volume

La Jeunesse de Bentham.

327. Voir sur ces questions A. Sen, Ethique et conomie, PUF, 1994;

J.-P. Dupuy, Le Sacrifice et l'envie, Calmann-Lvy, 1992; Ph. Van Parijs,

qu'est-ce qu'une socit juste ?, Seuil, 1991 ; S. C. Kolrn, Philosophie de

l'conomie, Seuil, 1985 ; et, videmment, J. Rawls, Thorie de la justice,

Seuil, 1987, en particulier le chapitre v, consacr l'utilitarisme.

328. Ou encore plus simplement : si, et seulement si, il est impossible

d'accrotre l'utilit d'une personne sans rduire celle d'une autre personne , A. Sen, Ethique et conomie, op. cit, p. 32.

329. Le Produit intrieur brut se calcule en additionnant les valeurs

ajoutes par toutes les branches, c'est--dire en additionnant les valeurs

des biens et services de chaque branche, dont ont t retranches les

valeurs des consommations intermdiaires.

330. Le SECN a largi le concept de production adopt dans l'ancien

systme (1976) : la production tait considre comme l'ensemble des

biens et services changs sur un march ou susceptibles de s'y changer.

Ainsi l'apport des administrations tait-il exclu puisque les services

qu'elles rendent ne font en gnral pas l'objet d'une vente. On continue

nanmoins de distinguer entre le PIB marchand et le PIB non marchand.

Mais, comme les prestations correspondant des fonctions collectives, le

plus souvent prises en charge par des administrations, ne sont pas

marchandes, elles sont mesures par les dpenses qu'elles reprsentent :

salaires et consommations intermdiaires. Dans cette mesure, les services

rendus par les administrations sont conus comme n'tant l'origine

d'aucun enrichissement pour la collectivit. La mme activit, en revanche, si elle tait exerce par une entreprise prive et tait vendue

pour une valeur suprieure son cot de revient, ce qui est habituellement le cas, serait considre comme ayant enrichi la collectivit de cette

diffrence. Bien qu'tant l'origine d'une dpense totale plus grande

(cot de revient plus valeur ajoute), l'activit prive est donc considre

comme enrichissant la collectivit, mais ce n'est pas le cas de la prestation

ralise par l'administration.

331. La production est l'activit conomique socialement organise

qui consiste crer des biens et services s'changeant habituellement sur

340 LE TRAVAIL

le march et/ou obtenus partir de facteurs de production s'changeant

sur le march , Systme largi de comptabilit nationale.

332. Cf. A. Chadeau, A. Fouquet, Peut-on mesurer le travail

domestique ? , in Economie et statistiques, n' 136, septembre 1981.

L'tude avait montr que les Franais consacraient plus de temps au

travail domestique qu'au travail rmunr.

333. A.C. Pigou, L'Economie du bien-tre, 1920.

334. Comme lorsque par exemple nous consommons des ressources

naturelles non reproductibles ou trs longues reproduire et que nous

n'tablissons pas de bilan entre cette disparition et la production d'une

richesse, ou que nous transformons des relations sociales denses en

services marchands. Le PIB est l'agrgat le plus utilis pour comparer la

croissance des conomies nationales. Or, sa signification reste limite, car

il ne reprsente pas le gain conomique net ralis dans le processus de

production, puisqu'il peut tre obtenu par usure du capital existant. 1... 1

L'agrgat le plus apte mesurer le bien-tre semble donc tre le produit

national net, mais celui-ci n'intgre pas tous les lments permettant une

valuation prcise des gains nets d'utilit. Certains lments ne font pas

l'objet de comptabilisation alors qu'ils augmentent l'utilit globale, il en

est ainsi des services gratuits de l'conomie domestique. Plus importants

encore, les inconvnients, ns des nuisances de la socit industrielle, ne

figurent pas en gnral dans les tableaux comptables comme flux ngatifs.

Bien plus, quand les dsutilits externes qui accompagnent le croissance

sont comptabilises, elles ne sont retenues que par le biais des dpenses de

reconstitution partielle de l'environnement et sont considres comme un

accroissement du produit , D. Flouzat, Economie contemporaine, PUF,

1981, tome 1, p. 70.

