Une médecine prétentieuse
L’histoire de Mado illustre parfaitement l’effet important de la psyché ou de l’esprit sur la maladie. La grand-mère qui voulait absolument revoir sa petite-fille avant de mourir a réussi à puiser en elle toutes les ressources nécessaires pour réaliser cette incroyable performance. Mado a quasiment programmé le moment de son départ dans un ultime lâcher-prise qu’elle m’avait d’ailleurs annoncé.
La médecine occidentale a bien du mal à accepter ce genre de concept inexplicable. Elle reconnaît pourtant l’effet placebo, qui est l’action positive d’un médicament ne contenant aucun principe actif sur les signes d’une pathologie, ainsi que l’effet nocebo, qui, dans les mêmes circonstances, induit des effets délétères ou nocifs. Or ces deux actions distinctes ne peuvent résulter que d’une influence psychique sur le corps à soigner. Si le patient est convaincu que le médicament va être bénéfique, celui-ci entraînera des réactions chimiques en chaîne qui aboutiront à une amélioration de sa santé. Dans le cas contraire, une mauvaise compréhension ou une mauvaise perception d’une thérapeutique pourra provoquer des effets indésirables ou une aggravation de la maladie à traiter. Bizarrement, la puissance de l’esprit sur le corps n’est jamais enseignée sur les bancs de la faculté de médecine. Que les choses soient bien claires : la médecine dont Hippocrate fut le précurseur sauve tous les jours de nombreuses personnes et permet une progression constante de l’espérance de vie de l’ensemble de l’humanité ; aussi, loin de moi l’idée de vouloir la démolir de façon partisane et systématique. Toutefois, sa pratique actuelle est source de nombreuses dérives qui méritent d’être soulignées. Elle souffre principalement d’un formidable orgueil laissant penser que sans elle, point de salut et aucune guérison possible. Quelle prétention ! Quel manque d’humilité ! Quelle monumentale erreur ! Cette science curative n’intervient que lorsqu’il est déjà trop tard et que les dégâts sont faits. Oui, la médecine occidentale est essentiellement une médecine symptomatique qui n’agit que sur la matière et par la matière sans se soucier de ce qui se passe en amont du désordre constaté. À la différence des médecines dites « alternatives », elle s’attaque aux conséquences plus qu’aux causes, aux signes corporels plus qu’aux dérèglements intimes, et n’a aucune vision holistique des pathologies à traiter. Le cancer, par exemple ; que nous propose-t-elle comme traitement, mis à part la destruction de la tumeur par de la chimie, des rayons ou de la chirurgie ? Rien. Absolument rien ! Quid de l’alimentation, du psychisme, du mode de vie, de la gestion du stress ? Préoccupations accessoires que tout cela ? « Le problème n’est pas là ! » répondent en cœur la majorité des cancérologues. Pas étonnant dans ces conditions qu’une autre tumeur réapparaisse sitôt la première enlevée, car, justement, le problème n’a pas été traité ! En fait, je suis convaincu que le développement d’un cancer n’arrive pas par hasard. Il faut se le représenter comme une sorte d’alarme, un clignotant d’urgence qui s’allume pour signaler un dysfonctionnement sévère de l’organisme, et la médecine se contente de faire disparaître ce clignotant. Ce n’est pas très intelligent ! Attention, mon propos ne vise pas à substituer une ingestion de tisanes à une chimiothérapie ou des passes de magnétiseur à une chirurgie. Non, loin de moi cette idée saugrenue, que je réserve aux dangereux extrémistes et aux gourous. J’affirme simplement qu’il est plus que souhaitable d’avoir recours à d’autres approches thérapeutiques, comme l’acupuncture, l’homéopathie, l’ostéopathie, la phytothérapie, les médecines chinoise ou ayurvédique, en traitement complémentaire d’une maladie aussi grave que le cancer. Apport complémentaire et non substitution. J’insiste bien, car la nuance est de taille !
La médecine occidentale telle qu’elle est enseignée et pratiquée aurait beaucoup à apprendre de certaines techniques de soins millénaires dont elle ignore tout et qu’elle rejette néanmoins sans vergogne. Cette attitude d’exclusion systématique est certainement due à une crainte de voir échapper un pouvoir d’efficacité offrant une suprématie pour le moins contestable.
