CHAPITRE TROIS
La pluie battait les vitres épaisses, et le feu qui crépitait derrière Hamish Alexander, comte de Havre-Blanc, dansait au rythme du vent qui balayait la cheminée. Il s'agissait d'une façon archaïque, presque barbare, de chauffer une pièce, mais le feu n'avait pas été allumé dans cette intention. Le froid sec du début de l'hiver, précédant les chutes de neige, s'était installé sur Havre-Blanc, pénétrant les corps et les esprits, et la lueur et le grésillement d'un bon feu conservaient la magie d'autrefois.
Le treizième comte de Havre-Blanc se cala dans l'immense fauteuil de bois construit sur l'ordre exprès de son ancêtre le onzième comte pour examiner son visiteur. Sir James Bowie Webster, Premier Lord de la Spatiale de l'Amirauté manticorienne, portait l'uniforme noir et or d'amiral; Havre-Blanc était en civil.
— Alors c'est officiel ?
— Oui. » Webster prit une gorgée de café brûlant puis haussa les épaules. « Je ne dirais pas que mon choix personnel se serait porté sur lui, mais je quitte mes fonctions dans deux mois. »
Havre-Blanc grimaça légèrement puis hocha la tête d'un air compréhensif. Il était des plus irritants qu'un homme du talent de Webster doive abandonner le poste de Premier Lord de la Spatiale mais, afin de compenser l'allongement des carrières qu'avait causé l'utilisation du prolong, la Flotte pratiquait depuis longtemps une rotation régulière de ses amiraux pour que ceux-ci restent au contact des réalités du terrain.
Webster sourit devant l'expression de son ami; pourtant son regard était sérieux lorsqu'il reprit : « Il faut bien que quelqu'un me remplace et, malgré tous ses défauts, Caparelli a les reins solides. Ça pourrait se révéler important dans les années qui viennent.
— Les reins bien solides... pour compenser la mollesse de son cerveau », marmonna Havre-Blanc. Webster émit un grognement moqueur.
— Tu ne lui as toujours pas pardonné de t'avoir malmené sur le terrain de football de Saganami, on dirait...
— Et pourquoi devrais-je lui pardonner ? demanda Havre-Blanc avec une pointe d'humour. C'était l'exemple type du triomphe de la force brute sur la technique, tu le sais très bien.
— Et, en plus, tu as horreur de perdre.
— Et j'ai horreur de perdre, acquiesça ironiquement le comte avant de hausser les épaules. Enfin, comme tu dis, il a des tripes. Et au moins il n'aura pas Janacek sur le dos.
— Alléluia », commenta Webster, fervent. Les deux officiers ne portaient pas dans leur cœur le responsable civil de la Flotte, récemment remplacé.
Toutefois, reprit Havre-Blanc après un moment, quelque chose me dit que tu n'es pas venu jusqu'ici pour m'annoncer que Cromarty et la baronne de l'Anse du Levant avaient choisi Caparelli.
— Quelle perspicacité ! » Webster posa sa tasse et se pencha en avant, les avant-bras sur les genoux. « En fait, Lucien Cortez reste Cinquième Lord, mais Caparelli va vouloir mettre en place des gens de son choix et je suis venu te consulter avant de signer quelques affectations de dernière minute. » Havre-Blanc haussa les sourcils et Webster eut un geste qui se voulait rassurant : « Oui, il lui appartient de nommer ceux qu'il souhaite. C'est aussi comme cela que je l'entendais en prenant le poste. Mais il va un peu tâtonner pendant quelques mois et, vu la situation actuelle en République populaire, je veux qu'il puisse s'appuyer sur une équipe solide sur le terrain pendant la phase de transition.
— Logique.
— Heureux de te l'entendre dire. Bref, je suis à peu près sûr d'avoir placé les bonnes personnes aux bons endroits... à quelques exceptions près.
— Telles que ?