335. Systme largi de comptabilit nationale, base 1980, Mthodes,

collections de l'Insee, C. 140-141, juin 1987, et 0. Arkhipoff, Peut-on

mesurer le bien-tre national?, collections de l'Insee, C. 41, mars 1976.

336. Malthus, Principes.... op. cit., p. 26.

337. S. C. Kolm, Philosophie de l'conomie, op. cit., p.

250.

338. Les douze pages que consacre Malthus la recherche de ce qu'est

la richesse sont extraordinaires. Tous les arguments de l'poque en faveur

d'une conception extensive de la richesse sont examins. Il crit

: Tout

savoir, fruit d'une ducation soigne ou de talents suprieurs, aurait le

droit d'tre compris dans cette estimation de la richesse [...

1 Pour ce qui

regarde les objets immatriels, la difficult parat tre insurmontable. O

pourrait-on s'en procurer un inventaire? Ou comment pourrait-on en

dresser un de la quantit, de la qualit de cette immense masse de savoir

et de talents rserve l'usage et la consommation personnels de ceux

qui les possdent, aussi bien qu' celle de leurs amis ? En supposant mme

qu'il ft possible de faire un tel inventaire, comment pourrions-nous

arriver obtenir une valuation, mme approximative, des articles qu'elle

pourrait contenir ? , Principes.... op. cit., p. 3-14.

NOTES 341

339. La prise en compte de l'change mutuellement avantageux comme

source essentielle de richesses a certes constitu un progrs par

rapport la conception exclusivement patrimoniale, au sens de possessions de terres, de biens meubles... et est alle de pair avec l'mergence de

l'individu. Mais aujourd'hui, de mme que nous avons dpasser le stade

de la reconnaissance de l'individu, nous devons inventer une conception

de la richesse qui prenne en compte l'change mais ajoute cette dimension

patrimoniale : richesses des individus ne faisant pas ncessairement

l'objet d'un change, patrimoine collectif.

340. C'est le capital qu'on emploie en vue de retirer un profit qui met

en mouvement la plus grande partie du travail utile d'une socit

,

Recherches..., op. cit., p. 335.

341. A. Smith, Ibid., p. 334-335.

342. Malthus, Principes.... op. cit., chapitre i.

343. Dans Philosophie de l'conomie, op. cit, S.C. Kolm explique que

le PNB a t invent en priode de guerre et d'aprs-guerre, c'est--dire

un moment, en effet, o l'essentiel tait de recommencer produire :

Cet indice a t invent pour raliser la politique keynsienne, calcul

d'abord en Angleterre pendant la guerre par Stone et Meade (l'inventeur

de l'expression produit national brut ) comme arme secrte pour

l'organisation de l'effort de dfense, puis aux Etats-Unis et dans les autres

pays (en France vers 1951). Son objectif initial tait de raisonner sur

l'activit et la production conomiques de sous-emploi. Il a ensuite t

utilis pour mesurer les capacits de production globales et leur croissance (p. 250). Voir plus gnralement le chapitre xii : La pense

conomique bouleverse le monde : le vol d'Icare du keynsianisme

.

344. A. Sen, Ethique et conomie, op. cit., p. 32.

345. J. Rawls, Thorie de la justice, op. cit., chap. v.

346. E. Halvy, Les principes de la distribution des richesses , in

Revue de mtaphysique et de morale, 1906, p. 545-595. Je remercie Jean

Saglio d'avoir attir mon attention sur ce texte.

347. R. Aron, Dix-Huit Leons sur la socit industrielle, leon VI,

Les types de socit industrielle , Gallimard, coil. Folio

, 1986, p.

127. Il crit aussi, p. 83 : Il n'y a pas de preuve que l'organisation la plus

efficace pour augmenter le plus vite possible la quantit de ressources

collectives soit simultanment l'organisation qui rpartisse le plus quitablement les biens disponibles. En termes abstraits, une conomie efficace

n'est pas ncessairement une conomie juste.

