La ville retentissait des chants et des danses de célébration du peuple de Riahn. Après douze saisons de combat, la guerre contre les Tur était enfin terminée, ce qui valait plus qu’une simple victoire. Les deux maisons royales avaient mis un terme aux escarmouches incessantes et à la bataille ouverte pour la possession des mines de cuivre de Fithan. Elles n’avaient plus fait preuve d’une telle sagesse depuis longtemps. Trop longtemps. La fille des Tur allait épouser le fils des Riahn, et les deux tribus seraient désormais unies.
Un événement réjouissant. Très réjouissant, même, car Riahnlizr deviendrait la plus grandiose des cités-États de T’Yir. Les épées et les lances ne leur serviraient plus à s’entre-tuer mais à les protéger de leurs voisins, et le cuivre de Fithan leur apporterait richesse et prospérité. Les navires de Riahn étaient déjà les plus rapides de l’histoire ; avec le cuivre des mines pour préserver les coques des vers et des algues, ils régneraient en maîtres sur toutes les mers du royaume !
Les festivités battaient leur plein, et nul n’avait entendu parler des immenses vaisseaux spatiaux des Achuultani, qui avaient atteint le système stellaire alors que la guerre faisait encore rage. Nul n’imaginait qu’ils étaient arrivés presque par accident, sans connaître l’existence du Peuple jusqu’à leur entrée dans ce système. Ni qu’ils s’étaient arrêtés dans la ceinture d’astéroïdes. D’ailleurs, personne dans le Peuple ne savait même ce qu’était un astéroïde, encore moins ce qui se produirait si le plus grand de ces corps célestes était propulsé en direction de T’Yir.
Et, comme ils ignoraient tout cela, ils ignoraient également qu’il ne restait à leur monde guère plus de sept mois à vivre.