Jeux interdits

    Voici un peu plus de deux ans, j’ai rencontré un homme qui allait me faire vivre quelque chose d’unique.

    J’étais à peu près libre. Du moins vivais–je seule, partageant certaines nuits avec Elodie.

    Je rencontrai David lors d’une soirée organisée par un client. Bel homme dans la cinquantaine, il émanait de lui un charme discret mais dévastateur. Grand, cheveux grisonnants, un corps entretenu, des mains fines et douces. Je le laissai me draguer avec intérêt. Nous nous séparâmes à la fin de la soirée, tous deux curieux d’aller plus loin.

    Il m’appela le lendemain pour m’inviter à diner. J’acceptai. Il se montra attentionné sans être ouvertement entreprenant. J’appréciais. Nous échangeâmes un baiser en nous quittant. Deux jours plus tard, je dinai chez lui. Nous partageâmes un très long moment de plaisir plus tard dans la soirée. Il était cultivé, inventif, attentif, endurant et expérimenté. Il me fit jouir à deux reprises.

    Nous recommençâmes les semaines suivantes. Un soir, curieuse, je lui demandai ce qu’il exerçait comme métier. Il me sembla soudain gêné alors qu’une grande franchise régnait entre nous.

    – Tu as des activités inavouables, illégales ? Le taquinai–je.

    – Non, mais je ne suis pas sûr que cela te plaise...

    – Dis–toujours.

    – Eh bien... Je réalise des films pornos.

    J’étais effectivement loin d’avoir envisagé ça. Mais cela aiguisa ma curiosité.

    – Il n’y a aucune honte à avoir, tu sais. Il m’arrive d’en regarder comme beaucoup de gens.Tu as un genre particulier ?

    – En fait, oui. Je réalise des films «classiques» tels que tu peux en voir à la télé. Mais je réalise aussi des choses plus... confidentielles.

    – Tu peux me parler librement. Je n’ai pas vraiment de tabous, tu est un homme charmant, loin d’un dangereux pervers, et j’apprécie ta compagnie, lui dis–je.

    Il se lança.

    – Je réalise des vidéos en m’inspirant de ce que fait un studio à Los Angeles. En fait je mets en scène des femmes qui veulent réaliser leurs fantasmes et les conserver en vidéo.

    – Et quel genre de fantasmes ?

    – Pour l’essentiel du bondage et de la soumission sexuelle.

    David m’ouvrait de nouveaux horizons.

    – Tu veux bien m’en montrer quelques uns ?

    – Avec plaisir.

    Il inséra un DVD dans le lecteur. Au cours des deux heures suivantes, je fus littéralement captivée par les différentes vidéos qu’il mettait en scène. Ce que je venais de voir éveillait en moi des pulsions très profondes, primaires. David s’en rendit compte.

    – Alors, qu’en penses–tu ?

    – C’est terriblement excitant.

    – Il ne t’est jamais arrivé de te filmer ?

    – Non.

    – Et tu n’en as jamais eu envie ?

    Si, j’en avais eu envie. A plusieurs reprises. Mais je ne l’avais jamais fait, craignant certainement une réaction de mon partenaire, ou encore une utilisation incontrôlée des images.

    – Si, avouai–je.

    – Eh bien, je suis ton homme, plaisanta–t–il.

    – Et si je te prenais au mot ?

    – Je reste à ton entière disposition !

    J’étais indéniablement attirée par les pulsions profondes que les vidéos avaient fait surgir en moi.

    – Comment ça se passe ? Demandai–je.

    – Je fais signer un contrat à mes clientes. Le contrat précise les détails de ce que souhaite la cliente et les limites qu’elle se fixe. Sauf convention contraire, le contrat précise également que la vidéo réalisée reste la propriété exclusive de la cliente. Une seule copie est conservée par mes soins si la cliente perdait la sienne, et je m’interdis bien sûr toute diffusion. Le DVD que tu as vu est un montage de scènes de clientes qui ont souhaité les diffuser.

    – Et combien factures–tu ?

    – Cela dépend de la complexité du tournage. Mais si tu décidais de tourner une vidéo de ce type, je ne te ferais pas payer... Mais tu souhaite peut–être voir de tes yeux comment ça se passe ?

