8.

Vendredi 11 janvier 1585

Le commis Jacques Le Bègue avait passé une angoissante semaine dans une maison où chaque objet lui rappelait son maître. Malgré plusieurs tentatives, il n’avait pas eu le droit de voir Olivier dans sa prison du Grand-Châtelet. Ordres du commissaire Louchart, lui avait-on dit. Le commis avait seulement obtenu l’autorisation de lui porter du linge et de la nourriture et, moyennant la somme vertigineuse d’une livre par jour, que la cellule de son maître soit chauffée.

Le Bègue avait quarante-sept ans et avait été engagé vingt-cinq ans auparavant à la mort du grand-père d’Olivier, notaire secrétaire du roi dans la maison d’un intendant des finances. François Hauteville – le père d’Olivier – avait repris la charge familiale mais n’avait pour l’aider qu’un vieux secrétaire qui n’y voyait plus guère. D’abord Jacques Le Bègue avait été chargé de vérifier les bordereaux de recettes et de dépenses de l’Épargne, puis François Hauteville avait acheté une charge de contrôleur des tailles et tout naturellement, Le Bègue était resté son commis.

Il avait toujours eu la confiance de son maître. Ses gages étaient consistants et il disposait d’une grande chambre dans cette belle maison de pierre où il était chauffé et bien nourri. Il avait connu la mère d’Olivier, emportée trop tôt par la peste, et Olivier était comme un fils pour lui.

À près de cinquante ans, il venait de tout perdre et allait se retrouver à la rue, comme des milliers de gueux. Pourtant, ce n’était pas pour ce sombre avenir qu’il s’inquiétait, mais pour Olivier qu’il aimait comme s’il était de son sang.

Le fils de son maître allait être jugé pour un crime abominable qu’il n’avait pas commis. Le Bègue savait que le procès serait rapide, les preuves inutiles, et l’exécution immédiate. Olivier aurait les poings coupés, sans doute brûlés auparavant par l’exécuteur dans un petit fourneau, puis il serait pendu et son corps jeté sur un bûcher.

Comment arrêter cette effroyable injustice ?

Il ne savait que faire et n’espérait plus que dans l’intervention de son voisin, le lieutenant du prévôt d’Île-de-France, Nicolas Poulain.

Malgré son désarroi, Jacques Le Bègue passa le reste de la semaine à s’occuper des obsèques de son maître, de la gouvernante de la maison et du valet qui était son ami. Il fallut leur trouver des places dans une fosse du cimetière des Innocents, puis préparer la messe funèbre à Saint-Merry, célébrée en présence des amis de M. Hauteville.

Le curé Jean Boucher, le recteur de la Sorbonne que Olivier devait rencontrer, vint pour lui proposer de faire le sermon. Désireux d’honorer la mémoire de son maître, l’intendant accepta.

Jean Boucher fit une homélie incroyable, laissant entendre que M. François Hauteville, un homme d’une haute rigueur morale, bon chrétien aimant Dieu, avait été occis par son fils, un basochien débauché qui briguait son héritage.

Atterré, Jacques Le Bègue vit Mme Poulain, qui avait assisté à l’office avec ses parents, sortir de l’église avec une expression ulcérée. En l’apercevant, elle lui jeta un regard de colère et le commis comprit qu’elle regrettait de lui avoir proposé de rencontrer son mari.

La maison avait été nettoyée de toute trace de sang par la servante et la cuisinière. Les chambres étaient propres, et le logis était aussi silencieux qu’une tombe. Les domestiques se demandaient avec angoisse quel allait être leur sort. Le Bègue ignorait s’il y avait des héritiers. Il décida de se renseigner. S’il y en avait, peut-être les garderaient-ils ?

Le vendredi, sans beaucoup d’espoir, il se rendit chez Nicolas Poulain.

Le lieutenant du prévôt l’attendait, visiblement mécontent à l’idée de recevoir le commis de son voisin. Il écouta poliment son visiteur lui expliquer qu’Olivier était un gentil garçon, qu’il aimait son père et qu’il n’avait pu commettre un tel acte. Nicolas Poulain soupira. Il avait bien d’autres choses à faire qu’à écouter cet homme vouloir défendre un assassin. Au fil des années, il avait fait pendre une dizaine de jeunes gens et de jeunes femmes, qui eux aussi apparemment aimaient leurs parents, mais qui les avaient malgré tout trucidés pour s’approprier leur héritage.

— Il faut laisser faire la justice, lâcha-t-il en accompagnant son conseil d’un vague geste de la main.

— Mais le père Boucher ment, monsieur ! J’étais là quand Gilles, notre valet, a dit à Olivier que le père Boucher l’attendrait à la Sorbonne, lundi. Pourtant, M. le commissaire Louchart n’a même pas voulu m’entendre !

— Jean Boucher, le recteur de la Sorbonne ? s’enquit Poulain, en considérant Le Bègue avec un intérêt nouveau.

