Aphrodite
— Oui, la lumière est allumée, mais il n'y a personne à la maison, dit Aphrodite en passant la main devant les yeux vides de Stark.
Elle retira vivement le bras : Seoras sans se rendre compte qu'il avait failli la couper elle aussi, blessait de nouveau Stark au flanc.
— Il ressemble déjà à un hamburger. Vous êtes obligé de continuer ?
demanda-t-elle.
Ce n'était pas le grand amour entre elle et Stark, mais pour autant, elle n'avait pas envie de le voir se faire dépecer.
Seoras ne semblait pas l'entendre.
— Ils sont liés par cette quête, dit Sgiach, qui avait quitté son trône et se tenait à côté d'Aphrodite.
— Mais votre gardien est conscient, et présent dans son corps, intervint Darius.
— En effet. Sa conscience est ici, totalement accordée à celle du garçon, à tel point qu'il entend les battements de son cœur et sent sa respiration. Seoras doit le maintenir entre la vie et la mort. S'il penche trop d'un côté, son âme retournera dans son corps, et il se réveillera ; trop de l'autre, et elle ne reviendra plus jamais.
— Comment saura-t-il quand il doit s'arrêter ? s'inquiéta Aphrodite, qui tressaillit lorsque la lame de Seoras trancha à nouveau la chair de Stark.
— Stark se réveillera, ou il mourra. Dans tous les cas, ce sera sa décision, pas celle de mon gardien. Ce que Seoras accomplit maintenant permet à Stark de choisir par lui-même. Tu devrais en faire autant.
— Le couper ? demanda Aphrodite en fronçant les sourcils.
La reine sourit, sans que son regard quitte le gardien.
— Tu as dit que tu étais une prophétesse de Nyx, non ?
— Je suis sa prophétesse.
— Alors, tu devrais te servir de ce don pour aider ton ami.
— Je le ferais si je savais comment ; qu'est-ce que vous croyez !
— Aphrodite, s'il te plaît... , commença Darius.
Il la prit par le bras pour l'éloigner de Sgiach, craignant manifestement qu'elle soit allée trop loin.
— Laisse-la, combattant, ordonna la reine. Tu apprendras en étant lié à une femme forte que ses paroles lui attireront souvent des ennuis contre lesquels tu ne pourras pas la protéger. Il s'agit de ses propres mots, et elle doit en assumer les conséquences.
Elle se tourna vers Aphrodite.
— Utilise la force qui transforme tes paroles en poignards, à chercher tes propres réponses. Une vraie prophétesse reçoit peu de conseils en ce monde, si ce n'est par son don ; la sagesse et la patience doivent t'apprendre à l'utiliser convenablement.
La reine fit signe à l'un des vampires resté dans l'ombre.
— Conduisez la prophétesse et son combattant dans leur chambre. Donnez-leur des rafraîchissements et assurez-vous de leur intimité.
Sur ce, Sgiach rejoignit son trône, le regard fixé sur son gardien.
Aphrodite pinça les lèvres et suivit le géant aux cheveux roux, dont les tatouages représentaient une série de spirales composées de minuscules points saphir. Ils revinrent sur leurs pas jusqu'à l'escalier, puis s'engagèrent dans un couloir aux murs décorés d'épées serties de pierres précieuses qui scintillaient à la lueur des torches. Un autre escalier, plus petit, les mena à une porte cintrée en bois, que le vampire leur ouvrit.
— Puis-je vous demander que quelqu'un vienne me chercher si l'état de Stark évolue ? fit Aphrodite avant qu'il ne la referme.
— Oui, répondit-il d'une voix étonnamment douce.
Quand ils se retrouvèrent seuls, Aphrodite se tourna vers Darius.
— Tu penses que je peux m'attirer des ennuis ?
Il haussa les sourcils.
— Bien sûr.
— Écoute, je ne plaisante pas.
— Moi non plus.
— Pourquoi ? Parce que je dis ce que je pense ?
— Non, ma beauté, parce que tu te sers des mots comme d'un poignard, et dégainer un poignard peut en effet causer des ennuis.
