Chapitre 32

Une thèse de déception

Si l’on devait en croire Pokey, à l’arrivée des Blancs, il existait sept carquois sacrés. Chacun d’eux avait été confectionné par quatre hommes-médecine qui avaient eu la même vision au même instant. Après avoir fabriqué les carquois, les hommes-médecine firent le serment de ne jamais se retrouver de crainte que l’un d’eux vole les pouvoirs combinés des quatre. Ces carquois renfermaient la plus extraordinaire magie qu’un guerrier puisse rêver de posséder, capable de protéger son porteur contre toutes les armes de ses ennemis, de lui donner la possibilité de voyager rapidement sans limite, de pénétrer le royaume des Disparus, de s’y cacher en cas de besoin et d’en revenir indemne. Des sept carquois originels, deux avaient été détruits dans un incendie, deux par une inondation, deux autres encore se trouvaient exposés dans un musée de Washington. Le dernier à quitter la réserve était aujourd’hui la propriété d’un collectionneur privé de Billings, qui l’avait acheté à une famille convertie au christianisme, cette famille pensant que ce carquois pourrait compromettre son salut éternel.

Au début Sam avait eu des doutes quant à l’authenticité de cette histoire. Il avait fini par y croire davantage par affection pour son conteur que par logique. Croire ou ne pas croire à cette histoire de carquois ne changeait pas grand-chose en définitive, tant qu’elle engendrait de l’espoir. L’action conjuguée à l’espoir valait toujours mieux que la paralysie des certitudes.

Quand Sam passa la porte de la maison de Chasseurs Solitaires, Cindy eut bien de la peine à le reconnaître. À leur première rencontre il était au plus bas, égaré et sans raison de vivre. Il semblait s’être reconstruit un but pour la vie.

— Je suis désolé pour tout à l’heure, dit Sam à Cindy, je ne voudrais rien imposer.

— Tu es de la famille, dit Cindy.

Réponse qui valait toutes les explications.

— Merci, dit-il. On a été voir Pokey. Il récupère.

— Ils vous ont dit quand il va pouvoir rentrer ?

— On le ramènera ce soir si les choses s’enclenchent comme prévu. Je peux téléphoner ?

Cindy lui montra l’appareil posé au milieu de bols et de boîtes de céréales.

Il appela d’abord le muséum de l’Ouest, à Cody, dans le Wyoming. En effet, il existait bien un collectionneur d’objets indiens du nom d’Arnstead Houston, à Billings, auquel ils achetaient certaines pièces de temps en temps.

Puis Sam appela son bureau à Santa Barbara.

— Gabrielle, il faut que vous preniez la clé de chez moi que je vous ai laissée. Dans ma penderie, vous prendrez la veste de velours côtelé, celle avec des coudières de peau. Vous la mettrez dans ma valise avec mes pantalons sportswear, une chemise de flanelle et ce chapeau débile à la Indiana Jones qu’Aaron m’a offert à Noël. O. K. ? Et puis vous mettrez aussi mon costume à fines rayures, une chemise, une cravate et des chaussures qui aillent avec. Ensuite vous allez porter tout cela à l’aéroport et expédier le paquet dans le premier avion pour Billings dans le Montana. S’il n’y a plus de place en soute vous achetez une place pour la valise. Vous mettrez ça sur le compte de la société. De plus, je veux que vous fassiez des recherches sur un certain Arnstead Houston dans tous les fichiers de nos correspondants. Ça doit être une adresse à Billings. S’il faut que vous alliez à l’Institut Central des Compagnies d’Assurances, n’hésitez pas.

Sam attendit que Gabrielle ait terminé d’entrer les données dans l’ordinateur. Elle trouva aussitôt le nom du correspondant qui, localement, assurait Houston. Sam nota le numéro de téléphone de son collègue.

— Gabrielle, je vais vous donner un numéro, vous m’y appellerez dès que vous aurez confirmation de l’heure d’arrivée de ma valise à Billings.

