CHAPITRE DIX-SEPT
Le général Hector MacMahan vit la multitude de navettes d’assaut impériales se rassembler autour de son appareil de commandement. Il tourna ses scanners en direction du vaisseau achuultani, mastodonte sectionné qui dérivait dans l’espace en une chorégraphie enchevêtrée et démente. Le planétoïde Sevrid s’immobilisa derrière ses navettes pour surveiller et examiner l’épave. Le cylindre fracassé contenait encore de l’air, de la vie et de l’énergie, bien qu’en faible quantité.
MacMahan émit un grondement de satisfaction lorsque les tracteurs de la mégasphère immobilisèrent l’épave. Il espérait que le vaisseau possédait un compartiment assez vaste pour accueillir le bâtiment ennemi. De cette façon, ses hommes et lui n’auraient pas à se taper tout le boulot dans les pires conditions.
Il ignorait combien de survivants achuultani attendaient ses forces d’intervention, mais sa première vague d’assaut comprenait six mille soldats et la réserve trois mille. Le prix à payer serait peut-être élevé, mais ce bâtiment représentait la seule unité adverse partiellement intacte dans l’ensemble du système solaire. S’ils parvenaient à s’en emparer, à récupérer des données et à pénétrer ses réseaux informatiques, voire à capturer quelques spécimens rescapés…
« Allez, les gars ! Parés à intervenir ! » murmura-t-il à travers la com, puis il observa les derniers ajustements de la formation. Voilà. Ils étaient prêts.
« Exécution ! » Les navettes s’élancèrent.
Brashieel attendait dans sa combinaison spatiale. Il avait fixé une attelle de fortune autour de sa jambe antérieure cassée ; en dehors de la douleur, il n’en était guère handicapé. Il avait encore trois jambes valides, et la perte de la propulsion avait fait de la gravité un fantôme.
Il observa ce qui restait de ses instruments, avide de couvrir l’ennemi de tonnerre, mais ses plateformes de lancement étaient hors service. Un cinquième de douzième des armes à énergie du Défenseur demeuraient opérationnelles, mais les batteries de missiles ainsi que l’armurerie située dans l’aile détruite du secteur antérieur avaient subi des dommages irréversibles.
Il s’efforça d’ignorer le cauchemar. Le monde des destructeurs de nid vivait encore, et ces nouveaux monstres sphéroïdaux présageaient les plus funestes événements. Les seigneurs de la pensée avaient déterminé que ce système ne jouissait d’aucun soutien, et ils s’étaient trompés : les concepteurs de ces antiques batteries de senseurs avaient pris sa défense, et leur puissance atteignait des proportions inimaginables. Pourquoi se limiteraient-ils à repousser l’offensive des Protecteurs ? Ne tenteraient-ils pas de s’attaquer directement au Nid ?
Et pour quelle raison n’avaient-ils pas tout simplement pulvérisé le Défenseur ? Leur code de l’honneur les obligeait-il à affronter les derniers ennemis face à face ? Mais au fond ça n’avait aucune importance. Il tourna le dos à sa console tandis que le petit appareil se rapprochait. Il n’avait plus d’armes pour les abattre, mais il savait déjà comment ses semblables et lui allaient les affronter.
MacMahan tressaillit lorsque la section de secours de l’épave ouvrit le feu sur ses navettes. Ces faisceaux rudimentaires étaient assez efficaces pour transpercer des cuirasses de faible résistance, mais les tirs provenaient de trop loin. Seules trois unités furent touchées, et les autres déclenchèrent une manoeuvre d’évitement avant de riposter avec des rafales d’énergie. L’artillerie lourde du Sevrid entra en action, et ses rayons à distorsion arrachèrent des morceaux bien nets dans la coque endommagée du Défenseur. Il s’en échappa de l’air, et la première vague de navettes d’assaut parvint à destination.
Elles lâchèrent une dernière rafale, décélérèrent en martelant les tunnels qu’elles venaient de pratiquer puis s’arrêtèrent en déchirant le métal. Des commandos pénétrèrent dans les passages ouverts du bâtiment endommagé. Le noir jais des armures de combat demeurait invisible dans les corridors obscurs. Une poignée de défenseurs ouvrirent le feu, puis les fusiliers terriens ripostèrent dans le silence absolu du vide.