348. A. Marshall, dans les Principes d'conomie politique, op. cit.,

1890, analyse la manire dont les diffrentes classes sociales investissent

de manire diffrente dans l'ducation de leurs enfants : Le placement

de capitaux en vue de l'ducation et du premier apprentissage des ouvriers

en Angleterre est limit par les ressources des parents dans les divers

rangs de la socit.

349. Cf. M.-Th. Join-Lambert, Politiques sociales, op. cit.

342 LE TRAVAIL

350. En matire d'assurance-maladie, par exemple, toutes les cotisations, qui sont proportionnelles aux salaires (et non pas aux risques des

individus), sont mutualises, verses dans un mme fond qui sert au

financement des soins de tous, donc selon les besoins de chacun.

La

logique est d'ailleurs un peu celle du De chacun selon ses facults

chacun selon ses besoins .

351. Il est obligatoire, ds lors que l'on travaille ou que l'on se trouve

dans un certain nombre de situations qui se rapprochent artificiellement de la condition de travailleur, de cotiser un rgime de scurit

sociale, pour l'employeur et pour le salari. La protection ne dpend

donc pas du bon vouloir ou de l'pargne du salari. Ceci constitue le

meilleur moyen pour que toutes les personnes soient couvertes et pour

que l'accs la protection sociale ne dpende pas du niveau de ressources.

Cf. M.-Th. Join-Lambert, Politiques sociales, op. cit., p. 270 et suivantes.

352. P. Veyne, Comment on crit l'histoire, Seuil, coll.

Points ,

1979.

353. A. Sen, Ethique et conomie, op. cit., p. 10.

354. L. Robbins, Essai sur la nature et la signification de la science

conomique, Mdicis, 1947, cit in M. Godelier, Rationalit et irrationalit

en conomie, Maspero, 1966, p. 19. Cette dfinition est trs clbre parce

qu'elle sera reprise par toute une tradition : L. von Mises, P.

Samuelson,

R. Burling...

355. M. Herskovitz, E. LeClair, R. Burling, R.

Salisbury, H. Schnei-

der, cits in M. Godelier, Rationalit..., op. cit., et surtout in M. Godelier, Un domaine contest.... op. cit.

356. Ibid., p. XI.

357. R. Burling, Thories de la maximisation et anthropologie

... Op.cit, p. 113.

conomique , in M. Godelier, Un domaine contest 358. E. LeClair Jr, Thorie conomique et anthropologie conomique , in Un domaine contest..., op. cit., p. 124-126. C'est nous qui

soulignons

359. Cf. ci-dessus, note 354 concernant L. Robbins.

360. Il n'y a pas de techniques ni de buts conomiques spcifiques.

C'est seulement la relation entre des fins et des moyens qui est conomique. [... 1 Si tout comportement impliquant une allocation de

moyens est conomique, alors la relation d'une mre son bb est

galement une relation conomique, ou plutt a un aspect conomique,

tout autant que la relation d'un employeur avec son ouvrier salari ,

R. Burling, in M. Godelier, Rationalit. - ., op. cit., p 19.

361. 0. Lange, Economie politique, PUF, 1962, cit in M.

Godelier,

Rationalit.... op. cit., p. 24.

362. K. Polanyi, L'conomie en tant que procs institutionnalis ,

traduit in M. Godelier, Un domaine contest..., op. cit., p.

53-54.

363, La mthode ainsi que le contenu de la thorie conomique sont

issus de deux caractristiques fondamentales de l'Angleterre du xix'

NOTES 343

sicle : la production industrielle en usines et le march. En tant que

principe d'intgration de toute l'conomie, l'change marchand oblige

ses participants se conformer des rgles trs spciales.

Chacun tire

sa subsistance de la vente de quelque chose sur le march. [... 1

Il

faudrait souligner que c'est l'organisation marchande qui oblige ses

participants rechercher le gain matriel personnel , G.

Dalton,

Thorie conomique et socit primitive , traduit in M.

