Chapitre XI
Écologie des villes
On se préoccupe beaucoup de l’écologie des campagnes, des forêts, des montagnes, des déserts, et on a raison. Mais l’homme désormais vit dans les villes. En 1950, il y en avait 15 %, en 2000 il y en avait 50 %, en 2050 il y en aura 80 % (7 à 8 milliards) si la tendance n’est pas stoppée !
Doit-on se préoccuper uniquement des problèmes écologiques hors des villes ? Cela risque de ne guère satisfaire cette population mondiale en forte croissance. Or, les problèmes écologiques posés par les villes sont considérables. Comme les ethnologues qui s’occupent à la fois des sociétés exotiques et des banlieues des grandes villes, l’écologiste doit s’occuper aujourd’hui de l’écologie des villes au même titre que de l’écologie des champs. J’avais écrit en 1993 un livrelxxxvi pour tirer la sonnette d’alarme, car le citadin écologiste préfère souvent aller critiquer l’agriculteur dans un milieu qu’il connaît mal que de se préoccuper d’améliorer son propre environnement.
Je vais mettre l’accent ici sur quelques problèmes qui me paraissent essentiels, mais qui sont loin d’être exhaustifs. En outre, je me garderai bien de donner des solutions toutes faites, car ces dernières demandent des recherches techniques, mais aussi des modifications des comportements qui relèvent plus de considérations psychologiques ou politiques que scientifiques.
Nous traiterons surtout la question des déchets urbains, de la pollution de l’air, du sol et du sous-sol des villeslxxxvii, et de la manière dont on peut ralentir, voire inverser l’urbanisation galopante qui menace l’équilibre démographique de la planète. Faute d’études précises, je ne parlerai pas ici des problèmes biologiques qui se posent dans les villes, depuis la prolifération inquiétante des rats dans les mégapoles du tiers-monde jusqu’aux ravages des termites au centre de Paris. Ils sont pourtant très préoccupants, surtout en Asie et en Afrique.
L’homme, agent géologique
Pour situer le problème global du développement des villes dans les équilibres de la surface terrestre, nous allons commencer par quelques chiffres. Nous n’en avons pas abusé dans cet ouvrage car souvent les kyrielles de chiffres découragent les lecteurs, mais ici cela nous paraît important. L’unité de mesure sera le milliard de tonnes car nous allons nous intéresser aux transports de matières à la surface du globe.
La tectonique des plaques fabrique chaque année une certaine quantité de croûte océanique. L’équivalent est englouti dans le manteau dans les zones de subduction. Le total de la croûte océanique fabriquée chaque année dans tous les océans du monde est évalué à 20, voire 25 milliards de tonnes de roches. La quantité de matériaux arrachés par l’érosion aux continents et qui est transportée par les fleuves vers l’océan est du même ordre, 16 à 20 milliards de tonnes par an.
Ces transferts assurent l’équilibre géologique de la surface du globe. Le total de la fabrication de matière vivante par photosynthèse, et donc à peu près aussi sa destruction, correspond à 60 milliards de tonnes de carbonelxxxviii. Comme on le voit, l’activité biologique de la surface est trois fois supérieure à l’« activité » géologique.
Le total des matériaux utilisés par l’homme pour construire ses bâtiments, ses ouvrages d’art, ses ponts et ses barrages représente 10 milliards de tonnes par an (et ce chiffe croît très vite car la croissance des villes est devenue exponentielle). Or, ces utilisations par l’industrie du bâtiment et des travaux publics conduisent souvent à faire remonter les pentes aux matériaux, donc à s’opposer au mécanisme naturel de l’érosion. Enfin, et c’est ce qui nous concerne principalement dans ce chapitre, les déchets urbains correspondent à 5 milliards de tonnes par an et seront probablement de 20 milliards en 2050.
Ces chiffres montrent que d’ores et déjà, l’homme est un agent géologique.
Les déchets urbains
L’urbanisation et la production des déchets sont un phénomène essentiel car la production individuelle de déchets croît avec le niveau de vie. La population urbaine croissant elle aussi, ces déchets vont devenir un véritable problème planétaire.