    – Je veux bien.

    Il habitait une vaste maison au nord de Paris. Il me conduisit dans une dépendance. Nous nous trouvions dans une pièce assez vaste et totalement vide. Les murs étaient gris sale et un plancher grossier recouvrait le sol. Je reconnaissait le cadre des vidéos qu’il m’avait montrées.

    – Je travaille généralement avec un cameraman que je connais depuis longtemps. Avec des «assistants» également si le scénario l’impose. Le matériel utilisé est rangé dans une pièce attenante.

    J’étais profondément troublée par ce que David venait de me faire découvrir. Les images de ces femmes avaient fait naître en moi un forme d’excitation nouvelle et très intense.

    Je rentrai chez moi, les images dansaient toujours devant les yeux. Je pris une douche et me couchai. Mon ventre me brûlait et mes seins me faisaient mal d’être tendus. Je commençai à me caresser. Le plaisir m’envahissait rapidement. Je me masturbais avec frénésie, me caressais, me pénétrais dans toutes les positions. J’introduisis presque la main entière dans mon vagin détrempé, inondé de plaisir. La jouissance vint enfin, avec une force inouïe, me laissant épuisée et pantelante. Ma main, comme douée d’une vie propre, me caressait toujours, entrait en moi. Je voulais jouir encore.

    J’appelai David le lendemain. Il me proposa de tourner le weekend suivant.

    J’arrivai chez lui le samedi en fin de matinée. Après un déjeuner rapide, nous entrâmes rapidement dans le vif du sujet.

    – Que souhaites–tu mettre en scène ? Me demanda–t–il.

    – Un scénario de soumission sexuelle, indiquai–je clairement.

    – Tu as des idées précises ?

    – En fait non. J’aimerais que tu le fasses selon ton expérience et ton imagination. J’y serai ainsi moins «préparée» et les sensations seront, j’imagine, bien plus intenses. Ressentir un peu de douleur est excitant ne me fait pas peur et, de ce que tu m’as montré, je pense le supporter sans problème.

    David et moi signâmes un contrat comme toutes ses clientes. Notre relation venait de prendre un tour très différent. Il me laissa seule un moment puis revint.

    – Tu es prête ?

    – Oui.

    – Alors suis–moi.

    Nous nous rendîmes dans la dépendance que j’avais visitée. Un homme était présent, équipé d’une caméra d’épaule et d’une autre sur un trépied mobile.

    – Je te présente Serge, mon cameraman, me dit David.

    Je le saluai.

    – Je t’ai préparé des vêtements dans la petite pièce à côté. Change toi et reviens.

    Je me vêtis avec ce qu’il m’avait préparé. Un courte jupe bleu électrique, un chemisier blanc boutonné sous les seins, un string blanc et des chaussures rouges à hauts talons.

    J’entrai dans la pièce. La caméra tournait et David vint vers moi. Il était habillée de noir, pull, jean et chaussures comme dans toutes les vidéos où il «officiait». Il tenait un rouleau de corde de petit diamètre à la main.

    Il me saisit les poignets et me les lia ensemble, mains jointes. Les liens étaient serrés, immobilisant mes poignets. Il me saisit ensuite par épaules et me fit asseoir sur le sol sans ménagement. Reprenant la corde, il attacha mes chevilles l’une contre l’autre, laissant une vingtaine de centimètres entre les chevilles et les poignets. J’étais assise sur le sol, courbée vers l’avant, les avant–bras entre les genoux, incapable de bouger. La sensation d’être à la merci de cet homme était en même temps effrayante et excitante. Mélange détonnant.

    David passa ensuite derrière moi. Il me mit un bandeau passant entre mes dents, me maintenant la bouche ouverte, qu’il noua solidement derrière ma nuque. D’une légère poussée sur l’épaule, il me fit tomber sur le parquet rugueux.

    Il s’accroupit derrière moi et releva la jupe au–dessus de ma taille, face à la caméra qui suivait tous ses mouvements. Une gifle assez forte sur une fesse m’arracha un grognement au travers du baillon. Une seconde suivit immédiatement sur l’autre fesse, provocant une légère sensation de brûlure.