Elle se laissa tomber sur le grand lit à baldaquin en faisant la moue.
— Dans ce cas, pourquoi tu m'aimes bien ?
Il s'assit à côté d'elle et lui prit la main.
— As-tu oublié que le poignard était mon arme favorite ?
Aphrodite le regarda dans les yeux, se sentant soudain vulnérable.
— Sérieusement. Je suis une garce. Tu ne devrais pas m'apprécier, comme la plupart des gens.
— Les gens qui te connaissent vraiment t'apprécient. Et ce que je ressens pour toi est bien plus fort que ça. Je t'aime, Aphrodite. J'aime ta force, ton sens de l'humour, la profondeur de l'amitié que tu portes à tes amis. Et j'aime ce qui a été brisé en toi et qui commence à guérir.
Aphrodite soutenait toujours son regard, les yeux pleins de larmes.
— Tout ce qui fait de moi une terrible garce.
— Tout ce qui fait de toi ce que tu es.
Il porta la main de la jeune fille à ses lèvres et l'embrassa tendrement.
— Et cela te rend assez forte pour trouver un moyen d'aider Stark.
— Mais comment ?
— Tu as utilisé ton don pour te rendre compte de l'absence de Zoey, tout comme de celle de Kalona. Tu ne pourrais pas faire la même chose avec Stark ?
— Tout ce que j'ai fait, c'est de constater que leurs âmes n'étalent plus dans leurs corps. Or nous savons déjà que celle de Stark est partie.
— Alors, tu n'auras pas besoin de le toucher, comme les deux autres.
Aphrodite soupira.
— Tu penses vraiment que je peux y arriver ?
— Je pense qu'il n'y a rien que tu ne puisses faire si tu t'y mets vraiment.
Elle hocha la tête et lui pressa la main. Puis elle ôta les bottes en cuir noir à talons aiguilles et recula sur le lit, s'appuyant contre la montagne d'oreillers.
— Tu me protèges pendant que j'essaie ? demanda-t-elle à son combattant.
— Toujours, répondit-il.
Il vint se placer à côté d'elle, ce qui rappela à Aphrodite la façon dont Seoras se tenait à côté du trône de la reine. Puisant de la force dans l'idée que son corps et son cœur seraient toujours en sécurité avec Darius, elle ferma les yeux et s'efforça de se détendre. Puis elle inspira profondément, à trois reprises, et s'adressa à sa déesse.
— Nyx, c'est moi, Aphrodite. Votre prophétesse. Je vous demande votre aide. Vous savez déjà que je n'ai aucune idée de la manière dont fonctionne le don que vous m'avez accordé, alors vous ne serez pas surprise d'apprendre que je ne sais pas comment m'en servir pour aider Stark. Pourtant, il a besoin de mon aide. Dans ce monde, il se fait couper en tranches, et dans l'autre, il est censé utiliser la poésie et les paroles alambiquées d'un vieil homme pour aider Zoey. Entre nous, je pense parfois que Stark est plus gâté au niveau des muscles qu'au niveau du cerveau... De toute manière, il ne s'en sortira pas tout seul, et pour Zoey, je veux l'aider. Alors, s'il vous plaît, Nyx, montrez-moi comment faire.
« Donne-toi à moi, ma fille. »
La voix qui retentit dans son esprit était comme le bruissement d'un rideau de soie, diaphane, transparente, éthérée, et d'une incroyable beauté.
« Oui ! » répondit instantanément Aphrodite.
Elle ouvrit son cœur, son âme et son esprit à sa déesse.
Et, soudain, elle fut la brise qui suivait la ligne délicate de la voix de Nyx, s'élevant sans cesse.
« Regarde mon royaume. »
L'esprit d'Aphrodite survolait à présent l'au-delà. Le paysage était à couper le souffle, avec des variations infinies de vert, des fleurs magnifiques qui se balançaient comme au rythme d'une musique, et des lacs scintillants. Aphrodite crut apercevoir des chevaux sauvages et les couleurs de paons en plein vol.