Fixons les idées. L’Union européenne à quinze produisait 1,3 milliard de tonnes de déchets en l’an 2000, dont 14 % de déchets domestiques. Pour 400 millions d’habitants, cela correspond à 1,25 kilo par jour (un Américain en produit 1,5 kilo par jour).
Ces déchets sont constitués en moyenne par :
Emballages, 50 % (papier, plastique, verre) ; les journaux, 10 % ; déchets alimentaires, 16 % ; le reste est varié.
Les 24 % restants des déchets sont des déchets industriels.
Que fait-on des déchets aujourd’hui ? On les brûle, on les enterre, on les stocke au fond de l’océan, on les vend aux pays du tiers-monde ! Aucune de ces solutions n’est satisfaisante.
Les brûler conduit à injecter dans l’atmosphère des substances chimiques dont certaines sont toxiques.
Les enterrer a constitué une solution pendant un temps, comme dans le Maryland où l’on fabriquait des parcs de loisirs avec des collines dont les soubassements étaient des ordures ménagèreslxxxix. Lorsqu’on les enterre loin des villes, il y a bien sûr le danger potentiel de polluer les nappes phréatiques. Les immerger dans des barges au fond de l’océan comme on le fait à New York est une solution qui à terme peut se révéler catastrophique. Quant à se débarrasser vers le tiers-monde des déchets aussi bien industriels que domestiques, cette solution qui s’est développée clandestinement pendant des années est aujourd’hui sanctionnée et il faut s’en féliciter. Car les pays en voie de développement où sont nées à des vitesses extraordinaires des mégapoles de 10, 20, demain 50 millions d’habitants – entre autres Mexico, Lagos, Djakarta, Kuala Lumpur, sans parler de Shànghai ou Kinshasa – sont eux-mêmes submergés par les déchets urbains : tas d’immondices où grouillent des hordes de rats, incinérations sauvages dégageant du gaz carbonique et des particules nauséabondes.
La solution, c’est bien sûr le recyclage des déchets urbains. Dans les pays où l’on a imposé un tri sélectif comme en Allemagne ou dans les pays scandinaves, on commence à le développer. Pour les déchets industriels, c’est déjà faitxc.
Mais la généralisation de cette technologie n’est pas simple. D’abord, le triage est un procédé qui coûte cher. La France fut à une époque à la pointe des recherches dans ce domaine grâce à Claude Guillemin, du BRGM. Malheureusement, la compétence a disparu. Ensuite, le recyclage de tous les produits n’est pas possible faute de techniques chimiques adaptées. Et ces techniques sont-elles adaptables aux pays en voie de développement ? Comme l’a bien compris la Commission de Bruxelles, nous avons là un formidable chantier de recherches à ouvrir. La Commission s’est fixé comme objectif de recycler 50 % des déchets, réduire les emballages, brûler ce qui reste sans émettre de CO2. C’est un programme ambitieux, mais on n’avance pas assez vite.
Au départ, l’État et les villes devront en être le moteur car les technologies de recyclage des produits urbains sont économiquement peu rentables. Les industriels qui sont si bien entrés dans le recyclage des voitures, du papier (pour ce produit c’est en fait le cas depuis le XIXe siècle), des verres à bouteilles ont du mal à s’investir dans les ordures ménagères. C’est pourtant indispensable et les progrès technologiques sont là un passage obligé. Mais mettre en place un véritable programme de recherches sur les déchets n’est pas simple. D’abord, comment motiver les jeunes chercheurs pour qu’ils s’engagent dans cette voie ? Je ne vois pas un étudiant venir me demander de faire sa thèse sur les déchets urbains !
Ensuite, parce que le sujet est difficile car les déchets sont de natures variées. À part la fabrication d’emballages biodégradables, on ne sait pas bien comment traiter les plastiques, les détritus, le papier sali, le carton, le bois, etc. Le grand espoir scientifique, ici comme ailleurs, ce sont les bactéries transgéniques, qui sont capables de concentrer sélectivement tels ou tels métaux ou parviennent à dégrader tel type de matière plastique. Mais même si des résultats de laboratoire sont encourageants, on est loin du compte, car il faut passer du laboratoire aux procédés industriels et ce n’est pas simple. Mais si on peut esquisser des solutions pour les pays européens, l’Amérique ou le Canada, que faire pour les mégapoles de 20 ou 30 millions d’habitants ? C’est un sujet particulièrement préoccupant pour l’avenir.
