19
L’instinct d’Aras, qui le poussait à obéir à une grande femelle agressive, avait entièrement pris possession de lui. Il suivait Shan et James, sachant qu’il aurait beaucoup de mal à intervenir, à présent. Ils atteignirent la grange de séchage. À l’intérieur, deux soldats qu’il connaissait sous les noms de Qureshi et Chahal étaient assis en tailleur sur le sol poussiéreux ; la présence de Martin Tyndale, qui les braquait avec sa carabine, ne paraissait pas les effrayer beaucoup.
Dans un coin étaient empilés des pans de tissu blanc brillant maculé de charbon.
— Qu’est-ce que c’est ? demanda Aras.
— Leur véhicule d’arrivée, répondit Martin. Des combinaisons personnelles. (Son expression paraissait aussi perplexe que celle d’Aras.) Il faut le dire, ils ont du cran, pour tenter un truc comme ça.
Aras était choqué. Il n’aurait jamais pensé que les humains se souciaient aussi peu de leur sécurité. C’était pour ça qu’il ne les avait pas détectés.
Shan lâcha James et le passa à Aras, puis elle sortit son automatique et tint les deux marines en joue.
— Vous les avez fouillés ?
— Nous avons leurs fusils, dit Martin.
— Mon grand, ce sont des marines. Des Marsouins. (Elle s’arrêta à deux mètres d’eux, et leur parla d’une voix étrangement douce.) Allez, les gars. Vous connaissez le boulot. Face au sol, les mains derrière la tête, et ne me faites pas chier. Martin, s’ils bougent, vous les tuez, OK ?
Les prisonniers obéirent sans un mot.
— Compris, répondit le colon.
Shan donna son virin à Aras puis palpa les deux marines, arme en main. Il lui fallut un peu de temps. Elle récupéra les couteaux, des longueurs de fil de métal tranchant, des munitions, des fusées de détresse et des tubes d’explosif de type plastic. Elle remit son butin à Martin au fur et à mesure.
— Les mains dans le dos, tout de suite, ordonna-t-elle tout bas avant de leur lier les poignets et les chevilles avec un adhésif réactif qui se contracterait à chaque mouvement.
Puis elle les hissa en position assise.
— Et voilà pourquoi on doit toujours fouiller un prisonnier, conclut-elle, pour personne en particulier.
Shan réagit soudain à Chahal. Il regardait simplement ses mains. Non, il regardait sa montre, ou du moins il essayait. Elle s’accroupit devant lui.
— Qu’y a-t-il, Chaz ? En retard pour le thé de l’après-midi ?
— Marine Balwant Singh Chahal, Commando Trois-sept, numéro cinq neuf slash huit sept sept six alpha.
— OK, je comprends. Je sais qu’il me faudra beaucoup plus de temps pour vous faire parler qu’avec Jimmy. Mais vous finirez par me répondre.
Silence. Elle regardait Chahal dans les yeux, qui ne témoignaient ni colère ni malveillance, rien que de la tristesse. Qureshi la regardait sans la voir, dans le vide. Aras se demanda jusqu’où Shan était prête à aller. Sans doute aussi loin que par le passé. Mais à l’époque, c’étaient des criminels. Elle respectait bien davantage ces soldats d’élite.
— Où est le reste du détachement ?
— Marine Balwant…
— Laissez tomber. Pourquoi l’heure est-elle si importante ? Que préparent Lin et Rayat ?
Qureshi s’était enfin tourné vers ses mains. À cause des lumières : des lueurs violettes dansaient sur ses doigts repliés autour du 9 mm. Shan lança un coup d’œil à Qureshi. Rien ne lui échappe, s’émerveilla Aras. C’est encore un bon flic.
— Oui, moi aussi je m’allume, comme vous. Votre bioécran fonctionne encore ? Si je regarde, je vais y trouver le signal de Lin ?
