CHAPITRE QUINZE

 

À six heures du matin, Qwilleran était déjà réveillé. Il avait mal dormi. Son sommeil avait été perturbé par la visite inattendue de Pénélope, autant que par l’attitude bizarre de Koko. Ce miaulement nocturne était-il une protestation ? Un avertissement ou était-ce un comportement habituel des chats au moment de la pleine lune ? Puis le téléphone sonna et une voix familière dit sur un ton grave :

— Qwill êtes-vous réveillé ? Je pensais que vous voudriez le savoir : Pénélope s’est suicidée.

La surprise le réduisit au silence.

— Qwill ? c’est Melinda.

— Je sais. Je vous entends, mais je n’arrive pas à le croire ! Ou plutôt, si, je le crois. Je savais qu’elle était sur le point de commettre un acte désespéré. Mais je ne m’attendais pas... quel drame affreux ! Une femme si intelligente et si belle ! Connaît-on la raison de son geste ?

— On sait seulement qu’elle était déprimée. Papa est chez elle. Alex l’a appelé, puis la police est venue avec le médecin légiste.

— Comment a-t-elle...

— Elle s’est enfermée dans le garage avec une bouteille de scotch et a laissé tourner le moteur. Je pars pour l’hôpital maintenant, je vous téléphonerai plus tard.

— Voulez-vous dîner avec moi, ce soir ?

— Navrée, mon chou, je suis invitée à des fiançailles, mais je m’arrangerai pour passer vous voir et vous me remonterez le moral avec un gin-tonic. J’aurai d’autres d’informations, à ce moment-là.

Lorsqu’il annonça la nouvelle à Mrs. Cobb, elle déclara :

— Oh ! c’est affreux ! C’était une si charmante personne !

— Le moment est peut-être venu pour moi de taper les fiches pour le catalogue. J’ai besoin de distractions.

La tâche nécessitait plus de concentration qu’il ne s’y attendait. D’abord, il fallait déchiffrer les notes. Un jour, il écrirait une chronique intitulée « comment écrire pour être illisible ou les sept recettes faciles pour rester dans la plus totale obscurité ».

Il avait l’impression de déchiffrer un code secret. Cependant dès qu’il eut découvert qu’un « hebimeon gloo luptii » était, en fait, un lustre en cristal de Bohême, le reste devint facile. Sur chaque fiche, il devait indiquer le numéro de l’article, son nom, la date de fabrication, la provenance et la valeur. Les évaluations à quatre ou cinq chiffres le tenaient dans un état permanent de choc fiscal.

Naturellement, les Siamois étaient sur la table, l’aidant chacun à sa façon. Yom Yom s’emparait des crayons et poussait les trombones par terre. Plus amical depuis les excuses de Qwilleran, Koko reniflait le dessus du bureau à la manière d’un chien policier. À un moment donné, il poussa la carte de remerciements envoyée par Pénélope et Qwilleran remarqua l’écriture affectée avec des C, des R et des S particuliers qui dénotaient, semblait-il, une certaine sophistication...

Lorsque Melinda arriva, après son service à l’hôpital, elle expliqua :

— Je préférerais dîner avec vous, mon ange, mais ma génération est toujours en train de se fiancer, de se marier ou de mettre des enfants au monde et je suis obligée d’assister aux fêtes données en l’honneur de ces heureux événements. Je crois que pour me marier, je préférerais me faire enlever. Aimeriez-vous m’enlever, mon chou ?

— Pas avant que l’on m’ait retiré ces points de suture. Asseyez-vous et dites-moi comment Alexander réagit ?

— Papa a dû lui administrer un sédatif. Alex est un émotif. Lui et Penny étaient très proches, ils ont grandi comme des jumeaux. Il se sent coupable d’avoir passé la soirée hors de chez lui. Il regrette de ne pas être resté à la maison, la nuit dernière, au lieu de se rendre à une réunion de célibataires à son club. Savez-vous qu’il va se marier ?

— La rumeur est venue jusqu’à moi.