Voilà pourtant un secteur prioritaire.
Pollution des villes
La pollution de l’air des villes est un sujet récurrent depuis le XIIIe siècle ! La première commission pour combattre la pollution de London fut réunie en 1285 par le roi Edward I. Il promulgua en 1307 une loi interdisant de brûler du charbon en ville, une loi qui ne fut jamais appliquée !
Au XVIIIe siècle, la ville de London était dans la purée de pois 100 jours par an ! London bénéficiait de la moitié des jours de soleil des environs. Depuis cette époque, de nombreuses crises eurent lieu à London, provoquant à chaque fois des milliers de victimes. La plus récente eut lieu en décembre 1952, où 4 000 personnes décédèrent. Du coup, des mesures radicales furent prises, interdisant le chauffage au charbon (ce qui n’est toujours pas le cas à Paris !).
À partir de l’exemple de London, il est incontestable que la qualité de l’air des villes des pays européens s’est améliorée. Un autre exemple est celui du smog de Los Angeles, qui a été considérablement atténué parce que des mesures draconiennes de lutte contre les poussières ont été mises en place. Tout véhicule dégageant de la fumée est immobilisé sur place ! Pourtant, le développement de la voiture d’abord, mais aussi le chauffage et les combustions industrielles continuent de polluer l’atmosphère des villes.

Fig. 9. État de pollution de l’atmosphère de London.
— en composés soufrés.
— en fumées.
Et que dire de l’atmosphère des mégapoles du tiers-monde dans lesquelles on respire difficilement et dont les images d’avions ou de satellites nous montrent toute l’horreur.
Les causes de la pollution et des affections respiratoires sont d’abord les gaz mais aussi les poussières et particules diverses.
Dans les campagnes européennes ou américaines, la teneur des poussières dans l’air est de 50 nanogrammes par mètre cube. Dans les grandes villes européennes, elle est 1 000 fois plus importante, 50 microgrammes par mètre cube. Si l’on se souvient qu’on respire à peu près 20 mètres cubes d’air par jour et qu’on admet que 1 millième de particules reste fixé dans les poumons, cela correspond à une fixation dans les poumons de 30 milligrammes de micro-poussières par an ! Mais dans les grandes villes du tiers-monde, Shànghai, New Delhi, il y a un facteur 25 supplémentaire. On en arrive à 500 et 1 000 microgrammes par mètre cube. C’est donc plus d’un demi-gramme de poussières qui s’accumule dans les poumons des habitants de ces villes.
On nous dit parfois, et c’est un désaccord que j’ai avec le livre de Bjørn Lomborg : « Mais la pollution il y a cent ans était plus importante et nos ancêtres vivaient bien », c’est exact, mais comme l’ont montré des études médicales historiques, leurs organismes étaient adaptés à cette situation et ils mouraient aussi beaucoup plus tôt ! Les nôtres le sont semble-t-il moins et les cancers du poumon augmentent en ville ! Et ce raisonnement n’est sans doute pas valable pour le tiers-monde. Les mêmes raisons qui ont conduit à l’interdiction de fumer devraient conduire à des règlements imposant une réduction des particules dans l’air (voitures à pot catalytique et filtre à particules, interdiction du chauffage au charbon ou au bois partout, etc.).
Les autres gaz sont bien sûr le gaz carbonique, son cousin l’oxyde de carbone CO2 très dangereux, l’oxyde d’azote NO, l’ozone (O3), mais aussi les gaz organiques mal brûlés et l’oxyde de soufre (SO2). Pour les teneurs en composés soufrés, la différence entre les pays développés et les autres est encore bien pire. Dans les villes industrialisées comme Paris ou Frankfurt am Main, les teneurs sont de 5 microgrammes par mètre cube, dans les mégapoles de Chine ou d’Inde, c’est 500 microgrammes par mètre cube. Un facteur 100.