— Oui, monsieur. C’était un ami de mon maître, il connaît Olivier depuis sa naissance, et durant son sermon à la messe, il l’a accusé d’être un criminel ! Je ne comprends pas son attitude.

— Louchart, c’est le commissaire au Châtelet ?

— Oui, monsieur. Il est arrivé à peine le crime commis alors que ni moi ni la cuisinière ne l’avions prévenu ! Comment savait-il ce qui s’était passé ? Sur place, il n’a questionné personne, persuadé qu’Olivier était coupable.

Le recteur de la Sorbonne et Louchart étaient tous deux présents à la dernière réunion de la sainte union, songea Poulain.

— Vous pensez réellement que M. Louchart et le père Boucher se sont comportés étrangement ?

— Oui, monsieur, déclara Le Bègue en déglutissant, sachant qu’il proférait une accusation pouvant le conduire au pilori.

— Que faisait exactement M. Hauteville ? demanda Poulain dont l’intérêt avait été éveillé à la mention des noms de Boucher et Louchart.

— Il était contrôleur des tailles, monsieur. Je l’aidais en ce moment à un important travail de vérification dont l’avait chargé un maître des comptes pour M. de Bellièvre, le surintendant, qui pense qu’il y a des détournements frauduleux des impôts dans l’élection de Paris.

Poulain était policier depuis dix ans et n’ignorait rien de la complexité de la comptabilité de l’Épargne. Les fraudes y étaient nombreuses, la corruption endémique. Pouvait-il y avoir un rapport entre ce crime étrange et la sainte union ?

— Je veux bien parler au commissaire Louchart afin de mieux connaître les charges contre le fils de votre maître, décida-t-il. Mais je ne peux rien vous promettre.

Le Bègue se retira et Poulain resta à méditer, songeant qu’il ne savait pas grand-chose sur le financement de la ligue parisienne. La Chapelle avait de l’argent pour acheter des armes. D’où le tenait-il ? Du duc de Guise ? C’était peu vraisemblable, car on disait le duc ruiné…

Le soir même, il se rendit directement à la Sorbonne. Un homme enroulé dans un grand manteau noir attendait les membres de la sainte union. Après avoir vérifié qui ils étaient, il les faisait conduire par un moine dans une salle capitulaire. Nicolas Poulain s’était présenté parmi les premiers pour examiner les arrivants. Il salua ceux avec qui il avait été en relation, mais de nombreux visages lui étaient inconnus. En outre, plusieurs étaient recouverts d’un masque de soie.

Il échangea aussi quelques mots avec Mayneville et Bussy Le Clerc, puis la séance commença. Ce fut à lui qu’on laissa la parole pour qu’il s’exprime sur les achats d’armes.

Il expliqua que les armuriers de la rue de la Heaumerie lui réclamaient une lettre du prévôt. Il envisageait d’en fabriquer une, ce qui était malgré tout dangereux. Quelques ligueurs assurèrent connaître des armuriers susceptibles de vendre leur marchandise secrètement et lui proposèrent de les rencontrer. L’un d’eux suggéra aussi qu’il s’en procure auprès de voyageurs de passage.

— Dans ces conditions, il sera difficile d’acheter de quoi équiper cinq cents hommes, remarqua La Chapelle avec inquiétude. Laissons donc pour l’instant M. Poulain agir à son gré. Monsieur Cappel, remettez à notre ami les six mille écus d’or que vous avez apportés.

— Les prix dans la rue de la Heaumerie sont élevés, objecta Poulain, vous auriez des conditions plus favorables à Besançon… et je n’aurais pas besoin de lettre.

— Nous n’avons pas le temps. Il faut que nous soyons équipés avant le mois de mai. Si les armuriers prennent votre lettre, acceptez les prix qu’on vous demande sans trop les discuter.

Ainsi, tout se jouerait en mai, si tôt ? s’inquiéta le lieutenant du prévôt.

— Une fois que j’aurai les armes, que devrai-je en faire ? demanda-t-il.

— Vous les porterez à l’hôtel de Guise comme on l’a décidé, ordonna Mayneville. Si je n’y suis pas, quelqu’un vous recevra et vous délivrera quittance.

Cappel donna à Poulain une lourde sacoche[35] qu’il avait gardée jusqu’alors à ses pieds. C’étaient les six mille écus que lui avait remis Salvancy deux jours plus tôt.

— Nous vous raccompagnerons, proposa Le Clerc qui était avec le sergent Michelet. Il ne faudrait pas qu’on vous vole en chemin.

— Je ne crains rien avec ça, répliqua Poulain en lui montrant son épée, mais le bras d’un maître d’armes tel que vous sera le bienvenu !

À cette flagornerie, Le Clerc se rengorgea.

