Weekend découverte
Adolescente, vers l'âge de dix–sept ans, j'avais appris depuis assez longtemps comment me donner du plaisir. Comme beaucoup de filles de mon âge sans doute, j'aimais me masturber très fréquemment. Je dois avouer qu'aujourd'hui encore, j'apprécie toujours cette forme solitaire de plaisir qui me permet de gravir à mon gré tous les paliers de ma jouissance, et j'en use encore très souvent.
J'avais alors une amie proche, Nadège. Nous étions au lycée ensemble, et partagions nos petits secrets. Pour curieux que cela puisse paraitre, nous étions vierges l'une et l'autre. Nous étions certes très intéressée par les garçons, et nous avions pratiqué à maintes reprises des flirts "poussés", mais sans aller jusqu'à la pénétration. Non pas en raison d'une quelconque crainte, mais parce que je souhaitais vraiment "profiter" de la chose autrement qu'à la "sauvette", ce qui aurait certainement été le cas avec un garçon de notre âge à l'arrière d'une voiture ou dans un endroit inconfortable.
Avec Nadège, nous échangions très souvent, profitant des moments que nous passions ensemble, au lycée ou en dehors. Vers la fin du mois de mai, Nadège m'indiqua que ses parents s'absentaient pour le weekend de la Pentecôte et la laisseraient seule, avec l'autorisation de m'inviter si elle le souhaitait. Je ne me fis pas prier pour accepter.
Nadège et ses parents habitaient dans une grande maison de la banlieue sud de Paris, a quelques kilomètres de chez moi. Je la rejoignis le samedi en début d’après–midi, munie de mes affaires pour le weekend qui s'annonçait.
Elle me fit
visiter les lieux et me proposa la chambre jouxtant la sienne pour
mon séjour.Après avoir écouté de la musique une bonne partie de
l'après–midi (les consoles de jeu n'existaient pas), nous avions
bavardé un long moment, puis nous avions diné dans la
cuisine.
Nous nous étions ensuite changées (long T–shirt pour moi et pyjama fin pour Nadège), puis installées devant la télé et, devant le peu d'intérêt des programmes, Nadège avait proposé de passer un film sur le magnétoscope.
Après avoir regardé "Paris Texas", Nadège me proposa d'en regarder un autre. Nous commençâmes à fouiller dans le stock de K7. Tout au fond du meuble, derrière les autres K7 empilées, nous trouvâmes des films très différents... en l'occurrence trois films X cachés là par ses parents. Excitées et vaguement gênées, nous les passâmes en revue.
– On en regarde un ? Demanda Nadège.
– Oui, cela devrait être excitant !
– Tu en as déjà vu ?
– Non, et toi ?
– Non plus, raison de plus.
Elle lança la lecture. Nous étions confortablement installées dans le grand canapé du salon. Le film était très "classique", mettant en scène un ou plusieurs couples se caressant de diverses manières, puis faisant l'amour dans des positions variées.
L'excitation me gagnait peu à peu tandis que nous regardions le film. J'avais croisé les jambes, exerçant discrètement de légères pressions sur ma vulve avec mes cuisses, une main posée sur le ventre ; je sentais mon sexe moite.
Du coin de l'œil, j'observais Nadège à un mètre de moi qui se
trouvait sensiblement dans le même état.
Nous étions très proches et nous racontions tout ou presque, ainsi que je l'ai dit, mais n'étions pas "intimes" au sens physique du terme. Un sentiment de gêne, diffus, flottait sur nous. Nous étions l'une et l'autre très excitées mais n'osions pas aller plus loin en présence de l'autre. Je fis le premier pas :
– Je suis vraiment excitée par ce que nous venons de voir, lui dis–je, les mains plaquées sur mon bas–ventre.
– Et moi donc !
– Tu sais, j'avais une envie folle de me caresser en fait...
– Moi aussi, confirma–t–elle en me souriant.