    David avait maintenant un canif à la main. Il coupa le haut du string d’un côté, puis de l’autre. Il tira ensuite sur le tissu qui glissa entre mes cuisses. J’imaginais aisément la caméra faisant un gros plan sur ma fente ainsi exposée.

    Il me fit asseoir de nouveau puis, des deux mains, il déchira le chemisier, libérant mes seins devant la caméra. Se baissant légèrement, il pinça fortement mes pointes entre ses doigts. Mon cri fut étouffé par le baillon. Il recommença, me tordant les bouts sans ménagement. Nouveau cri. Des larmes perlaient à mes yeux. La caméra zoomait sur mon visage. Les émotions qui se bousculaient en moi étaient très fortes, mélange de douleur, d’humiliation et d’excitation sexuelle. Je mouillais.

    Il me repoussa de nouveau brutalement sur le plancher. Nouvelle claque sur chaque fesse. Nouveau grognements inaudibles de ma part. Je sentis sa main entre mes fesses, puis ses doigts s’introduire entre mes lèvres serrées, puis remonter vers le haut dans ma raie.

    S’approchant de moi, il me saisit par la taille, à la manière d’un sac. Il me porta sur quelques mètres et me posa de côté sur une petite table. Mes fesses dépassaient d’un des bords et mon visage du bord opposé. Il se plaça derrière moi.

    Je sentis ses doigts m’appliquer du gel sur la fente. Il ouvrit sa braguette, libérant son sexe tendu. Il se guida de la main et me pénétra brutalement, puis commença à aller et venir en moi. J’étais à la merci de cet homme, un jouet sexuel. Humiliation et excitation. Il sortait son sexe du mien, et le plantait à nouveau.

    Je le sentis se retirer. Le sexe toujours tendu par la braguette ouverte, il vint devant moi. Il prit dans sa poche un anneau de métal d’environ cinq centimètres de diamètre, muni de deux lanières de cuir. Il m’ôta le baillon et m’introduisit l’anneau entre les dents, me maintenant la bouche grande ouverte. Il noua les lanières derrière ma tête.

    Il prit son membre dans la main et me l’introduisit dans la bouche au travers de l’anneau qui la maintenait ouverte. Il l’enfonça profondément. Ma respiration devenait difficile. Les larmes me montaient à nouveau aux yeux. Il entama un mouvement brutal de va–et–vient. Je sentais la salive couler de mes lèvres.

    Durant les minutes suivantes il alterna les pénétrations entre ma bouche et ma chatte, toutes deux offertes à son bon plaisir. Je ressentais des choses puissantes et étranges. Mes liens me faisaient mal, ainsi que l’anneau dans la bouche, j’étais filmée, impuissante, en train de me faire baiser, humiliée. Et pourtant, au–delà de tout ça, mon ventre était en feu, avide de jouissance, animé d’un désir irrépressible.

    David me reposa sur le plancher. Il m’ôta le chemisier et la jupe, puis il délia mes chevilles et me conduisit vers un large fauteuil un peu plus loin. Il me contraignit à m’asseoir, les fesses presque au bord du fauteuil. Me saisissant les chevilles, il posa mes talons sur le bord du fauteuil, près de mes fesses, me relevant les genoux. Il lia ensuite solidement mes genoux aux bras du fauteuil. La caméra était face à moi. J’avais la fente grande ouverte, béante, écartelée entre les bras du fauteuil. Je pouvais presque voir les images. Puis il m’attacha les bras derrière le dossier.

    Il s’éloigna et revint en portant un bâton d’environ un mètre cinquante au bout duquel était fixé un énorme gode recouvert d’un préservatif enduit de gel. Il approcha le gode de ma fente et le fit glisser lentement sur mes lèvres. Puis il me pénétra lentement, de toute la longueur. J’avais l’impression d’être fendue en deux. Le gode remplissait totalement mon vagin. Il commença à le faire aller et venir, fermement. La sensation était intense et déroutante, provoquant à la fois un sentiment de refus et une onde de plaisir. Il s’immobilisa au fond de mon ventre, puis posa le bout du bâton en appui dans un anneau fixé au sol. Il s’éloigna à nouveau.