— La station de Hancock, essentiellement. C'est pour cette raison que je voulais te parler », fit Webster. Havre-Blanc eut un grognement approbateur car il revenait tout juste d'une visite d'inspection de cette station, la plus récente de la Flotte royale manticorienne et peut-être la plus importante.
La naine rouge stérile du système de Hancock n'avait rien d'attirant... si ce n'est sa position stratégique : elle se trouvait au nord galactique de Manticore, idéalement placée pour accueillir un détachement militaire avancé destiné à protéger les systèmes de Yorik, Zanzibar et Alizon, tous membres de l'alliance que le Royaume avait initiée pour contrer Havre. Et, peut-être plus important encore, elle se situait à moins de dix années-lumière du système Seaford 9, l'une des plus grandes bases-frontières de la République populaire de Havre. Détail d'autant plus intéressant que Havre n'avait absolument rien à protéger à moins de cinquante années-lumière.
— Laisse-la à Sarnow, fit le comte, sur quoi Webster grogna. — Bon sang, je me doutais que tu dirais ça! Il manque d'ancienneté, tu le sais aussi bien que moi!
— Ancienneté ou pas, c'est quand même lui qui a convaincu Alizon de rejoindre l'Alliance, répliqua Havre-Blanc, sans compter qu'il a aussi organisé Hancock. Et si tu as lu mon rapport, tu sais quel genre de boulot il a fait là-bas.
— Je ne mets pas en cause ses compétences, juste son ancienneté, rappela Webster. Personne n'admire son travail plus que moi mais, maintenant que l'arsenal est opérationnel, la station va accueillir une force d'intervention complète. Il faut donc y nommer un vice-amiral, et si je choisis un contre-amiral – un contre-amiral des rouges, en plus ! – je vais me retrouver avec une mutinerie sur les bras.
— Alors monte-le en grade.
— Lucien l'a déjà bombardé contre-amiral deux ans avant la date. » Webster secoua la tête. « Non, oublie ça, Hamish. Sarnow est très bon, mais il manque d'ancienneté.
— Alors qui envisages-tu de nommer ? s'enquit Havre-Blanc avant de s'arrêter, l'air inquiet. Ah non, Jim ! Pas moi !
— Non. » Webster soupira. « Pourtant je préférerais te savoir là-bas plutôt qu'un autre, mais, même avec le nouveau statut de la station, le poste ne mérite pas plus qu'un vice-amiral. Et puis je veux t'avoir à portée de main quand la situation tournera au vinaigre. Non, je pensais à Yancey Parks.
— Parks ? fit le comte en haussant les sourcils, l'air surpris.
— Il est presque aussi bon stratège que toi et c'est un sacré organisateur, souligna Webster.
— Pourquoi ai-je l'impression que tu cherches à t'en convaincre ? » demanda. Havre-Blanc avec un petit sourire. Webster grommela.
« Tu rêves. C'est toi que j'essaye de convaincre.
— Je ne sais pas, Jim... » Le comte se leva, croisa les mains derrière le dos et fit un tour rapide de son bureau. Il contempla un instant la nuit humide par la fenêtre puis se retourna pour observer les flammes. « Ce qui m'inquiète, dit-il °sans tourner la tête, c'est que Yancey réfléchit trop.
— Depuis quand est-ce un défaut ? Tu viens de reprocher à Caparelli de ne pas réfléchir assez !
— Touché, murmura Havre-Blanc en riant.
— Et puis il a travaillé avec TacNav sur le renforcement du secteur, il le connaît comme sa poche; or la priorité des priorités est de rendre Hancock parfaitement opérationnelle.
— C'est vrai. » Le comte fronça les sourcils, le regard toujours fixé sur la cheminée, puis il secoua la tête. « Je ne sais pas, Jim, répéta-t-il. Cette idée me gêne un peu. » Ses mains s'agitèrent derrière son dos, puis il se tourna vers le Premier Lord de la Spatiale. « Peut-être manque-t-il de spontanéité. Je sais bien qu'il a des tripes, mais il s'écoute trop réfléchir. Certes, il a du nez en matière de stratégie, quand il fait confiance à son instinct, mais il analyse et sur-analyse parfois la situation au point de ne plus pouvoir se décider.