– Tu veux qu'on en regarde un autre ?
– Bonne idée !
Elle lança une seconde K7. Le film commençait de manière assez semblable à celui que nous avions déjà vu. Notre excitation n'avait pas diminué.
– Cela te gêne si je me caresse ? Osai–je lui demander, chassant un vague sentiment de gêne.
– Pas du tout. Et je crois que je vais en faire autant... s’empressa–t–elle de répondre.
Je glissai la main entre mes cuisses et commençai à me masser la vulve à travers mon T–shirt. Je sentais l'humidité sous mes doigts. Je me caressai lentement, pressant un peu sur mes lèvres. Mon excitation grandissait rapidement.
Tournant légèrement la tête, je vis que Nadège se caressait elle aussi, la main dans son pantalon de pyjama.
– Mais tu triches ! M'exclamai–je en riant.
– Pas du tout. C'est toi qui as choisi ce que tu portes, et d’ailleurs personne ne t'empêche de l'enlever. Nous sommes seules pour le weekend, à l'abri des regards, rien ne te retient.
– Puisque c'est comme ça... Ajoutai–je en riant.
Et je fis glisser mon T–shift par dessus ma tête, maintenant nue dans le canapé. Nadège me regarda, les yeux légèrement brillants. Elle observait mon corps avec intérêt, de mes seins tendus par l’excitation, à la fine toison brune de mon sexe. Je posai à nouveau les doigts sur ma vulve, vaguement confuse et très excitée en même temps.
Cédant à ses envies, Nadège retira a son tour son haut de pyjama, découvrant de très jolis seins aux aréoles roses et aux pointes plus foncées. Puis elle fit glisser son pantalon, me révélant ses boucles très pâles – elle avait les cheveux blond clair – qui laissaient deviner sa fente plus sombre.
– Voilà, nous sommes à égalité, dit–elle, mutine.
Elle posa elle aussi sa main sur son sexe, et nous nous concentrâmes sur le film. Je me caressais plus activement. Mes doigts s'inséraient peu à peu entre mes lèvres tandis que j'écartais plus largement les cuisses. Je me pénétrais légèrement, puis remontais jusqu'au clitoris et recommençais, me caressant les seins de l'autre main.
Je tournai
un peu la tête vers Nadège. Elle me regardait me masturber, les
doigts plongés dans son sexe, la bouche entrouverte. Le plaisir
faisait briller ses yeux. Je plongeai mon regard dans le sien.Mes
doigts fouillaient ma fente, plus profondément, plus rapidement.
Une onde de chaleur naissait au creux de mon ventre. Je tirai sur
mes seins, les pinçais, ils me faisaient délicieusement
mal.
Nadège commençait à haleter. Elle s'allongea légèrement, se tournant un peu plus vers moi, me regardant toujours. Elle se caressait sans retenue, les jambes grandes ouvertes. Je voyais ses doigts brillants entrer et sortir entre ses lèvres. Ce spectacle m'excitait au moins autant que mes propres caresses.
L'orgasme monta soudain. Je resserrai les cuisses, mon sexe palpitait autour de mes doigts, une intense chaleur m'envahissait. Le souffle court, je jouissais, les yeux rivés à ceux de Nadège. Cela dut accélérer son propre plaisir. Elle s'immobilisa, les doigts plantés en elle, agitée de petits soubresauts, sans cesser de me regarder.
Reprenant notre souffle, nous nous redressâmes légèrement dans le canapé. Nous avions le feu aux joues. Je me lançai et repris la parole :
– C'était un peu troublant, mais terriblement excitant et très très érotique... J'ai éprouvé un plaisir intense.
– Moi aussi, j’ai beaucoup aimé.
Nadège appuya sur la touche pause du magnétoscope, se leva et s’éclipsa dans le couloir pour revenir quelques instants plus tard portant deux grandes serviettes de bain. Elle m’en tendit une :
– Cela nous évitera de tacher le canapé...
