RÉMINISCENCE

Un chant d’amour, accompagné de la cithare et de la double flûte : « Non, je ne renoncerai pas à elle, même si l’on me chassait à travers la Syrie avec des bâtons, à travers les déserts avec des épées. Non, je n’écouterai pas ceux qui me disent de repousser le désir que j’ai d’elle. »

Un chant qu’un jour – plus tard et loin d’Alexandrie – Séléné croira reconnaître. Un poème que son père aimait ? qu’elle entendait au Palais ? La dernière phrase, qui lui donne envie de pleurer, cette phrase, il lui semble qu’elle la connaît depuis toujours : « Non, je n’écouterai pas ceux qui me disent de repousser le désir que j’ai d’elle. ».

Elle a entendu ces mots-là. Autrefois. Souvent. En est sûre. Presque sûre. Son cœur se serre. Ce même chagrin, très ancien, ce chagrin aussi vieux qu’elle et qui toujours la submerge. « Le désir que j’ai d’elle… ».