Séminaire exotique

    Voici sept ou huit ans, je travaillais pour une grande société de distribution. Mon travail du moment était d’organiser les différents salons où la société était présente. Comme cela se pratiquait une ou deux fois par an, nous étions tous conviés à un séminaire, sorte de grand–messe destinée à dynamiser les troupes. Les commerciaux de l’entreprise étaient en majorité des hommes.

    Fin juin, nous nous étions réunis pour trois jours dans une grande ville balnéaire, plus précisément dans un hôtel de luxe agrémenté de tous les équipements sportifs et de détente nécessaires.

    La première journée se déroula sous formes de conférences et ateliers divers. Le repas du soir se prolongea assez tard, arrosé et débridé. J’avais l’habitude de cette atmosphère à dominante masculine où chacun de vante d’avoir «la plus grosse» en jetant un regard gourmand sur les quelques femmes présentes, pour la plupart «baisables». Surtout à l’occasion d’un séminaire loin du foyer familial.

    Bref, un peu fatiguée d’une journée à peu près stérile et d’une soirée stéréotypée, je me dirigeai discrètement vers l’un des bars, le plus éloigné, priant pour qu’aucun des participants n’ait la mauvaise idée de venir y traîner aussi. Je m’installai avec soulagement dans un confortable fauteuil situé un peu à l’écart, dans une zone peu éclairée.

    Contrairement à mes craintes, aucun des hommes du séminaire ne vint errer dans ce bar. Mais une jeune femme qui avait dîné à la même table que moi arriva peu après et s’installa dans le fauteuil libre près du mien.

    – Cela vous ennuie si je m'assois près de vous ? Me demanda–t–elle.

    C’était une jeune femme d’environ vingt–cinq ans que j’avais déjà croisée au siège de la société, et que j’avais vu bâiller d’ennui à plusieurs reprise cours du repas.

De taille moyenne, elle était fine et gracieuse. Un joli visage encadré de cheveux châtain coiffés en carré. Des yeux clairs et rieurs et un franc sourire la rendaient très agréable à regarder.

    Elle était élégamment habillée. Un tailleur noir à veste cintrée sur un chemisier en soie bleu pâle mettait son buste en valeur. La jupe, juste au–dessus du genou, enserrai des hanches bien dessinées. Ses jambes gainées de noir étaient harmonieuses. Des escarpins noirs assez hauts complétaient l’ensemble.

    – Au contraire ! Cela me changera agréablement de nos voisins de table...

    – Oui. Ca devenait franchement pénible. Non seulement les vantardises tombaient en rafales, mais mes deux voisins avaient entrepris de me draguer, laissant leurs mains trainer sous la table...

    – Je comprends, je connais un certain nombre d’entre eux !

    Nous fîmes rapidement connaissance. Elle s’appelait Elodie et travaillait au département juridique depuis environ deux ans. Elle était divorcée depuis un an et échaudée par quelques rencontres hasardeuses au cours de derniers mois, faites sur des sites spécialisés.

    – La plupart ne pensent qu’à tirer un coup, me confia–t–elle.

    – Malheureusement, je crois que c’est le lot de beaucoup de femmes, surtout si elles sont aussi ravissantes que vous l’êtes.

    – Merci. Je vous trouve également très jolie.

    Je lui parlai de moi dans les grandes lignes. Je vivais seule, sans partenaire «attitré», depuis près de deux ans. Je vivais ma sensualité au gré de rencontres fortuites si elles me plaisaient suffisamment. Je lisais dans son regard qu’elle enviait ma manière de vivre. Je lisais aussi une sensualité profonde mais refoulée.

    Du coin de l’oeil, je vis un petit groupe de commerciaux qui pénétraient dans le bar. S’ils nous voyaient, c’en était fini de notre tranquillité. Je pris la main d’Elodie.

    – Allons poursuivre notre conversation ailleurs.

    Elle se leva et me suivit dans un couloir.

    – Un des autres bars ? Demanda–t–elle.

    – Plutôt ma chambre ou la vôtre si nous voulons être sûres d’être à l‘abri des chasseurs, lui répondis–je en souriant.