— Vous devez avoir de bons amis, maître Le Clerc, pour qu’ils vous baillent autant de pécunes, remarqua alors Poulain en soulevant le sac, comme pour le soupeser.

— Ce sont tous gens de bien qui ne veulent pas se faire connaître ici, mais qui souhaitent nous aider à vaincre l’hérésie, répliqua évasivement le procureur.

Mayneville donna ensuite quelques brèves nouvelles du duc de Guise qui se trouvait à Joinville, puis de son frère, le duc de Mayenne, qui serait bientôt à Paris. Les chefs de quartier à leur tour annoncèrent que plus d’une centaine de nouveaux partisans les avaient rejoints en une semaine, et en les entendant, Poulain ressentit une sourde inquiétude.

La réunion terminée, alors que les participants se préparaient à partir en allumant leur lanterne, le lieutenant du prévôt se rapprocha du commissaire Louchart qui discutait à mi-voix avec le père Boucher.

— J’ai appris l’assassinat de mon voisin, M. Hauteville, leur dit-il. Son commis est venu me voir et j’avoue ne pas comprendre quelle charge vous avez contre le fils.

Avant que Louchart ait pu répondre, Poulain poursuivit en s’adressant au recteur de la Sorbonne :

— Le commis se souvient parfaitement que leur valet avait déclaré vous avoir porté la lettre du jeune Olivier avant Noël, et que vous lui aviez répondu que vous l’attendriez lundi devant la Sorbonne, à l’heure même où son père était assassiné. Avez-vous eu cette lettre ? Et si oui, qu’avez-vous répondu au valet ?

Surpris par cette attaque, Jean Boucher parut perdre ses moyens. Confus, il se mit à bredouiller, en fuyant le regard du lieutenant du prévôt.

— Euh… Oui… peut-être ai-je eu cette lettre… je ne m’en souviens pas… il faudrait que je la recherche.

— Mais aviez-vous donné le 7 janvier comme date du rendez-vous ?

— Je… je ne sais plus… j’ai dû oublier…

— Je ne comprends pas ! s’exclama Poulain, en secouant la tête de droite à gauche. Vous donnez un rendez-vous et vous l’oubliez ? Comment est-ce possible ? Ce jeune homme venait vous voir pour sa thèse. Vous connaissez sa famille. Peut-être même que les assassins s’en sont pris à son père parce qu’ils savaient que le fils n’était pas chez lui, puisqu’il devait être avec vous…

Le regard affolé de Boucher confirma Poulain dans l’intuition qu’il avait eue. Boucher en savait plus sur ce crime qu’il ne voulait le reconnaître.

— Quelles charges avez-vous exactement contre Olivier, monsieur ? s’enquit-il ensuite à l’attention de Louchart.

— J’étais… persuadé qu’il mentait, répliqua le commissaire, fort embarrassé.

Louchart n’avait aucune envie que cet homme s’intéresse à cette affaire qui n’évoluait pas comme il l’avait envisagé. Déjà la veille le procureur lui avait annoncé avoir envoyé un substitut interroger les voisins de Hauteville. Le tailleur dans la cour s’était souvenu avoir vu trois personnes se présenter en fin de matinée. Il affirmait aussi que le fils de la victime n’était pas revenu dans la journée. Un sergent du Châtelet avait aussi questionné les voisins du libraire jeté dans la Seine, et l’un d’eux, présent au Petit Pont, avait confirmé avoir échangé quelques mots avec un clerc de la Sorbonne dont la description correspondait avec celle d’Olivier. Le magistrat recherchait maintenant l’huissier du Palais que le jeune Hauteville assurait avoir rencontré.

— Trois personnes ont été tuées dans cette maison. Je doute qu’il y ait eu un seul meurtrier. Je me suis demandé si les assassins ne seraient tout simplement pas des gens opposés aux vérifications que conduisait M. Hauteville. N’oubliez pas qu’il était contrôleur des tailles ! Avez-vous fait des recherches en ce sens ? s’enquit le lieutenant du prévôt à l’attention du commissaire.

— C’est en effet une possibilité à laquelle je n’ai pas songé… J’ai peut-être agi avec trop de précipitation, reconnut Louchart. C’est que tout me paraissait si évident… mais si le père Boucher n’est plus si affirmatif…

— En tout cas le commis de M. Hauteville l’est. Il témoignera en justice qu’il a bien entendu l’heure et le lieu du rendez-vous avec vous, père Boucher. Il vous faudra répondre aux magistrats, mon père.

— Je n’étais pas à Paris, et ma domestique n’était pas chez moi. Olivier a effectivement pu venir sans que personne ne le sache, reconnut le curé.

— Il n’y aurait donc aucune charge contre cet homme ? demanda Poulain d’un air étonné.

Louchart déglutit.

— Il faut que je parle de tout cela avec le procureur, monsieur Poulain, mais je me range à vos arguments. Si le procureur est d’accord, je le ferai élargir.