Le troisième groupe d’intervention – avec la navette de MacMahan à sa tête – effectua un arrêt percutant qui les fit tituber. Les sas sautèrent. La compagnie d’état-major du général se regroupa autour de lui, et il la mena aussitôt au front.
Brashieel attendait. À quoi bon charger l’ennemi à l’aveuglette ? Le Défenseur était mort. Seuls les mécanismes d’autodestruction biologique demeuraient fonctionnels. Et puis périr ici ou ailleurs, quelle différence ?
Il vérifia la position de ses compagnons de nid à la lumière de la lampe de son casque. Ils s’étaient organisés comme ils pouvaient : un arc de cercle protégeait l’entrée de la salle de contrôle. Le serviteur assistant aurait voulu que le petit seigneur Hantorg soit encore là pour diriger ce dernier combat.
Ses narines se dilatèrent avec une amère ironie. Qu’espérait-il accomplir ? Ses semblables et lui n’étaient que des serviteurs de la foudre : ils étaient censés anéantir des mondes entiers, non pas des destructeurs de nid un à un ! Il fouilla dans sa mémoire. Avait-il jamais entendu parler d’un affrontement si direct entre des Protecteurs et leurs adversaires ? Probablement pas, mais son esprit était confus… Peu importait à présent.
La coordination de la bataille s’avéra aussi difficile que MacMahan l’avait prévu. Pas même la technologie impériale ne permettait d’établir un schéma clair de ce labyrinthe de ponts et de coursives, de sas hermétiquement fermés et d’embuscades artisanales.
Il avait fait de son mieux lors du briefing. La balle était désormais dans le camp de ses hommes. La seconde division de marines fournissait l’essentiel de sa force de frappe, mais chaque compagnie disposait d’une section de reconnaissance annexe, ce qui…
Une volée de balles le ramena au moment présent. Il enclencha son dispositif de saut, puis bondit de côté tandis que son éclaireur s’écroulait et que de nouvelles rafales mitraillaient l’espace qu’il occupait l’instant d’avant. Le caporal O’Hara dégringola à son tour dans le puits à zéro g. Les fuites d’air et les gouttelettes de sang qui s’échappaient de sa combinaison indiquaient qu’il était mort. Le général pinça les lèvres. Les armes à énergie de ces maudits centaures ne valaient pas un clou, mais leurs pistolets conventionnels infligeaient de sérieux dégâts.
Avec certains inconvénients. Le recul, par exemple, posait un vrai problème – un problème auquel ses hommes n’avaient pas à faire face. En outre, malgré leur détermination à se battre jusqu’à la mort, les Achuultani se révélaient de piètres fantassins. Ses hommes, en revanche…
Deux soldats terriens progressaient au ras du pont, mais une escouade entière leur coupa la route à coups de décharges gravitoniques rapides et continues. Une nuée de fléchettes explosives superdenses lacéra les cloisons et des éclairs stroboscopiques déchirèrent l’obscurité avec violence. Le capitaine Amanda Givens-Tamman se redressa sur les genoux et actionna son fusil à distorsion, mettant fin aux hostilités ennemies.
MacMahan frissonna. Il détestait ce genre d’arme. Les guerriers d’antan avaient probablement ressenti le même dégoût face aux premières arbalètes. Mais tout de même, utiliser un champ hyperspatial contre un adversaire, même un Achuultani… !
Il coupa court à ses pensées et fit signe à ses troupes de reprendre leur progression. Un nouvel éclaireur prit les devants, tous scanners déployés pour détecter les pièges ou les opposants éventuels. Un énième sas verrouillé se profila dans le lointain.
Brashieel se secoua, prêt à l’action. Il venait de sentir une vibration dans l’acier. « Tenez-vous prêts, mes frères, ordonna-t-il d’un ton calme. Ils arrivent. »
Le sas se dématérialisa, tout simplement, et la crête du serviteur ondula de terreur. Ces démons savaient utiliser les hyperchamps en combat rapproché !
