Dans les pages précédentes, nous avons principalement examiné la doctrine bouddhique telle qu’elle est présentée par les Théravadins et qui, dans les pays du Sud asiatique, est considérée comme la seule doctrine orthodoxe. Il convenait que nous nous familiarisions tout d’abord avec celle-ci car elle nous présente les principes fondamentaux du Bouddhisme. Faute de la bien connaître, l’on ne peut que s’égarer parmi la masse enchevêtrée des théories auxquelles ces principes ont donné naissance, cet « océan de doctrines » dont parlent les auteurs japonais.
Il est loisible à ceux que ce sujet intéresse de lire, dans des ouvrages spéciaux, l’histoire des nombreuses sectes bouddhistes et les diverses interprétations qui y ont été données aux doctrines concernant le « moi », les origines interdépendantes, le karman, le nirvâna, etc. Afin de ne pas dépasser la longueur prévue pour le présent volume, je me bornerai à une exposition très sommaire de quelques-unes des doctrines appartenant au Mahâyâna (le Grand Véhicule) et particulièrement à cette forme peu connue et mal comprise du Mahâyâna tel qu’il est conçu par l’élite religieuse intellectuelle des Tibétains.
Le Tantrisme bouddhiste, tel que nous le rencontrons au Tibet, sera également, rapidement examiné, il mérite, à lui seul, un ouvrage spécial. Si le temps qui me reste à vivre me le permet, je songerai à l’écrire.