Et il lui donna le numéro du clan des Chasseurs Solitaires.

Puis il composa celui de l’assureur de Houston à Billings. Il prit un accent de l’Oklahoma.

— Oui, c’est cela, j’aurais besoin d’assurer quelques objets amérindiens de valeur. Arnie Houston s’est chaudement recommandé de vos services.

Sam laissa passer quelques secondes.

— J’ignorais que vous vous occupiez de telles choses. Vous souvenez-vous de l’intermédiaire auquel vous aviez confié le dossier d’Arnie ? La Boulder Casualty ? Vous avez leur numéro sous la main ? Merci beaucoup.

Sam avait à peine raccroché que le téléphone sonna.

— Allô ? À cinq heures aujourd’hui ? Y a pas plus tôt ? Merci Gabrielle. Oh, j’allais oublier : réservez-moi une voiture à l’aéroport de Billings. Un 4x4. Un Blazer ou un Bronco, enfin quelque chose dans le genre. Blanc de préférence. Je le prendrai à cinq heures. Oui, sur le compte de la société. Quoi ? Mais j’emmerde Aaron ! Dites-lui que je pars à la chasse ou un truc comme ça… Gaby, j’voulais vous dire… vous êtes simplement extraordinaire. Vraiment. J’ai jamais pris le temps de vous le dire. Voilà, c’est fait. Allez ! au revoir.

Il raccrocha et composa un autre numéro. Il opta cette fois pour le plus british des accents.

— Allô ? La Boulder Casualty ? Bonjour. Je m’appelle Samuel Smythe-White et j’officie pour la galerie Sotheby de Londres. Oui, en Angleterre. Je suis vraiment désolé de vous déranger mais nous avons un petit problème que vous pourriez peut-être nous aider à résoudre. Voilà de quoi il s’agit : nous avons récemment fait l’acquisition d’antiquités amérindiennes, ce qui est assez inhabituel pour nous, j’en conviens, et nous aimerions que vous puissiez nous recommander quelqu’un qui pourrait les authentifier. Leur propriétaire, qui souhaite rester anonyme, nous a dit que vous assuriez ce genre d’antiquités et que vous connaîtriez un expert. Oui, j’attends, je vous en prie.

Sam tint le téléphone à bout de bras et alluma une cigarette.

— Non, non, où que cet expert officie ne constitue pas un obstacle. Nous l’inviterons à Londres.

Sam griffonna quelques mots.

— Cher ami, vous êtes simplement extraordinaire. Je ne sais comment vous remercier.

Il raccrocha et composa cette fois le numéro d’Arnstead Houston.

— Bonjour monsieur Houston. Je m’appelle Bill Lanier. Je suis le nouveau doyen de la fac de recherches ethniques de l’université de Washington. Oui. Je me permets de vous appeler car je viens à l’instant de recevoir un coup de fil de la Boulder Casualty. Il semblerait que l’un des objets de votre précieuse collection ait été très sous-évalué. Ils souhaiteraient que nous jettions un œil afin de voir si la prime est en adéquation avec la réelle valeur de l’objet en question. Il va de soi que cette nouvelle estimation donnera encore davantage de valeur à l’objet dans l’hypothèse où vous souhaiteriez vous en défaire.

Sam reprit après quelques secondes.

— Il s’agit d’un carquois crow. Oui, celui en forme de cylindre taillé dans un morceau de cèdre évidé. C’est cet objet que nous aimerions contrôler. Il se trouve, simple coïncidence, que nous recevons ces jours-ci un expert crow. Nous pourrions être à Billings en fin d’après-midi, disons vers dix-sept heures trente. Non, je suis désolé, il doit reprendre l’avion car il a rendez-vous demain matin sur un chantier de fouilles en Arizona. Cette personne ne peut se libérer qu’aujourd’hui. Oui, j’ai votre adresse. Merci beaucoup, Monsieur.

Sam raccrocha et s’accorda un long soupir. Il avait tout réglé en moins de cinq minutes. Quand il se retourna, il vit que Cindy et Coyote le fixaient, bouche bée.

