2.

 

Elle avait sombré dans l’inconscience, s’était endormie puis réveillée. Était rentrée chez elle. Le soleil était déjà chaud, c’était sans doute le début de l’après-midi. Elle avait franchi le rocher le visage baissé, pour que personne ne puisse voir ce qu’elle avait subi, ce qu’elle avait fait. Ce que quelqu’un d’autre avait fait d’elle.

La chambre n’avait pas changé, mais rien ne serait plus comme avant.

Elle enleva violemment ses vêtements, les arracha littéralement, les jeta dans la machine à laver et lança le programme sans même regarder. Le bruit de l’eau apaisa sa douleur.

Elle prit une douche et se lava jusque sous la peau, en quelque sorte. Elle resta longtemps à frotter son corps, afin d’en enlever toutes les preuves, pendant que la machine à laver faisait rouler ses sous-vêtements dans tous les sens, dissolvant les preuves les unes après les autres. Lorsque les inspecteurs Fredrik Halders et Aneta Djanali, de la brigade locale des recherches et mandats, arrivèrent, une heure plus tard, il n’en restait plus rien. Ni lorsque les membres de la police scientifique, au commissariat de la place Ernst Fontell, furent enfin en mesure de tenter de trouver quelque chose au milieu de toutes ces fibres et de tous ces fils.

C’était leur chef, Erik Winter, qui les avait envoyés. Ce même Winter qui soupçonnait chaque fois des viols en série. Et qui avait déjà eu raison à deux reprises.

Aneta Djanali observa le parc, quand ils passèrent devant. En effet, ils savaient que la jeune fille avait dit à son père et à sa mère que c’était là que cela s’était passé. Winter avait alors envoyé ses agents. Aneta Djanali regarda le chien. Pas du genre avec lequel plaisanter. Enfin, rien ne l’était. Trois policiers en uniforme faisaient le pied de grue sur le parking, où une dizaine de voitures étaient garées.

— Tu crois qu’ils vérifient les bagnoles ? demanda Halders, derrière son volant.

— Pas en ce moment, en tout cas.

— Chaque fois, on a les boules.

— Les boules ?

— On pique une crise, quoi. Vingt-cinq flics les mains dans les poches, alors que ce salaud-là a peut-être fichu le camp, en abandonnant sa voiture. C’est celle qui est là, au milieu. La Mantra verte. Ou la Volvo noire.

— Ils sont trois, pas vingt-cinq.

Aneta vit un des trois hommes sortir un carnet de notes et commencer à recopier les numéros d’immatriculation.

— Ils s’y mettent.

La maison était un peu à l’écart de la rue, derrière des murs. À une centaine de mètres de là, seulement, de l’autre côté, on percevait les reflets miroitants de la mer. Halders en sentit l’odeur, entendit les mouettes, vit l’eau, les voiles, un ou deux ferries, un catamaran, des réservoirs à pétrole, trois des grues du chantier maritime abandonné, de l’autre côté du fleuve. Ainsi que la ligne d’horizon.

La maison était du genre à valoir cinq millions, mais il ne fallait pas qu’il se laisse influencer. Les gens avaient le droit d’avoir plus d’argent que lui. Elle avait l’air d’être assez récente et édifiée dans un style inspiré de l’architecture grecque. On aurait dit un village miniature, à elle seule.

Il essuya la sueur de son front et la sentit couler le long de son dos, sous sa chemise. Aneta semblait avoir moins chaud. C’était sans doute une affaire de gènes. Noire de peau, mais fraîche à l’intérieur.

— Bon, dit-il en appuyant sur la sonnette, qui était toute petite et à peine visible, sur l’enduit légèrement jaune.

La porte s’ouvrit immédiatement, comme si l’homme les attendait derrière la porte. Âgé d’une cinquantaine d’années, il était en chemise et en short, pieds nus, bronzé, avec des lunettes à monture mince, des cheveux clairsemés mais plus longs sur la nuque. Plutôt maigre, pensa Halders. Des yeux rouges, apeurés. Quelque chose de nouveau s’était introduit dans son foyer.