Nous étendîmes les deux serviettes côte à côte et nous réinstallâmes...
un peu plus proches qu’auparavant.
La télécommande dans la main, Nadège me demanda à brûle pourpoint, comme si elle se jetait à l’eau :
– Cela ne te choque pas que je me sois caressée en te regardant ?
– Mais j’ai fait la même chose, tu sais, et je pense que cela a augmenté mon plaisir.
– Je n’osais pas te le dire, mais j’ai ressenti la même chose. Tu crois que c’est normal ?
– Je ne sais pas, mais nous nous faisons plaisir, nous ne faisons de tort à personne, et nous sommes seules. Donc je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas normal, ajoutai–je avec un clin d’œil.
– Tu as probablement raison, approuva Nadège. On regarde la suite ?
– Oui.
Je sentais toujours une douce chaleur en moi...
Nadège relança le film. Nous étions maintenant assises à cinquante centimètres l’une de l’autre. L’écran montrait une femme caressant un homme assez fortement membré. Elle le prenait ensuite dans sa bouche. Un léger frisson me parcourut et ma main glissa à nouveau presque inconsciemment vers mon sexe. Nadège en faisait autant, avec moins de retenue qu’auparavant, des gestes plus spontanés. Nous nous caressions lentement, captivées par la fellation.
La scène
suivante cadrait deux jeunes femmes, visiblement une servante et la
maitresse de maison. Cette dernière s’approcha et prit la servante
par la taille qui se laissa enlacer.La maîtresse de maison posait
ensuite ses lèvres sur les siennes et les deux femmes
s’embrassaient à pleine bouche. Un trouble nouveau m’envahissait
peu à peu.
La maitresse de maison dénoua le tablier blanc de la servante. Elle déboutonna ensuite son chemisier, dévoilant ses seins, puis dézippa sa jupe noire qui glissa au sol. La servante portait uniquement des bas tenus par un porte–jarretelle. Les boucles claires de son pubis captaient la lumière. La main de la maitresse de maison descendit lentement sur le ventre de la servante, vers son sexe.
Ma respiration devenait plus rapide, mes doigts plus agiles. Même si le sujet avait déjà été évoqué plus ou moins clairement, je n’avais encore jamais vu de scène de sexe entre deux femmes. Mais je ressentais très bien l’effet que cela provoquait en moi. Je regardai Nadège à la dérobée. Elle se caressait avec force. La bouche entrouverte, je lisais sur son visage un trouble et un indéniable attrait, identiques aux miens. Elle tourna la tête vers moi.
Sur l’écran, les deux femmes se caressaient mutuellement, allongées sur un lit. Le spectacle déclenchait en moi des pulsions encore inconnues mais enivrantes. Je me caressais toujours. Nadège me regardait avec un mélange de sensualité et de désir. Mes yeux la dévoraient inconsciemment.
Comme animée d’une vie propre, ma main droite se posa doucement sur sa cuisse. Sa main gauche rejoignit la mienne, restant un moment immobile. Notre respiration était saccadée. La douceur de sa peau me ravissait. Ses doigts s’animèrent, frôlant le dos de ma main. Sans réelle conscience de ce que je faisais, je glissai sur sa peau, remontant vers l’aine.
Mon cœur battait plus rapidement.
Nadège accompagnait mon mouvement, l’encourageait, le souffle court. Du bout des doigts, j’atteignis les boucles fines et soyeuses de sa toison. Je m’immobilisai. Ses doigts me pressèrent doucement. Je lisais de la tendresse et un profond désir dans ses yeux brillants. Je caressai la courbe de son pubis sous les boucles délicates. La pression de ses doigts s’accentua légèrement.