    Je le vis revenir muni d’un cylindre de plastique sur lequel était monté une boule vibrante en latex. Il pressa fortement la boule sur mon clitoris et enclencha le vibreur. Après une courte sensation d’échauffement, je sentis le plaisir monter de mon ventre. Un orgasme fulgurant me contracta soudain. Je tremblais en me contractant sans retenue autour du gode planté en moi. Je sentais le liquide qui coulait en abondance de mes lèvres. Je jouissais sous les mains de mon tortionnaire. La caméra rivée sur mon sexe.

    David détacha mes jambes endolories et me laissa reprendre mon souffle.

    Il me releva ensuite, les bras toujours liés derrière le dos. Il me conduisit face à un tréteau assez large, recouvert d’un bourrelet de cuir. Il se baissa et noua chacune de mes chevilles à un anneau fixé au sol, jambes largement écartées. Il me fixa ensuite un collier de cuir muni d’un anneau autour du cou. Puis il me contraignit à me pencher en avant à quatre–vingt dix degrés, mes épaules reposant sur le cuir du tréteau. Il passa une corde dans l’anneau du collier et l’attacha à un anneau au sol, m’empêchant de me relever. Il noua une nouvelle corde à mes poignets, qu’il tendit avec une poulie en hauteur, tirant assez fortement mes bras en arrière vers le haut. J’avais toujours l’anneau entre les dents.

    Il avait pris soin de disposer un grand miroir en pied légèrement de côté, face à moi, me permettant de voir ce qu’il faisait derrière moi.

    Je le vis saisir une corde descendant d’une poulie au plafond. A son extrémité était fixé un crochet de métal en arc de cercle d’environ trente centimètres. L’extrémité du crochet se terminait par une boule de métal d’environ deux centimètre. Il enduisit la boule de gel.

    Je sentis le contact du gel sur mon périnée. Il amena la boule au contact de mon anus, puis l’introduisit lentement et profondément dans mon rectum. Il tendit ensuite la corde, exerçant une faible traction sur mes jambes, et la fixa à un anneau. J’avais l’impression que j’allais me déchirer. Le crochet et la boule tiraient doucement sur tout mon bas–ventre. C’était douloureux mais, encore une fois, parfaitement excitant. Démesurément excitant. Cet homme avait fait de moi un jouet sexuel dont il usait comme bon lui semblait.

    Je le vis sortir à nouveau sa queue tendue en une forte érection. Se plaquant contre mes fesses, il me pénétra brutalement de tout son membre. Il commença un mouvement de va–et–vient appuyé. La salive coulait de mes lèvres. Ma chatte était en feu.

    Il se retira d’un coup sec et vint se placer devant mon visage. Il glissa sa verge dans l’anneau, au fond de ma gorge. J’avais les larmes aux yeux. Il me laboura la bouche sans ménagement. Il se retira et se pencha à mon oreille :

    – Tu veux que je jouisse dans ta bouche ou dans ta chatte ?

    J’émis un grognement indistinct.

    – Dans ta bouche ?

    Je hochai la tête. Il défit les lanières de cuir derrière ma nuque et libéra ma bouche de l’anneau de métal. Il introduisit à nouveau sa queue entre mes lèvres. Il me pénétrait profondément, tenant ma tête entre ses mains. Les émotions bouillonnaient en moi. Entravée, à moitié suspendue par l’anus, un homme utilisait brutalement ma bouche pour jouir de moi. J’étais en permanence au bord d’une jouissance animale depuis un long moment. J’avais envie que cela se termine tout en souhaitant de nouveaux tourments, de nouvelles sensations. La caméra était devant mon visage.

    Je le suçai avec ardeur, y mettant toute mon expérience. Je voulais le faire jouir, je voulais avoir le goût de son sperme. Il sortit légèrement de ma bouche, le gland en appui sur ma lèvre inférieure, et il se masturba. Le sperme jaillit brutalement sur mes dents, sur ma langue, sur mes lèvres, au fond de ma gorge. Je le buvais goulûment, me repaissais de sa semence. Je le regardais droit dans les yeux.

    Il s’éloigna tandis que la caméra cadrait toujours sur mon visage, le sperme coulant de ma bouche, les yeux hagards.