La réalité y avait fait une double intrusion : d’abord le viol de sa fille, puis ces deux flics en civil. L’un suivait toujours l’autre. Je ne me suis encore jamais rendu compte de ça, pensa Halders. Nous sommes les seuls à venir après cette autre chose. Le bien après le mal mais, pour lui, c’était toujours aussi moche.

Ils se présentèrent.

L’homme qui s’appelait Kurt Bielke les fit entrer.

— Jeanette[2] est dans sa chambre.

— Bon, répondit Halders en regardant vers le haut de l’escalier. On n’en a pas pour longtemps. Après, elle pourra se rendre directement à la C.F.

— La C.F. ?

— La clinique pour femmes. À l’hôpital Est.

— Je connais, dit Kurt Bielke en passant sa main sur son grand front. Faut-il vraiment qu’elle y aille ? Elle n’y tient pas du tout, ajouta-t-il en se tournant vers Aneta Djanali.

— C’est important, répliqua celle-ci. Pour plusieurs raisons, ajouta-t-elle.

— Est-ce qu’on peut lui parler un instant ? demanda Halders.

— Bien sûr, dit Bielke en esquissant un mouvement vers l’escalier. Puis il resta comme figé sur place, avant que sa tête ne se mette à bouger à nouveau. C’est là-haut, précisa-t-il sans les regarder.

Ils montèrent l’escalier et s’arrêtèrent devant une porte fermée. Aneta Djanali entendit les bruits de l’été, à l’extérieur. Un oiseau de mer éclata de rire et cela en déclencha d’autres, avant qu’ils ne disparaissent tous au-dessus de la mer. Un chien aboya, une voiture klaxonna, un enfant lança un cri perçant.

L’homme frappa à la porte. N’obtenant pas de réponse, il renouvela son geste.

— Jeanette ?

Ils entendirent une voix mais ne purent distinguer ce qu’elle disait.

— Jeanette ? C’est la po… la police.

À nouveau quelques mots en provenance de la chambre.

— Entrons, dit Halders.

— Vous voulez que je vienne avec vous ? s’enquit l’homme.

— Non, rétorqua Halders en frappant à son tour à la porte et appuyant sur la poignée, avant d’entrer.

La jeune fille était assise sur le lit, en robe de chambre. Il faisait aussi sombre que possible, derrière les persiennes fermées. Le soleil était bloqué à l’extérieur et sa lumière vive s’efforçait de pénétrer dans la pièce. On dirait qu’elle cherche à s’en abriter en se réfugiant dans l’un des coins du lit, pensa Aneta Djanali. Elle se tapit contre le mur. Elle s’appelle Jeanette et pas seulement « elle ». Elle a un nom mais, brusquement, il ne signifie plus rien, parfois même pas pour les victimes elles-mêmes.

C’est à moi de parler.

Aneta Djanali se présenta, ainsi que Halders. Celui-ci se contenta d’acquiescer en silence. Puis il s’assit sur la chaise du bureau et la regarda avec un signe de tête amical.

Le visage de Jeanette était partiellement dissimulé sous la serviette dont elle s’était entouré la tête, après sa longue douche. Elle serrait les pans de sa robe de chambre autour de son cou, avec sa main très frêle. Les yeux d’Aneta étaient maintenant habitués à la pénombre de la pièce et observaient la peau délicate des doigts de la jeune fille, comme humide.

Elle est restée des heures sous la douche. C’est ce que j’aurais fait, moi aussi.

Aneta Djanali posa quelques petites questions, les plus brèves imaginables à ce stade précoce de l’enquête. Les réponses furent encore plus brèves, à peine audibles. Ils durent s’approcher un peu, pas trop. Jeanette leur parla du parc. Oui, il était tard. Non, tôt. À la fois tard et tôt. Elle était seule. Elle était déjà passée par là. Bien des fois, y compris la nuit. Seule ? Oui.

Cette fois-ci, elle n’était pas restée longtemps seule. Enfin, peut-être que si. Elle était allée dans deux endroits différents, elle leur dit lesquels c’était et Halders en prit note. Elle leur précisa également qui était avec elle, au moins pendant un certain temps.