Puis le premier d’entre eux apparut dans l’encadrement, éclairé par la faible lueur de la galerie, le feu de son arme trapue lacérant la pénombre, et Brashieel déglutit devant la laideur de cette créature ramassée à quatre membres. Mais, malgré sa révulsion, il éprouvait de l’émerveillement : la silhouette tenait une arme à projectiles… sans le moindre recul ! Comment était-ce possible ?
La question se dilua dans un coin de son esprit lorsqu’une pluie de dards explosifs balaya deux de ses congénères. Comment parvenaient-ils à viser dans le noir ? Il verrouilla sa cible avec soin, banda ses trois pattes valides contre la paroi et pressa la détente. Une douleur intense irradia dans sa jambe cassée, mais la salve transperça l’armure du bipède et une bouffée d’euphorie sauvage inonda le coeur de Brashieel. Ils lui avaient pris ses tonnerres, mais il en expédierait quelques-uns dans la Fournaise avant de succomber.
Des perles de sang fleurissaient dans le vide tandis que les attaquants pénétraient sans fin dans le compartiment. L’obscurité était lumière pour eux, et ils faisaient mouche sans exception. Ses frères de nichée tombaient foudroyés malgré leurs tentatives de riposte. À travers leurs cours intégrées, ils hurlaient douleur et de peur tandis que les aiguillons meurtriers détonnaient dans leurs corps ou que les redoutables hyperfaisceaux broyaient leurs membres. Brashieel cria sa haine, les doigts serrés sur la détente, puis tâtonna pour trouver un chargeur. Mais il n’avait plus le temps. Il bondit en avant, sa baïonnette tendue vers le dernier destructeur de nid qui venait d’entrer au poste de contrôle.
« Général ! » brailla quelqu’un, et MacMahan pivota sur ses tillons. Une des jambes du centaure semblait estropiée, contrairement à son courage. La créature fonçait sur lui armée d’une simple baïonnette. D’un geste automatique, Hector leva son pistolet à gravitons, puis il s’immobilisa.
« Cessez le feu ! » vociféra-t-il avant de jeter son arme.
Brashieel resta bouche bée lorsque la silhouette chétive se débarrassa de son tonnerre, mais son coeur flamboya. Un de plus. Un démon de plus qui le précéderait sur le chemin de la mort ! Il aboya de rage et chargea.
Le général frappa le fusil obsolète et filiforme du tranchant blindé de sa main. Sous la puissance de ses « muscles » servomécaniques, la carabine vola au loin.
L’extraterrestre se jeta sur lui. Quel type de mouvement fallait-il exécuter dans le cadre d’un corps à corps avec un être chevalin doté de bras ? La pensée faillit faire sourire MacMahan. Il agrippa la main qui zigzaguait dangereusement devant son nez – ne remarquant le couteau qu’au dernier moment –, et l’Achuultani se tordit de douleur.
Attention, attention, Hector ! Évite de le tuer par accident ! Et prends garde à sa combinaison spatiale, espèce d’imbécile ! Si tu la déchires…
Il restreignait la puissance de son armure quand un sabot furieux s’abattit sur sa poitrine. Il sentit la brûlure malgré la couche de protection. Ce salaud était fort comme un boeuf ! Ils perdirent tout contact avec le pont et les cloisons et se mirent à flotter comme des bulles de savon. Un dernier tireur achuultani tenta de les abattre sans distinction, mais un soldat terrien lui régla son compte. Les deux adversaires finirent par heurter un mur et MacMahan parvint à se saisir du bras encore libre.
Il se retourna, atterrit à califourchon sur le dos de son assaillant puis se retint de meugler « C’est parti, cow-boy ! » tandis qu’il ceignait de ses bras cuirassés le torse et les membres antérieurs. Il passa une jambe derrière la croupe, accrochant une patte postérieure au passage, et la créature se convulsa à nouveau. Merde ! Encore un os brisé !