Elle passa derrière Chahal et lui tira les bras en l’air, lui tordant le poignet pour pouvoir voir l’écran illuminé incrusté dans sa paume. Malgré la douleur qu’Aras imaginait sans peine, le marine ne réagit pas.
— Ah, dit Shan. Aucune mesure de Webster ou Becken. Bon, ça fait deux de moins à surveiller. Et nous avons Bennett et Barencoin en goguette, apparemment. Lin est en pleine panique, on dirait. Regardez-moi ces battements de cœur. Qu’est-ce qu’elle prépare ?
Qureshi se déplaça légèrement.
— Il est 1600 ou pas loin. Vous arrivez trop tard.
Chahal lança une sorte de feulement pour la faire taire, mais Shan ne bougea pas, et regarda Qureshi.
— Qu’est-ce que Lin a préparé, Izzy ?
— Vous le verrez bien assez tôt, dit Qureshi. Je regrette, vraiment. Et nous venons vous capturer.
— Pas de problème. Rien de personnel.
Le virin s’anima entre les mains d’Aras. Le message venait de la Cité Temporaire. Dans les couches transparentes de l’appareil, Aras vit des photos de reconnaissance. Une unité auxiliaire ussissi fouillait la mer autour des îles sud.
Les marines échangèrent un regard, surveillés par Shan. Qureshi paraissait obsédée par l’heure. Elle contourna lentement les deux prisonniers, et Aras se demanda si elle allait donner un coup de pied à l’un d’eux. Ce souvenir revenait souvent dans les vestiges à demi formés de la vie de Shan.
— Donc, vous essayez de comprendre quelque chose. Si Lin est arrivée sur place ou pas. L’heure est importante parce qu’une extraction est prévue. Donc, elle prélève un échantillon, ou alors il va se passer quelque chose plus tard. Mais de toute façon, il y a un engin quelconque.
Elle s’arrêta devant Chahal et lui posa le canon entre les sourcils. Elle était prête à le tuer, Aras en était certain. Les humains ne connaissaient peut-être pas son état d’esprit, mais même sans odeur pour le guider, il voyait la tension dans les muscles de son isan, et son visage exsangue.
— Le capitaine de frégate Neville avait des bombes, dit soudain James.
À l’évidence, lui aussi pensait qu’elle allait tirer.
Chahal regardait ses genoux, crispant la mâchoire par à-coups.
— Quel genre ? demanda Shan.
— Des bombes à radiation, répondit le garçon. Pour brûler l’île. Et après, elle viendra vous chercher.
— Des engins nucléaires ? Nucléaires ? Oh merde… (Aras se serait attendu à ce que Shan éclate à ce moment-là, mais elle restait tout en contrôle.) Izzy, j’ai une excellente mémoire pour les détails. Ade m’a dit que vous étiez spécialisée en EOD. Et franchement, c’est un peu ce qu’on peut imaginer de plus explosif. Bonne nouvelle : vous venez les désarmer avec moi.
Chahal leva les yeux.
— Cela va à l’encontre de…
— Faites pas chier, Chaz, dit Shan avec douceur. Vous pourrez me dénoncer à La Haye en rentrant. (Elle n’avait pas ôté le pistolet de son front.) Vous êtes en contact avec Lin ?
Chahal cligna des paupières.
— J’ai des implants audio.
Shan se redressa et recula. Puis elle passa derrière lui, le pistolet toujours braqué sur sa tête, et trancha l’adhésif autour de ses poignets.
— Appelez-la. Dites-lui que Shan veut la voir. Allez. Appelez-moi cette conne !
Chahal s’arrêta puis appuya sur son poignet et sa paume. Il murmurait tout bas : Aras l’entendait à peine. Les implants de ces soldats étaient sensibles. Shan avait plaisanté une fois – Aras avait pris cela pour une plaisanterie, en tout cas – en disant qu’elle n’avait pas pu copuler avec le sergent Bennett parce que tout le détachement les aurait entendus. Il comprenait enfin ce qu’elle avait voulu dire.