Godelier,

Un domaine contest.... op. cit., p. 183.

364. Sur la notion de besoin, voir les extraits et les textes de W.

Moore (p. 193), J. Boecke (p. 241), M. Sahlins (p. 243), in M.

Godelier, Un domaine contest..., op. cit. Dans une conomie dornes-tique, la motivation conomique n'agit pas continuellement; c'est pourquoi les gens ne travaillent pas continuellement. En somme, il y a deux

voies vers la satisfaction, vers la rduction de l'cart entre fins et

moyens : produire beaucoup ou dsirer peu. Oriente comme elle l'est

vers une modeste production des moyens de subsistance, l'conomie domestique choisit la seconde solution, la voie du Zen. Les besoins,

disons-nous, sont limits. Leur activit conomique ne se fragmente pas

en un troupeau galopant de dsirs aiguillonns par un sentiment continu d'inadquation (c'est--dire par une raret des moyens)

, m.

Sahlins, L'conomie tribale , traduit in M. Godelier, Un domaine

contest..., op. cit., p. 243.

365. Voir les textes cits dans M. Godelier, Un domaine contest...,

OP. cit., P. 183-212 : Les hypothses paramtriques de l'analyse

conomique d'autrefois taient prsentes comme des faits physiques.

Les lois de l'conomie marchande que l'on en drivait prenaient de ce

fait valeur de lois de la nature. Les processus conomiques semblaient

rpondre des lois physiques particulires, distinctes es conventions

sociales. L'approche conomistique qui sparait l'conomie de la Socit et crait un corps d'analyse thorique de l'industrialisme mat-chand trouva une expression plus raffine vers la fin du xixl sicle dans

les travaux de Jevons, Menger, Clark et Marshall. [... ] La ncessit

institutionnelle pour les individus de poursuivre leur intrt priv matriel au sein d'une conomie marchande se reflta idologiquement sous

la forme de gnralisations portes sur la nature de 1"' homme "

dans

la socit.

366. Voir l'article de M. Sahlins cit in M. Godelier, Un domaine

contest..., op. cit., en particulier p. 236 et suivantes. Ce qui, dans la

sagesse conventionnelle de la science conomique, constitue des facteurs exognes ou non conomiques reprsente, dans la ralit tribale,

l'organisation mme du processus conomique. L'anthropologie conomique ne peut les concevoir comme extrieurs, comme empitant de quelque part l'extrieur sur le domaine de l'conomie. Ils sont l'conomie, ils sont des lments fondamentaux du calcul conomique

et de toute analyse vritable qu'on peut en faire. A ce sujet, on 344 LE TRAVAIL

pouffait dire en gnral ce qu'Evans-Pritchard disait propos des Nuer :

Il on ne peut traiter des rapports conomiques des Nuer en soi, car ils font

toujours partie des rapports sociaux directs de type gnral ".

367. C'est cette tradition qui a t nomme institutionnalisme et dont

se rclament aujourd'hui non seulement des juristes, mais aussi des

sociologues, dont l'ide matresse consiste dire que le march n'existe

pas tout seul et ne rgit pas la socit, mais que c'est au contraire un

ensemble d'institutions, produit spcifiquement humain, culturel et social,

qui rgit celle-ci et le march. C'est l'institution qui est premire.

368. E. Halvy, Les principes de la distribution des richesses , art.

cit. C'est nous qui soulignons.

369. La Science conomique en France, ouvrage collectif, La Dcouverte, 1989. La citation est extraite de l'introduction de M.

Guillaume,

Le sommeil paradoxal de l'conomie politique , p. 5.

370. 0. Lange, Economie politique, cit in M. Godelier, Rationalit...,

op. cit., p. 26.

371. M. Allais, Fondements d'une thorie positive des choix compor-tant un risque , cit in M. Godelier, Rationalit.... op. cit., p. 43.

372. A. d'Autume, in La Science conomique en France, op.

cit., p. 17.

