particulires et
prend la forme de la moralit sociale, d'abord dans la famille, puis dans la
socit civile, et enfin dans l'Etat. Mais dans son moment le plus pur et le
plus haut, lorsqu'il est esprit absolu, l'Esprit s'exprime par l'art, la religion
et la philosophie.
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141. Marx, Ebauche d'une critique de l'conomie politique, communisme et proprit , in OEuvres, Economie, Gallimard, coll. La Pliade , tome II, 1979, p. 89.
142, Ce communisme est un naturalisme achev, et comme tel un
humanisme; en tant qu'humanisme achev, il est un naturalisme. Il est la
vraie solution du conflit de l'homme avec la nature, de l'homme avec
l'homme , op. cit., p. 79.
143. Voir toute la page 61 de Ebauche..., op. cit., sur le travail alin et
les fonctions animales.
144. Ibid., p. 62.
145. Ibid., p. 126.
146. C'est exactement ici que s'opre le retournement majeur : Marx
se saisit du concept hglien de travail, au sens de travail de l'Esprit, mais
l'applique l'homme : Le seul travail que Hegel connaisse et reconnaisse, c'est le travail abstrait de l'Esprit , Ibid., p. 126.
Marx s'empare
de ce concept de travail et fait de l'homme, de chaque homme, son sujet.
147. Marx, Notes de lecture , in Economie et philosophie, OEuvres,
Economie, tome II, op. cit., p. 22.
** 148. Il y aurait l, si P. Chamley a raison, une sorte de rgression de
Marx vis--vis de l'avance conceptuelle de Hegel. Il semble bien en effet
que Hegel, qui a lu trs tt Locke, reprenne de celui-ci une conception
nergtique et dynamique du travail (l'homme met quelque chose de lui-mme dans l'objet), ce qui est au fondement des hsitations de Smith et
du choix de Ricardo pour la valeur-travail. Mais Hegel abandonnera,
d'aprs P. Chamley, cette conception, et passera rapidement cette autre
ide fondamentale selon laquelle ce qui importe dans le travail n'est pas ce
que l'homme met de lui-mme dans l'objet, mais le fait que l'homme
travaille pour obtenir de la reconnaissance, travers l'change.
149. Notes de lecture , in Economie et philosophie, op. cit., 17,
Le travail lucratif , p. 27.
150. Ebauche d'une critique.... op. cit., p. 63-64.
** 151. ?? Travail forc, il n'est pas la satisfaction d'un besoin, mais
seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. f ... ]On
en vient donc ce rsultat que l'homme n'a de spontanit que dans ses
fonctions animales : le manger, le boire, la procration f...
1 et que dans
ses fonctions humaines, il ne se sent plus qu'animalit -, ce qui est animal
devient humain, et ce qui est humain devient animal , ibid., p.
61.
** 152. C'est la critique fondamentale de Marx contre l'conomie politique : elle fait semblant de considrer comme naturel ce qui n'est qu'historique; cf., par exemple, Economie etphilosophie, op.
cit., p. 37,
44, 56, 67, 71, etc.
153. Ibid., p. 72.
154. Marx, Principes d'une critique de l'conomie politique, Le travail
comme sacrifice et le travail libre , in OEuvres, Economie, tome II, op.
cit., p. 289.
325
155. Considrer le travail simplement comme un sacrifice, donc
comme source de valeur, comme prix pay par les choses et donnant du
prix aux choses suivant qu'elles cotent plus ou moins de travail, c'est s'en
tenir une dfinition purement ngative. 1 Le travail est une activit
positive, cratrice , ibid., p. 291-292.
156. Ibid., p. 305, comment par Habermas dans L'ide d'une
thorie de la connaissance in Connaissance et intrt, Gallimard, coll.
Tel , 1991, P. 82.
157. Principes d'une critique de l'conomie.... op.
cit., p. 303.
158. Ibid., p. 310. On lira avec profit les pages qui prcdent et,
notamment, p. 306 : La rduction du temps de travail ncessaire permettra le libre panouissement de l'individu. En effet, grce aux loisirs
et aux moyens mis la porte de tous, la rduction au minimum du travail
social ncessaire favorisera le dveloppement artistique, scientifique, etc.,
de chacun.
159. Marx et Engels, Critique des programmes de Gotha et d'Erfurt,
Editions sociales, 1981.
