1 . Nous devons cette idée à Alain Touraine.
2 . C’est sans doute une des sources de Brecht.
3 . De là les noms que les spécialistes leur donnent en leur jargon : l’eutopie et la dystopie. Le second surtout est fâcheux puisqu’il présuppose un dysfonctionnement du système : or la lecture des anti-utopies montre que le système fonctionne toujours trop bien et que c’est là son principal défaut.
4 . Le rooseveltien Asimov accuse John W. Campbell Jr. d’être « un peu à droite d’Ivan le Terrible ». Cela ne les empêchait pas d’être les meilleurs amis du monde.
5 . Farmer nous propose le cas singulier d’un jeu social à somme nulle ; mais il s’agit évidemment d’un gag.
6 . Pourrait se traduire par « La Petite Bête à Winnie », Winnie étant bien entendu Winston. (N.d.E.)
7 . La nouvelle de Disch est la seule de ce volume à envisager une décomposition effective du tissu social.
8 . Cette variation sur le titre d’un célèbre ouvrage de Schopenhauer, Le Monde comme volonté et représentation (1818), est plus riche d’allitérations en anglais (The World as Will and Wall-paper) que dans notre tentative de traduction. (N.d.E.)
9 . Cet ancêtre, également nommé William Morris, vécut effectivement en Angleterre de 1834 à 1896 et y exerça diverses professions dont celles d’écrivain, illustrateur et auteur de papiers peints. Lui aussi était à la fois bookie et readie, comme dit Lafferty. Il avait le cœur à gauche, contrairement à Lafferty, et toute son œuvre parut aboutir dans une utopie socialiste, les Nouvelles de nulle part (1890). Il y annonce la Résolution (et non la Révolution) pour 1952 : l’entente des travailleurs suffira, non sans mal, à déraciner le capitalisme. Puis il changea de cap et eut le temps, juste avant de mourir, de fonder le merveilleux moderne avec La Forêt au-delà du Monde (The Wood beyond the World, 1894) où il raconte la quête épique d’un idéal inaccessible : le retour à la nature et au passé légendaire, seul remède à l’asphyxie urbaine. En termes actuels, c’est de la high fantasy plutôt que de l’heroic fantasy. Mais tout part de là : Dunsany, Tolkien, Howard, Leiber, Moorcock et les autres. Y compris Lafferty, qui retourne le thème. (N.d.E.)
10 . Le mot anglais pour volonté étant will, on peut en effet considérer que William (en abrégé Will ou Willy) est dans cette langue un nom prédestiné. (N.d.E.). »
11 . William Morris, en effet, publia ce livre (comme beaucoup de ses autres œuvres) avec des illustrations dont il était l’auteur. Mais design, en anglais, signifie à la fois le dessin et le dessein… (N.d.E.)
12 . Le texte original fait allusion à l’opium, sans le nommer. Mais il contient aussi une allitération qu’on a essayé de conserver. C’est une lourde tâche que de traduire Lafferty ! (N.d.E.)
13 . Texte original : Fairhair Farquhar. Tous nos compliments au premier qui traduira intégralement ce jeu de mots. (N.d.E.)
14 . Dans le système astronomique dit de Ptolémée, le firmament est la sphère qui porte les étoiles ; elle tourne en 24 heures autour de l’axe du monde. Nous n’en voyons que la moitié environ ; l’autre est sous la Terre. Les universitaires du Moyen Age avaient harmonisé ce schéma avec le texte de la Bible, où le Léviathan est un monstre des eaux, allégorie du paganisme qui un jour sera vaincu par la foi ; la Géhenne, avant d’être comparée par le Christ à l’enfer, était un lieu-dit d’Israël, où l’on brûlait les ordures. Lafferty a-t-il jamais cru vraiment au système de Copernic et à l’astronomie moderne ? Allez savoir ! (N.d.E.)
15 . On sait que la femme de Loth, elle, fut changée en statue de sel. Mais cela se passait près de Sodome, en plein désert, et non dans une forêt. (N.d.E.)