Dans tout le royaume, des silhouettes floues apparaissaient et disparaissaient, dansaient, riaient, l'air heureux.
— C'est là où on va quand on meurt ? lâcha Aphrodite, émerveillée.
— Parfois.
— Parfois ? C'est-à-dire, quand on est bon ? insista Aphrodite, qui craignait que, si la bonté était le critère pour venir ici, elle ne puisse jamais y aller.
Le rire de la déesse était magique.
« Je suis ta déesse, ma fille, pas ton juge. Le bien est un idéal aux multiples facettes. Voici l'une d'elles. »
L'esprit d'Aphrodite s'arrêta au-dessus d'un bois superbe qui ressemblait à celui de l'île des Femmes. Elle descendit doucement à travers les branches et atterrit sur un épais tapis de mousse.
— Écoute-moi, Zo ! Tu peux le faire.
La voix de Heath ! Aphrodite fit volte-face et vit Zoey, tellement pâle qu'elle en était presque transparente. Elle marchait en rond, la mine affreuse, tandis que Heath, immobile, la regardait avec une infinie tristesse.
— Zoey ! Écoute-moi. Tu dois te reprendre et retrouver ton temps.
Zoey fondit en larmes, mais elle ne cessa pas de marcher.
— Je ne peux pas, Heath. Ça a duré trop longtemps. Comment veux-tu que je rassemble les morceaux de mon âme ? Je ne me rappelle plus certaines choses - je n'arrive pas à me concentrer - la seule chose dont je suis certaine, c'est que je mérite ça.
« Oh, bon sang, Zoey ! Arrête de chialer, et écoute-le ! »
— Tu ne mérites pas ça ! dit Heath en posant les mains sur ses épaules, ce qui la força à s'arrêter. Et il peux le faire, Zo. Il le faut. Si tu le fais, on pourra être ensemble un jour.
« Génial. Ils ne m'entendent pas ! C'est comme si j'étais un fantôme », songea Aphrodite.
« Alors, pour une fois, peut-être devrais-tu écouter, ma fille. »
Aphrodite réprima un soupir et suivit le conseil de sa déesse, même si elle avait l'impression d'être un intrus regardant par la fenêtre de la chambre d'un autre.
— Tu es sérieux, Heath ? demanda Zoey, qui à présent ressemblait plus à elle même qu'à un fantôme qui ne tenait pas en place. Tu veux vraiment rester ici ?
Elle adressa à Heath un sourire hésitant. Il l'embrassa. Zoey grogna et se dégagea.
— Je suis désolée, je suis désolée ! Je n'arrive pas à me calmer. Je n'arrive pas à me reposer.
— C'est pour ça que tu dois rassembler les morceaux de ton âme. Sinon, tu continueras de t'agiter, tu perdras des parties de toi-même, et puis tu disparaîtras complètement.
— Tu es mort par ma faute ! Comment peux-tu encore m'aimer ?
Elle repoussa les cheveux collés sur son visage et se remit à tourner autour de Heath.
— Ce n'est pas ta faute ! Kalona m'a tué. C'est tout. Et puis, quelle importance, l'endroit où nous sommes, ou même le fait d'être vivants ou morts, tant que nous sommes ensemble ?
— Tu le penses vraiment ?
— Je t'aime, Zoey. Je t'aime depuis le premier jour où je t'ai vue, et je t'aimerai toujours. Je te le promets. Si tu redeviens entière, nous serons ensemble pour toujours.
— Pour toujours, murmura-t-elle. Et tu me pardonnes vraiment ?
— Bébé, je n'ai rien à te pardonner.
Zoey s'arrêta.
— Alors, pour toi, je vais essayer.
Elle écarta les bras et rejeta la tête en arrière. Son corps pâle se mit à reluire.
Elle commença à appeler des noms, et...
Aphrodite s'éleva à une telle vitesse qu'elle en eut la nausée.
— Arg ! Trop rapide ! protesta-t-elle. Je vais vomir !