— Quand ? Le fils Hauteville n’a rien à faire en prison !

— Pourquoi pas demain soir ? proposa Louchart en baissant les yeux.

Le samedi 12 janvier

Le lendemain, aux premières lueurs de l’aube, Nicolas Poulain sortit de chez lui et se rendit à l’écurie de l’hôtellerie où il laissait son cheval. Épée au côté, et pistolet sous le manteau, il avait sur l’épaule une sacoche lourde de cinq cents écus et dans son pourpoint une lettre du prévôt Hardy que Richelieu avait fait porter à sa femme. En échange de quelques sols, il obtint du patron de l’écurie le prêt d’une mule pour quelques heures. Avec son équipage, il se rendit rue de la Heaumerie.

Il s’arrêta d’abord chez le cuirassier Étienne Haubergue. La semaine précédente, il avait observé que ses cuirasses étaient d’une belle qualité. Mais même en lui disant qu’il était recommandé par le commissaire Louchart, le marchand ne voulut pas baisser ses prix et Poulain n’insista pas.

Son voisin, Drouart, maître heaumier du roi, avait une enseigne de trois pieds sur trois représentant saint Georges armé de pied en cap qui occupait presque toute la largeur de l’étroite rue aux maisons à colombages. Nicolas examina avec envie les splendides corselets, gantelets, harnais de jambes, bourguignotes et morions suspendus par des chaînes dans l’échoppe, tous ciselés dans un acier brillant serti de cuivre ou d’émaux. Voyant son intérêt, le maître heaumier lui expliqua qu’il les faisait venir d’Italie. Poulain l’interrogea ensuite sur ses prix, mais les cuirasses les moins chères étaient à quinze écus pièce. Comprenant qu’il ne pouvait payer de telles sommes, Drouart lui désigna le Lion d’Or de l’enseigne de son voisin, Gilles de Villiers, marchand armurier et bourgeois de Paris, dont les prix étaient plus abordables.

Effectivement, les cuirasses de Gilles de Villiers, forgées sur place, étaient à trois écus, mais le métal était si fin que la moindre balle de mousquet le percerait. Les acheter serait certainement un bon moyen de faire échec aux rebelles, mais Poulain jugea que s’il le faisait, Mayneville comprendrait aussitôt qu’il volait la sainte union. En revanche les morions, bien que médiocres et peu pratiques, lui parurent solides et ne coûtaient que quatre écus chacun. Il en acheta vingt-cinq.

Ayant chargé la mule, Poulain se rendit chez le maître brigandinier François Chevreau qui lui proposa ses cuirasses à dix écus. Le lieutenant fit état de son amitié avec M. de La Chapelle et l’armurier accepta, du bout des lèvres, de descendre à vingt-cinq livres. Après un long marchandage, la vente se fit finalement à huit écus pièce. Poulain lui montra la lettre du prévôt l’autorisant un tel achat. Chevreau en prit copie, et vingt-cinq cuirasses furent attachées sur les flancs de la mule.

La visite suivante fut chez Thomas des Champs, un fourbisseur qui étalait épée, dague et miséricorde sur la tablette de sa boutique. Poulain ne discuta pas le prix demandé de huit écus par rapière et en acheta vingt-cinq.

Ayant dépensé ses cinq cents écus, il se rendit avec la mule lourdement chargée rue du Chaume, jusqu’à l’hôtel de Guise, l’ancienne forteresse du connétable Olivier de Clisson que François de Guise, le père du Balafré, avait achetée. Le duc l’avait agrandie en conservant la partie fortifiée, en particulier le porche à tourelles qui était resté l’entrée principale.

Poulain frappa longuement avant qu’un concierge accompagné de trois gardes armés de mousquets et de pertuisanes ne vienne lui ouvrir. Le lieutenant du prévôt demanda à voir Mayneville en faisant entrer sa mule et son cheval jusqu’à la cour intérieure qui jouxtait la porte fortifiée. Mayneville n’était pas là, mais un officier des Guise savait qu’on devait apporter un chargement d’armes. Poulain lui remit l’équipement et lui demanda une décharge.

L’opération terminée, il ramena la mule et son cheval à l’écurie, et affamé, rentra chez lui.

Dans sa cellule, Olivier souffrait moins du froid. Ses vêtements avaient séché, il disposait désormais de son manteau et d’une couverture. Après les affres de la salle aux carcans, son séjour aurait été supportable s’il n’avait éprouvé la terreur de sa prochaine condamnation à mort. Ayant assisté à des exécutions, il savait très bien ce que l’on faisait aux parricides. Le vendredi s’écoula donc dans l’angoisse tant il craignait d’être conduit à l’audience. Le moindre bruit de pas ou de serrure l’emplissait d’effroi et il vit la nuit arriver avec soulagement.

