partager
[... 1 Mais cet tat primitif, dans lequel l'ouvrier jouissait de tout le
produit de son propre travail, ne put pas durer au-del de l'poque o
furent introduites l'appropriation des terres et l'accumulation des capitaux , ibid., p. 135-136.
96. Et qui apparaissait d'ailleurs comme tel un auteur comme
Polanyi; voir La Grande Transformation, Gallimard, 1983 . Labor est
le terme technique qui dsigne les tres humains du moment qu'ils ne
sont pas employeurs mais employs , p. 111, et Weber, Histoire conomique, esquisse d'une histoire universelle de l'conomie et de la
socit, Gallimard, 1991, en particulier le chapitre lx, La naissance du
capitalisme moderne , 1 : concepts et prsupposs du capitalisme.
97. Pour distinguer les diff??rentes formes d'utilisation de la main-320
d'oeuvre en vigueur de la fin du Moyen Age la Rvolution industrielle,
voir Weber, Histoire conomique.... op. cit., en particulier le chapitre ii.
98. Voir ce que G.H. Camerlynck dit de Pothier dans Le Contrat de
travail, Dalloz, 1982, et cette affirmation de Polanyi dans La Grande
Transformation, op. cit., p. 242 : Dans l'avnement du march du
travail, le droit coutumier a jou en gros un rle positif. Ce sont les
juristes, non les conomistes, qui ont t les premiers noncer avec force
la thorie du travail marchandise.
99. Le Trait du contrat de louage date de 1764.
100. Voir G.H. Camerlynck, Le Contrat de travail, op.
cit., chapitre 1
p. 3 : Le contrat de louage de services chez Pothier .
** 101. La loi Le Chapelier, qui date, elle, du 14 juin 1791, interdit toute
coalition en s'inspirant ainsi trs fortement de la condamnation que Rousseau avait porte contre les associations dans le Contrat social (livre
II, chapitre iii, 1762). Le rapporteur de la loi Le Chapelier indique : Il
faut remonter au principe que c'est aux conventions libres d'individu individu de fixer la journe de travail pour chaque ouvrier, l'ouvrier de
maintenir la convention qui a t faite avec celui qui l'occupe.
quant au
salaire, seules les conventions libres et individuelles peuvent le fixer.
102. Les conventions lgalement formes tiennent lieu de loi ceux
qui les ont faites , Code civil, article 1134.
103. C'est par la convention qui se fait habituellement entre ces deux
personnes, dont l'intrt n'est nullement le mme, que se dtermine le
taux commun des salaires. Les ouvriers dsirent gagner le plus possible ;
les matres, donner le moins qu'ils peuvent ; les premiers sont disposs se
concerter pour lever les salaires, les seconds pour les abaisser. Il n'est pas
difficile de prvoir lequel des deux partis, dans toutes les circonstances
ordinaires, doit avoir l'avantage dans le dbat et imposer forcment
l'autre toutes ses conditions; les matres, tant en plus grand nombre,
peuvent se concerter plus aisment ; et de plus, la loi les autorise se
concerter entre eux, ou du moins ne leur interdit pas, tandis qu'elle
l'interdit aux ouvriers... , Recherches..., op. cit., p. 137.
104. Weber est d'ailleurs extrmement prudent : il ne prtend pas
dduire un phnomne historique d'une transformation des reprsentations. Voir L'Ethique protestante.... op. cit., p. 103-104.
105. Weber s'attarde sur la notion de Beruf, qui signifie en allemand
la fois mtier, tche et vocation et qui a pris ce sens avec Luther. Le fait
que le travail a t soudainement peru comme une vocation, un devoir
impos par Dieu, n'est pas un produit de la nature. Il ne peut tre
suscit uniquement par de hauts ou de bas salaires. C'est le rsultat d'un
long, d'un persvrant processus d'ducation. Weber tente de retrouver
les grandes tapes qui ont conduit de la condamnation de l'ici-bas sa
valorisation. Voir en particulier p. 95 et suivantes et p. 123 et suivantes de
l'Ethique protestante...
106. C'est cette condamnation qui explique en particulier les hsita-321
tions de Malthus au dbut de ses Principes d'conomie politique : tous les
moralistes, dit-il, nous ont bien enseign qu'il fallait prfrer la vertu la
richesse. Si la vertu constitue la richesse, pourquoi la fuir, etc. ? Cf. p. il
et suivantes.