Chahal attendit en silence, comme si elle écoutait. Elle leva les yeux sur Shan, mais pas sur son arme.
— Le capitaine de frégate Neville accepte de vous rencontrer.
Shan paraissait sévère. Elle avait complètement cessé de cligner des yeux. C’était très déstabilisant.
— Répétez-moi ce qu’elle a vraiment dit.
— Elle a dit « Viens me chercher ».
Pas étonnant que Chahal ait essayé d’enrober le message. Aras regarda la mâchoire de Shan se serrer. Il interrompit la scène.
— Elle essaie de te provoquer, isan.
— Elle se démerde même vachement bien.
— La colère n’est pas une option viable.
— Une bonne justice bien expéditive me suffira.
Aras la saisit doucement par le bras.
— Les ussissi cherchent les armes. Toi, tu restes ici.
Elle faillit se dégager brutalement, puis parut céder et posa la main sur celle d’Aras. Mais elle n’avait pas lâché son pistolet, toujours braqué sur Chahal.
— Je n’ai jamais envoyé un sous-off exécuter ma sale besogne, dit-elle. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer.
— J’accompagne Qureshi.
— Non. C’est peut-être un piège pour moi.
— J’insiste pour avoir gain de cause, isan. Une fois que les ussissi auront repéré les engins, je ferai en sorte qu’elle s’en occupe. Ne prenons aucun risque.
— Tu as l’air bien sûr de toi.
— Tu oublies ce que j’étais. (Un soldat. Un des meilleurs. Lui n’avait rien oublié.) Reste ici.
— Et tu oublies ce que moi, j’étais : EnHaz. Crimes contre l’environnement. Je vais me faire cette petite conne parce qu’elle est prête à sacrifier un écosystème pour me faire la peau. Maintenant, laisse-moi faire mon boulot.
— Écoute-moi. Ce n’est pas nécessaire.
— Comme la fois où je t’ai dit de ne pas aller à la chasse aux isenj.
— Et tu as failli mourir parce que tu m’as accompagnée.
— J’ai appris la leçon. Cette fois, je tirerai la première.
Aras savait parfaitement qu’il ne pourrait pas forcer Shan à lui obéir. Il se retrouvait à court d’arguments.
— D’accord. Prudence. (Shan se tourna vers Chahal.) Dites-lui que je la retrouve à Constantine. Rappelez-lui que je connais les tunnels mieux qu’elle, et que je suis de méchante humeur. Et prévenez Bennett et Barencoin de ne pas s’en mêler.
Les lèvres de Chahal se mirent à bouger, et Shan parut l’écouter attentivement. Elle lui retourna la paume d’une main.
— Montrez-moi où ils sont.
Elle vérifia les coordonnées pour vérifier que Lindsay et les autres étaient bien sûr l’île, et non en train de la balader. Puis elle lui entrava de nouveau les mains et appela Martin.
— Donnez-moi un de leurs fusils, dit-elle.
Aras avait rarement connu des moments d’indécision, mais, là, il était déchiré.
Shan attendrait qu’il revienne. Ensuite, ils s’attaqueraient à Lindsay et ses marines ensemble. Ou alors – encore mieux – ils les laisseraient là jusqu’à ce que le pathogène les élimine. Il faudrait une semaine ou deux, mais le résultat serait le même.
Non, Shan n’attendrait pas. Personne ne pourrait l’y forcer. Il voulait protéger son isan, son isanket, sa sœur d’armes. Mais il était le gardien de Bezer’ej, et il était encore lié par son ancien devoir.
— Laisse Vijissi t’accompagner, dit-il enfin. S’il te plaît ?
— D’accord. Si ça peut te faire plaisir. (Elle se tourna vers Martin.) Je vais prendre les deux fusils.