Le cœur battant la chamade, je m’aventurai plus bas. Nadège écartait les jambes, appuyant plus fortement sur ma main. Je touchais maintenant le haut de ses lèvres et le renflement de son clitoris. Je caressais le sexe d’une autre femme. J’y prenais un plaisir certain et intense. Nadège me guida plus loin, dans la moiteur de sa fente. Ma caresse se fit plus appuyée.
Sa main quitta la mienne pour se poser à son tour presque timidement sur ma cuisse. Je la saisis doucement et la guidai vers ma vulve brûlante. J’ouvris les cuisses pour l’inviter en moi. D’abord légèrement hésitante, sa caresse prit peu à peu de l’assurance. Ses doigts me pénétraient délicatement, glissaient peu à peu en moi. Nous ne nous étions pas quittées du regard.
Nos caresses réciproques se faisaient plus intenses, l’envie d’offrir du plaisir à l’autre nous animait avec autant de force. Je m’introduisais plus profondément en elle, remontais presser son clitoris gonflé, retournai en elle. Nadège me caressait de mouvements presque symétriques. Mon ventre était brûlant, mon corps en feu. J’intensifiai encore mes caresses.
Nadège
haletait, la bouche ouverte, les yeux mi–clos.Elle plaqua soudain
sa main sur la mienne, m’immobilisant en elle, traversée de
spasmes. Elle était en train de jouir sous mes caresses. J’étais
grisée. Elle reprit son souffle. Sa main s’anima de nouveau en moi,
m’invitant au plaisir. Je m’abandonnai à elle. Ses doigts
fouillaient délicatement en moi, m’écartaient, plongeaient à
nouveau entre mes lèvres détrempées.
Je me laissai emporter par une vague intense, inconnue, qui me transperça de part en part. Agitée de fortes contractions, l’orgasme se déversait en moi. Je rouvris les yeux sur le visage de Nadège où se peignaient l’émotion, le plaisir, la tendresse. Sa main était toujours posée sur moi. Je la saisis, la portai à mes lèvres et l’embrassai avec douceur.
Nous étions en même temps décontenancées et ravies. Nous ne nous quittions pas des yeux, silencieuses. Je m’inclinai vers Nadège. Son visage s’approcha du mien. Nos bouches se touchèrent en un baiser hésitant. Elle fit le premier pas. Nos lèvres se pressèrent, s’entrouvrirent. Nos langues se cherchaient, se trouvèrent. Nous nous embrassions avec un désir teinté de douceur.
Nous nous écartâmes l’une de l’autre lentement, comme à regret, en proie à des émotions intenses. Nadège rompit le silence :
– Tu crois que nous sommes lesbiennes ?
– Je ne sais pas. Je suis toujours aussi profondément attirée par les garçons tu sais, et je pense que toi aussi...
Elle acquiesça d’un sourire.
– Et là, quelque chose de fort et surtout de très agréable s’est produit entre nous, qui ne fait de mal à personne et qui ne concerne que nous.
Alors même si c’est peut–être troublant, ça me plait beaucoup et je ne nous considère pas comme des bêtes curieuses.
Nadège partageait visiblement mon opinion. Il était tard. Nous étions fatiguées et légèrement étourdies.
– Je vais prendre une douche avant de dormir, dit gaiement Nadège.
– J’irai après toi.
Elle se dirigea vers la salle de bain. La K7 était terminée depuis un moment. Je la rangeai ainsi que les deux autres au fond du meuble et remis de l’ordre rapidement. Je pris les serviettes et rejoignis la salle de bain. Nadège sortait de la douche. Sa peau claire perlait de petites gouttes d’eau. Elle était ravissante.
Je pris une douche rapide et me séchai. Nous quittâmes la salle de bain.
– Tu veux dormir avec moi ? Demanda Nadège d’un ton timide où perçait aussi le désir.
– Je n’ai pas osé te le proposer, mais rien ne me ferait plus plaisir.
– Mes parents ont un immense lit dans leur chambre. J’y dors parfois lorsqu’ils ne sont pas là. Nous y serions plus à l’aise que dans le mien...