107. A. Hirschman, Les Passions et les intrts, PUF, coll. Sociologies , 1980, p. 15.
108. Montesquieu, L'Esprit des lois, introduction.
109. L. Dumont, Homo aequalis, op. cit.
110. Voir Mditations mtaphysiques, GF-Flammarion, 1979, et Les
Principes de la philosophie, Vrin, 1970.
111. Voir en particulier les Penses, et, dans celles-ci, I' partie
( L'homme sans Dieu ), chapitre 1 ( La place de l'homme dans la
nature : les deux infinis ) et chapitre ii ( Misre de l'homme
), Le
Livre de poche, 1962.
** 112. Descartes, Discours de la mthode.
113. F. Bacon, Du progrs et de la promotion des savoirs, Gallimard,
coll. Tel , 1991 ; La Nouvelle Atlantide, GF-Flammarion, paratre.
114. Voir sur ce point les commentaires de H. Achterhuis dans La
responsabilit entre la crainte et l'utopie , in Hans Jonas, Nature et
responsabilit, Vrin, 1993. Cet auteur interprte la transmutation de la
peur en enthousiasme cette poque par la croyance subite dans les vertus
du progrs et de la production : La situation de raret toujours
menaante o chacun se bat pour possder les quelques biens disponibles
pourrait tre rsolue par la production de plus de biens , op.
cit., p. 43.
115. Saint Paul, Eptre aux Romains, xiii, 1, 2, 5.
** 116. Hobbes crit ses oeuvres politiques entre 1640 et 1670. Voir Le
Citoyen ou les fondements de la politique, GF-Flammarion, 1982, et le
Lviathan, Sirey, 1971. Il faut galement prendre en compte les travaux
de l'cole moderne du droit naturel, machine de guerre contre la conception classique du droit naturel. Grotius, Pufendorf, Burlamaqui en
sont les principaux reprsentants. On trouvera une analyse de ces penses
dans R. Derath, Rousseau et la science politique de son temps, Vrin,
1988. Les reprsentants de l'cole moderne du droit naturel imaginent
comme Hobbes une gnalogie qui leur permet de distinguer un avant et
un aprs, mais ils se donnent , la diffrence de Hobbes, la sociabilit.
Grotius et Pufendorf, en particulier, dduisent l'tat civil de la sociabilit
naturelle aux hommes. Ce avec quoi Hobbes, et plus tard Rousseau, rompent. Cf. C. Larrre, L'Invention de l'conomie.... op. cit.
117. C'est l'interprtation qu'en donne en particulier Hegel, voir infra
chapitre ix.
118. Il s'agit d'une autre manire de prsenter le principe de raison
grce sa raison, l'individu trouve en lui-mme le principe qui lui donne
son unit, qui peut guider ses actions et les expliquer.
** 119. Les thoriciens du contrat sont lgion : Grotius, Pufendorf,
Burlamaqui, Hobbes, Locke, Rousseau sont les plus connus.
322
120. Les thories du contrat admettent de nombreuses variantes. Voir
R. Derath, Rousseau et la science politique de son temps, op. cit., et
Rousseau, Contrat social, op. cit., I, vi.
121. A. Smith, Recherches.... op. cit., p. 82.
122. Cf. Mtaphysique : k, 7, 1072a 25-30 et 1072b 10-15, Vrin, 1986,
p. 680.
123. A. Smith, Recherches.... op. cit., p. 79.
124. P. Rosanvallon, Le Libralisme conomique.
Histoire de l'ide de
march, Seuil, coil. Points , 1989, et L. Dumont, Homo aequalis, op.
cit., et Essais sur l'individualisme, Seuil, 1991.
** 125. P. Rosanvallon, Le Libralisme conomique, op.
cit., p. 11-III
La naissance du libralisme conomique [...] doit d'abord tre comprise
comme une rponse aux problmes non rsolus par les thoriciens politiques du contrat social C'est le march (conomique) et non pas
le contrat (politique) qui est le vrai rgulateur de la socit.
Rosanvallon
explique ainsi que la rgulation conomique, caractrise par l'automaticit des relations, succde aux explications plus politiques, qui auraient
chou. Nous ne partageons pas cette thse. Il nous semble au contraire
que les deux solutions vont continuer de se dvelopper ensemble, ou du
moins qu'il existe deux solutions parfaitement envisageables du mme
problme, et qui prsentent des caractristiques diffrentes.
C'est parce
qu'il ne fait pas cette diffrence que Rosanvallon se prive de mettre en
vidence la considrable originalit de la pense allemande du xix' sicle,
en particulier celle de Hegel. Nous y reviendrons.