160. Ibid., p. 154.
161. Ibid., p. 32.
162. Principes d'une critique de l'conomie.... op.
cit., p. 311.
163. Ibid., p. 308.
164. Le Capital, livre III, Conclusion, in OEuvres, Economie, tome Il,
op. cit., p. 1487.
165. A. de Laborde, De l'esprit d'association dans tous les intrts de la
communaut, Paris, 1818, p. 3-4, cit in I. Meyerson, Le travail,
fonction psychologique , art. cit.
166. L'industrie comprend ainsi tous les genres du bien-tre, elle
runit galement tous les moyens de l'obtenir; tout est de son domaine et
participe ses avantages. [... ] On pourrait la dfinir par l'intelligence, la
sagacit dans le travail, la simplification dans la main-d'oeuvre, la
hardiesse dans les entreprises, le gnie d'utilit de la socit
, ibid., p. 5.
167. Ibid., p. 9.
** 168. L'obligation est impose chacun de donner constamment ses
forces personnelles une direction utile l'humanit. Les bras du pauvre
continueront nourrir le riche, mais le riche reoit commandement de
faire travailler sa cervelle et si sa cervelle n'est pas propre au travail, il sera
bien oblig de faire travailler ses bras , Saint-Simon, Lettres d'un
habitant de Genve ses contemporains, Pereire, 1925, p. 41, cit in
J. Dautry, La notion de travail chez Saint-Simon et Fourier , Journal
de psychologie.... op. cit., 1955, p. 64.
169. Saint-Simon, Introduction aux travaux scientifiques du xix' sicle,
cit in J. Dautry, art. cit., p. 65.
170. Ibid., p. 67.
171. Le travail est d'ordre moral et humain, donn dans la conscience, avant mme que la ncessit l'impose. En consquence, il est libre
326
de sa nature, d'une libert positive et intrieure, et c'est en raison de
cette libert intrieure qu'il a le droit de revendiquer sa libert extrieure, en d'autres termes, la destruction de tous les empchements,
obstacles et entraves que peuvent lui susciter le gouvernement et le
privilge , crit Proudhon in OEuvres compltes, Bougl-Moysset, 1932,
tome VIII, 3, p. 89, cit in 1. Meyerson, Le travail, fonction psychologique , art. cit., p. 90. que Proudhon ait beaucoup tudi ou non
Hegel, en particulier par l'intermdiaire de Grn (voir P.
Haubtmann,
Proudhon, Marx et la pense allemande, PUG, 1981, p. 59 et suivantes),
le rsultat est que les deux penseurs tiennent peu prs le mme discours, ou du moins que le schme du travail de l'Esprit chez Hegel est
dsormais galement celui de Proudhon : L'intelligence humaine fait
son dbut dans la spontanit de son industrie et c'est en se contemplant
elle-mme dans son oeuvre qu'elle se trouve (1. Meyerson, art.
cit., p.
11). L'homme, crateur travers le travail ( Le travail, un et identique
dans son plan, est infini dans ses applications, comme la cration elle-mme ), dtient ainsi un pouvoir presque magique de transfiguration du
monde, dans quoi il trouve son bonheur : Je me demande pourquoi la
vie entire du travailleur ne serait pas une rjouissance perptuelle, une
procession triomphale.
** 172. Marx a insist de nombreuses reprises, en bon lve de Hegel,
sur le caractre la fois ngatif et positif du travail abstrait moderne :
La dissolution de tous les produits et de toutes les activits en valeurs
d'change suppose la dcomposition de tous les rapports de dpendance
personnels figs (historiques) au sein de la production [... 1
Dans la
valeur d'change, la relation sociale des personnes entre elles est
transforme en un rapport social des choses, le pouvoir des personnes en
un pouvoir des choses... , Principes d'une critique de l'conomie.... op.
cit., p. 208-209.
** 173. Ces trois passions mcanisantes doivent tre convenablement
mlanges pour former des sries quilibres. La papillonne, c'est le
besoin de varit priodique, situations contrastes, incidents piquants...
La cabaliste est la manie de l'intrigue. La composite, la plus romantique
des passions, cre les accords d'enthousiasme (cf. chapitre v).
C'est
condition de savoir bien combiner ces passions que le travail pourra
devenir attrayant.
