CHAPITRE IX
Tu l’as toujours su, pensa-t-il. Tu savais que tu y retournerais pour revoir, pour revivre la scène. Il se tenait debout dans la ruelle sur laquelle donnait le bar de Winnie. Ebloui par le soleil, dans une chaleur accablante, il remarqua les mottes de terre gris sale qui saillaient à travers les pavés défoncés. Il remarqua aussi qu’il n’y avait ni ordures ni boîtes de conserve ni immondices dans les parages, et il devina que tout avait été balayé pendant les recherches qu’on avait dû faire dans la matinée pour retrouver l’arme du crime. Mais ils n’en auront pas besoin, se dit-il.
Ils n’en auront sûrement pas besoin. Comme a dit le chauffeur de taxi ils ont établi les mobiles et ils ont des témoins qui désigneront l’accusé et cela sera suffisant, et pour l’homme, ce sera la fin.
Eh bien, maintenant, qu’est-ce que tu penses de tout ça ?
Qu’est-ce que tu vas faire ? Tu vas rester là et laisser aller les choses ?
Je crois que la seule marche à suivre, c’est d’aller trouver la police et de lui dire la vérité. Oui, je crois que c’est cela que nous allons faire.
Parce que c’est la seule chose honnête à faire ? La plus juste ?
Ou parce que tu veux surtout qu’on continue à te considérer comme un citoyen respectueux des lois ?
Non, ce n’est pas cela. Cela n’a rien à voir.
C’est simplement et uniquement parce que tu n’as rien à perdre. Tu t’en fous. Le pire qui puisse t’arriver est qu’on t’enroule une corde autour du cou et c’est une fin aussi bonne qu’une autre. Le fait est que tu as joué avec l’idée d’en finir, et s’ils t’aident, ils t’éviteront des efforts.
Bon, très bien. En avant, marche. Voyons donc, notre ami le chauffeur nous a donné des indications; il a dit que le commissariat de police était dans Queen street. Parfait, ce que nous devons faire par conséquent c’est de suivre Barry jusqu’au premier croisement et tourner au nord vers Queen.
Mais il resta sur place.
Eh bien ? Se demanda-t-il, « qu’est-ce qui te retient ?
C’est que, dans le fond, rien ne presse. Ce n’est plus une question d’heure en tout cas. Si ça te chante, tu peux rester ici pendant des heures à examiner les événements à ta guise et t’attaquer au problème.
Voilà à quoi ça revient, une attaque, un match. Tu es assis au bord d’un ring et tu les regardes lutter. En noir, nous vous présentons le Démon Masqué, dit « l’âme en ruines », celui qui veut en finir. En blanc, se démenant avec enthousiasme mais très nettement le plus faible des deux, une masse de chair vivante qui ne veut pas mourir. C’est un gars qui connaît les passes, celui qui est en blanc. Il évite les coups comme un chef. Mais tôt ou tard il perdra ses forces, je suis prêt à le parier. Parions à sept contre un si vous voulez.
Peut-être que non, après tout. Parions à égalité. Mieux encore, finissons-en avec toutes ces conneries et soyons sérieux.
L’affaire qui nous concerne actuellement c’est le fait précis qui est d’aller trouver les flics du quartier ou de ne pas y aller. Supposons que tu y ailles et que tu leur dises que c’est toi le coupable. Tu leur dirais que tu as fait ce que tu as fait pour te protéger d’un voleur armé. Tu leur dirais qu’il avait une matraque.
Et, bien entendu, on te répondra ce que tu sais déjà; on n’a pas retrouvé de matraque. Ceci nous ramène à Mr Nathan Joyner. Tu seras forcé de parler du règlement entre lui et toi; mais je ne crois pas que ça marchera. Je suis persuadé que ça ne prendra pas. S’ils convoquent Joyner, ils n’obtiendront rien de lui. Il niera catégoriquement, et s’il agissait autrement ça serait stupide de sa part. Très stupide vraiment de se mettre dans la position avouée d’un maître-chanteur qui l’enverrait en prison pendant deux ou trois ans, ou même davantage. Je pense que nous sommes d’accord sur le fait qu’il vaut mieux ne pas mentionner notre copain Nathan.