Le samedi se passait plus calmement jusqu’au milieu de l’après-midi où brusquement la porte de sa cellule s’ouvrit. Son cœur se mit à battre le tambour et l’effroi le saisit à nouveau quand le geôlier lui ordonna avec dureté :

— Suis-moi !

Il se leva mais, comme il passait la porte, son gardien ajouta :

— Prends tes affaires.

Olivier revint dans la cellule et mit sa couverture dans le sac de toile, ainsi que les restes de nourriture. Il avait gardé son manteau sur le dos.

— Où m’emmenez-vous ? demanda-t-il.

Sans répondre, le porte-clefs poussa le jeune homme devant lui. Ils remontèrent jusqu’à la porte des prisons. Là, son geôlier ayant frappé, un autre garde ouvrit de l’extérieur et conduisit Olivier au greffe.

Le greffier sourit en le voyant entrer.

— Olivier Hauteville ?

— Oui.

— Signez ou faites une croix sur le registre d’écrou, ordonna-t-il.

Olivier obéit avant de demander :

— Où me conduit-on ?

— Nulle part, vous êtes libre. Ordre du commissaire Louchart. Sortez d’ici, traversez le grand vestibule et prenez les escaliers. Une fois dans la cour, vous trouverez bien votre chemin !

Libre ! Il était libre ! Son innocence avait donc été reconnue ?

Soudain terrorisé à l’idée que quelqu’un puisse changer d’avis, il ouvrit la porte du greffe et s’éloigna à grandes enjambées sans même réclamer l’argent qu’il avait en arrivant, et qu’on ne lui aurait sans doute pas rendu.

Dans la rue, il marcha le plus vite qu’il put. Malgré les déjections mélangées à la neige qui rendaient la marche difficile et glissante, jamais la ville ne lui avait paru si douce. Un quart d’heure, plus tard, il frappait à la porte de sa maison, rue Saint-Martin.

Ce fut Jacques Le Bègue qui lui ouvrit.

Pendant qu’Olivier retirait ses vêtements sales et puants, le commis lui raconta comment s’étaient déroulées les obsèques de son père ainsi que son intervention auprès de Nicolas Poulain. Perrine, la servante, fit chauffer de l’eau et rasa son maître, ne laissant qu’un filet de barbe autour de son menton. Puis, ayant revêtu des habits bien brossés, Olivier se rendit chez Nicolas Poulain accompagné de Le Bègue.

La nuit tombait.

Nicolas Poulain et son épouse les reçurent fort aimablement. Le lieutenant du prévôt raconta à Olivier qu’il avait parlé de lui au père Boucher en présence du commissaire Louchart (sans dire où il les avait rencontrés) et que le prêtre avait reconnu avoir oublié le rendez-vous. N’ayant plus de charge contre lui, Louchart avait accepté de le libérer.

— C’est incompréhensible ! s’exclama Olivier, en secouant la tête. Le père Boucher ne pouvait avoir oublié. Il avait ma lettre, et la soutenance de ma thèse à la Sorbonne était pour la fin du mois… mais quoi qu’il en soit, maintenant que je suis libre et innocenté, je vais trouver ceux qui ont tué mon père et Margotte, menaça-t-il les poings serrés.

— Je comprends que vous vouliez retrouver ces assassins, mais pour y parvenir il vous faudra savoir pourquoi on a tué votre père.

— Ce devaient être des rôdeurs, des gens sans aveux à la recherche de picorée, répliqua Olivier en haussant les épaules.

— Comment seraient-ils entrés, monsieur ? intervint Le Bègue. Votre père n’ouvrait jamais à des inconnus !

— C’est vrai. Sur ce point, Louchart avait raison, reconnut Olivier après un instant de réflexion.

— J’ai interrogé le tailleur, poursuivit le commis. Il a vu trois hommes qu’il ne connaissait pas frapper à la porte de votre père le jour des meurtres. L’un était un bourgeois et les autres des traîneurs d’épée.

— Ce seraient eux les assassins ?

— Pas forcément, monsieur, dit Le Bègue, car le tailleur m’a dit aussi que quand il était dans l’ouvroir, dans l’arrière-boutique, il n’avait pas de vue sur la cour. D’autres personnes ont pu se présenter sans qu’il les voie.

— Il n’empêche… Qui pouvaient être ces trois visiteurs ? s’interrogea Olivier. Que venaient-ils faire ? Si mon père leur a ouvert, c’est qu’il les connaissait ! Peut-être les attendait-il ?

— Si je peux vous donner un avis, monsieur Hauteville, examinez les papiers de votre père, et particulièrement ceux concernant les contrôles qu’il effectuait. Je crois que c’est là que vous trouverez la solution, proposa Poulain.

Olivier resta silencieux. Il n’y avait pas songé. Au bout d’un instant, il se tourna vers Le Bègue.

— Mon père m’avait dit qu’on l’avait chargé d’un important travail de vérification des registres des tailles…

— Oui, monsieur, c’était à la demande de M. Antoine Séguier qui s’occupe du contrôle général des tailles à la surintendance. Il venait de terminer un mémoire à ce sujet.