    Je le sentis ôter avec délicatesse le crochet de mon anus. Il défit ensuite mes liens un à un et m’aida à me redresser. Il me couvrit d’un épais peignoir et me fit asseoir dans le fauteuil.

    – Je te laisse reprendre tes esprits tranquillement. Tu sais ou est la salle de bain, tes vêtement t’y attendent.

    Je récupérai lentement, bouleversée par la puissance de ce qui avait déferlé en moi de violence, de plaisir, de peur, de jouissance.

    Je me rendis à la salle de bain. Le miroir me montrait les cernes sous mes yeux encore brillants. Après une longue douche brûlante, je me rhabillai et rejoignis David dans le salon. Il m’avait préparé un assortiment de boissons. J’avalai un Perrier. Il me tendit un DVD dans un boitier sans inscription.

    – Voilà, c’est à toi. Je n’en ai gardé aucun copie, c’est l’unique exemplaire de ce qui vient d’être filmé.

    Je le remerciai, me levai et quittai la maison. Lui et moi savions que nous ne nous reverrions probablement pas.

    J’appelai Elodie en rentrant chez moi et lui demandai si elle voulait venir me tenir compagnie le soir. J’avais un impérieux besoin de sa tendresse et de son amour. Elle accepta avec empressement.

    Elle arriva vers vingt heures, portant un grand sac contenant ce qu’elle venait de prendre chez le traiteur. Je l’embrassai avec fougue.

    – Je te manquais tant que ça ? Demanda–t–elle en souriant.

    Je plaquai mes mains sur ses fesses.

    – Non, j’avais seulement envie de ton joli petit cul ! Répondis–je en éclatant de rire.

    Elle rit à son tour. J’ouvris une bouteille de vin et nous mangeâmes rapidement, en bavardant de tout et de rien. Nous nous installâmes ensuite confortablement dans le canapé avec un thé.

    Je lui avais un peu parlé de David, mais sans vraiment entrer dans les détails. Je lui racontai ma découverte de son métier et l’enchainement des évènements de la semaine jusqu’à l’après–midi.

    – Voilà, j’ai cédé à mes pulsions profondes et je me suis livrée à l’expérience avec lui aujourd’hui. Cela a été vraiment très fort mais aussi un peu déstabilisant. J’aimerais te faire voir la vidéo, si tu veux bien.

    – Eh bien regardons–là, répondit–elle avec une lueur d’intérêt dans le regard.

    J’insérai le DVD et le lançai. Nous n’échangeâmes pas un mot pendant la vidéo qui durait près d’une heure. Les réactions d’Elodie se traduisaient par son attitude et ses gestes. Elle me pressait la cuisse, la main, passait son bras autour de moi. Je discernais chez elle le mélange de voyeurisme et d’excitation que j’avais ressenti en regardant les images chez David. Elle aussi était captivée, d’autant plus qu’il s’agissait de moi. La vidéo prit fin sur le plan où je passais le peignoir. La caméra s’attardait sur mon visage où se lisait la fatigue mais aussi les vagues de plaisir que j’avais ressenties et de la frustration.

    – Qu’en penses–tu ? Demandai–je à Elodie.

    – C’est vraiment... très puissant. Je ne peux pas vraiment savoir ce que tu as ressenti, mais je sais ce que ça provoque en moi...

    – J’ai ressenti des choses très complexes et très fortes. J’étais immobilisée, à la merci d’un homme qui utilisait mon corps comme un jouet, malmenée, et j’étais en même temps profondément excitée, souvent au bord de la jouissance. Paradoxalement, j’avais envie qu’il me brutalise et qu’il me prenne de force comme une esclave. Tu vois ce que je veux dire ?

    – Oui. Et c’est d’autant plus excitant pour moi que c’est toi sur ces images...

    – Tu aurais aimé être à ma place, à celle de David ?

    – A ta place, peut–être, je ne sais vraiment pas. A la place de David, non, mais à défaut de te malmener, j’ai follement envie de toi...

    Elodie se jeta sur moi. La tendresse de ses mains habiles nous firent sombrer rapidement dans une étreinte douce et passionnée.