** 174. C. Fourier, Le Nouveau Monde industriel et socitaire ou invention du procd d'industrie attrayante et naturelle distribue en sries
passionnes, Flammarion, 1973.
175. Ibid., p. 37.
176. Sur ces volutions majeures, voir H. Hatzfeld, Du pauprisme
la Scurit sociale, PUN, 1989, et A. Soboul, Problmes de travail en
l'an Il , in Journal de psychologie..., op. cit., 1955, p.
39-58. Voir
galement F. Tanghe, Le Droit au travail entre histoire et utopie, 1789-1848-1989 : de la rpression de la mendicit l'allocation universelle,
327
Publications Fac. univ. St-Louis, 1989. Voir, du mme auteur, Le droit
du travail en 1848 , in Le Droit au travail, Institut des sciences du travail,
dossier nO 13, Universit catholique de Louvain, novembre 1991.
177. Turgot, cit par Tanghe, op. cit., p. 47.
178. Rapport sur l'organisation gnrale des secours publics, prsent
l'Assemble nationale le 13 juin 1792, Bibliothque nationale, p.
9.
179. L. Blanc, cit par Tanghe, op. cit., p. 61.
180. Le droit considr de faon abstraite est ce qui, depuis 1789,
tient le peuple abus. [... 1 Le droit, strilement et pompeusement
proclam dans les chartes, n'a servi qu' masquer ce que l'inauguration
d'un rgime individualiste avait d'injuste , ibid., p. 64.
181. Par le droit au travail, on cre en mme temps un droit et une
obligation. On suppose un contrat entre l'individu et la socit, aux
termes duquel la socit devrait l'existence chacun de ses membres,
contrat non synallagmatique et qui n'engagerait qu'une des parties , L.
Faucher, in J. Garnier d., Le Droit au travail l'Assemble nationale,
Recueil complet de tous les discours prononcs dans cette mmorable
discussion, Paris, Guillaumin, 1848, p. 344-345.
182. Tandis que l'Etat devrait fournir aux individus, sur leur
demande, les moyens de travailler, il ne serait pas arm du pouvoir de les
contraindre chercher dans le travail leur subsistance habituelle. On
proclamerait ainsi la supriorit de la force, du droit personnel sur le droit
social. L'individu deviendrait le matre, le tyran, et la socit, le serviteur,
l'esclave. [... ] Le droit au travail est une servitude que l'on impose la
communaut tout entire, dans l'intrt de quelques-uns , ibid.
183. Ibid., p. 345-346.
184. Lamartine, ibid., p. 286-287.
185. L. Faucher, ibid., p. 350; L. Wolowski, ibid., p. 360.
186. Cette ligne spare les anciens tenants du travail-ncessit, conu
comme moyen de subvenir aux besoins, de ceux qui ont dj assimil
l'ide que le travail est la plus haute manire pour un individu de se
raliser. Le premier droit de l'homme est le droit de vivre. Ce droit en
implique un autre, celui de l'entier dveloppement et du complet exercice
des facults physiques, morales et intellectuelles de l'homme ; c'est ce
droit qui constitue la libert , Manifeste des socits secrtes, in 1848 : la
rvolution dmocratique et sociale, Editions d'histoire sociale, 1984.
187. L. Wolowski, in J. Garnier d., Le droit au travail l'Assemble.... op. cit., p. 365.
188. Proudhon, Mmoires sur la proprit, Premier mmoire, p. 215-217, in OEuvres compltes, Nouvelle Edition Rivire.
189. Ibid.
190. L. Blanc, Le Socialisme, Droit au travail. Rponse M.
Thiers,
Paris, Bureau du Nouveau monde, 1849, p. 45-46.
191. Cit par J.-M. Humillire, Louis Blanc, Les Editions ouvrires,
1982, p. 75.
328
192. Habermas, La crise de l'Etat-providence , in Ecrits politiques.
Culture, droit, histoire, Cerf, 1990, p. 109-110. Cette phrase doit tre
replace dans son contexte : Habermas crit quelques lignes plus haut :
quant aux nergies utopiques, elles ne se sont pas absolument retires
de la conscience historique. C'est bien plutt une certaine utopie qui est
arrive sa fin, celle qui dans le pass s'tait cristallise autour du
potentiel qui rsidait dans la socit du travail.
193. Pour les horaires et les conditions de travail, voir les trs
nombreux rapports officiels et enqutes de l'poque, en