— C’est une femme notaire, très brillante.

— Connaissez-vous son nom ?

— Ilya Smfska.

Qwilleran hocha la tête. Ce point du moins était éclairci. Pénélope n’avait pas seulement ressassé sa rancune.

— Qui a trouvé le corps ?

— Alex est revenu au petit jour. Il est entré dans le garage et l’a trouvée.

— A-t-on établi l’heure de sa mort ?

— Deux heures du matin.

— A-t-elle laissé une lettre explicative ?

— Pas à ma connaissance. Tout le monde sait qu’elle était surmenée. L’ironie du sort veut que la fiancée d’Alex aurait pu la décharger d’une partie de son travail. C’est trop tard, maintenant.

Elle termina son verre, en refusa un autre et se prépara à partir pour se rendre à ses obligations mondaines. Elle déclara, avec un petit sourire cynique :

— En tout cas, Pénélope est débarrassée de ces corvées, maintenant.

Après dîner, Qwilleran sortit pour une lente promenade le long du boulevard Goodwinter. La vieille demeure familiale que Pénélope et Alexander avaient partagée était en partie cachée par des haies hautes de plus de trois mètres. Sur le côté se trouvait le grand garage, visible addition moderne à cette maison à tourelles. À côté, se dressait une autre résidence Goodwinter, beaucoup moins prétentieuse, où le Dr. Halifax vivait avec sa femme invalide. C’était là que Melinda avait passé son enfance.

Un coup de klaxon fit sursauter Qwilleran. Il vit Amanda tourner dans une allée, le long du boulevard.

— Montez prendre un verre, dit-elle, de sa voix rauque.

— Proposez-moi un Canadian Dry et j’en prendrai deux, dit-il.

L’intérieur de la maison de la décoratrice semblait meublé avec les rebuts de ses clients – Qwilleran se demanda si le fauteuil Hunzinger et l’armoire schrank de Pennsylvanie n’avaient pas été destinés à rejoindre cette accumulation éclectique. Tous les sièges étaient couverts de magazines, de livres d’échantillons de tissu et de papier peint.

— Poussez un de ces magazines et asseyez-vous, dit Amanda. Il y a une certaine excitation dans le voisinage, ce soir.

— Son geste est incompréhensible, dit Qwilleran.

— Pas pour moi. Je savais que cette situation peu savoureuse se terminerait mal, mais je n’avais pas imaginé un suicide. Je pensais qu’elle ferait sauter la cervelle de son frère bien-aimé – si tant est qu’il en ait une !

— Croyez-vous que ce soit vraiment un suicide ?

Amanda posa son verre sur une table chinoise basse et regarda son visiteur :

— Bigre ! je n’y avais pas pensé. Vous voulez dire un meurtre ? Vous ne pouvez l’attribuer à Alex. Il a passé la nuit à jouer aux cartes à son club avec Fitch, Lanspeak et les autres. Ou du moins, le prétend-on. Maintenant, je me pose des questions.

Qwilleran se leva et regarda par la fenêtre :

— On voit leur allée d’ici. Avez-vous remarqué s’il y avait d’autres voitures, hier soir ?

— Je ne saurais le dire. Qu’a-t-il pu se passer ?

— Quelqu’un a pu lui faire avaler un somnifère, mettre le moteur de sa voiture en marche et laisser la bouteille de scotch vide en évidence.

C’est un garage fermé. Nul n’a pu voir quoi que ce soit...

— Dieu tout puissant ! C’est une grave accusation.

— Naturellement l’assassin se serait garé ailleurs, poursuivit Qwilleran, et serait arrivé à pied. Y a-t-il un accès à la propriété par-derrière ?

— Seulement par le jardin du Dr. Hal.

— Ne parlez de ceci à personne, dit Qwilleran, mais prévenez-moi si vous découvrez quelque chose.

— Bon sang de bon sang ! vous pouvez compter sur moi.

Qwilleran retourna lentement chez lui. En approchant de la Résidence K, il aperçut un véhicule tout terrain sortir et s’éloigner vers le nord.