– Je te suis.
Nous nous glissâmes sous les draps. Encore légèrement hésitante, Nadège passa son bras sous ma nuque. Je me serrai contre elle. Nos lèvres se touchèrent pour un baiser fougueux. Quelques instants après nous dormions, apaisées.
Un mouvement me réveilla le lendemain matin. J’ouvris les yeux. Ma joue sur l’épaule de Nadège, celle–ci me souriait, un bras autour de mes épaules.
– Bonjour, me dit–elle joyeusement. Tu as bien dormi ?
– Oh oui, répondis–je en m’étirant. Je ne t’ai pas gênée en dormant, je n’ai pas trop bougé ?
– Pas du tout. Je viens juste d’ouvrir les yeux aussi.
Le trouble ressenti la veille était toujours présent entre nous, mais atténué, en filigrane. Je l’embrassai. Elle répondit presque instantanément à mon baiser. Le désir que nous avions éprouvé revenait au galop. Je laissais ma main vagabonder sur sa peau douce. Je m’attardai sur ses seins pour la première fois, massant délicatement leurs pointes déjà dressées. Je plaquai mon pubis contre sa hanche, mon genou entre les siens.
Nadège se lova contre moi. Mes doigts descendaient sur son ventre. J’effleurai sa toison, fin duvet bouclé. Je la sentis frémir, ouvrant un peu les jambes. Je frôlai sa fente tiède et moite. Elle me mordit doucement la lèvre. Je me redressai sur un coude, et penchai la tête sur son buste. Je posai la bouche sur une aréole, aspirai délicatement le bout durci. Nadège vibrait sous la caresse.
Ma bouche se fit plus vorace. Abandonnant bientôt ses seins, je ponctuai son ventre de baisers, descendant toujours. Je frottai le nez sur son duvet. Sa respiration devenait rauque. Je posai un baiser sur le capuchon de chair. Elle s’ouvrit largement. Ma langue se fit curieuse.
Je respirais son intimité, délicate odeur suave, à peine sauvage, attirante. Puis je plongeai en elle de la langue, la goûtant avec douceur, tandis qu’elle fondait de plaisir sous mes lèvres. Emportée par mon propre désir, je l’enjambai, lui offrant à mon tour le calice de ma vulve.
Posant les mains sur mes reins, elle m’attira, enfouissant son visage entre mes cuisses. Elle me goûta à son tour puis, enivrée, m’écartait de ses doigts, pour mieux entrer en moi et boire à la source que je lui offrais.
Nous nous abandonnâmes l’une à l’autre, nous repaissant de parfums encore inconnus et divins, buvant une liqueur entêtante et douce. Nous nous entredévorions sans vergogne, assoiffées. La jouissance me submergea, à nouveau brutalement. Je me sentais littéralement ruisseler dans la bouche de Nadège. Très vite, elle jouit à son tour, palpitant sous mes lèvres, m’inondant de plaisir. Nous restâmes un moment immobiles, nos lèvres posées sur d’autres lèvres.
Je me redressai, l’enjambai à nouveau et vins m’accroupir sur son ventre. Je pris son visage entre mes mains et l’embrassai à pleine bouche, mêlant nos saveurs, goûtant notre plaisir. Puis je m’allongeai à nouveau près d’elle. Notre trouble et notre timidité étaient loin de nous.
Après une douche rafraichissante, nous consacrâmes ensuite la fin de la matinée et l’après–midi à ce que nous étions censées faire initialement, réviser en vue des examens qui nous attendaient au cours des semaines suivantes. Le travail nous absorba totalement jusqu’au soir. Nous dinâmes à nouveau rapidement dans la cuisine pour nous retrouver installées dans le canapé du salon, regardant distraitement la télé.