— C’était quoi tout ça ? demanda Coyote.

— Bon ! Toi, à partir de maintenant, tu travailles indirectement en tant qu’expert pour la compagnie d’assurances Boulder Casualty et moi, je suis le doyen de la fac d’anthropologie de l’université de Washington.

— Quand je pense que ça fait des années que je cherche du boulot, dit Cindy en hochant gravement la tête. Ils me demandent toujours de remplir des tas de formulaires.

Coyote dit à Cindy en aparté :

— Tu trouves pas qu’il a le regard fuyant ?

*

Arnie Houston examinait le carquois posé devant lui sur la table basse du salon. A ses yeux ce n’était qu’un vulgaire morceau de bois évidé rempli de saloperies. Que pourrait-il y avoir de plus bandant, se dit-il, que de changer de la merde en or ? Il était tellement excité qu’il en aurait pissé dans ses jeans Wrangler flambant neufs. Ah, pour sûr ! pensa-t-il, que Dieu bénisse l’archéologie, qu’il bénisse les musées, la préservation des objets historiques et la grande Amérique tout entière par la même occasion.

Ce tas de suif, avec son certificat d’études très primaires, ses bottes en peau de tortue à mille dollars la paire, son kilo de quincaillerie argentée incrustée de turquoises, à part cette masure de vingt pièces avec une Corvette garée au sous-sol, où aurait-il pu bien habiter ? Il avait pu acquérir tout cela en achetant et revendant des saloperies indiennes. Que Dieu bénisse encore les têtes d’œuf et tous ces connards que l’on qualifie d’anthropologues dès qu’ils ont écrit un semblant de thèse débile ou creusé deux trous dans un chantier de fouilles !

Arnie marcha jusqu’au bar où il se servit un ballon de tequila à trente sacs la bouteille. Heureusement, pour ce prix-là, elle vous laissait sur les poils de la langue le plus raffiné des jus de cactus ! Il cherchait dans l’alcool un effet apaisant. Faut surtout pas que je laisse croire à ces demeurés, tout juste capables de dire bonjour en vingt langues mortes différentes ou de rappeler que tel jour, il y a plus de deux cents ans, tel shaman est allé chier à tel endroit et quel rituel a suivi la chose, qu’il n’y a que le pognon qui me motive !

Pour acheter quelque chose ils allaient toujours voir le conseil tribal ou l’homme-médecine, quelle connerie ! C’est pas comme ça qu’il faut s’y prendre. Faut d’abord dégoter la famille qui possède vraiment quelque chose d’intéressant, et ensuite le membre de cette famille qui picole le plus. Et c’est quand il est fin saoul qu’il faut lui faire miroiter le pognon. Il n’y a pas d’autre moyen d’entrer en possession d’un objet inestimable pour une bouchée de pain ! Sur la réserve Yakima, Arnie venait juste d’acheter l’héritage d’une famille, tout un lot de travaux de perles, vieux de plusieurs siècles. Arnie était arrivé juste au moment où le crack et la cocaïne commençaient à faire des ravages dans la réserve, les Indiens ayant besoin d’argent frais. Le muséum de l’Ouest lui en avait déjà offert dix mille dollars !

Aux anthropologues ! pensa Arnie. Il porta aussi un toast aux poissons de son aquarium situé près du bar avant d’écluser cul sec son verre de tequila. Il jeta un œil à l’extérieur et vit un 4x4 Blazer blanc s’arrêter dans l’allée circulaire du jardin. Deux grands types en descendirent : un Indien en costume et l’autre vêtu d’une veste de velours côtelé et de pantalons sports-wear, sans aucun doute l’anthropologue. L’Indien devait être le fameux expert dont on lui avait parlé au téléphone, un Indien de la ville à première vue, un type qui vivait du fait d’être indien, dont le fonds de commerce devait être à coup sûr l’exploitation de sa race par les Blancs. Pauvres mecs ! pensa Arnie, y mériteraient même pas qu’on tire sur eux pour vider son flingue.