— À qui était le camion qui vient de partir, Mrs. Cobb ?

Elle paraissait radieuse :

— Herb Hackpole est venu. Il est allé à la pêche cet après-midi et nous a apporté des perches.

— Vous semblez avoir séduit ce sauvage.

— Oh ! Il est très gentil, Mr. Q. Il veut m’emmener à la pêche, un jour. Il m’a offert d’échanger ma camionnette contre une petite voiture, si je le désire. Il m’a aussi proposé de l’accompagner à la chasse. Imaginez un peu !

Qwilleran grommela dans sa moustache et se retira dans sa chambre avec un volume de Trollope que Koko avait délogé d’une étagère, mais la prose mesurée de Il savait qu’il avait raison ne put calmer l’inquiétude qu’il ressentait. Sa moustache lui adressait des signaux tellement insupportables qu’il songea à la raser. Seul un examen attentif dans le miroir l’empêcha de prendre une décision aussi radicale.

Après une nuit de sommeil agité, il se remit à ses fiches, mais la matinée semblait ne pas avancer. Il consultait sa montre toutes les cinq minutes. Finalement Mrs. Cobb vint lui annoncer que le déjeuner était servi dans la cuisine.

— Seulement des restes et une salade de thon et de tomate.

— Je mangerais n’importe quoi, dit Qwilleran. Je me demande combien de moines castillans se sont assis devant cette table, il y a quatre siècles et ont mangé une salade de thon aromatisée à la moutarde de Dijon et aux câpres ? C’est délicieux, Mrs. Cobb.

— Merci. Comment vous débrouillez-vous avec les notes ? N’est-ce pas un travail fastidieux ?

— Pas du tout. C’est très instructif. Je viens juste d’apprendre que la commode dans le couloir du premier étage est de style baroque en lignum vitae avec des incrustations d’écailles. Ces connaissances vont enrichir ma vie de façon incommensurable.

— Oh ! Mr. Q. que vous êtes drôle !

— Où sont les chats ? Je me méfie toujours, quand ils sont aussi tranquilles. Ne sentent-ils pas l’odeur du thon ?

— Lorsque je vous ai appelé pour déjeuner, ils étaient dans le vestibule devant la porte, ils attendaient le courrier.

— Ils savent pourtant qu’il ne passe pas avant le milieu de l’après-midi.

Cependant il devait admettre que lui-même attendait que quelque chose se produisît.

Après le déjeuner, il retourna à sa machine à écrire et traduisait johirgi fiwil hax en « boîte à bijoux Fabergé », quand le petit bruit d’averse sur le sol de marbre annonça l’arrivée du courrier.

Un afflux de cartes de vœux de prompt rétablissement s’ajoutait à l’avalanche quotidienne. Puis il entendit le bruit des glissades des Siamois qui se disputaient la pile en poussant des miaulements de joie.

Qwilleran les laissa s’amuser. Il était occupé à relever des notes sur des couteaux Hepplewhite à manches en écusson d’argent qui valaient le prix d’un bateau de croisière, quand Koko entra dans la bibliothèque avec une enveloppe de couleur ivoire. Qwilleran reconnut le papier à lettre et sa moustache se hérissa.

Il ouvrit fiévreusement l’enveloppe à l’aide d’un coupe-papier. Il y avait trois pages dactylographiées sur papier à en-tête Goodwinter et Goodwinter. La lettre était datée de deux jours plus tôt et la signature avait les E et les R caractéristiques qu’il reconnaissait.

Il se mit à lire et se dit aussitôt : elle avait raison, elle aurait dû écrire. Elle avait un véritable talent pour le mélodrame.

 

Cher Qwill,

Si je me suis déshonorée, hier soir, je réclame votre indulgence et je vous prie en grâce de lire cette lettre avec la sympathie et la compréhension que vous avez montrées au cours de ma visite.