— Il faut que je lise ce mémoire, où est-il ?

— Je l’ignore, monsieur. Je l’ai aidé dans les vérifications et les copies des registres de l’élection mais il a rédigé ce mémoire tout seul. Il devrait encore être dans sa chambre.

— Je vais rechercher dans ses papiers, et j’irai voir M. Séguier lundi, décida Olivier.

Le lendemain dimanche, la messe fut consacrée à M. Hauteville et aux autres victimes du crime. Mais cette fois, Olivier était fièrement placé devant l’autel, lavé de tout soupçon, comme le déclara le curé de la paroisse. Après l’office, nombreux furent les voisins et les amis de son père qui vinrent témoigner de leur tristesse. Parmi eux, un homme d’une cinquantaine d’années attendit d’être le dernier pour se présenter.

— Monsieur Hauteville, vous ne devez pas vous souvenir de moi, car la dernière fois que je vous ai vu, vous deviez avoir quinze ans et vous rentriez du collège. Je travaillais avec votre père lorsqu’il avait repris la charge de son père à la Grande chancellerie. Nous sommes tous deux clercs-notaires et secrétaires du roi. Je suis à présent premier clerc de M. Sardini. Il y a trois jours, il a appris la mort de votre père et m’a suggéré de venir vous présenter nos condoléances.

Olivier le remercia. Il rentra chez lui, avec Le Bègue et leur servante, le cœur plein de reconnaissance envers tous ces gens qui prenaient part à sa douleur. Après le dîner, il travailla avec Le Bègue à classer les papiers de son père, en mettant de côté sa correspondance privée, les documents liés à sa charge, et enfin les rentes existantes. Ils trouvèrent très peu de pièces comptables en cours de contrôle, ce qui était surprenant. Quant au mémoire, ils n’en découvrirent aucune trace.

— Il manque des documents, monsieur, affirma Le Bègue quand ils eurent terminé. Il y a deux copies de registres de receveurs que j’avais faites au tribunal de l’élection qui ont disparu, ainsi qu’une centaine de copies de bordereaux et de quittances de collecteurs remises par M. Séguier à votre père.

— Et le mémoire…

— Et le mémoire, en effet. Peut-être votre père l’avait-il déjà donné à M. Séguier ?

— Il manque aussi sa clef de la maison, remarqua Olivier. Vous aviez bien rassemblé dans la chambre ce qu’il avait sur lui après sa mort ?

— Oui, monsieur, j’ai tout placé sur la table, près de son lit.

— Je l’ai cherchée ce matin, et je ne l’ai pas trouvée. Une cassette contenant une vingtaine d’écus a aussi disparu, les assassins ont dû la voler. La grille d’entrée est bien abaissée ?

— Oui, monsieur, j’ai vérifié.

— Il faudra changer la serrure si on ne retrouve pas cette clef. Je comprends le vol de la cassette mais je me demande pourquoi les assassins ont pris ces registres et ces bordereaux…

Il n’attendait pas de réponse, elle était inutile. Au fond de lui-même, il devinait la vérité : les visiteurs assassins étaient venus pour chercher ces papiers.

Un peu plus tard, il réunit la servante et la cuisinière avec Le Bègue. Il les garderait tous à son service, les rassura-t-il, mais il ne remplacerait pas Gilles, le valet assassiné. Sans savoir comment il allait vivre, il ne pouvait prendre d’engagement pour l’avenir. Le Bègue, qui n’aurait plus de travail comme commis, assurerait l’intendance de la maisonnée. Pour l’instant, il ne pourrait plus leur donner de gages mais ils seraient nourris et chauffés. Son père lui laissait une petite rente suffisante.

Nicolas Poulain passa en fin d’après-midi. À nouveau, Le Bègue le remercia avant de se retirer dans sa chambre.

— Je suis venu pour essayer d’y voir plus clair dans ce triple crime, expliqua le lieutenant du prévôt, bien que je n’aie guère de temps pour m’en occuper, car je suis absent de Paris quatre jours par semaine.

Poulain commença à interroger Olivier sur la façon dont les assassins avaient pu entrer, et celui-ci lui montra la herse. Le lieutenant du prévôt l’examina, ainsi que le contrepoids et le système de verrouillage. C’était un très beau mécanisme qu’il n’avait vu que dans quelques rares châteaux. Il était bien huilé, en parfait état, et confirmait que M. Hauteville était un homme méfiant et n’ouvrait certainement qu’à des gens qu’il connaissait.

Nicolas Poulain interrogea donc Olivier sur ses proches et apprit que son père connaissait M. de La Chapelle. Celui-ci lui avait même proposé, au début du mois de décembre, de participer à une confrérie de défense contre l’hérésie.

