tous ceux de cette liste… Exécution immédiate ! » Lâchant l’épaule de son fils, Cléopâtre se tourna à son tour vers l’officier : « Tue aussi les prisonniers que j’avais gardés, le roi d’Arménie et ses fils. Sauf Tigrane, le plus jeune, il peut encore servir… Pour les nomarques dont je suis mécontente, tu recevras une seconde liste avant la nuit », puis, tout sourire – son sourire de matin clair, de joie sincère –, elle dit à l’épistratège d’Alexandrie : « Fais distribuer du vin à mes sujets. Du meilleur, et sur toutes les places ! En l’honneur d’Antoine vainqueur… – Et pour les marins, Maîtresse ? risqua l’eunuque qui n’en menait pas large. – Mes soldats attendront l’arrivée de l’Imperator et de la flotte romaine, demain ou après-demain. Jusque-là, ils sont consignés à leur bord. »
Tout en parlant, elle passait devant les enfants, immobiles et muets, que les hurlements du dioïcète et la violence des gardes avaient terrifiés ; ils auraient voulu rentrer dans le mur contre lequel on les avait rangés. La brune Iotapa, blottie contre la brune Séléné – elles avaient maintenant la même taille –, tremblait de la tête aux pieds. Séléné, qui tenait une rose cueillie à la hâte dans son jardin (une idée de Diotélès : toutes les mères aiment les fleurs), Séléné, rassemblant ses forces, s’avança d’un pas, s’inclina et, les yeux baissés, tendit cette rose incongrue. Devant la fleur ramollie, la Reine s’arrêta, plus étonnée que si un escadron lui barrait le chemin. « Ah, fit-elle, oui… C’est gentil, oui, oui », puis, souriant poliment à l’enfant (son sourire pour ambassadeurs), elle prononça une longue phrase dont Séléné ne saisit rien : ce n’était pas du grec – était-ce du latin ? En croisant le regard d’Iotapa, elle comprit : la Reine venait de lui parler en mède ! À elle, sa fille ! La Reine l’avait prise pour la princesse étrangère…