Tandis que je vous écris cette lettre, je puis vous assurer que je suis parfaitement sobre et saine d’esprit. Je suis aussi amère et contrite en égale proportion. De toute évidence, je suis encore parmi les vivants, mais tel ne sera pas le cas, quand vous recevrez cette lettre. Mrs. Fulgrove a des instructions pour la poster dans l’éventualité d’une soudaine disparition. C’est la seule personne en qui je puis avoir confiance pour exécuter mes dernières volontés. Et si je parais calme en ce moment, c’est parce que je m’efforce de vous imiter. J’ai, et j’ai toujours eu, une grande admiration pour vous, Cher Qwill.

En vous écrivant cette pénible confession, mon seul espoir est que vous soyez en vie pour la lire. Autrement, un grand malheur frappera les gens du Comté de Moose. Si je peux vous sauver la vie, en accusant certaines personnes, j’aurais accompli ma pénitence pour la rémission de mes fautes.

Par où commencer ?

J’ai toujours aimé mon frère d’une passion irrationnelle. Même enfant, j’étais déjà amoureuse et possessive, recherchant son attention par tous les moyens et prenant des colères folles s’il portait son affection ailleurs.

Cependant Alex fut envoyé au collège et j’entrai dans un pensionnat, mais nous nous retrouvions pour les week-ends. Lorsque mon père me demanda de faire des études de droit pour aider Alex, je dus abandonner mon ambition de devenir écrivain et je poursuivis ces études avec joie. Mon grand-père avait été bâtonnier. Mon père était un notaire connu et respecté de tout le Comté. Il était convenu qu’Alex suivrait ses traces. Malheureusement, comme mon père le découvrit, son seul fils et héritier ne serait jamais qu’un notaire de troisième ordre. Je fus chargée de veiller sur lui pour maintenir la réputation des Goodwinter dans ce domaine particulier.

Je n’ai jamais regretté mon rôle parce qu’il me permettait d’être constamment avec mon frère. Je connus ma première rude déception, quand je découvris qu’il avait une liaison avec une de nos servantes. Pour moi ce fut un véritable coup de poignard en plein cœur. Non seulement il m’avait trahie, mais il s’était commis dans des amours ancillaires des plus vulgaires. Une des filles de la tribut des Mull. Je la renvoyai sur-le-champ.

Le pire était encore à venir. J’appris avec effarement qu’elle était enceinte et espérait épouser son « Sandy », comme elle avait l’impudence de l’appeler. Après un bref moment de panique, je me ressaisis et imaginai une solution constructive. Je m’arrangerai pour la faire partir dans un autre État où elle pourrait se faire avorter. Je lui offris un dédommagement substantiel qui aurait dû la satisfaire.

Mais non ! Sa mère, une femme de réputation douteuse, la poussa à nous menacer de poursuites en reconnaissance de paternité. Ah ! Seigneur ! Qu’une telle calamité ait put s’abattre sur notre branche de la famille ! L’audace de cette fille me mettait en fureur. En désespoir de cause, je fis appel à un camarade de classe d’Alex et m’assurai sa coopération.

Laissez-moi vous expliquer. Lorsqu’Alex et moi étions enfants, notre père avait insisté pour que nous fréquentions l’école communale de Pickax dans un esprit de démocratisation, afin de forger nos caractères. Nous fûmes en butte à la méchanceté des autres enfants et devînmes les véritables souffre-douleur de la classe. Je dus agir avec ruse pour tenir ces enfants d’un milieu vulgaire à distance, mais Alex était faible et représentait une cible facile à leur cruauté. Je fus obligée de voler à son secours. Je m’attachai un grand garçon robuste – et le payai avec mon propre argent de poche – pour qu’il repoussât les tourmenteurs d’Alex. Il continua à agir comme son véritable garde du corps jusqu’à ce que Père jugeât opportun de nous envoyer en pension.

