CHAPITRE XIV
 
Julot n’est pas content !

 

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UNE HEURE plus tard, ils entendirent une espèce de grondement qui se termina par un grincement. Richard, Annie et Claude sursautèrent. Mais François savait de quoi il s’agissait. « On ouvre le portail, dit-il.

— Comment sais-tu cela, toi ? demanda aussitôt La Bosse, d’un ton soupçonneux.

— Oh ! j’ai beaucoup d’intuition..., répondit nonchalamment François. Est-ce que je me trompe ? Et je parie que c’est Julot qui arrive ?

Tu es si malin qu’il t’en cuira un jour, grommela La Bosse en se dirigeant vers la porte.

— C’est toujours ce qu’on me répète à l’école », répliqua François. Les autres se mirent à rire : rien ne désarçonnait leur ami François !

Les enfants allèrent à la fenêtre, que Claude ouvrit. Dago était là, juste devant. Claude avait demandé à la femme de le laisser entrer dans la cuisine, mais elle avait refusé. Elle lui avait jeté des morceaux de pain et avait dit à Claude qu’il y avait dans le jardin une mare où il pourrait boire. Mais elle n’avait pas voulu en faire plus.

« Dago ! » appela Claude en entendant une voiture s’avancer le long de l’allée. « Dago, reste là. Ne bouge pas. »

Elle avait peur de voir le chien courir à la porte d’entrée et sauter sur les gens qui descendraient de la voiture. Dago la regarda d’un air perplexe. Tout ce qui se passait l’étonnait prodigieusement. Pourquoi n’avait-il pas le droit d’entrer dans la maison, puisque Claude s’y trouvait ? Il savait bien qu’il existait des gens n’aimant pas les chiens, mais ces gens-là, Claude ne les fréquentait pas. Et pourquoi ne venait-elle pas elle-même le rejoindre ?

« Fermez cette fenêtre ! » ordonna La Bosse. Il était content de voir que Claude avait de la peine d’être séparée de son chien.

« Voilà la voiture », dit François. Ils regardèrent tous : bien entendu, elle portait le numéro 3204 FC 29.

La voiture passa devant les fenêtres de la cuisine et s’arrêta devant la porte d’entrée. Trois hommes en sortirent. Et Richard recula d’un pas, en blêmissant.

François lui jeta un coup d’œil interrogateur, pour lui demander silencieusement si l’un des nouveaux venus était Julot. Richard inclina la tête. Il semblait très effrayé.

De nouveau, le grondement se fit entendre : le portail se refermait. Des voix montèrent du hall, puis les hommes passèrent dans l’une des pièces, dont on entendit la porte se fermer.

François se demanda s’il pourrait sortir de la cuisine sans être aperçu, afin d’aller voir si Mick allait bien. Il s’avança doucement vers la porte, espérant que La Bosse, qui nettoyait des chaussures, ne s’en apercevrait pas. Mais celui-ci éleva aussitôt la voix.

« Où vas-tu ? Si tu ne restes pas tranquille, je le dirai à M. Bertaud... et tu t’en repentiras.

— Il y a dans cette maison certaines personnes qui se repentiront un jour ou l’autre, répliqua François d’un ton aimable. Faites attention, monsieur La Bosse. »

Celui-ci, furieux, lança à la tête de François la brosse qu’il tenait à la main. Le garçon la rattrapa adroitement et la posa sur la cheminée.