— Je pense qu'un analyste ferait notre affaire », insista Webster. Havre-Blanc fronça encore les sourcils avant d'abandonner.
« Écoute, donne-lui Sarnow comme commandant d'escadre et tu as ma bénédiction.
— C'est du chantage ! grommela Webster dans un sourire.
— Alors ne cède pas. Tu n'as pas vraiment besoin de mon approbation, Ta Seigneurie.
— C'est vrai. » Webster frotta son menton anguleux puis hocha la tête. « Marché conclu! fit-il brusquement.
— Bien. » Le comte sourit et reprit place derrière son bureau avant de poursuivre sur un ton un peu trop détaché « Au fait, Jim, il y a une chose dont j'aimerais te parler pendant que tu es là.
— Oh ? » Webster prit une gorgée de café en regardant son ami par-dessus le bord de la tasse avant de la poser. « De quoi pourrait-il s'agir ? Attends, laisse-moi deviner... Peut-être ta nouvelle protégée, le capitaine Harrington, non ?
— Je ne dirais pas que c'est ma protégée, protesta Havre-Blanc.
— Ah bon ? Alors c'est sans doute quelqu'un d'autre qui nous harcèle, Lucien et moi, pour la renvoyer dans l'espace, fit Webster, ironique.
— C'était la protégée de Raoul, pas la mienne. Je pense simplement que c'est un sacré officier.
— Qui s'est trouvée tellement amochée qu'il a fallu une année T pour la remettre sur pied.
— Oh, arrête ! Je n'ai pas suivi sa condition médicale mais je l'ai rencontrée. Elle a flanqué la pâtée à un croiseur de combat havrien qui jaugeait trois fois son propre navire après avoir été blessée ! Et j'en connais aussi un rayon sur les blessures traumatisantes. » Il serra les lèvres puis se reprit. « Si elle n'est pas revenue à cent pour cent de ses capacités physiques aujourd'hui, je suis prêt à manger mon béret !
— Je ne te contredirai pas sur ce terrain-là », répondit calmement Webster. Pourtant, derrière son regard serein, il était surpris de la colère sincère qui perçait dans la voix du comte. « Et, comme tu le sais très bien, c'est MédNav qui refuse de la réintégrer. Je veux qu'elle reprenne du service, Lucien aussi et toi aussi, mais les médecins se demandent s'il n'est pas trop tôt. Ils pensent qu'il lui faudrait peut-être un peu plus de temps.
— Remets-la en selle, Jim, fit impatiemment Havre-Blanc.
— Et si le bureau des officiers supérieurs émet des réserves ?
— Des réserves ? » Havre-Blanc fit mine de se lever, le regard menaçant.
« Tu veux bien t'asseoir et arrêter de me regarder comme si tu allais me sauter dessus ? » répondit sévèrement Webster. Le comte ouvrit de grands yeux, comme s'il prenait seulement conscience de sa propre expression, puis il haussa les épaules. Il reprit place dans son fauteuil et croisa les jambes, un.-léger sourire aux lèvres.
« Merci, reprit le Premier Lord de la Spatiale. Écoute, Hamish, ce sont les psycho-machins qui s'inquiètent pour elle. » Havre-Blanc s'apprêtait à faire une réponse furieuse mais Webster l'arrêta d'un geste. « Ne monte pas sur tes grands chevaux, d'accord ? » Il attendit que son ami se calme avant de poursuivre.
« Tu ne l'ignores pas, même Lucien et moi devons présenter un dossier extrêmement convaincant pour pouvoir passer outre les avis de MédNav, surtout dans le cas d'officiers supérieurs; or Harrington a eu une convalescence difficile. Je ne connais pas tous les détails, mais des complications sérieuses sont intervenues au cours de son traitement et, comme tu l'as dit toi-même, tu sais mieux que moi combien ce peut être usant. »
Il s'arrêta, soutenant sans ciller le regard du comte. Le visage de Havre-Blanc se crispa : sa propre femme était presque invalide depuis des années. Il se mordit les lèvres un instant puis hocha la tête.