126. Comit de mendicit de la Constituante, 1790, Premier rapport.
127. Voir aussi M.-A. Barthe, Pauvrets et Etat-providence , in
Revue franaise des affaires sociales, n' 3, juillet 1991.
** ** ** ** CHAPITRE IV
128. Encyclopdie, article Travail , tome XVI, col.
567b, 1765.
129. Sur ce bouleversement conceptuel, et en particulier sur le brutal
changement de signification que subit le terme de travail dans les quinze
premires annes du xix' sicle, on pourra consulter 1. Meyerson, Le
travail, fonction psychologique , art. cit., p. 7 - C'est au cours du
xix' sicle - sicle d'une vie industrielle et sociale dense -
que l'image
psychologique du travail tel que nous le connaissons va se dessiner et se
prciser.
130. L'idalisme allemand n'est pas une cole au sens propre, c'est un
moment de l'histoire philosophique allemande, qui commence avec Kant
et se termine avec les successeurs de Hegel. On parle propos de la
philosophie kantienne d'idalisme transcendantal, car Kant dmontre que
notre connaissance des objets ne consiste pas en une rception passive
mais en une construction dont nous sommes partie prenante travers les
formes a priori de la sensibilit et de l'entendement. Voir article Kant ,
in Gradus philosophique, L. Jaffro, M. Labrune d., GF-Flammarion,
1994.
131. De l'Absolu, il faut dire qu'il est essentiellement rsultat, c'est-323
-dire qu'il est la fin seulement ce qu'il est en vrit.
L'Esprit n'est
jamais en repos, mais il est toujours emport dans un mouvement
continuellement progressif. [... ] La substance est essentiellement sujet,
c'est ce qui est exprim dans la reprsentation qui annonce l'Absolu
comme Esprit : seul le spirituel est effectif , Hegel, Phnomnologie de
l'esprit, traduction J. Hyppolite, Aubier, 1941, p. 18-19.
132. Ibid., p. 12.
133. Il y a dans les philosophies de Fichte, Schelling et Hegel une
vritable volont de rduire (au sens de faire disparatre ) la nature,
pour que rien ne rsiste la formidable puissance de l'Esprit, esprit de
Dieu et esprit humain. C'est au mme moment que Goethe parle de l'esprit qui toujours nie . On pourra voir en particulier la Philosophie
de la nature de Schelling. L'ide fondamentale est bien qu'il est incomprhensible que quelque chose , appel la nature, puisse tre,
avoir t et continuer tre diffrent de et dfinitivement tranger
Dieu, qui est Esprit,
134. Hegel, La Philosophie de l'esprit, 1805, PUF, 1982.
135. Ibid., p. 32 Travail, instrument, ruse , et p.
53.
136. Sur la premire priode de Hegel, voir P. Chamley, La doctrine
conomique de Hegel et la conception hglienne du travail , in Hegel-Studien, 1965, et, du mme auteur, Economiepolitiqueetphilosophie chez
Steuart et Hegel, Dalloz, 1963. De Hegel, voir Phnomnologie..., op.
cit. ; Prcis de l'Encyclopdie des sciences philosophiques, Vrin, 1970;
Principes de la philosophie du droit, Vrin, 1982. Voir aussi J.
Hyppolite,
Introduction la philosophie de l'histoire de Hegel, Seuil, coll. Points ,
1983; K. Papaioannou, Hegel, Presses-Pocket, coll. Agora , 1987;
E. Weil, Hegel et l'Etat, Vrin, 1974.
137. Principes de la philosophie..., op. cit., 198, p. 224.
138. Ibid., 245, traduction J. Hyppolite, in Introduction..., op. cit.,
p. 121.
** 139. Principes de la philosophie..., op. cit., 198 : de plus, l'abstraction de la faon de produire rend le travail de plus en plus m??canique et
offre aussi finalement l'homme la possibilit de s'en loigner et de se
faire remplacer par la machine , p. 224.
** 140. C'est ce que montre la structure mme de l'Encyclopdie des
sciences philosophiques, manuel qui comprend l'ensemble du systme
philosophique de Hegel et qui se prsente en trois parties : la logique, la
philosophie de la nature et la philosophie de l'esprit. Cette dernire
prsente elle-mme trois moments : l'esprit subjectif, l'esprit objectif,
l'esprit absolu. Le travail abstrait et industriel appartient au moment de
l'esprit objectif : l'Esprit s'est incarn dans des formes