    – Alors la mienne, au dernier étage, au bout de l’aile. Elle est absolument superbe avec une immense terrasse, déclara–t–elle avec entrain.

    Elle m’entraina vers les ascenseurs. Nous empruntâmes un large couloir. Elle déverrouilla la porte du fond avec son badge et s’effaça pour me laisser entrer. La chambre était effectivement immense. Un très grand lit occupait un côté tandis qu’un confortable salon lui faisait face. La terrasse était également très vaste, sans vis–à–vis.

    – La salle de bain, déclara–t–elle avec emphase en ouvrant une porte.

    L’endroit était somptueux. Une cabine de douche ultra moderne où plusieurs personnes pouvaient visiblement prendre place occupait un tiers de l’espace.Deux vasques de marbres étaient surmontées d’un gigantesque miroir. 

    – Voilà, dit–elle.

    – Vraiment magnifique !

    – On boit quelque chose ?

    – Avec plaisir.

    Elle sortit une bouteille de champagne du bar, prit deux coupes et emporta le tout sur la terrasse. Un salon en bois exotique nous tendait les bras. Je m’installai près d’elle tandis qu’elle ouvrait le champagne. Je sentais son parfum délicat, chaud et profond. Cette rencontre impromptue avait quelque chose d’assez sensuel.

    Nous vidâmes la bouteille en parlant de nous, de ce que nous avions en commun. Nous aimions les hommes, mais nous cherchions aussi de la tendresse et de la douceur que nous ne trouvions que rarement en compagnie masculine.

    L’alcool commençait à nous tourner légèrement la tête. Elodie se leva et fit quelques pas hésitants vers la rambarde où elle s’accouda. Je la vis frissonner. Je m’approchai d’elle, posai un bras sur ses épaules.

    – Ca va ? Lui demandai–je doucement.

    – Oh oui, très bien. Peut–être vaguement étourdie par le champagne. Mais surtout détendue et bien dans ma peau. Ta compagnie est vraiment très agréable, me dit–elle, tournant la tête vers moi en souriant.

    Je laissai mon bras autour de ses épaules.

    – C’est une très belle soirée, ajoutai–je.

    Dans un geste de tendresse spontané, Elodie passa un bras autour de ma taille.

Nous restâmes un moment immobiles et silencieuses, goûtant les parfums du soir. Elle frissonna à nouveau.

    – Tu as froid ? M’enquis–je.

    – Non, non. C’est simplement le calme de la nuit, le bien–être.

    Elodie inclina la tête sur mon épaule.

    – Tu veux rentrer ? Demanda–t–elle.

    – Aller, rentrons, répondis–je d’un ton enjoué.

    Nous nous dirigeâmes dans la chambre faiblement éclairée, mon bras toujours autour des épaules d’Elodie, le sien autour de ma taille. Elodie s’arrêta au centre de la pièce et pivota vers moi. L’instant suivant, nos lèvres se rejoignaient. Elle me regarda en s’écartant légèrement.

    – Je suis désolée, je ne sais pas ce qui me prend.

    – Ne le sois pas, il n’y a rien de dramatique, répondis–je d’une voix douce.

    – Mais je ne suis pas homosexuelle ! Se récria–t–elle faiblement.

    – Moi non plus. Mais c’est si grave que ça d’être attirée par une femme ?

    – Je ne sais pas, j’imagine que non. Tu es douce, tendre et... jolie et... je ne sais plus...

    – Alors laisse–toi aller au bien–être que tu ressens.

    Je l’embrassai à nouveau. Elodie répondait à mon baiser. D’abord timidement, puis avec une ardeur croissante. Sa langue cherchait la mienne, la trouva. Elle pressait son corps contre le mien. Notre baiser se prolongea. Je lui caressai doucement le dos. Ses mains glissaient sur ma taille, mes reins.

    – C’est troublant, mais très sensuel et... attirant, murmura–t–elle.

    Je posai les mains sur le chemisier de soie et fit glisser sa veste sur ses épaules. Les bouts de ses seins pointaient sous le tissu. Ses mains exerçaient de petites pressions sur ma taille. Je défis un à un les boutons du chemisier, délicatement, découvrant de très jolis seins aux pointes roses et dures.