Qureshi se débrouilla pour avancer à la même vitesse qu’eux jusqu’aux bateaux échoués sur la rive. Aras lui tenait un bras, au cas où elle aurait voulu s’enfuir, même s’il ignorait en quoi cette fuite pourrait résoudre le problème. Il savait simplement que les marines étaient censés s’échapper s’ils le pouvaient et harceler leurs ennemis. Il n’appréciait pas de les considérer comme des ennemis.
— Qu’est-ce que tu vas faire de Josh quand tu le trouveras ? demanda Shan.
Il avait espéré qu’elle ne poserait pas la question, car il préférait l’éviter lui-même. Josh l’avait trahi. Josh avait aidé les gethes qui voulaient – qui voulaient quoi ? Récupérer la c’naatat, ou l’anéantir. Leurs objectifs paraissaient divergents. Quoi qu’il en soit, ils représentaient une menace pour Shan et pour Bezer’ej.
— Je n’en sais rien.
Shan continua d’avancer.
— Je sais que tu es en colère pour James. Je regrette. Il fallait le faire.
— C’est un enfant. Tu étais obligée de le frapper ?
— Tu te ramollis.
— Je ne recule pas quand l’usage de la force est nécessaire.
— N’importe qui peut bombarder des étrangers. Mais, parfois, il faut faire mal à des amis.
C’était sauvage, mais c’était vrai. Et il craignait qu’elle le méprise. Parfois, elle était encore plus wess’har que lui. Toutefois, le besoin de protéger et de nourrir les jeunes était puissant, et il ne parvenait pas à l’ignorer tout à fait.
— C’est tout de même un enfant.
Debout sur les galets, Shan regardait la mer, les mains sur les hanches. On n’apercevait aucune lumière de bezeri.
— Je fais chier tout le monde égalitairement, dit-elle. Avec moi, pas d’injustice : ceux que j’interroge finissent toujours par me dire ce que je veux savoir. Je me fous de leur âge, de leur sexe, il peut même s’agir de handicapés. Je ne fais pas de favoritisme.
Elle lui adressa un sourire artificiel, comme quand elle voulait le convaincre que tout allait bien. Que ce soit vrai ou pas.
Aras poussa un des fonds-plats jusqu’à l’eau. Son moteur démarra du premier coup, comme s’il était encore chaud. Il se hissa dans l’embarcation et tira Qureshi à sa suite. Elle était plus lourde que sa taille le suggérait, mais restait fluette par rapport à son isan.
Aras se tourna vers Shan.
— Attention, dit-il. Ça reste des marines, avant d’être des amis.
— Toi, fais gaffe à Josh. Il t’a enflé une fois, il recommencera.
— Je connais sa famille depuis six générations. Je connais ses croyances. Pourquoi ferait-il une chose pareille ?
— Parce que c’est un connard, mon grand, comme tous les humains. (Elle lui fit au revoir de la main, puis lui lança le virin comme si elle y pensait au dernier moment.) Tiens, tu en auras besoin. On se retrouve à la Cité Temporaire.
Le vent soufflait de l’arrière. Ils iraient vite. Le bateau rebondissait sur les vagues, en faisant gicler l’écume dans le vent. On aurait dit une tempête qui n’en finissait pas d’éclater.
Qureshi était mal à l’aise. Elle fouillait l’horizon du regard, les sourcils de plus en plus froncés.
— Qu’y a-t-il ? demanda Aras. Vous cherchez quelque chose ?
— Je ralentirais un peu, à votre place. À quelle distance sommes-nous de Christopher ?
— Cinquante kilomètres. Si vous savez quand les bombes vont exploser, dites-le-moi.
— Il est déjà trop tard, dit Qureshi.
Elle se radossa contre le bastingage, les poignets liés derrière les jambes, les yeux fermés.
Aras était penché sur le gouvernail, et guettait les appareils de la Cité Temporaire quand trois éclairs rapides de lumière bleue s’inscrivirent à la périphérie de sa vision.