Ils étaient allés à une petite fête entre étudiants. Un quart de la classe. Il y avait près d’un mois qu’ils avaient passé le baccalauréat.

Aneta remarqua la casquette blanche posée sur la commode, sous la fenêtre. Elle était presque phosphorescente dans la pénombre.

Aneta et Halders en avaient discuté dans la voiture qui les amenait là.

— On ne dit plus baccalauréat, mais attestation de compétence lycéenne, maintenant. C’est plutôt moche.

— Pourquoi ? avait-elle demandé.

— Compétent en quoi ? Pour quoi sont-ils compétents ?

— Et toi, tu l’es… compétent, Fredrik ?

— J’ai fait l’école de police, non ?

— Bien entendu. Mais j’ai cru un moment que tu étais candidat libre.

— Candidat libre à un emploi dans la police ?

— Oui.

— C’est vrai que j’ai parfois l’impression d’être policier à titre privé.

Une petite fête entre étudiants. Aneta lâcha du regard la casquette pour le poser sur le visage de Jeanette. Dix-neuf ans. Elle aurait voulu lui poser des questions à propos d’éventuels petits amis, mais elle savait qu’il valait mieux attendre. L’important, pour l’instant, c’était le concret, les rares questions sur ce qui était arrivé : quand, comment, quand, comment, quand, comment. Questionner, écouter, observer. Elle avait déjà fait cela assez souvent pour savoir que le plus important pour elle, dans son rôle d’enquêtrice, était de percevoir ce qu’elle appelait l’événement derrière ce qui s’était passé. De ne pas accepter un récit qui ne serait que cela, uniquement la version de la victime, et qu’il fallait dès à présent se poser cette difficile question : en est-il vraiment ainsi ? Est-ce réellement de cette façon que cela s’est passé ?

Elle demanda à Jeanette Bielke l’image qu’elle avait conservée de son violeur.

Soudain, Jeanette dit qu’elle désirait aller à l’hôpital, qu’elle voulait partir sans tarder. Aneta Djanali savait que cela allait venir, que cela aurait peut-être déjà dû venir.

— Tout de suite. Encore une question, simplement. Une seconde.

— Je veux y aller maintenant !

— Tu ne peux rien nous dire sur cet homme ?

— Je ne me souviens pas.

— Était-il grand ?

— Oui. Il était fort. Mais peut-être que je n’ai pas os… vou… osé tenter de me dégager. Si, j’ai essayé, d’abord… ensuite ce n’était plus possible.

Elle fondit en larmes. Elle tira sur la serviette et la passa sur ses yeux, mais elle se détacha et tomba. On vit alors ses cheveux humides, qui étaient comme collés à sa tête.

— Il… m’avait ligotée.

— Ligotée ?

— Oui.

— Comment ?

— Enfin, ligotée… il m’avait passé quelque chose autour du cou. Et puis des bras.

Elle porta la main à son cou et Aneta Djanali remarqua alors qu’il portait une mince trace rouge.

Ils mirent ce choc à profit.

— C’était comme une laisse. Ça ne sentait pas le chien, mais c’était comme une laisse, poursuivit-elle en regardant Aneta. J’ai vu quelque chose qui brillait. Je crois.

— Qui brillait ?

— Oui, il y avait quelque chose qui brillait, sur cette laisse. Je crois que c’est ça. Comme s’il y avait des rivets, dessus.

Elle eut un frisson, se racla la gorge, puis frissonna à nouveau. Aneta lança un coup d’œil à Fredrik, qui hocha la tête.

— Une dernière question, Jeanette. Est-ce qu’il a dit quelque chose ?

— Il a dit…

— Quoi ?

— Je n’ai pas entendu.

— Tu as entendu des mots ?

— Oui…

— Dans quelle langue ?

— Ça ne faisait pas l’impression d’être une langue.

— Qu’est-ce que tu veux dire ? Pas une langue ?

— C’était comme une ritournelle… ça ne signifiait rien. Il débitait ça sans que je puisse comprendre.

Aneta Djanali hocha la tête, attendant la suite. Jeanette la regarda.