Un vent chaud passa sur elle, chassant son malaise.
La nausée avait disparu, mais pas sa confusion.
— Je ne comprends pas, s'écria-t-elle. Zoey arrivait à se rassembler, mais elle resterait là-bas avec Heath, au lieu de retrouver son corps ?
— Dans cette version du futur, oui.
Aphrodite hésita.
— Mais sera-t-elle heureuse ? demanda-t-elle avec réticence.
— Oui. Zoey et Heath seraient heureux pour l'éternité dans l'au-delà.
Aphrodite se sentit envahie par une tristesse sans nom.
— Alors peut-être devrait-elle rester là où elle est. Elle nous manquera ; elle me manquera. Ce serait vraiment terrible pour Stark, mais si c'est sa place, alors il faut qu'elle y reste.
— La place de chaque personne change selon ses choix, fit la voix de Nyx. Il ne s'agit que d'une version du futur de Zoey, et, comme nombre des choix qui sont faits dans l'au-delà, le sien pourrait influencer le sort de la Terre. Si Zoey décide de rester, voilà quel sera l'avenir du monde.
Aphrodite n'eut pas le temps de répondre, aspirée dans une scène qui ne lui était que trop familière. Elle se tenait au milieu du champ qu'elle avait vu dans sa dernière vision. Comme l'autre fois, elle était entourée de gens en train de brûler - des humains, des vampires, des novices. Elle ressentait de nouveau la douleur. Elle vit Kalona, sauf que cette fois Zoey n'était pas avec lui. À sa place il y avait Neferet. Elle passa devant l'immortel en regardant les torches vivantes avec indifférence. Puis elle se mit à dessiner dans l'air, et l'Obscurité fleurit autour d'elle. Elle s'abattit sur Terre, éteignant le feu, mais pas la souffrance.
Neferet remua un doigt, et des traînées d'Obscurité s'enroulèrent autour du corps de Kalona, qui les absorba. Ils s'agitaient, faisant sursauter et frémir sa peau. L'immortel poussa un cri ; Aphrodite n'aurait su dire si c'était de souffrance ou de plaisir. Il adressa une grimace sinistre à Neferet et tendit les bras pour accueillir le mal.
— Comme tu voudras, ma déesse.
Il s'avança vers elle, posa un genou à terre et lui offrit son cou. Neferet se pencha, lécha la peau de Kalona ; puis, avec une avidité féroce et effrayante, elle y planta les crocs et but son sang. Les rubans d'Obscurité tremblèrent, palpitèrent et se multiplièrent.
Dégoûtée, Aphrodite détourna le regard, et vit Lucie qui entrait dans le champ. Lucie ?
Une créature sombre était à son côté, Aphrodite tressaillit : un Corbeau Moqueur ! Il était si proche d'elle qu'ils avaient l'air ensemble.
Le Corbeau Moqueur déplia ses ailes et en passa une autour des épaules de Lucie. Celle-ci soupira et s'approcha encore de lui, jusqu'à ce que son aile l'enveloppe toute entière.
Aphrodite était tellement choquée qu'elle ne vit même pas d'où était arrivé l'Indien - soudain, il était juste devant le Corbeau Moqueur.
Malgré le choc causé par cette vision, Aphrodite remarqua la beauté incroyable du jeune homme. Son corps splendide était à moitié nu. Il avait des cheveux longs et épais, aussi noirs que les plumes qui y étaient attachées. Il était grand et musclé, bref, carrément canon !
Il ignora le Corbeau Moqueur et tendit la main à Lucie.
— Accepte-moi, et il s'en ira.
Lucie se dégagea de l'étreinte de la créature ailée, mais ne prit pas la main du garçon.
— Ce n'est pas si simple, dit-elle.
— Rephaïm ! Ne me trahis pas une fois de plus ! cria Kalona, toujours à genoux devant Neferet.
Ces paroles firent l'effet d'un déclic sur le Corbeau Moqueur, qui attaqua le jeune Indien. Ils commencèrent à se battre sauvagement alors que Lucie pleurait en regardant la créature.