— Qu’est-ce que c’est ?
Qureshi tourna la tête. Elle émit une odeur de peur surprise et acide.
— Oh merde, dit-elle tout bas. Faites demi-tour, Monsieur. C’est trop tard.
Une colonne solide, comme un arbre efte gris, poussait soudain sur la mer au sud. Sa tête se développa en branches homogènes. Aras n’avait jamais rien vu de tel à part dans les livres gethes. Qureshi se mit à genoux pour regarder le spectacle.
— Oh, mes bezeri, dit Aras. (C’était sa première pensée : la magnifique île d’herbe noire qui transmettait l’onde de choc massive à la mer.) Mes pauvres bezeri. Je leur avais promis. Je leur avais promis !
Qureshi paraissait vaincue. Il espérait à moitié qu’elle lui donnerait une explication acceptable qui ne confirmerait pas ses pires peurs. Il voulait entendre que tout irait bien, que les humains sur qui il veillait depuis des générations n’avaient pas trahi sa confiance, et que tout pourrait redevenir normal.
Les wess’har étaient d’un pragmatisme brutal. Son espoir dura moins d’une seconde.
Le nuage s’aplatissait et s’étendait.
Aras n’avait pas ressenti une telle impuissance depuis cinq cents ans. Il était le gardien de Bezer’ej, des bezeri, et de l’île que les humains appelaient Christopher. Et aujourd’hui, il avait échoué avant même de commencer la lutte.
Il saisit le visage du marine à deux mains et la tira vers le haut pour qu’elle le regarde. Qureshi ne pensait pas survivre aux prochaines minutes, mais elle conserva son calme.
— Savez-vous ce que vous avez fait ? Le comprenez-vous ?
Son instinct wess’har, de se figer pour évaluer la menace avant de réagir, ne put soudain plus contenir la pression dans sa poitrine et sa gorge. On aurait dit une des rages de Shan. Aras avait envie de frapper. C’était une émotion étrangère, dans tous les sens du terme, mais elle faillit le consumer jusqu’à ce qu’il laisse le réflexe wess’har prendre le relais.
— Vous avez empoisonné l’île. Vous avez empoisonné l’eau.
Il la lâcha si soudainement que Qureshi faillit tomber par-dessus bord, mais Aras la saisit juste avant. Les poignets liés, elle n’aurait pas survécu longtemps.
Elle n’avait rien fait. Elle avait simplement atterri en territoire hostile, au service de sa nation, comme il l’avait lui-même fait autrefois. Il ne devait pas la punir.
Aras sortit le virin et chercha les dernières images de reconnaissance. Sur la vue aérienne du patrouilleur, Aras ne voyait pas du tout l’île. C’était une masse de flammes, de fumée et de terre en suspension. Le nuage de débris aspiré par la détonation dérivait vers le sud au-dessus de la mer.
Il sentit la vague monter à mesure que l’onde de choc s’éloignait.
— Ce sont des bombes à neutrons, Monsieur. Je sais que c’est terrible, mais elles sont conçues pour minimiser les retombées à long terme.
Aras ne parvenait pas à se détourner des images.
— Cela devrait-il réconforter les bezeri ?
— Ce ne sera peut-être pas aussi grave que vous le pensez, Monsieur. Je suis vraiment désolée.
évacuation, annonça le virin.
Aras reprit les commandes, fit pivoter le bateau vers bâbord, et ouvrit les gaz. Il sentit les premières gouttes de pluie chaude sur son visage. La promesse d’une averse.
Les retombées accompagneraient la pluie jusque dans la mer. À court terme, Qureshi n’aurait pas à s’inquiéter de contamination.
Les bezeri, sensibles à la pollution, lents à se reproduire, une population fragile dans le meilleur des cas, la sentiraient les premiers.
Il espérait – non, il pria, au cas où la création gethes appelée Dieu l’entendrait – qu’ils prendraient la fuite.