« Bon. D'après mes informations, toutes ces complications et la rééducation l'ont abattue un moment, mais elle se reprend. Ce qui inquiète les psys, c'est qu'elle ait perdu tant d'hommes à Grayson. Et puis Raoul. Si j'ai bien compris, c'était comme un deuxième père pour elle, et quand il est mort elle n'était même pas là. Ça laisse la place à beaucoup de douleur et de culpabilité, Hamish, et elle ne s'est pas vraiment montrée bavarde sur ce sujet avec quiconque. »
Havre-Blanc allait répondre mais il fronça les sourcils. Pour arrêter le croiseur de combat Saladin, Harrington avait perdu neuf cents hommes, tandis que trois cents autres se faisaient blesser, et il se rappelait la détresse qu'il avait lue sur son visage lorsqu'elle avait baissé la garde, juste un instant.
« Que disent les évaluations psy ? demanda-t-il après un moment.
— Elle est dans les limites de l'acceptable. Mais n'oublie pas son chat sylvestre, ajouta Webster avant de grommeler : MédNav en tout cas s'en souvient ! J'ai reçu un long rapport compliqué du capitaine Harding m'expliquant que leur lien télempathique peut complètement fausser les paramètres du test.
— Mais il pourrait également justifier qu'elle ne se soit pas épanchée sur l'épaule des psys, fit Havre-Blanc, pensif. Et sans mettre en doute une seule seconde la sincérité de Harding, tu sais bien que tous ces fouille-cerveaux n'apprécient pas leur incapacité à comprendre comment ce lien fonctionne. Mais même eux doivent admettre qu'il peut avoir une puissante influence stabilisante, et Harrington est aussi très têtue. Si elle peut s'en sortir toute seule, elle ne va sûrement pas appeler à l'aide.
— Je te l'accorde, mais MédNav ne veut pas la mettre dans une situation où elle devrait prendre des décisions similaires si elle est au bord du gouffre. Trop de vies dépendraient de son jugement – et ce serait aussi totalement injuste envers elle.
— C'est vrai. » Havre-Blanc se pinça la lèvre puis secoua la tête. « Pourtant elle ne craquera pas. Elle est têtue, certes, mais pas stupide. Je ne crois pas qu'elle soit du genre à se voiler la face. Si elle était vraiment mal, elle nous le dirait. De plus, ses deux parents sont médecins, non ?
— Oui. » Webster était surpris que Havre-Blanc ait connaissance de cette information, on le sentait dans sa voix. « En fait, c'est son père qui s'est occupé de son traitement. Pourquoi ?
— Parce qu'en tant que tels ils sont sans doute aussi conscients que PsyNav des problèmes potentiels et, s'il y en avait un, ils la pousseraient à demander une aide médicale. Des gens qui ont élevé une fille comme celle-ci ne se voilent pas la face non plus. Et, contrairement à Harding, ils la connaissent – ainsi que son chat – depuis l'enfance, non ?
— Si acquiesça Webster. Havre-Blanc haussa un sourcil en observant le léger sourire du Premier Lord.
« J'ai dit quelque chose de drôle ? grommela-t-il, sur quoi Webster secoua la tête.
— Non, non. Continue sur ta lancée.
— Je n'ai pas grand-chose à ajouter. C'est un officier brillant qui a besoin de retrouver un fauteuil de commandement, et les gens de MédNav ne sont qu'une bande d'incapables s'ils croient qu'elle ne pourra pas le supporter. » Il eut un grognement moqueur. « S'ils s'inquiètent tant à son sujet, pourquoi ne lui donnes-tu pas un poste tranquille pour faciliter sa reprise ?
— Tu vois, Lucien et moi l'avons envisagé, fit lentement Webster, mais nous avons décidé de ne pas le faire. » Havre-Blanc se raidit et son ami soutint son regard pendant plusieurs secondes avant de le surprendre en partant d'un rire gras. Oh, bon Dieu, Hamish ! C'est tellement facile de te faire marcher !