Sans avoir échangé depuis le matin sur ce qui s’était passé entre nous, Nadège et moi étions animées des mêmes pensées. La situation était identique à celle de la veille. En fait, nous souhaitions toutes deux la même chose – recommencer –, sans qu’aucune n’ose vraiment prendre l’initiative. Nadège se jeta finalement à l’eau :
– Viens, j’ai quelque chose à te montrer, me dit–elle.
Me prenant par la main, elle m’entraina à l’étage, dans la chambre de ses parents. Elle me fit asseoir sur le lit tandis qu’elle allait dans le petit dressing attenant. Elle revint rapidement, tenant une pochette de toile qu’elle posa sur le lit.
– Il y a quelques semaines, en cherchant un vêtement dans les affaires de ma mère, j’ai trouvé ça.
Elle ouvrit la pochette et en sortit trois godes de tailles et de formes différentes. Le premier était assez court et fin, le second était plus grand, lisse avec une base renflée semblant contenir des piles, le troisième était de la taille d’un beau sexe d’homme et en imitait le relief et la texture. Là encore, même sans grande expérience nous savions à peu près de quoi il s’agissait…
Je les pris un à un dans les mains. Nadège en fit autant.
– Tu t’en es déjà servi ? Lui demandai–je.
– Non, je n’ai pas osé… Et toi, tu as déjà essayé ?
– Non. Ca te plairait ?
– Je pense, et toi ?
– Moi aussi.
Je me levai,
le plus gros des trois dans la main, et m’approchai de Nadège.Je la
pressai contre moi, le gode serré contre nos ventres.
– Ca ne te rappelle pas quelque chose ? Quand tu embrasse un garçon qui t’excite par exemple ?
Je posai mes lèvres sur les siennes et l’embrassai. Une intense vague de désir remonta en nous presque instantanément. Je glissai les mains sous son T–shirt, puis descendis pour déboutonner son jean. Nadège s’affairait fébrilement sur le mien. Le gode tomba sur la moquette. Nos jeans au sol, nous ôtâmes mutuellement nos T–shirts ainsi que nos strings. Nous nous caressions avidement, nos corps nus.
Je me baissai, ramassai le gode, puis poussant Nadège sur le lit, je m’allongeai près d’elle.
– Alors, on essaye ? Lui demandai–je en le posant sur son ventre.
– Oui ! Mais qui commence ?
– Moi. Mais on va prendre notre temps...
Je me lovai contre elle et baissai la voix :
– Tu sais ce que j’aimerais ?
– Dis–moi...
– Si tu veux bien, j’aimerais que tu me fasses l’amour. D’abord que tu me caresses comme on l’a déjà fait, et qu’ensuite tu me pénètres avec le gode comme le ferait un garçon. Et ensuite on inversera les rôles.
– Ca m’excite beaucoup, mais...
– Quoi ?
– Si on se pénètre avec ça, nous ne serons plus...
vierges...
– J’y ai pensé. Mais tu sais, si c’est un garçon qui me fait ça, ce sera probablement malhabile, rapide et sans intérêt. Tandis que maintenant, nous sommes seules, avons toute la soirée devant nous, et avec toi j’ai ressenti tellement de plaisir que j’ai envie que ce soit toi.
– Tu es sûre ?
– Oui, vraiment, soufflai–je en la prenant dans mes bras.
Très excitée, elle me fit rouler sur le dos et s’allongea sur moi. Sa langue força mes lèvres pour chercher la mienne. Sa timidité s’évanouissait rapidement. La mienne avait déjà cédé la place à un désir puissant.
Nadège me caressait avec ardeur, sans retenue. Sa bouche descendit dans mon cou, puis sur mes seins qu’elle suçait délicieusement. Elle poursuivit sur mon ventre. Je lui caressai les cheveux. Elle descendit encore. Je devenais brûlante. Du bout des doigts, elle me caressa les lèvres et je m’ouvrais, déjà trempée. Sa langue glissait maintenant en moi. Le plaisir montait rapidement de mes reins.