Arnie planqua son verre sous le bar et alla vers la porte. Avant d’ouvrir il se lissa les tempes sans oublier de remettre en place les cinq cheveux qui lui restaient sur le dessus du crâne.

— Monsieur Houston sans doute ? Je suis le docteur Lanier, de l’université de Washington, et je vous présente Élan Alerte, le monsieur dont je vous ai parlé au téléphone.

L’Indien salua d’un signe de tête.

— Mais entrez donc ! dit Arnie. J’ai sorti l’objet du coffre. Il est sur la table.

En fait, il n’avait pas de coffre-fort mais pensait que cela ne pouvait pas nuire de s’en inventer un. Il conduisit ses hôtes jusqu’au salon.

— Voilà la chose.

Bizarrement l’Indien se dirigea vers l’aquarium et se mit à scruter les poissons. Le professeur fit le tour de la table en regardant l’objet, comme s’il avait peur de le toucher.

— Vous l’avez ouvert ?

Arnie se concentra. Que devait-il répondre ? Ces gars-là, ça aimait jouer les détectives, trouver leurs propres explications.

— Non Monsieur. Celui qui me l’a vendu m’a dit ce qu’il y avait à l’intérieur : quatre flèches, un crâne d’aigle et un peu de…

Merde ! Comment allait-il décrire cette saloperie de poussière ?

— Et un peu de poudre sacrée, ajouta-t-il.

— De qui l’avez-vous obtenu ?

— D’un type qui habite la réserve. Une famille honorable. Il ne souhaite pas que je donne son nom. Il a peur que les vieux qui luttent pour maintenir les traditions ne lui fassent la peau.

— Je vais devoir l’ouvrir pour en déterminer très exactement la valeur.

— Tout à fait ! fit l’Indien qui s’intéressait toujours aux poissons de l’aquarium.

L’anthropologue lui jeta un regard noir. Mais qu’est-ce que c’était que ces deux zèbres ? Un Indien qui s’exprime avec un accent britannique, on aura décidément tout vu !

— Faites pour le mieux, répondit Arnie. Le couvercle s’enlève comme une capsule de bouteille. Ben, ça se passe exactement comme lorsque je l’avais ouvert moi-même.

— Beau travail, cher ami, dit l’Indien. Je me permets de vous signaler qu’il y a un poisson qui affirme que le carquois a été ouvert précédemment.

— Merci bien, Élan Alerte, fit le professeur qui semblait légèrement contrarié.

Il posa sa serviette sur la table, près du carquois, l’ouvrit et en sortit une paire de gants de coton blanc.

— Il serait dommageable de briser l’homogénéité du contenu, dit-il en enfilant les gants. Je préférerais de loin opérer en labo, mais je vous assure que je vais faire très attention.

Tu peux bien piétiner le machin si t’en as envie, pour c’que j’en ai à battre ! pensa Arnie. Mais que se jouait-il entre cet Indien et l’aquarium ?

Le professeur ouvrit délicatement le cylindre de bois et en posa le couvercle sur la table. Il retira les quatre flèches et en étudia la longueur. Quand il en examina les pointes, il s’exclama :

— Mon Dieu ! Élan Alerte, voyez-vous ce que je vois ?

— Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a à voir ? demanda Arnie. C’est intéressant ou c’est nul ?

L’indien daigna détacher son attention de l’aquarium.

— Extrêmement troublant, en effet.

— Quoi ? Expliquez-moi, fit Arnie.

Le professeur jeta un regard renfrogné à l’Indien avant de porter la flèche sous le nez d’Arnie.

— Vous voyez cette pointe de flèche, monsieur Houston ?

— Oui.

— C’est une flèche destinée à tuer du petit gibier. Mais l’aspect du métal n’est pas celui des pointes de flèches crow.

— Ce qui veut dire ?

— Ce qui veut dire que ce carquois date de l’époque à laquelle les peuples crow et hidatsa firent sécession. En d’autres termes, ce carquois a une valeur inestimable.