« Ashwell ! Ramenez vos fesses ! » Son aide de camp déboula à toute vitesse. Ils se mirent à deux pour immobiliser l’extraterrestre blessé qui se débattait de toutes ses forces, jusqu’à ce que deux autres hommes parviennent à l’attacher.
« Ils sont coriaces, ces salopards ! se plaignit Ashwell en reprenant son souffle.
— Peut-être, fit le général, mais nous avons quand même réussi à en capturer un vivant. J’espère que Sa Majesté sera satisfaite.
— Elle a intérêt, lâcha un des membres du commando.
— Disons que je n’ai rien entendu, fit MacMahan d’un ton affable. Et même si c’était le cas, je serais sans doute d’accord. »
Horus regarda la coque mutilée du Nergal entreprendre sa laborieuse descente à travers le terrible orage électrique. Il tenta de retenir ses larmes, sans résultat. Mais peut-être l’événement était-il passé inaperçu à travers le rideau de pluie glaciale.
D’étranges bâtiments – deux fois plus petits que leur homologue – escortaient le vieux vaisseau jusqu’à chez lui. Il grimaça lorsqu’une des nacelles de propulseur tomba soudain en panne et que l’appareil fit une brusque embardée. Mais Adrienne Hobbins rétablit tout de suite le contrôle. Les tracteurs des autres unités attendaient, prêts à alléger son fardeau.
« Négatif, s’exclama le commodore d’une voix tremblante. Il ne nous a pas lâchés jusqu’ici, il peut bien nous ramener à la maison. Et sans l’aide de quiconque, nom de Dieu ! »
À présent les étranges bâtiments planaient au-dessus de l’appareil, comme une garde d’honneur contemplant l’ultime renfort de son hôte prestigieux. Deux des socles d’atterrissage refusèrent de se déployer, et Robbins dut reprendre de l’altitude pour le stabiliser malgré le déséquilibre du moteur sur le point de s’effondrer. Puis, finalement, elle posa le Nergal sur son ventre, tout en douceur. C’était parfait, songea Horus. Une perfection consommée avec laquelle il n’aurait jamais pu rivaliser.
Le silence régnait, ponctué de coups de tonnerre intermittents qui, telle une artillerie céleste, saluaient le retour du dernier défenseur de la Terre. Les véhicules de secours s’approchèrent, leurs clignotants exposés au crépitement de l’averse, leurs sirènes silencieuses. Pendant ce temps, les nouveaux arrivés formaient un cercle étincelant autour de leur frère accidenté.
À travers le puits de transfert du Chesha, Colin atteignit la rampe principale et sortit dans la tempête. Horus l’attendait.
La gorge de MacIntyre se serra lorsqu’il aperçut son beau-père à travers les trombes d’eau mêlées de neige. Plus que jamais, le vice-gouverneur semblait sculpté dans la pierre. Mais dans une pierre ancienne, marquée des profonds sillons que les trente derniers mois y avaient creusés malgré sa vigueur. Colin le remarqua au moment où l’impérial lui retourna son regard, les yeux pétillants d’une joie incrédule, avant de se diriger vers son gendre.
« Bonjour, Horus. » Celui-ci tendit les bras pour agripper ceux du commandant. Il le dévisagea comme s’il s’agissait d’un fantôme.
« Te voici enfin. Tu as réussi.
— Oui. » Sa voix faible se perdit dans le vacarme de la foudre. Puis elle se brisa, et il serra le vieil homme dans ses bras. « Nous avons réussi, dit-il, la tête enfoncée dans l’épaule accueillante. Et tu y es pour beaucoup !
— Peut-être… » Colin n’avait jamais perçu autant de fatigue chez quelqu’un. « Mais tu m’as laissé une planète pleine de Terriens pour y parvenir ! »
Le général Jiang Jiansu était très occupé, car les éruptions volcaniques et les tremblements de terre provoqués par la destruction de Japet avaient dépassé en envergure toutes les catastrophes auxquelles il faisait face depuis si longtemps. Pourtant, son dernier rapport était plein d’optimisme. Cette fois, ses hommes prenaient le dessus, et les puissants planétoïdes en orbite autour du Soleil aux côtés de la Terre apportaient leur contribution. Le personnel auxiliaire s’activait aux quatre coins de la planète pour aider ses troupes surmenées à secourir les survivants des blizzards, des coulées de boue, des inondations et des incendies.