Dans toutes les grandes villes des pays développés, des restrictions sont opérées et des prises de mesure effectuées, mais qu’en est-il dans les grandes métropoles du tiers-monde pour les poussières et les teneurs en SO2 ? Quel voyageur n’a pas été frappé par les nuages opaques et jaunâtres qui surmontent les grandes villes ? Même Tokyo n’échappe pas à cette vision.
Plus qu’un long discours, ces chiffres montrent la différence qui existe dans le monde entre les conditions de vie entre humains ! Et ils sont hélas corrélés avec les espérances de vie.
Car si les pollutions par les poussières et les composés soufrés sont mauvaises pour la respiration, les poussières contribuent aussi à nucléer les nuages. Et donc, dans toutes les villes du monde, en fonction du degré de pollution, on voit moins le soleil et il y a davantage de pluies que dans les campagnes environnantes !
Bien sûr, intervient une autre variable importante, c’est la météorologie urbaine. Ainsi, l’atmosphère de New York qui, en principe, devrait être l’une des plus polluées du monde, vu la circulation automobile, est de meilleure qualité que celle de London, Paris, Los Angeles ou Athènes. Cela tient essentiellement à la manière dont est construite la ville, avec des avenues prolongeant la direction des vents, des intersections très dégagées et le rôle de carrefour de Central Park. À Paris, la vallée de la Seine est un couloir tellement ventilé que la teneur en CO2 à l’université de Jussieu y est deux à trois fois inférieure à celle du reste de la ville !
La solution à tous ces problèmes, on la connaît : c’est l’interdiction progressive de la voiture « classique » dans les villes et l’introduction des voitures hybrides et électriques. À commencer par les transports en commun. À ce sujet, Roma a mis en place une expérience intéressante avec des minibus électriques gratuits. C’est là l’exemple à suivre : inciter plus qu’obliger. Mais notre préoccupation d’améliorer la qualité de l’air de nos villes des pays riches n’a rien à voir avec les gigantesques problèmes des mégapoles des pays en voie de développement.
Sol et sous-sol des villes
Il nous faut aussi aborder la question du sol et du sous-sol des villes. La première question est, bien sûr, celle de la conquête des surfaces urbaines sur les surfaces agricoles. À ce propos, l’exemple du Bassin parisien est exemplaire. Est-il intelligent de transformer de bonnes terres arables naturellement irriguées en support de villes, alors qu’on sait que l’avenir de la planète et de la faim dans le monde va dépendre de la possible extension des terres arables naturellement arrosées ?
Bétonner ces terrains est une véritable agression contre les populations futures du tiers-monde qui auront besoin demain d’une nourriture que nous pourrions leur procurer, s’il nous reste encore des terrains agricoles !
Il faut ensuite évoquer le problème des sous-sols. Car le sous-sol des grandes villes est aujourd’hui un véritable gruyère percé de tunnels, de caves, de cavités qui contiennent souvent des substances toxiques qu’on a enterrées pour ne pas les voir. Ce sous-sol est bétonné à l’extrême, mais aucune étude d’ensemble n’a été faite quant à sa stabilité à l’échelle géologique. On en a eu un petit aperçu avec l’affaissement du Grand Palais. On pourrait avoir une catastrophe bien plus grande si Montmartre se mettait à glisser sur les niveaux de gypse. Les grandes villes américaines et Tokyo, conscientes du problème, ont entrepris des programmes d’études de leurs sous-sols, qui en Europe restent largement inconnus.
Il faudra sans doute attendre une catastrophe pour voir ces initiatives en Europe et en France !
Le sous-sol est bétonné, mais le sol est, lui aussi, cimenté ou bétonné. Du coup, la moindre goutte d’eau qui tombe finit, si elle n’est pas évaporée, dans le fleuve qui s’appelle Rhône ou Seine. Si bien que si une inondation menace Paris et qu’un orage important éclate, on ne peut prendre aucune mesure pour éviter l’inondation avant la mer. De Conflans-Sainte-Honorine au Havre, tout est bétonné. Il faut donc d’urgence utiliser du béton et du ciment poreux pour faire en sorte que les villes soient protégées d’orages qui seront de plus en plus fréquents.