373. Lors d'une mission qui faisait dialoguer, sur Arte, A.

Gorz et le

commissaire gnral au Plan, J.-B. de Foucault, cet argument avait t

mis en vidence. A A. Gorz expliquant que l'on pouvait envisager de

renoncer une augmentation aveugle de la production, J.-B. de Foucault

rpondait : Mais il reste tant de besoins insatisfaits ... Il oubliait, bien

sr, de dire qui exprimait ces besoins et si l'augmentation de la production

avait bien pour but de satisfaire ces besoins-l.

374. Ce n'est pas que dans les socits socialistes qu'il est conu comme

un producteur, ce n'est pas que dans les socits capitalistes qu'il est conu

comme un consommateur; c'est l'image moderne de l'homme, 375. Habermas, La crise de l'Etat providence , in Ecrits politiques,

op. cit., p. 115-116.

376. Il ne faut pas oublier que Keynes a commenc tre cout

forsqu'on s'est aperu qu'il pouvait y avoir un quilibre de sous-emploi, et

donc une anomalie majeure de la rgulation, laquelle prsuppose le plein

emploi.

377. M. Guillaume, in La Science conomique en France, op.

cit., p. 6.

378. C'est le processus que met bien en vidence P.

Rosanvallon dans

La Crise de l'Etat-providence, op. cit., et qu'il fait remonter la

Rvolution franaise : l'Etat dissout les corps intermdiaires pour n'avoir

plus en face de lui que des individus disperss, qui n'ont pas le droit de se

coaliser et en face desquels l'Etat apparait tout puissant. Sur ce point,

dmontr de manire trs concrte et passionnante, cf. A.M

Guillemard,

Le Dclin du social, PUF, 1986.

379. Habermas, La Technique et la science comme idologie , op.

cit., p. 40.

NOTES 345

380. La fameuse technostructure dont Galbraith dcrit la puissance

ct des propritaires des entreprises.

381. Prononce en 1919 et rassemble avec une autre (

Le mtier et la

vocation de savant ) sous le titre gnral Le Savant et le politique, qui

manque la signification essentielle du propos. On se rfre ici l'dition

de poche, M. Weber, Le Savant et le politique, 10/18, 1971.

382. M. Weber, L'Ethiqueprotestante .... op. cit., p.

81-104.

383. M. Weber, Le Savant et le politique, op. cit., p.

121 et 123.

384. La comptabilit nationale fut conue en France l'image de

celle de l'entreprise. I-es anciens conomistes, mme Smith, avaient en

tte de diriger la nation productive comme une entreprise, un capital

grer et faire grandir , F. Fourquet, La Richesse et la puissance, op.

cit., p. 267.

385. J. Rawls, Thorie de la justice, op. cit., p. 40 et 43. Rawls rappelle

plus loin (p. 175) que le concept de rationalit est celui qui est bien connu

dans la thorie du choix rationnel : l'individu rationnel est celui qui a un

ensemble cohrent de prfrences face aux options disponibles. Il hirarchise ces options selon la faon dont elles ralisent ses buts. Cet

individu ne souffre ni de l'envie, ni de l'humiliation, ni de la jalousie.

386. Ibid., op. cit., p. 30.

387. R. Burling, 'nories de la maximisation et anthropologie

conomique , cit in Godelier, Un domaine contest.... op. cit., p. 110.

388. Cf. la fin du chapitre iii du prsent ouvrage.

389. Les thories politiques du contrat se sont rvles impuissantes

fonder une socit conue autrement que comme un agrgat. Hobbes et

Rousseau parviennent nanmoins donner une unit organique la socit qu'ils dcrivent, le premier grce la quantit de pouvoir que les

individus transfrent au souverain, le second grce au caractre presque

sacr du pacte qui transforme d'un coup la multitude en corps : Et nous

recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout

[... 1 A

l'instant [... 1, cet acte d'association produit un corps moral et collectif

[... 1, lequel reoit de ce mme acte son unit, son moi commun, sa vie et

sa volont (Contrat social livre 1, chapitre IV; c'est nous qui soulignons). Mais cette transmutation initiale est tout aussi miraculeuse que

celle qui permet de passer de la multiplicit des volonts