La vision d’une piscine olympique dans le jardin de derrière traversa l’esprit d’Arnie, avec une chiée de gonzesses en bikini autour, en train de s’huiler l’épi derme.

— Comment pouvez-vous être si affirmatif ?

— Pour plus de sécurité il faudrait que je l’emporte à l’université pour une datation au carbone 14.

Le professeur remit la flèche dans le carquois. Il sortit un formulaire de sa serviette.

— Vous comprendrez, monsieur Houston, que l’université ne peut garantir ce carquois à sa juste valeur. Ce que je peux faire, c’est vous laisser un document le garantissant pour une valeur de deux cent mille dollars jusqu’à ce que je vous le rapporte.

Le professeur attendit, le stylo en l’air.

Arnie fit semblant de réfléchir. En fait, il pensait à sa future piscine, qui serait couverte, tout compte fait, avec un jacuzzi rempli de belles filles.

— J’accepte votre proposition, dit-il.

Le professeur commença à rédiger le document.

— Nous vous rapporterons le carquois avant une semaine. Je veillerai personnellement à ce qu’il soit manipulé avec les plus grandes précautions. Si vous voulez bien signer là.

Il poussa le document vers Arnie qui vit, de ses yeux, la somme de 200 000 dollars en gros chiffres noirs. C’est tout ce qu’il avait à vérifier. Il signa et remit le document au professeur qui le rangea dans sa serviette et se leva.

— Bien, je vais aller au labo dès ce soir et commencer à travailler immédiatement. Dès que j’aurai déterminé la datation exacte, je vous appelle.

Il prit le carquois et se dirigea vers la sortie.

— Faites pour le mieux, leur redit Arnie. Au revoir.

— À la revoyure ! fit l’Indien en remontant dans le 4x4. Il ajouta :

— Vos amis les poissons m’ont dit qu’ils souhaiteraient que vous leur passiez une vidéo de Flipper le dauphin. Et qu’ils ne cracheraient pas sur des miettes de crevettes.

Arnie regarda le Blazer s’éloigner. Une fraction de seconde il se demanda comment il se faisait, alors que le 4x4 était dans un rare état de propreté, que ses plaques d’immatriculation soient recouvertes de boue. Mais c’était un détail sans importance. Le temps était à la fête. Un copain lui ayant donné le numéro d’une fille qui, pour deux cents papiers, débarquait chez vous habillée en sapin de Noël, Arnie pensa qu’il était urgent de retrouver ce foutu numéro et de vérifier si cette poupée était aussi douée qu’on le lui avait dit.

*

Dès qu’ils furent hors du champ de vision d’Arnie, Sam ôta son chapeau à la Indiana Jones et s’en servit pour frapper gentiment Coyote.

— A quoi tu pensais ? Tu sais que t’as failli tout foutre par terre ?

— Les poissons m’ont dit qu’il avait entubé quelqu’un pour lui piquer ce carquois.

— Et nous ? C’est pas ce qu’on lui a fait ?

— C’est pas pareil. C’est un carquois crow.

— Ça te démangeait de lui secouer les puces, hein ? Pourquoi ne lui as-tu pas dit la vérité ?

— Ben, répondit Coyote, je me suis dit que si le bateau que tu lui avais monté fonctionnait, ça ferait une sacrée histoire à raconter plus tard.

— Dois-je prendre ça comme un compliment ? Sam se sentait soulagé. Ils avaient le carquois, ils pouvaient passer à la seconde partie du plan. Sam croyait au pouvoir du carquois tel que Pokey le lui avait expliqué. En fait, tout ce que Pokey avait exigé, c’était d’être cru, et rien d’autre.

— Coyote ? Vas-tu me donner un coup de main pour sortir Pokey de la clinique ?

— On va encore devoir baiser quelqu’un ?

— Ça y ressemble.

— Alors j’accepte, mais je te préviens, j’irai pas avec toi au royaume des Disparus.