— Il a répété ça à trois reprises. Il marmonnait. En réalité, il ne l’a peut-être fait qu’une seule fois. Exactement au moment où… où il…

Derrière la fenêtre, les mouettes éclatèrent de rire en revenant de la mer. Le moteur d’une voiture se mit en marche. Un enfant cria de nouveau. Jeanette frotta la serviette sur ses cheveux. Dans la chambre, l’air était chaud et sentait le renfermé.

Aneta Djanali savait que Jeanette avait maintenant dit tout ce qu’elle pouvait et qu’il était grand temps qu’elle parte à l’hôpital.

Elle vit Fredrik se lever. Tout avait suivi un cours normal : le viol. La plainte. Le premier interrogatoire. La demande d’attestation. Le transfert à la clinique des femmes.

Merde alors.

Bien sûr que c’était un viol. Elle ne se faisait pas des idées.

Jeanette Bielke était maintenant en route pour l’hôpital. Aneta Djanali et Fredrik Halders, eux, se rendirent en voiture dans le parc où les faits avaient eu lieu.

— Qu’est-ce que tu penses du signalement ?

Halders haussa les épaules.

— Grand. Fort. Manteau sombre. Pas d’odeur particulière. Armé d’une laisse. Marmonnant une ritournelle ou quelque chose d’incompréhensible.

— Autrement dit : n’importe quel Suédois moyen.

— Tu la trouves digne de confiance ?

— Oui.

— J’aurais voulu lui poser d’autres questions.

— Tu en as tiré tout ce que tu pouvais, pour l’instant.

Aneta Djanali regarda l’été. Les gens étaient vêtus légèrement. Leurs visages brillaient presque autant que le soleil. Le ciel était bleu et sans nuage. Crèmes glacées, tenues légères, vie facile. Pas le moindre vent contraire dans tout cela.

— C’est dégueulasse.

— Pourvu que ce ne soit pas qu’un début, reprit Halders en la regardant. Tu me comprends.

— N’en dis pas plus.

Halders avait à l’esprit ce que Jeanette avait confié sur l’homme, ce qu’elle avait pu voir de son violeur. Il fallait naturellement attendre le résultat de l’examen, mais il était certain qu’il s’agissait d’un viol.

Il était impossible de se fier aux apparences. Les signalements étaient ce qu’il y avait de plus délicat. Ne prêtez jamais foi aux signalements, avait-il toujours dit à ceux qui voulaient l’écouter. Aux yeux d’un seul et même témoin ainsi que dans sa mémoire, telle personne mesurait aussi bien 1,62 mètre que 1,97 mètre. Tout pouvait varier.

L’année précédente, ils avaient eu affaire à un fou qui agressait ses victimes par-derrière, c’était tout ce qu’il y avait de commun entre elles, outre le fait qu’il les dévalisait. Mais il offrait la particularité de se présenter de côté, c’était un trait récurrent. Il les saluait pour attirer leur attention et ensuite il frappait.

Les victimes étaient d’accord sur un point : il ressemblait à Quasimodo ; petit et trapu, très voûté, chauve, traînant un pied derrière lui, comme s’il plantait des pommes de terre…

Lorsqu’ils finirent par le prendre en flagrant délit, il s’avéra qu’il mesurait 1,95 mètre, qu’il avait d’épais cheveux bouclés et qu’il aurait facilement trouvé une place de jeune premier dans n’importe quelle sitcom.

Tant de facteurs entraient en jeu. Ce qu’on voyait. La pénombre. La façon dont la lumière tombait. La peur, voire l’effroi. Surtout la peur.

Il quitta la route pour se garer. Les policiers en uniforme n’étaient plus là, mais un périmètre de sécurité avait été établi et deux agents de la police scientifique rampaient sur le sol. De l’autre côté de la zone interdite se tenait un groupe d’enfants qui regardaient le spectacle en se parlant à voix basse. Les adultes, eux, passaient, s’arrêtaient un instant et continuaient leur chemin.

— Vous avez trouvé quelque chose ? cria Halders à l’intention de ses collègues, qui levèrent les yeux et les baissèrent à nouveau sans rien dire. (Halders entendit un bref aboiement et vit alors le chien et son maître.) Vous avez trouvé ? répéta-t-il à ce dernier.