Ce qui rend le facteur matraque quelque peu embarrassant.
Bon. Alors mettons ça de côté pendant un instant.
Article deux sur notre liste, la bouteille cassée. La réponse est encore bien Nathan, et cela veut dire qu’il n’y a pas de réponse. Tu leur ferais face, à les regarder bêtement sans savoir quoi leur dire.
A ce moment-là, il commence à faire étouffant dans la pièce où ils posent des questions. Tant de questions. Et quand tu essayes d’y répondre, les mots ne veulent pas venir.
Mais ils ne te bousculeront pas. Ils seront très compréhensifs, très polis. Ce ne sera pas comme si tu étais quelque vagabond qu’ils viennent de cueillir. Tu es un citoyen américain très respectable, un touriste de la meilleure société qui est descendu au très élégant hôtel du Laurel Rock. Alors ne parlons pas de violence possible.
Vous vous êtes débarrassé de ce costume, n’est-ce pas ? Il était tâché de sang et vous aviez hâte de vous en défaire.
Le costume était perdu. Il était tout abîmé et je l’ai jeté, c’est tout.
Mais vous vous êtes aussi débarrassé de la bouteille cassée. Que répondez-vous à cela ?
Pas de réponse.
Encore une chose, Monsieur Bevan. Vous avez affirmé que l’homme était armé d’une matraque. Lorsque je vous ai dit qu’on n’en avait pas trouvé trace, vous n’avez pas pu fournir d’explications. Pouvez-vous nous en donner maintenant ?
Pas de réponse.
Que se passe-t-il, Monsieur Bevan ? Pourquoi ne pouvez-vous pas répondre à ces questions ? Je suis persuadé que vous vous sentiriez beaucoup plus à votre aise si vous avouiez tout et que vous me disiez la vérité.
Bon, bon, Je vous le répète. Il essayait de me voler.
Et vous n’avez fait que vous défendre. Mais cela rend les événements d’autant plus curieux. Vous prétendez que ce que vous avez fait est parfaitement justifiable. Mais votre façon d’agir après l’incident ne vient pas à l’appui de vos dires. Pardonnez ma franchise, mais chacune de vos actions a été celle d’un homme qui cherche à fuir.
N’oubliez pas, je vous prie, que je suis venu ici de mon plein gré, personne ne m’y a traîné.
Ce que nous apprécions vivement, Monsieur Bevan. Ce geste est tout en votre faveur. Malheureusement, votre version des faits n’est pas solide. Ce qui devient un autre élément qui confirme votre dessein.
Quel dessein ?
Votre tactique.
Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.
Mais si, vous comprenez, Monsieur Bevan. Vous savez exactement ce que je veux dire.
Je vous ai déjà dit …
Ce que vous m’avez dit n’est pas la vérité. Pas toute la vérité. Il y a un détail important qui nous manque. Qui est plus une impulsion qu’autre chose. Ne voulez-vous pas m’aider à comprendre ?
Pas de réponse.
Très bien, Monsieur Bevan. Ça suffit pour aujourd’hui. »
Et plus tard, ils recommenceront, mais, bien entendu, tu ne répondras toujours pas. Tu ne leur liras pas ces mots inscrits sur cette affiche vue dans ton sommeil, ces mots inscrits en gros caractères noirs :
« Il est parti pour verser le sang et il l’a versé, voilà. » C’est une affirmation que n’importe qui peut comprendre; une affirmation qui ne demande ni une analyse spéciale ni de grandes théories, ni de se creuser le cerveau.
Oui, tu as été provoqué, mais c’était ton plus grand désir, tu l’as cherché et voilà à quoi cela revient, mon vieux.