— Mon père avait accepté, malgré l’opposition de Margotte, et moi-même j’avais assuré M. de La Chapelle qu’il pouvait compter sur moi.

— Pourquoi ?

— Les huguenots préparent une Saint-Barthélemy des catholiques, monsieur Poulain ! Le père Boucher me l’a plusieurs fois assuré. Le roi est un nouvel Hérodes qui veut notre mort. L’État est plein d’ulcères, ses membres sont tous gâtés, poursuivit Olivier avec fougue. Il faut chasser les mignons, surtout Épernon et Joyeuse, comme cela a déjà été fait pour ce débauché d’O. Ce sont tous des voleurs !

— Que faut-il faire encore ? demanda Poulain, qui se maîtrisait pour cacher son irritation.

— Extirper l’hérésie et réunir des États qui éliront un conseil de vrais catholiques afin qu’il impose son autorité au roi ! C’est d’ailleurs le sujet de ma thèse : Les écritures saintes exigent que le roi s’incline devant la loi, s’enflamma Olivier.

— Comme celui qui dirige votre thèse a souhaité vous faire pendre, il ne doit pas apprécier vos idées tant que ça ! ironisa le policier.

Le jeune Hauteville ne répliqua pas, écartelé entre ses idées et la dure réalité.

— Croyez-vous à cette Saint-Barthélemy des catholiques ? demanda encore Poulain.

Olivier resta silencieux, ne sachant que dire.

— Je me souviens encore de cette boucherie, fit négligemment le lieutenant du prévôt, et je ferai tout pour qu’il n’y en ait jamais plus.

— Moi aussi, j’avais dix ans… balbutia Olivier.

— Qu’a fait votre père durant le massacre ?

— Il nous a cachés, et nous a empêchés de sortir. Plus tard, on est venu le chercher pour aider à rétablir l’ordre… Je crois qu’il était resté marqué par les horreurs qu’il avait vues.

— C’est pour ça qu’il avait rejoint cette ligue de M. de La Chapelle ?

— Sans doute. Lui aussi ne voulait pas que tout recommence, avec cette fois les hérétiques comme massacreurs.

Poulain hésita à lui dire que ses propres amis avaient peut-être occis son père, mais jugeant que cela l’entraînerait trop loin, il préféra se taire.

Lundi 14 janvier, le matin

Les Séguier étaient une famille considérable.

Pierre Séguier, président à mortier au parlement de Paris jusqu’en 1576, avait eu deux fils. Le premier, Jean, seigneur d’Autry, était maintenant lieutenant civil, et Antoine, le second, occupait la fonction de maître des comptes. Les deux frères habitaient dans la même rue[36].

Antoine Séguier occupait plusieurs charges. Il était à la fois intendant à la surintendance des finances, chargé du contrôle des pièces comptables des receveurs, conseiller au conseil d’État, et enfin conseiller au parlement. C’est que l’administration de cette époque n’avait rien à voir avec la nôtre. Ainsi les secrétaires d’État, le chancelier, ou encore le surintendant des finances tenaient leur office dans leur hôtel et rémunéraient eux-mêmes leurs commis, secrétaires et employés aux écritures qui travaillaient chez eux.

Ils confiaient aussi une partie de leurs tâches à d’autres officiers, auxquels parfois ils avaient vendu la charge. Ceux-là étaient aussi entourés de commis et de secrétaires lesquels pouvaient, à leur tour, sous-traiter une partie de leurs attributions.

M. Hauteville possédait un bardot pour se rendre au palais. L’animal, robuste comme une mule et aussi placide qu’un âne, était en pension dans la même écurie que le cheval de Nicolas Poulain. C’est sur son dos qu’Olivier et son commis se rendirent chez M. Séguier, rue des Petits-Champs. Il avait à nouveau neigé et les rues étaient encore plus sales que d’habitude, mais sur le bardot, les deux hommes ne se salirent pas trop et ne crottèrent pas leurs chaussures.

Antoine Séguier travaillait avec un de ses secrétaires quand ils se présentèrent. C’est de leur bouche que le maître des comptes apprit la mort de M. Hauteville. Il demanda quelques explications, qu’Olivier lui fournit, et avoua qu’il n’avait aucune idée des raisons de cet assassinat. Il se souvenait bien avoir confié à M. Hauteville père un travail de vérification des tailles de l’élection, à la demande du surintendant M. de Bellièvre. Compte tenu de ses charges écrasantes, c’était M. Claude Marteau, un maître des comptes à qui il avait cédé une charge de contrôleur général, qui suivait ce contrôle. Il ignorait si M. Hauteville avait été sur le point de terminer ses vérifications et n’avait jamais eu aucun mémoire entre les mains.

Sur ses conseils, et pour en savoir plus, Olivier et Le Bègue se rendirent rue des Deux-Portes où logeait Claude Marteau.