— Ne me quitte pas, Rephaïm. Je t'en prie, ne me quitte pas.
Derrière eux, Aphrodite vit ce qu'elle prît d'abord pour un lever de soleil étincelant. Elle plissa les yeux et se rendit compte qu'il s'agissait en fait d'un énorme taureau blanc piétinant le cadavre d'un taureau noir qui essayait, en vain, de protéger les vestiges du monde moderne.
Aphrodite sortit de la vision le cœur serré. Nyx souffla sur elle une brise caressante.
— Oh, déesse, murmura la jeune fille. Non, s'il vous plaît, non. Le choix d'une adolescente peut-il briser l'équilibre entre la Lumière et l'Obscurité ?
Comment est-ce possible ?
— N'oublie pas que, lorsque tu as choisi le bien, une nouvelle race de vampires a été créée,
— Les novices rouges ? Mais ils existaient déjà avant que je fasse quoi que ce soit.
— Oui, mais sans ton sacrifice ils n'auraient pas retrouver leur humanité. Et n'es-tu pas une simple adolescente ?
— Oh, mince. Il faut que Zoey revienne.
— Alors, Heath doit quitter l'au-delà. C'est le seul moyen pour que Zoey décide de retrouver son corps quand son âme sera reconstituée.
— Et comment puis-je m'assurer que cela va se produire ?
— En leur transmettant ton savoir, ma fille. Le choix appartiendra ensuite à Heath, à Zoey et à Stark.
Soudain, Aphrodite fut projetée en arrière. Haletante, elle ouvrit les yeux et vit à travers ses larmes rouges Darius, penché sur elle.
— Tu m'es revenue ! murmura-t-il.
Elle s'assit. Elle avait des vertiges et une terrible migraine. Quand elle repoussa de son visage les cheveux trempés de sueur, elle fut étonnée de voir que sa main tremblait violemment.
— Bois ça, ma beauté. Tu dois reprendre des forces après un voyage de l'esprit.
Il lui tendit un gobelet et l'aida à le porter à ses lèvres. Elle but le vin.
— Il faut que j'aille voir Stark !
— Mais tes yeux... Tu dois te reposer !
— Si je me repose, je prends le risque d'envoyer le monde entier en enfer.
Littéralement.
— Alors, je vais t'emmener voir Stark.
Se sentant faible et dépassée, Aphrodite s'appuya contre son combattant alors qu'ils retournaient au Fianna Foil, où Sgiach regardait toujours son gardien qui continuait lentement et méthodiquement de couper Stark.
Aphrodite ne perdit pas de temps. Elle fonça droit sur Sgiach.
— Il faut que je parle à Stark. Tout de suite !
— Tu as utilisé ton don ? lui demanda la reine, remarquant son corps tremblant et ses yeux injectés de sang.
— Oui, et j'ai quelque chose à lui dire, sinon ce sera terrible. Pour tout le monde. Vraiment terrible.
La reine hocha la tête et lui fit signe de la suivre jusqu'au Seol ne Gigh.
— Tu ne disposes que d'un instant. Parle vite et distinctement. Si tu le retiens trop longtemps ici, il ne pourra pas retourner dans l'au-delà avant de s'être remis du voyage d'aujourd'hui, et cela pourrait prendre des semaines.
— Je comprends. Je n'aurai qu'une chance. Je suis prête.
Sgiach toucha l'avant-bras de son gardien. Ce n'était qu'une légère caresse, mais elle provoqua une puissante réaction dans le corps de Seoras, Il suspendit son couteau au-dessus du corps ensanglanté, les yeux rivés sur lui.
— Mo bann ri ? Ma reine ? fit-il d'une voix râpeuse.
— Rappelle-le. La prophétesse doit lui parler.
Il ferma les yeux comme si ces mots le blessaient.
— Oui, gronda-t-il. Comme vous voudrez.
Il posa la main sur le front de Stark.
— Écoute-moi, mon garçon. Tu dois revenir.
CHAPITRE VINGT-SIX