Et pendant qu’on y est, pourquoi ne pas limiter les faits à l’essentiel qui était qu’il fallait cette matraque pour casser la bouteille parce que tu avais besoin de verre cassé pour l’égorger ?
Mais est-ce exact ? Est-ce bien exact ?
La réponse est oui ou non; pas de demi-mesure. Et dans ce cas particulier il n’y a décidément pas assez de raisons pour dire non et il y a toutes les raisons pour dire oui.
Et voilà, Monsieur l’Enquêteur, tout est là.
Voilà l’élément manquant que vous vouliez que je vous fournisse.
Maintenant que vous l’avez vous pouvez libérer l’homme que vous avez arrêté ce matin et vous pouvez me jeter en prison sans craindre le contre-coup du Consulat Américain. Vous n’aurez qu’à leur dire que vous avez arrêté l’assassin et que la confession de l’assassin a clarifié les faits. Vous leur direz qu’il y a eu préméditation, basée sur un facteur technique qui était l’impulsion de détruire. L’intention est évidente, elle apparaît dans la cause même de la mort de la victime, la bouteille cassée braquée sur un point vital, s’enfonçant dans la gorge et tranchant la veine jugulaire.
Pas d’autres questions ?
Je ne crois pas. A moins qu’il ne s’agisse de celle demandée au début de cet interrogatoire, à savoir si oui ou non vous êtes prêt et consentant à être pendu.
Tu veux qu’ils te pendent ?
Non. Pas vraiment. S’ils le font, je serais privé de boire. C’est le seul plaisir qui existe, mais c’est bien agréable et je n’aimerais pas avoir à m’en passer.
Autrement dit, tu désires rester en vie.
Plus ou moins.
Alors tu ne vas pas aller à Queen street ? Tu ne vas pas te constituer prisonnier ?
Je vais chez Winnie pour y boire.
Attends un peu.
Excuse-moi, mon vieux, je suis pressé.
Mais écoute. L’homme qu’ils ont arrêté, il est innocent. Tu sais qu’il est innocent. Qu’est-ce que tu penses de ça ?
Je ne peux pas te parler en ce moment. J’ai terriblement soif.
Tu ne vas pas essayer de l’aider ?
Oh, laisse-moi tranquille. Pour l’amour du ciel, laisse-moi tranquille.
Et il se mit en marche, d’un pas rapide et nerveux. Il descendit la ruelle jusqu’à la porte latérale qui donnait chez Winnie, saisit le bouton de porte comme quelqu’un dans un naufrage saisirait une bouée de sauvetage. Les charnières, de la porte étaient mal assujetties et il y eut un craquement bruyant lorsqu’il l’ouvrit toute grande. Il ne la referma pas derrière lui et entra en trébuchant d’abord sur une boîte de carton aplatie puis sur une chaise renversée à laquelle il manquait deux pieds. Plusieurs chaises étaient renversées, la plupart avait besoin d’être réparées, et quelques-unes des tables étaient dans le même état. Il y avait beaucoup de verre cassé sur le sol et le comptoir était couvert d’éclats. Il s’en approcha et s’y appuya et le bar parut s’affaisser sous son poids. Un des panneaux latéraux tomba, et en tombant faillit écraser une souris affolée qui se cachait sous le bar. Il entendit son petit cri et en tournant la tête, vit la petite bête traverser la pièce à une allure effrénée et passer avec ruse sous les jambes allongées de Winnie assise sur une boîte à outils, les yeux dans le vague. Elle avait les bras ballants et dans une de ses mains elle tenait un tournevis. Les doigts de l’autre main serraient maladroitement et pour rien un petit pot de colle. A ses pieds il y avait, éparpillés, des clous et des vis de différents calibres, une paire de tenailles rouillées et une petite scie à métaux dont la lame était complètement tordue.