— Quoi ? » Havre-Blanc ouvrit de grands yeux confus puis fronça les sourcils. « Comment ça ? » grommela-t-il. Webster secoua la tête en souriant.
Harrington sur un poste "tranquille" ? En moins d'une semaine elle se mettrait à ronger les cloisons ! » Il rit à nouveau devant l'expression du comte et se cala dans son fauteuil. Désolé, fit-il d'un ton qui démentait ses paroles, je ne pouvais pas manquer cette occasion de te faire tourner chèvre : tu m'as trop embêté avec son dossier. En fait, Lucien et moi sommes passés outre les recommandations de MédNav pendant ta visite à Hancock. Nous pensons qu'elle est en forme, quoi qu'en disent les psycho-machins, et nous la renvoyons dans le feu de l'action.
— Le feu de l'action ?
— Tout à fait. Nous lui avons assigné le Victoire la semaine dernière.
— Le Victoire? » Havre-Blanc se redressa, bouche bée, puis il se reprit et lança un regard noir à son ami. « Salaud ! Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?
— Encore une fois : c'est si facile de te faire marcher, répondit Webster en riant. Tu nous fais un petit complexe de supériorité quand il s'agit de juger les autres, ajouta-t-il en haussant un sourcil. Qu'est-ce qui t'a fait croire que je ne partageais pas ton opinion sur son compte ?
— Mais il y a un mois tu disais...
— Je disais que nous devions passer par certains canaux, et nous l'avons fait. Maintenant c'est réglé. Mais rien que pour te voir en colère, ça valait le coup.
— Je comprends. » Havre-Blanc s'enfonça dans son fauteuil et ses lèvres frémirent. e D'accord, tu m'as bien eu. La prochaine fois, c'est mon tour.
— J'attends ça avec impatience.
— Tant mieux, parce que ce sera au moment où tu t'y attendras le moins. » Le comte se tira un instant l'oreille. Mais puisque tu lui rends un vaisseau, pourquoi ne pas...
— Tu ne t'arrêtes jamais ? demanda Webster. Je viens de lui assigner le commandement le plus prestigieux de toute la Flotte ! Qu'est-ce que tu veux de plus ?
Du calme, Jim. Du calme ! J'allais juste te proposer d'envoyer le Victoire à Hancock comme vaisseau amiral de Sarnow quand il entrera en service. »
Webster se préparait à répondre mais il s'arrêta, l'air inspiré. Il joua quelques instants avec sa tasse puis se mit à sourire.
Tu sais, ce n'est peut-être pas une mauvaise idée. Imagine la tête de nos autres officiers généraux si Sarnow récupère le Victoire!
— Bien sûr, mais ce n'est pas mon but. Je me dis que si tu donnes le Victoire à Harrington, c'est que tu partages mon estimation de ses capacités – même si tu veux me faire tourner chèvre.
— Évidemment. Il lui faudra prendre un peu plus de bouteille avant qu'on puisse l'élever au rang d'officier général, mais elle ira vite.
— Eh bien, elle apprendrait beaucoup au contact de Sarnow, et ensemble ils feraient un malheur, dit Havre-Blanc. Et puis, franchement, je me sentirais bien mieux si Parks avait ces deux-là sous ses ordres pour le forcer à garder l'œil ouvert.
— Hmmm. J'aime bien cette idée, fit lentement 'Webster.
— Bien sûr, Yancey va détester : tu le connais, il est très pointilleux dès qu'il s'agit de protocole et de courtoisie militaire. Alors la façon dont Harrington a secoué les puces à cet imbécile de Houseman à Yeltsin va probablement lui rester en travers de la gorge.
— Tant pis. Ça lui fera du bien, à long terme.
— D'accord, Hamish. » Le Premier Lord eut un bref signe de tête. « Adjugé. Et j'aimerais vraiment voir la tête de Yancey quand il apprendra la nouvelle ! »