Le contrôleur général habitait une maison à deux étages, chacun en encorbellement sur le précédent. La bâtisse, à l’enseigne de la Reine Blanche, était fort coquette avec des colombages peints en bleu et en ocre et les extrémités de la charpente sculptées en tête de gargouille.

M. Séguier les avait prévenus. Marteau était d’une grande loyauté à la Couronne. Son frère avait épousé la fille de M. de Nully, président de la cour des Aides et prévôt des marchands. C’était un officier important et ils devraient faire preuve d’une grande considération en l’interrogeant.

Dans la grande chambre qui lui servait de cabinet de travail, Claude Marteau parut à la fois surpris et contrarié quand, introduit par un secrétaire, Olivier eut expliqué le but de sa visite.

Les trois fenêtres de la pièce lambrissée s’ouvraient sur la rue. Sur une haute estrade, un lit à rideaux occupait une grande partie de l’espace. Non loin se dressait une cheminée qui enfumait la pièce. À partir de la porte par où ils étaient entrés, se succédaient un dressoir garni de belles pièces d’orfèvrerie, un buffet, une crédence et une grande armoire. En face, près des fenêtres, étaient alignées plusieurs chaises raides à hauts dossiers.

M. Marteau affichait son opulence. Il était fortuné, et il voulait que ses visiteurs et son personnel le sachent. Il faisait sûrement partie de ces bourgeois qui, les jours de fêtes, exposaient leur dressoir chargé des richesses de la famille devant la porte de leur maison.

Le contrôleur général des tailles était assis devant une belle table de travail sur laquelle s’entassaient des dossiers et des sacs de pièces. À son extrémité, un clerc à bésicles recopiait un document. Marteau fit asseoir ses visiteurs sur des escabelles à trois pieds, en s’excusant du désordre. Il parlait lentement, comme ensommeillé, articulant le début de ses phrases tout en avalant ses derniers mots, ce qui en rendait le sens difficilement intelligible.

La fuite de Benoît Milon, le premier intendant des finances, avait désorganisé le service, leur expliqua-t-il. La mort de M. Hauteville, qu’il avait apprise la veille, n’allait rien arranger et il se proposait justement d’envoyer un de ses secrétaires chez lui pour reprendre les dossiers et les registres qu’il lui avait confiés…

— Les gens qui ont occis mon père ont aussi emporté une grande partie des pièces comptables sur lesquelles il travaillait, ce qui me laisse penser que sa mort est liée au contrôle des tailles de l’élection. Il venait justement de terminer un mémoire pour M. Séguier. Vous l’avait-il remis ? Si c’est le cas, puis-je le consulter ? Il est possible qu’il contienne des noms me permettant d’identifier les coupables, suggéra Olivier.

— Non, je n’ai rien reçu, et c’est bien fâcheux, répondit M. Marteau, car ce travail de vérification est attendu avec impatience par M. de Bellièvre qui m’en a encore parlé, il y a quelques jours…

Il se tut un instant, abaissant ses lourdes paupières avant de poursuivre à mi-voix :

— Mais croyez-vous réellement qu’on ait tué votre père parce qu’il aurait découvert qui rapinait les tailles ? Cela me paraît invraisemblable, comment ces fraudeurs auraient-ils eu connaissance de son travail… et surtout de son avancement ?

Tout en parlant, il grattait son épaisse barbe qui retombait sur sa petite fraise. Claude Marteau avait la quarantaine dépassée, un physique de gros mangeur et un air perpétuellement ensommeillé, avec ses paupières à demi closes. Son père était marchand changeur et il avait toujours vécu dans le milieu de la finance. Bien sûr, on pouvait tuer pour des quittances ou des bordereaux, mais il était très difficile d’entrer chez les financiers qui se protégeaient par de solides portes, des grilles, des valets et des gardes armés.

— Votre père ouvrait-il facilement sa porte ? demanda-t-il après un nouveau silence.

— Non, monsieur. Nous avons peu de domestiques et notre seule entrée est protégée par une herse. Si mon père a ouvert, c’est qu’il connaissait son visiteur…

— Sans doute… Et si les assassins avaient tout simplement des complices dans la maison ?

Olivier n’y avait pas pensé. Se pouvait-il que Gilles ait été soudoyé ? Dans ce cas, il aurait payé cher sa trahison.

— J’enquêterai dans cette direction, monsieur, proposa-t-il.

— Essayez surtout de savoir à qui il a parlé des vérifications qu’il faisait. Sans doute s’est-il confié à quelqu’un du Palais, au tribunal de l’élection…

Il se leva pour faire comprendre que l’entretien était terminé.

— Vous rassemblerez tous les papiers de votre père et vous me les ferez porter, dit-il encore, d’une voix brusquement plus énergique. Je vais demander à un de mes commis de reprendre ce contrôle. Peut-être aurons-nous la chance de confondre ainsi les assassins de votre père.

Les rapines du Duc de Guise
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