    S’abandonnant progressivement à la sensualité ambiante, Elodie délaça le ruban qui maintenait mon bustier sous lequel je ne portais rien. Le vêtement glissa au sol. Je la serrai contre moi, pressant doucement nos seins. Elle m’embrassa fougueusement.

    Je pris ses seins dans mes mains, les caressant légèrement. Elodie frémissait et la fraicheur du soir n’y était pour rien. Je m’écartai légèrement, posai mes lèvres sur son épaule, puis descendit peu à peu. Ma bouche enveloppa le bout d’un sein.

    La tête rejetée en arrière, Elodie souffla :

    – Mais qu’est–ce que nous sommes en train de faire ?

    – Rien d’autre que de partager de la tendresse et du plaisir. Ca ne te plait pas ?

    – Si, dit–elle d’une voix rauque. Mais je n’ai jamais fait ça avant...

    – Tu veux que je m’en aille ? Demandai–je doucement.

    – Non ! S’écria–t–elle.

    Je repris mes baisers, penchée sur son buste satiné.Je lui embrassai le ventre. Ses mains parcouraient mes épaules, le haut de mes bras. Je tirai lentement la fermeture de sa jupe vers le bas. Celle–ci glissa à ses pieds et elle la chassa négligemment. Mes mains se posèrent sur ses hanches. 

    Elodie portait des bas noirs maintenus par un fin porte–jarretelle en dentelle. Elle portait également un string, enfilé après avoir attaché les bas. Je posai mes lèvres, embrassant la peau claire entre le porte–jarretelle et le string. Elodie respirait plus fort, immobile, les mains sur mes cheveux. Je lui ôtai délicatement son string et me relevai pour l’embrasser à nouveau. Elle commençait à se laisser aller à ses émotions.

    Je sentis ses doigts déboucler ma ceinture, puis déboutonner mon pantalon en lin, qui glissa à mes pieds. Je le repoussai légèrement. Elodie caressait mes hanches, à la fois tendre et avide. Après une légère hésitation, elle fit glisser ma culotte sur mes cuisses. Je me tortillai pour l’aider. La culotte rejoignit le pantalon. Elle m’enlaça étroitement, plaquant ses seins contre les miens, son ventre sur le mien.

    – Je ne me souviens pas d’un désir aussi intense depuis longtemps, chuchota–t–elle.

    – Moi non plus.

    Je m’agenouillai. Saisissant une cheville puis l’autre, je lui ôtai ses escarpins. J’ôtai ensuite les jarretelles une à une et lui enlevai ses bas. Je fis enfin glisser le porte–jarretelle. Elodie était nue devant moi. La vue de ce corps superbe m’embrasait. Son sexe était totalement épilé. De fines lèvres rose foncé ourlaient sa fente.

    Je me relevai, l’enlaçai de nouveau et l’entrainai doucement vers le lit.

Elle se laissait guider, serrée contre moi. Je l’allongeai avec douceur et vint me blottir près d’elle.

    Le souffle court et excitée, Elodie n’osait pas prendre d’initiative. Je me penchai sur elle, l’embrassai tendrement. Je la caressai doucement. Je lui massai les seins avec volupté, pinçai légèrement les pointes tendues. Je creusai légèrement son ventre du bout des doigts. Elle vibrait sous mes mains. J’atteignis la bosse du pubis, marquai un temps d’arrêt, sa respiration rythmée par mes gestes.

    Je poursuivis lentement. Elle écartait les jambes. Je touchai le renflement du bouton. Elle me mordit légèrement. Du bout du doigt, je suivais la ligne moite et chaude. Je remontai avec douceur, la pénétrai à peine, remontai encore. Deux de mes doigts repartirent à l’assaut de cette douce vallée. J’entrai plus profondément en elle, enrobée d’une abondante liqueur. Elle se tendait, haletante. Je remontai la main, posai mes doigts sur ses lèvres, puis je les léchai avec gourmandise. Sa langue rejoignit la mienne.