Comme Bevan la fixait avec insistance, Winnie soupira et lâcha son pot de colle qui roula sur le plancher en laissant s’échapper le liquide gluant. Elle regarda la colle s’écouler et un sourire — presque de contentement — se forma sur ses lèvres. De son tournevis elle visa alors avec attention la coulée de colle et, d’une main experte le lança sur le filet ambré. Elle jeta un coup d’œil sur ses mains vides, les frappa bruyamment l’une contre l’autre et dit finalement, « Bien. Voilà une bonne chose de faite. » « Vends-moi à boire », dit Bevan. Elle ne leva pas les yeux. Comme si elle n’avait pas entendu.
Et elle reprit son monologue. « Les outils, ça sert à rien quand on sait pas s’en servir. »
« Le raisonnement est exact », remarqua Bevan, « Mais ça ne me donne toujours pas à boire. Je suis venu ici pour boire. »
Elle le regarda enfin, puis son regard passa au-dessus de lui et elle dit, « Vous n’auriez pas une boîte d’allumettes par hasard ? »
« Des allumettes ? Pour quoi faire ? »
« Pour mettre le feu à cette boîte. »
« Vous parlez sérieusement ? »
« Donnez-moi des allumettes et je vous fais une démonstration. »
Il jeta les yeux autour de la pièce avec ses tables et ses chaises brisées, avec ses murs où le plâtre était effrité à de nombreux endroits. Winnie était en train de dire,
« C’est bien la dernière fois qu’on m’démolit ma boîte. C’qui z’ont fait hier soir, c’est l’bouquet. C’est la goutte d’eau qui fait déborder la mer. »
« C’est l’effet que ça vous a fait ? »
« Oui, c’est exactement l’effet que ça m’fait. » « Alors dans ce cas, nous avons tous les deux besoin d’un remontant. »
Winnie ne releva pas. Elle avait les yeux fixés sur la colle répandue sur le plancher. « Regardez-moi cette cochonnerie, » dit-elle, « Vous voyez c’qu’y z’ont fait à mon établissement ? ».
« Allez, servez-nous ce remontant. Ouvrez une bouteille, remontons-nous et faisons la fête. »
Elle lui sourit. Un sourire contemplatif, très sec, les lèvres tordues. Elle dit, « Vous voulez qu’on fête une occasion pareille ? »
« Pour sûr, » Il lui grimaça un sourire. « Apporte – nous des verres et on va commencer à faire la foire. »
« Mais pour célébrer quoi ? » D’un geste lent elle lui désignait les meubles défoncés; les murs esquintés, le sol jonché de débris.
« Vous trouvez qu’c’est une occasion de célébrer quelque chose, tout ça ? »
« J’en trouverai bien une. Je m’arrange toujours pour trouver des raisons. »
Winnie se souleva de sur la boîte à outils. Elle alla lentement vers le bar écorché et passa derrière le comptoir, plongea dessous et revint avec une bouteille de rhum.
Ensuite elle partit à la recherche de verres intacts mais ne put en trouver qui ne fussent pas ébréchés. Elle sortit de la pièce et rapporta bientôt une timbale d’étain et un verre à eau.
Bevan s’affairait à déboucher la bouteille. Lorsqu’elle fut ouverte, il versa le rhum dans le verre propre et dans la timbale d’étain un peu cabossée. Machinalement, Winnie tendit la main vers la timbale mais le touriste américain l’en empêcha et lui offrit le verre à eau.
« Je bois dans la timbale, » dit-elle, « La timbale est assez bien pour moi. »
Mais son argument n’eut pas de poids. Il ne s’occupait plus d’elle. Il portait la timbale à ses lèvres et prenait une grande rasade de rhum.
Elle regarda le verre en face d’elle et ne fit pas un geste pour le prendre. Elle dit, « Vous vous amusez vous ? »
« Beaucoup. » Avec un sourire grimaçant, « La fête est superbe. »
« Ça serait mieux si on avait des attractions. »
« Vous voulez dire un spectacle ? »
« Oui, » dit-elle. « Avec beaucoup de bruit. Beaucoup d’animation.