Je la vis saisir le gode. Elle le porta à ses lèvres, puis le suça pour le lubrifier. Se redressant un peu, elle le posa contre mes lèvres. J’ouvris largement les jambes et pressai légèrement sa tête de mes mains, l’invitant à poursuivre. Elle commença à me pénétrer avec précaution. Je le sentais s’introduire entre mes lèvres, puis atteindre l’entrée de mon vagin.
Je relevai légèrement la tête. Elle me regardait, attentive.
– Continue, lui soufflai–je.
Elle continua, très doucement, s’introduisant progressivement en moi.
Je mouillais abondamment, ouverte et avide de ce doux
écartèlement. La pénétration devenait plus profonde. Je ressentis
une petite douleur, comme une piqure, qui s’estompa presque
immédiatement. Nadège accompagnait la pénétration de sa langue sur
mon clitoris. J’étais inondée de plaisir.
M’entendant haleter, elle l’enfonça plus profondément. J'avais la délicieuse impression de m'ouvrir en deux. Je saisis son poignet et accompagnai son mouvement encore plus loin. L'objet entra totalement en moi, me remplissant. Sensation encore inconnue, très agréable et particulièrement intense.
Je pressai son poignet. Nadège commença un mouvement de va–et–vient, me léchant toujours. Une onde de chaleur se répandit en moi. Je fermai les yeux, les mains dans ses cheveux, et me laissai aller. L'orgasme me transperça, fulgurant. Mon corps se tendit comme un arc. Tout mon ventre se contractait sans relâche autour de ce pieu planté dans mon vagin. Je sentais mon sexe ruisseler.
Je repris peu à peu mes esprits, épuisée par cette jouissance nouvelle, brutale et si profonde. Nadège retira délicatement le gode luisant. Elle m'embrassa avec douceur.
– Je ne t'ai pas fait mal ? Demanda–t–elle.
– Non ! Tu m'as fait découvrir une forme de plaisir très puissant.
– Mais tu n'as pas sentit de... douleur ?
– Si tu veux parler de ma virginité, j'ai juste senti comme une piqûre d'aiguille pendant quelques secondes, et puis plus rien, seulement le plaisir de la sensation de cet objet qui allait et venait au fond de mon ventre pendant que tu me caressais.
C'était magique, vraiment.
Je saisis le gode que Nadège avait posé près de moi. Quelques minces filets rouge clair en striaient le bout, éphémères souvenirs de ma défloration. J'étais profondément heureuse de la manière dont ça s'était fait, de la douceur de Nadège et, bien sûr, de ce que j'avais ressenti.
– A ton tour ? Lui proposai–je.
– Je ne sais pas. En fait je ne suis pas totalement sûre de moi...
– Ce n'est pas grave, je comprends. Il n’y a aucune obligation, tu sais. Tu te sentiras peut–être prête un peu plus tard.
Je posai un baiser sur ses lèvres, puis me relevai :
– Je vais prendre une douche.
Je rejoignis la salle de bain. La douche très chaude accentua la sensation de bien–être profond que je ressentais. En me lavant, je m’aperçus que j’avais en fait très peu saigné et que je n’éprouvais aucune douleur. Combien de filles m’avaient dit de la défloration : « tu auras mal, tu vas saigner, ça sera désagréable et douloureux, mais il faut en passer par là...». Je venais au contraire de connaître une nouvelle forme de plaisir qui me comblait.
Je pris également conscience que la magie qui nous avait réunies, Nadège et moi, était en train de s’évanouir. Mais la magie de ce weekend m’avait révélé trois choses très importantes : j’aimais énormément le plaisir tendre et sensuel procuré par une femme, j’aimais donner du plaisir à une autre femme, et j’étais impatiente de sentir le membre d’un homme aller et venir en moi.
Le mardi suivant, je consultai un gynécologue qui me prescrivit la pilule.