    Elodie s’enhardit peu à peu. Sa main erra sur ma peau, timide et curieuse. Elle s’affirma rapidement, me caressant avec assurance. Elle fut bientôt en moi. Je l’accueillis avec un désir profond. Elle me découvrait, attentive à mes réactions. Je m’ouvrais et fondais sous ses doigts. A son tour elle posa les doigts sur nos lèvres en une offrande sensuelle. Nous nous goûtions avec délice.

    Le feu montait rapidement en nous. Nous roulions l’une sur l’autre, nous embrassant, nous caressant, avidement, tendrement. Nous buvions maintenant l’une à l’autre, offrant nos calices à nos bouches fiévreuses et à nos langues agiles.Les vagues de plaisir nous emportèrent, déferlant sans relâche, nous faisant oublier le temps. 

    Nous reprîmes lentement nos esprits, repues et pantelantes. Elodie m’avait fait jouir deux fois avec une infinie douceur. Je lui avais aussi offert deux orgasmes, puissants, primaires. Elle avait joui en réprimant ses cris avec peine, totalement abandonnée et offerte.

    Elle ouvrit les yeux, me regardant avec une profonde tendresse, nimbée de désir. Je voyais de l’amour en elle. J’en éprouvais aussi. Je la serrai contre moi.

    – Merci, murmura–t–elle.

    – Merci à toi, tu es un amour.

    – Tu viens de me faire découvrir des émotions et des plaisir inouïs, qu’aucun homme ne m’avait jamais procurés.

    – Peut–être parce que peu d’hommes savent donner du plaisir à une femme comme elle s’en donne elle–même...

    – Nous recommencerons ?

    – Oui, parce je sais que toi et moi en aurons envie. De temps en temps... ou souvent. Nous verrons bien. Mais maintenant, nous allons dormir, une autre journée nous attend. Et je vais rejoindre ma chambre. Non pas que je n’ai pas envie de dormir avec toi, mais parce que nous n’aimerions ni l’une ni l’autre que quelqu’un nous voie sortir de la même chambre demain matin. Et cela ruinerait définitivement nos chances auprès des quelques hommes dignes d’intérêt et, ça non plus, ni toi ni moi n’y tenons, ajoutai–je avec un clin d’oeil.

    Je l’embrassai avec tendresse et me rhabillai rapidement sous son regard caressant.

Je rejoignis ma chambre, pris une douche rapide et me couchai, épuisée du plaisir qu’Elodie m’avait donné. J’ignorais comment notre relation allait évoluer, mais une chose était sûre : nous éprouvions quelque chose de profond et d’unique l’une pour l’autre. Je sombrai dans le sommeil. 

    La journée du lendemain se partagea à nouveau entre conférences, ateliers et pauses diverses. Je croisai Elodie plusieurs fois, nous échangions un sourire tendre et complice. Au cours d’une pause, elle vint s’asseoir à côté de moi. Nous étions relativement isolées, près de la piscine, et pouvions parler un peu. Quelques beaux spécimen de mâles évoluaient à proximité.

    – J’ai encore envie de toi, dit–elle en me pressant la main.

    – Moi aussi, j’ai envie de toi. Et pour être franche, j’ai aussi envie d’un homme, ajoutai–je en lorgnant vers la piscine.

    Elodie regarda à son tour.

    – Tu as plutôt bon goût. C’est vrai que certains sont craquants. Et puis, tiens, on pourrait inverser les rôles pour une fois.

    – Que veux–tu dire ?

    – Pour parler comme eux, j’aimerais bien tirer un coup... Si on en choisissait un chacune ?

    Mon ventre s’échauffait légèrement. Mon appétit s’aiguisait, orienté vers les mâles et leurs attraits.

    – C’est une idée séduisante. On pourrait la mettre a exécution pendant le dîner.

    – Et on pourra se raconter nos expériences demain...

Suggéra–t–elle, avec un clin d’oeil complice.

    – Tu sais que je t’aime, jolie jeune femme ?

    – Moi aussi, et j’ai toujours envie de toi.

    Elle serra ma main, se leva et partit.