Lui excepté, tous les chefs d’état-major encore vivants se trouvaient dans le bureau d’Horus.
Vassili Tchernikov affichait l’allure d’un cadavre de deux semaines, mais son visage était détendu. L’hyperextracteur avait enfin été désactivé, et il n’en avait pas perdu le contrôle. Gerald Hatcher et Qian Daoling partageaient un divan, épaules affaissées, pieds posés sur la même table basse. Sir Frederick Amesbury était installé dans un fauteuil. Il fumait une pipe cabossée, les yeux mi-clos.
Tama Hideoshi manquait à l’appel. Conformément à ses désirs, le fils de Tamman avait trouvé une mort digne d’un samouraï.
Colin était assis dans un coin de la salle. Il n’avait jamais vu des hommes aussi épuisés. C’étaient des héros, songea-t-il, qui avaient accompli l’impossible. Il avait déjà consulté les ordinateurs et connaissait toute l’histoire. Malgré l’évidence, il peinait a y croire, et il se haïssait pour ce qu’il allait bientôt leur annoncer. Il perçut de la relaxation sur leurs figures éreintées, la joie d’avoir été sauvés in extremis, la conviction que l’Empirium ne les avait pas abandonnés. Il devait leur avouer la vérité, mais d’abord…
« Messieurs, je me rends compte seulement maintenant de la tâche titanesque que j’ai exigée de vous, et j’ignore encore comment vous êtes parvenus à l’exécuter. Un seul mot me vient à l’esprit : merci. Cela peut vous paraître inadéquat, mais… » Il s’interrompit et haussa légèrement les épaules en signe d’excuse. Hatcher le gratifia d’un sourire las.
« C’est réciproque, gouverneur. Au nom de votre état-major – au nom de toute la planète, en fait –, permettez-moi de vous remercier. Si vous n’aviez pas surgi de nulle part… » Ce fut à son tour de hausser les épaules.
« Je sais, poursuivit Colin, et je suis désolé d’être apparu au dernier moment. Nous avons quitté l’hyperespace alors que vos parasites lançaient l’assaut.
— Vous avez quitté… ? » Horus fronça les sourcils. « Mais alors comment avez-vous fait pour arriver à temps ? Le trajet aurait dû vous prendre vingt heures de plus !
— C’était le cas pour Dahak. À vrai dire, ’Tanni et lui se trouvent encore à douze heures de la Terre. Avec Tamman et le reste de l’escadron, nous avons effectué un microbond pour prendre de l’avance. » Il adopta un air amusé devant l’expression de l’impérial. « Oh ! nous avions encore besoin des ordinateurs de Dahak – avec lesquels nous avons maintenu une communication ininterrompue via distorsion spatiale –, mais le bon vieux vaisseau ne tenait pas la cadence. Voyez-vous, ces nouveaux bâtiments possèdent à la fois des hyperpropulseurs et des moteurs Enchanach.
— Je te demande pardon ? s’exclama Horus.
— Je sais, je sais. Il me reste beaucoup à vous expliquer. Mais, pour démythifier le “miracle” qui nous a amenés ici à temps, sachez que ces vaisseaux sont extrêmement rapides. Ils peuvent sortir de l’hyperespace à douze minutes-lumière d’une étoile de type Go, puis y évoluer à soixante-dix pour cent de la lumière.
— Créateur ! Voilà ce que j’appelle trouver des renforts !
— Eh bien… (Colin parlait lentement, les mains croisées sur ses genoux et le regard perdu dans le vide) oui et non. À vrai dire, personne ne nous attendait au bout du chemin. » Il leva les yeux et lut une expression d’horreur sur le visage de son beau-père qui commençait à comprendre. « Il n’y a plus d’Empirium, Horus. Nous avons ramené ces bâtiments par nos propres moyens… et ils constituent la totalité de nos forces. »