En réalité, les disciples d’Esculape n’ont pas de quoi pavoiser outre mesure. Qu’on en juge plutôt. Les campagnes de vaccination à outrance, par exemple : il faudrait vraiment faire preuve d’un manque de discernement flagrant pour ne pas reconnaître qu’elles servent surtout à enrichir les laboratoires qui les fabriquent ! C’est dans notre beau pays que l’on a maintenu la vaccination par le BCG obligatoire dès la maternelle alors que les chercheurs de l’OMS avaient alerté l’opinion publique depuis longtemps en déclarant qu’elle devait être réservée aux seules populations à risque. Malheureusement les experts français, qui travaillent pour les laboratoires commercialisant le vaccin ou qui sont des fonctionnaires soumis au devoir de réserve, avaient rendu des avis contraires aux experts américains. De ce fait, jusqu’en 2008, les Français qui refusaient la vaccination par le BCG pour leurs enfants risquaient des peines d’emprisonnement et des amendes lourdes ! Dans cette ambiance mercantile, on peut se poser des questions sur l’efficacité réelle de la « BCG-thérapie » prescrite actuellement dans le traitement de certains cancers urologiques…
En mars 2007, le Conseil d’État indemnisa 150 victimes du vaccin de l’hépatite B. Plusieurs centaines de nos compatriotes avaient développé une sclérose en plaques, maladie neurologique invalidante et mortelle, pour avoir voulu se protéger d’une atteinte virale hépatique qui guérit spontanément sans séquelle dans 99 % des cas ! Le risque n’en valait sûrement pas la chandelle, sauf pour les laboratoires qui, forts de l’appui de certains politiques, avaient empoché plus de 2 milliards de dollars de bénéfice !
Il y aurait aussi beaucoup à dire sur l’efficacité des vaccinations antigrippales puisque l’identité virale de l’agent causal n’est jamais parfaitement connue au moment des très médiatiques campagnes de vaccination. En 2005, une énorme propagande de vaccination contre la grippe aviaire relaya une panique générale « plumophobe » savamment alimentée par toute une série de fausses rumeurs. La psychose française fut entretenue par deux professeurs en médecine de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris qui éditèrent un livre, Pandémie, la grande menace de la grippe aviaire1. Le brûlot prédisait 500 000 morts en France et recommandait chaudement la vaccination. Détail important : les deux auteurs en question, respectables professeurs d’université, sont consultants du laboratoire qui commercialise le Tamiflu. Bien que l’AFSSAPS2 ait précisé que l’efficacité du Tamiflu n’était pas démontrée pour le virus aviaire H5N1, plusieurs millions d’unités furent quand même vendus ! On a pu assister plus récemment à la même psychose avec le virus H1N1 de la grippe porcine mexicaine. Il y a fort à parier que cette virose, aussi bénigne que contagieuse, n’entraînera pas plus de décès qu’une banale grippe saisonnière et qu’une simple immunité « naturelle » par contact de sujets infectés réglerait le problème de diffusion dans un délai d’autant plus bref que la contagion est rapide. Il n’y aurait donc aucun intérêt à vacciner d’autres personnes que les sujets dits « à risque », c’est-à-dire fragilisés par l’âge ou d’autres maladies. Pourtant, en juillet 2009, le gouvernement français achète 90 millions de doses vaccinales en préconisant deux injections par habitant, les médecins généralistes devant écouler les stocks ! Un mois plus tard, le conditionnement est tellement bien fait que seulement un médecin sur cinq n’y est pas favorable !
Et les infections nosocomiales qui sévissent dans nos hôpitaux et nos cliniques, parlons-en aussi, de celles-là ! En France elles concernent 10 % des hospitalisés et provoquent 10 000 décès par an. 75 % des victimes sont tuées par des bactéries devenues multirésistantes aux antibiotiques, et même si les spots publicitaires télévisés claironnent haut et fort : « Les antibiotiques, c’est pas automatique ! », il est déjà trop tard, le mal est fait. 100 millions d’antibiotiques sont prescrits annuellement sur le territoire français. Record absolu européen : cinq fois plus qu’en Allemagne ! Avant de mourir, Guillaume Depardieu, qui – à cause d’une infection nosocomiale contractée à la suite d’une banale opération de fracture de jambe – dut se faire amputer, se fit le porte-parole d’un combat perdu d’avance, puisque pour la seule année 2004 l’augmentation de la consommation d’antibiotiques dépassa 80 % chez les adultes et doubla chez les enfants. Les laboratoires peuvent continuer à se frotter les mains pendant que certains doivent se faire amputer ! Ils ont tellement bien réussi leur conditionnement que les médecins continuent à sélectionner des germes de plus en plus résistants en prescrivant des antibiotiques à la moindre angine.