En outre, le sous-sol dans lesquels ne circule plus d’eau ne peut se compacter et « s’auto-cimenter ». Nos sous-sols des villes sont donc fragiles et imprégnés de tous les acides qu’on a stockés au cours du temps (le pH du sous-sol parisien est voisin de 3 !).
Voilà un autre programme à développer.
Quant aux mégapoles du tiers-monde, il y a bien sûr en outre les problèmes d’alimentation en eau, d’évacuation des eaux usées, les pollutions domestiques ou industrielles. Ce sont des questions essentielles et, faute d’argent, on ne s’en préoccupe pas suffisamment.
L’urbanisation
Mais ce qu’il faut absolument maîtriser, c’est la migration de la campagne vers la ville. Quand on songe que 72 % des habitants de l’Inde et 63 % pour ce qui concerne la Chine sont des ruraux, on prend la mesure du défi gigantesque que ce problème constitue.
Dans les pays industrialisés, on assiste à une évolution à peu près inverse, à une nuance près. Le dernier recensement, en France, a montré que pour la première fois depuis le XIIe siècle, ce sont les villes moyennes qui croissent aux dépens des grandes métropoles. Il est vrai que dans ces dernières, les banlieues se sont développées au détriment des centres-villes. Cette évolution est favorisée par l’évolution des procédés industriels de production. Hier, on rassemblait les travailleurs dans les grandes villes où se trouvaient les usines importantes avec le travail à la chaîne et de nombreux ouvriers. Aujourd’hui, de plus en plus, les grosses entreprises ne font qu’assembler des morceaux eux-mêmes fabriqués dans des PME sous-traitantes. Daniel Cohen décrit dans son livrexci le cas de Volkswagen, où l’usine centrale ne fait qu’assembler et estampiller les voitures.
La fabrication de l’Airbus A380 montre la même division du travail, les sous-traitants étant à côté des principaux sites d’assemblage mais aussi dispersés dans toute l’Europe. Cette nouvelle organisation peut se concevoir à partir d’un réseau de villes moyennes.
Dans les professions de type services, qui on le sait se développent de plus en plus, l’informatique et Internet favorisent le développement du télétravail. Souhaitons qu’il se généralise.
En ce qui concerne la Chine et l’Inde, il va falloir faire un effort considérable pour lutter contre l’urbanisation, d’autant plus qu’il faudra, comme on l’a dit, maintenir des agriculteurs pour nourrir cette progression démographique galopante. En Inde, les efforts autoritaires, tels que ceux qu’avait mis en place Rajiv Gandhi (contrôle pour l’entrée en ville, recensement des villageois, etc.), ont été déclarés anticonstitutionnels par la Cour suprême. Eh oui, l’Inde est une démocratie, la plus grande du monde ! Aujourd’hui, le secteur privé s’est emparé du problème, grâce à la mise en place d’un système de micro-crédit et à l’organisation des circuits de vente de l’artisanat et des petites industries.
Bien sûr, la Chine n’a pas les mêmes « contraintes démocratiques », elle aura néanmoins du mal à résister à l’attraction urbaine. Par ailleurs, autant elle développe la haute technologie et le progrès technologique dans ses usines, autant elle continue de fonder son agriculture sur la main-d’œuvre, ce qui devrait modérer l’exode rural comme on l’a connu en Europe. Mais jusqu’à quel point ?
Voilà des problèmes écologiques pour le monde de demain qu’on ne peut ignorer, si on considère qu’il y a désormais une solidarité mondiale ! Mais que faire pour contribuer aux solutions ? La dénonciation de nos erreurs passées sera-t-elle suffisante pour inciter les pays émergents à ne pas suivre les mêmes voies ? Quand on voit les développements anarchiques des mégapoles dans lesquelles augmentent à une allure record voitures et camions, où la combustion des déchets urbains est le seul moyen d’éviter le développement de montagnes d’immondices, on comprend combien les programmes radicaux de limitation des gaz à effet de serre sont illusoires et surtout qu’il y a bien d’autres questions urgentes qui se posent à l’humanité.