— Zack a flairé quelque chose là-bas, mais le vent lui a fait perdre la piste.

— À moins qu’il ne l’ait poussée en haut des arbres.

— Tu étais là, l’an dernier, quand on a pris ce salaud qui venait de se cacher dans un arbre ?

— Non, mais j’en ai entendu parler.

— En tout cas, il n’y a rien dans ces arbres-là.

— Comment le coupable a-t-il quitté les lieux ?

— En courant, je suppose. Ou bien en voiture. Demande aux gars de la scientifique.

— Bon.

— Je doute qu’il ait laissé des traces. La terre est tellement sèche.

Halders regarda autour de lui. Aneta Djanali, elle, scrutait les techniciens. Le maître-chien était encore là. Son berger observa Halders, puis les hommes de la scientifique. Halders fit quelques pas, puis se retourna de nouveau.

— Tu es déjà venu ici ? demanda-t-il au maître-chien.

— Comment ça ? Pour un crime ?

— Ta vie privée ne m’intéresse pas, Sören. Ce que je voudrais savoir c’est si on t’a déjà fait venir ici pour un viol ?

— Dans ce parc ?

— Oui. Et à cet endroit précis.

Halders avança jusqu’au petit enclos, assez ridicule, comme si c’était l’œuvre de ces enfants qui restaient là à regarder. À gauche se trouvait le bassin. Il avait des reflets roses, à cause des flamants perchés sur une patte, au bord de l’eau.

Les hommes de la scientifique étaient en train de ramper dans les buissons.

À environ trois mètres de là se dressaient deux arbres. Des érables ? Ils laissaient, entre eux, une sorte de passage assez large pour qu’un homme puisse s’y glisser. Derrière, c’était la pénombre. Dans un gros bloc de rochers s’ouvrait une crevasse en forme de grotte.

L’endroit idéal pour un viol.

Mon Dieu, pensa Halders. Il en était sûr, maintenant. C’était là, nulle part ailleurs.

La route goudronnée passait à dix mètres de là, mais cela aurait aussi pu être à une centaine ou un millier. De l’autre côté du parking, il y avait une petite rue, et une haie séparait les voitures du parc. Quant à l’éclairage de ce dernier, mieux valait ne pas en parler. Il était passé par là une bonne centaine de fois, la nuit, et avait pu constater que la lumière était plus une gêne qu’une aide. Malgré ce qui s’était déjà produit à cet endroit, on n’y avait pas porté remède.

L’endroit idéal. On aurait dit que l’ombre attendait, sous les arbres.

Il n’avait pas compris tout de suite.

— À cet endroit-ci ? répéta le maître-chien en regardant autour de lui. Non, je ne crois pas. Pourquoi ça ?

— Ça s’est déjà produit.

— Je ne te suis pas.

— C’est ici que ça s’est passé, reprit Halders en regardant son collègue. C’est ici, Sören, bon sang. Au même endroit.

— Explique-toi.

— Tu ne travaillais pas dans cette ville il y a cinq ans ?

— Ça fait quatre ans que j’y suis arrivé.

— Tu as tout de même entendu parler de l’affaire Beatrice ?

Le maître-chien regarda Halders.

— Beatrice ? La fille qui a été assassinée ?

— Il y a cinq ans. Après avoir été violée. Viol suivi de meurtre.

— Bien entendu. J’ai lu divers articles à ce sujet. On a…

— C’était ici…

— Ici ?

— C’est ici que ça s’est passé, dit Halders au maître-chien et à Aneta Djanali, qui venait d’arriver. C’est là qu’on a trouvé Beatrice. Exactement à cet endroit. Son corps gisait dans cette crevasse, ajouta-t-il en désignant de la tête l’endroit où s’affairaient les hommes de la scientifique. Elle était entre les arbres. Ça forme une sorte de grotte.

Violée et étranglée au moyen d’une laisse, pensa-t-il. On n’a pas retrouvé la laisse, mais c’est ce qui s’est passé.

Il vit le chien suivre son regard en direction de la grotte, puis revenir vers lui avant de tirer sur sa laisse et de se calmer.

Je voudrais que cela ne finisse jamais
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