Je ne tirerai pas sur l’ambulance en développant la fameuse affaire du sang contaminé, qui a prouvé de manière évidente que les plus hauts responsables de la santé française n’avaient pas hésité à faire distribuer du sang infecté par le virus HIV à des séropositifs sous prétexte « qu’ils ne risquaient plus grand-chose » !
Autre scandale médical : celui de l’hormone de croissance contaminée. Scandale en réalité vite étouffé par un non-lieu juridique incompréhensible rendu à la sauvette en quarante-cinq minutes, sans la moindre explication, devant les associations de victimes, le 14 janvier 2009, après sept mois de délibéré et quatorze ans d’instruction. Les 6 médecins et pharmaciens relaxés, qui avaient traité 1 698 enfants atteints de nanisme hypophysaire en utilisant de l’hormone de croissance fabriquée à partir de cerveaux prélevés sur des cadavres, sont responsables de 117 décès : 117 enfants morts de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) après une longue et terrible agonie. Alors que l’incurie régnait partout, France Hypophyse privilégiait le rendement en collectant les glandes crâniennes sur des cadavres humains à risque. Pour de simples raisons économiques, l’Institut Pasteur en extrayait l’hormone sans effectuer la stérilisation nécessaire, ce que ne contrôlait pas ensuite la pharmacie centrale des hôpitaux chargée de conditionner le médicament. Or, à la même époque, des scientifiques du monde entier multipliaient les mises en garde sur la transmission possible de la MCJ. Le découvreur du prion, l’agent contaminant de la MJC, le Nobel américain Stanley Prusiner, a alerté l’opinion en 1985. Malgré cet avertissement solennel très clair, des milliers d’ampoules douteuses furent délivrées l’année suivante. L’hormone extractive ne fut remplacée par une hormone synthétique qu’en 1988. De 1960 à 1988, 1 688 jeunes ont subi un traitement à partir d’hypophyses humaines prélevées sur des cadavres et la plupart d’entre eux sont aujourd’hui en sursis de MCJ.
L’industrie pharmaceutique ne recule devant rien lorsqu’il s’agit de dégager des bénéfices ; les cadavres sont oubliés et la mauvaise conscience s’efface vite devant les milliards de dollars ! Tout le monde se souvient du médicament Vioxx, cet anti-inflammatoire révolutionnaire qui devait être moins agressif pour les muqueuses gastriques et qui a dû être retiré du marché le 30 septembre 2004 en raison de sa toxicité cardiaque. Selon la Food and Drug Administration, en moins de cinq ans d’exploitation il a été responsable de 160 000 crises cardiaques et serait à l’origine de plus de 27 000 décès. Des milliers de patients sont morts pour avoir voulu calmer leurs douleurs rhumatismales en écoutant le chant mélodieux du laboratoire Merck, qui leur promettait d’en finir avec les brûlures d’estomac ! En fait, l’histoire nous montrera que la multinationale pharmaceutique qui commercialisait le « produit miracle » connaissait parfaitement ses effets délétères sur le cœur. À la surprise générale, le 16 avril 2008, le Journal of the American Medical Association (Jama) publie une enquête révélant que le laboratoire Merck avait caché une série d’informations relatives aux risques d’accidents mortels liés à la toxicité cardiaque du Vioxx !
Non, vraiment, de toute évidence, les charlatans et les escrocs ne sont pas uniquement dans le camp de ceux qui pratiquent les médecines alternatives !
En ce qui concerne la chirurgie, celui qui désire se faire opérer se heurte à un dilemme. Faut-il aller dans une structure hospitalière où les chirurgiens sont des fonctionnaires qui freinent des quatre fers pour opérer en secteur public tout en cherchant à développer leur clientèle privée ou bien dans un établissement privé où les praticiens sont payés à l’acte ? Inutile de préciser les écueils de ces deux systèmes de soins. Le lecteur aura compris que les indications opératoires sont plutôt poussées dans le privé et volontiers freinées dans le public, avec dans les deux cas une liste d’attente qui ne se raccourcit qu’en alignant des euros !
La médecine française est malade. Quoi qu’en disent nos politiques, elle souffre d’un manque cruel d’informations objectives et de moyens (tant matériels qu’humains). Les erreurs médicales vont se multiplier si la barre n’est pas rapidement redressée. En tout cas, on l’a bien vu dans ce chapitre, rien ne l’autorise aujourd’hui à rester une médecine prétentieuse méprisant d’autres approches thérapeutiques qui se font de plus en plus pressantes et efficaces.