    Peu avant le diner, je jetai mon dévolu sur un grand brun au regard doux d’une trentaine d’années. Je m’installai à côté de lui. Elodie était à la table voisine en compagnie d’un autre beau garçon. Notre «plan» prenait forme. Mon voisin, Benoit, répondit clairement à mes avances au cours du diner. Nous allâmes prendre un verre au bar afin de pousser plus avant. Nous nous plaisions, c’était évident, et, à défaut d’être dite, la suite de la soirée était évidente pour lui et moi. Il m’embrassa avec douceur, me caressant légèrement. Prévenant et agréable.

    Il fit un signe de la main en direction d’un autre homme assis un peu plus loin. Il se leva, échangea quelques mots avec lui et revint s’asseoir.

    – Un ami proche, me dit–il. Qui me félicitait de ma bonne fortune, ajouta–t–il avec un sourire désarmant.

    L’homme était blond, bien bâti, avenant. Quelque chose de troublant s’éveillait en moi plus ou moins consciemment.

    – Demande–lui de se joindre à nous, dis–je à Benoit, prenant conscience de l’ambiguïté de ma phrase.

    Il lui fit un signe. Le blond vint s’asseoir près de moi.

    – Bonsoir. Mon nom est Luc. Ravi de vous rencontrer.

    Nous parlâmes un moment en prenant un verre. Tous deux étaient charmants, attentionnés et... séduisants. Une trouble sensualité régnait entre nous. Je pris l’initiative :

    – Et si nous poursuivions dans ma chambre ?

    J’ouvris la porte de ma chambre, un peu moins grande que celle d’Elodie, les invitai à entrer et à se mettre à l’aise. Ils prirent place dans le canapé, tandis que je prenais à boire dans le bar. Je pris place dans le fauteuil voisin. Benoit rompit le silence :

    – Je dois te dire que Luc et moi te trouvons très attirante.

    – C’est réciproque, je vous trouve tous les deux... à mon goût, répondis–je en souriant.

    – Tu dois aussi savoir que Luc et moi sommes bisexuels...

    – Moi qui pensais que j’allais réaliser un fantasme avec deux hommes, et vous êtes en train de m’expliquer que je vais en réaliser un second !

    – J’ai effectivement pensé que cela pourrait te plaire, dit–il en souriant.

    – Je suis même impatiente. Je suis à vous. lui dis–je en lui tendant la main.

    Il se leva et vint m'enlacer, plaquant ses lèvres contre les miennes. Luc se leva à son tour et vint se coller dans mon dos. J’étais caressée par quatre mains agiles. Je portais une robe légère que Benoit eut tôt fait de dézipper dans mon dos et faire glisser à terre. Presque en même temps, Luc baissait prestement ma culotte. J’étais maintenant nue, prise en sandwich entre les deux hommes.

    Je sentis les mains de Luc s’affairer devant moi. Il déboutonnait le pantalon de Benoit et celui–ci en faisait autant avec le sien dans mon dos. Quelques instants après, je sentais deux membres durs contre moi, l’un contre mon ventre, le second contre mes fesses. Une douce chaleur m’envahissait.

    Mon excitation monta d’un cran lorsqu’ils commencèrent à se caresser l’un l’autre contre ma peau. Je laissai mes mains accompagner les leurs, une devant, l’autre derrière. La sensation était forte de masturber deux hommes qui se caressaient entre eux.

    Benoit s’écarta et fit asseoir Luc dans le fauteuil. Il me conduisit devant lui et me fit m’agenouiller. Il se plaça ensuite sur le côté du fauteuil. Comprenant ses intentions, je pris la verge de Luc dans ma bouche et commençai à le sucer. Luc en fit autant avec le membre de Benoit. Je n’avais jamais vu deux hommes pratiquer une fellation entre eux sous mes yeux, et je dois avouer que cela m’excitait au plus au point. Je mouillais abondamment.

    Ils inversèrent ensuite leurs places. Je suçais maintenant Benoit tandis que lui même suçait Luc. Grisant.

    Puis ils me conduisirent sur le lit. Luc s’allongea sur le dos près de moi, sa verge imposante dressée. Benoit me saisit par les épaules et me guida pour enjamber Luc et me placer à califourchon au–dessus de lui. Saisissant le sexe de Luc, il le présenta contre ma fente ouverte. Il pressa sur mes hanches et m’empala dessus. Le membre gonflé me remplissait.