Il y a cinq ans, au moment où surgirent ces nouvelles complications, je me tournai, à nouveau, vers cet homme pour qu’il m’aidât à convaincre cette fille Mull à se soumettre à un avortement et à quitter la ville en échange d’une généreuse rétribution. Bien entendu, afin que le paiement ne laissât pas de traces, il fut entendu qu’une somme régulière serait versée à cette fille par l’intermédiaire de cet homme, moins la commission qu’il retiendrait au passage. Je me croyais très maligne ! En réalité, j’étais bien naïve.

À l’époque de la disparition de cette fille, il y eut un éboulement dans la vieille mine des Trois Pins, à la suite de quoi cet homme méprisable et complètement amoral nous informa qu’elle était enterrée à mille pieds sous terre et ne causerait plus d’ennuis. Il nous fit, alors, remarquer que nous étions ses complices. Le mal était fait. Tous les remords du monde ne pourraient lui rendre la vie. Il ne restait plus qu’à éviter le scandale à tout prix. Les versements en argent liquide continuèrent, augmentés régulièrement par l’inflation et l’avidité de cet homme. Mais du moins, Alex et moi nous sentions à l’abri. Nous étions ensemble, liés par notre secret.

Ensuite, à ma profonde horreur, il y eut votre arrivée sur la scène, Qwill, et les questions que vous ne cessiez de poser sur la disparition de cette servante. J’avoue que je ne puis comprendre comment vos soupçons ont été éveillés. Quoi qu’il en soit, vous en parliez ouvertement et interrogiez de possibles témoins.

Alors, je regrette de le dire, mon frère et cet homme se mirent d’accord pour imposer un silence définitif aux témoins et, à mon corps défendant, je dus me taire. Que pouvais-faire d’autre ? Mais en les entendant discuter la façon de vous écarter, je fus atterrée. Je fis remarquer que votre mort priverait le Comté de Moose de milliers de dollars. Mes arguments ne furent pas écoutés. Tous deux ne songeaient qu’à sauver leur propre peau. Vous avez soupçonné un complot contre votre vie et vous aviez raison. Cependant vous vous êtes trompé sur les conspirateurs. Maintenant, vous savez la vérité.

Pendant cinq ans, j’ai vécu dans la peur que l’on ne découvrît ma culpabilité. C’était supportable parce que j’avais sauvé la famille d’un scandale abominable et parce que j’avais l’amour d’Alex.

Puis il me fit part de cette horrible nouvelle. Il allait faire entrer une « brillante » associée dans notre firme et – ce fut le dernier trait – il avait l’intention de l’épouser.

Ce fut plus que je n’en pouvais supporter. Une vie entière de sacrifices et de dévotion était écartée en un instant. J’avais été mêlée à un crime odieux pour être brutalement écartée au profit d’une aventurière. Je n’avais qu’une seule façon d’empêcher ce mariage. Dans un accès de désespoir, je menaçai Alex de dénoncer sa complicité dans trois meurtres. À l’instant où je formulai cette menace, je compris que j’avais commis une erreur fatale.

Ah Seigneur ! quelle haine j’ai lue dans les yeux de mon frère ! Comment puis-je décrire la rage et la vengeance que je lus sur le visage déformé d’Alex, un visage que j’avais toujours trouvé si beau ?

Pardonnez-moi de paraître aussi mélodramatique, mais je crains maintenant pour ma vie. Je crains que chaque jour ne soit le dernier. Une balle de la même arme qui a tué cette petite paysanne serait un moyen rapide et efficace. Ils imagineraient des circonstances qui simuleraient un accident ou un suicide.

En tout cas, Mrs. Fulgrove postera cette lettre et je suis votre exemple en préparant des lettres pour le Procureur et la presse, en désignant la brute qui a tué cette pauvre fille enceinte en l’enterrant vivante dans une mine désaffectée, qui a fait boire du whisky drogué à sa mère et a tiré une balle de fusil sur cette paysanne assise sur son tracteur.

Vous n’êtes pas vous-même en sécurité et l’avenir du Comté de Moose est en cause, tant que ces deux hommes ne seront pas arrêtés et traduits devant la justice.

Bien à vous,

Pénélope Goodwinter.