Comme vous avez pu voir hier soir. » Il prit une autre gorgée de rhum. Sans dire un mot.
« J’me rappelle de vous d’hier soir, » dit Winnie, « Vous êtes le même gentleman. Même monsieur bien rasé, bien mis qu’est venu ici pour voir l’exhibition. »
« L’exhibition ? »
« Oui, m’sieur. L’exhibition comique des clowns d’hier soir. J’espère même que vous avez été satisfait de la représentation. »
Il ne riait plus. Il dit très calmement, « Vous êtes sur une autre longueur d’ondes. »
Elle regarda l’argent qu’il avait déposé sur le comptoir. Elle dit, « Remettez ça dans votre poche. C’est moi qu’offre la bouteille. »
Il haussa les épaules. « Après tout, c’est vous qui commandez ici … »
Pendant qu’il replaçait les billets dans son portefeuille et son portefeuille dans sa poche, Winnie disait, « Vous dites que j’commande ici, mais vous savez que c’est pas exact. A l’hôtel où vous êtes, j’nettoierais les waters. »
« Oh, suffit » dit-il. « Vous gâchez la fête. » « Vous avez raison. J’dois pas vous gâter cette fête. J’devrais faire de mon mieux pour distraire le touriste. Peut-être que vous aimeriez que je me mette à danser ? »
Elle sortit de derrière le comptoir et esquissa un pas de danse. Il examina ce corps sans forme, qui révélait toute la fatigue et toute la lassitude de cinquante et quelques années dans les champs de canne à sucre et les manufactures de tabac, les rides profondes creusées dans la chair de la peau sombre. Son visage abîmé, au menton presque inexistant, se plissa en un large sourire qui voulait exprimer la gaieté et il y vit un simulacre de cet état de « gaieté des femmes pittoresques de ce pays » qui dansent entres les pages des dépliants de voyage.
Elle dit, « Les touristes, m’sieur, y z’aiment voir les épaules qui se trémoussent, les pieds qui font la meringue, la biguine, la calypso{3}. Et la femme indigène elle se met à moitié nue ou même tout-à-fait, comme il faut qu’elle soit pour faire plaisir aux touristes.. Ils applaudissent pour la faire tourner plus vite. Et encore plus vite. Et encore, encore plus vite. Y prennent des sous dans leur poche et y lui jettent sur le plancher. « Trémousse-toi fillette, » qu’y lui crient et alors elle se trémousse tant qu’elle peut pour faire comme on lui demande. Elle a besoin de c’t’argent, vous comprenez ?
Chez elle, ses enfants sont malades, ils ont besoin de médicaments. Ou peut-être, dans un cas particulier, que c’est son jeune frère qui s’est mis dans son tort et qu’a besoin d’un avocat. »
Quelque chose de glacial le frappa dans les yeux. Puis le brûla atrocement et de nouveau il ressentit un froid glacial.
Il l’entendit dire, « Y a pas d’argent pour l’avocat. Et même si y en avait ça serait d’l’argent gâché. Parce que l’avocat pourrait pas le sauver. Rien peut le sauver. »
Elle avait abandonné sa pose de danseuse. Maintenant ses épaules étaient retombées et elle retournait
Derrière le comptoir en traînant les pieds.
Elle leva son verre de rhum et dit, « Vous voulez trinquer avec moi, m’sieur ? »
Il inclina la tête affirmativement, d’un geste lent, presque machinalement.
Elle dit, « On va boire à la santé de mon jeune frère. Hier soir il a coupé la gorge du monsieur et le monsieur est mort. C’est arrivé dehors, dans la ruelle. Ce matin la police a attrapé mon frère et alors maintenant, on va boire à sa santé et lui souhaiter une route agréable jusqu’à la potence. »
Le rhum n’atteignit jamais ses lèvres. Le verre tomba de ses mains et le rhum fut répandu sur le comptoir. Puis elle baissa la tête qu’elle cacha dans ses mains.