    Benoit saisit un préservatif et l’enfila. Il vint s’agenouiller et se pencher derrière moi. Je sentis sa langue sur mes lèvres, là où la verge de Luc me pénétrait.Mon ventre devenait brûlant de plaisir. Sa langue remonta et vint se placer sur mon anus. Il me lécha doucement. Peu à peu la pointe de sa langue trouvait son chemin dans le petit orifice qui se dilatait progressivement. Sa langue fut remplacée par un doigt. Il me pénétra avec douceur, lentement, puis commença à aller et venir. Mon anus s’élargissant, il introduisit ensuite deux doigts. Il s’enfonça entre mes reins. 

    Il retira doucement ses doigts. Je sentis bientôt son gland presser sur ma rondelle dilatée. Il entra en moi avec précaution, attentif à mes réactions. Je ressentis une légère douleur qui se dissipa assez rapidement devant la sensation intense d’avoir deux membres en moi. Ils commencèrent à aller et venir.

    Ils allaient et venaient en moi en même temps. J’avais l’impression d’être ouverte en deux chaque fois qu’ils s’enfonçaient en moi. Leur rythme se désynchronisa pendant un court moment, ils me pénétraient presque alternativement. Mon ventre me brûlait de plaisir. Leurs mouvements se synchronisèrent de nouveau, m’écartelant. Je sentais leurs membres se toucher à travers la paroi de mon vagin. Je m’abandonnai totalement à ces deux sexes qui me labouraient sans relâche. L’orgasme déferla en moi, énorme. Les frissons parcouraient tout mon corps tandis que mon ventre se contractait en spasmes violents, emprisonnant les deux hampes plantées en moi.

    Je repris peu à peu conscience de ce qui m’entourait. Les deux hommes se retirèrent doucement. Aucun des deux n’avait joui, concentrés et attentifs à mon propre plaisir. Benoit ôta son préservatif.

    – J’aimerais aussi réaliser un fantasme si tu veux bien, me dit–il.

    – Tout ce que tu voudras.

    Il plaça deux oreillers sous ma tête, la relevant à quarante–cinq degrés.

Il vint ensuite se placer accroupi sur ma poitrine, présentant sa verge devant ma bouche. Je vis Luc mettre un préservatif et se placer derrière lui, à califourchon sur mes hanches. Benoit se pencha un peu en avant tandis que Luc le pénétrait. Il avança ensuite légèrement et son membre glissa entre mes lèvres. Je commençai à le sucer. Il pénétrait profondément ma bouche à chaque mouvement de Luc en lui. Je lui caressais les testicules de la main, frôlant la base de la verge de Luc.

    Les deux hommes prirent une cadence plus rapide. Puis Luc s’immobilisa, en train de jouir. Je suçai Benoit au fond de ma gorge. Quelques secondes plus tard, son membre se tendit entre mes lèvres, et sa semence jaillit dans ma bouche, chaude et onctueuse. Je l’avalai jusqu’à la dernière goutte.

    Nous nous relevâmes lentement. Chacun prit une douche et se rhabilla. Ils m’embrassèrent avec gentillesse avant de partir.

    – Merci de nous avoir accueillis, me dit Benoit avec malice.

    Je sombrai dans un sommeil réparateur.

    Le lendemain matin, je pris mon petit déjeuner en compagnie d’Elodie. Son maquillage ne parvenait pas à masquer totalement quelques cernes sous ses yeux. Pas plus que le mien probablement. Nous nous regardâmes, complices.

    – Je te ramène à Paris tout à l’heure ? Lui proposai–je.

    – Avec grand plaisir !

    Je baissai la voix :

    – Et si tu veux, je te ramène chez moi et je nous préparerai un diner.

    – En amoureuses ?

    – Tu veux ?

    – Je t’aime, me dit–elle dans un souffle, radieuse.

    Elodie et moi nous voyons très souvent depuis ce séminaire. Nous partageons d’intenses plaisirs ensemble, et des émotions uniques. Un jardin secret de passion et de tendresse qui n’appartient qu’à nous.