24 – À COUPS DE RASOIR

Certains se vantent d’avoir le caractère poétique, de mépriser les contingences de la vie ordinaire, de s’accommoder de tout, de pouvoir se faire aux pires situations. D’autres, au contraire, passent, impassibles dans la vie, sachant non pas se plier aux circonstances, mais les plier à leurs besoins. Ellis Marshall était de ces derniers. Le flegmatique Anglais qui, par pur patriotisme et par désœuvrement aussi, était entré dans le corps des agents diplomatiques chargés de s’occuper d’une foule de missions secrètes propres à augmenter la gloire intangible de la vieille Angleterre, possédait à un rare degré la qualité prédominante de tous ses compatriotes et qui n’est autre que le sang-froid.

Rien ne le dérangeait, rien ne l’émouvait, il était toujours supérieur aux événements, jamais étonné. Aussi bien, grâce à ce flegme imperturbable, là où d’autres se fussent affolés, là où ils auraient perdu la tête, Ellis Marshall, tout bonnement réfléchissait, trouvait une solution.

Célibataire, Ellis Marshall professait cette théorie qu’avant tout l’homme intelligent ne doit jamais s’embarrasser d’un domicile fixe.

Ellis Marshall, cependant, n’habitait pas à l’hôtel. Partout il se logeait, en vertu d’un principe bien arrêté, dans un appartement qu’il meublait à peu de frais, avec des meubles sommaires et qu’il choisissait dans le voisinage immédiat d’un grand hôtel. Il lui suffisait alors de s’entendre avec la direction de l’établissement voisin, moyennant une somme qu’il pouvait librement débattre, pour que les domestiques de l’hôtel vinssent à heure fixe faire son ménage, entretenir ses affaires et même lui monter ses repas. Il était chez lui et il jouissait de l’organisation commune de l’hôtel. C’était, à son point de vue, la meilleure manière d’être complètement indépendant.

Domptant son émotion, il avait rapidement quitté la salle d’armes et, pendant que le prince Nikita courait chez le comte Vladimir Saratov pour le mettre au courant de la découverte qu’il avait faite relativement au portefeuille rouge, l’Anglais, ne se doutant aucunement des remarques du jeune Russe, rentrait chez lui pour changer de veston, et, ainsi qu’il l’avait annoncé, achever sa toilette, passer un smoking et s’en aller user la soirée le plus agréablement qu’il le pourrait.

Or, Ellis Marshall, en remontant l’escalier conduisant à son appartement, entendit grelotter la sonnette de son téléphone.

— Oh, pensa-t-il, sans d’ailleurs se hâter le moins du monde, car il avait horreur de se presser, voici que quelqu’un voudrait me causer. C’est grand dommage, la communication va être certainement coupée avant que je ne sois chez moi.

Il continua à gravir les étages, introduisit la clé dans sa serrure, ouvrit sa porte, posa d’un geste qui n’avait rien de précipité son chapeau à un porte-parapluie, puis enfin se dirigea vers l’appareil téléphonique.

— Allo, s’informa l’Anglais. Que demande-t-on ?…

Au bout de la ligne, une voix d’homme, répondit :

— Allo, c’est bien à M. Ellis Marshall que j’ai l’honneur de parler ?

— À moi en effet et à qui ai-je l’avantage ?

— C’est le coiffeur, monsieur Marshall.

Ellis Marshall ouvrit de grands yeux, fort étonnés, ne comprenant guère ce que « le coiffeur » pouvait lui vouloir.

— Que désirez-vous ?

— Allo monsieur Marshall, je voulais vous informer que mon garçon Louis, mon garçon ordinaire, est tombé malade. Ce qui fait que demain je ne pourrai vous envoyer personne. Voulez-vous m’autoriser à vous envoyer aujourd’hui un nouveau garçon ? Auriez-vous le temps de le recevoir ce soir ?

Ellis Marshall réfléchissait. Il avait coutume, deux fois par semaine, de faire venir chez lui un garçon du perruquier voisin, qui rafraîchissait sa chevelure, le gratifiait d’une bonne friction et enfin le rasait.

— Aoh, dites à votre garçon qu’il vienne tout de suite ; justement, je ne serai pas fâché d’être rasé ce soir même.

L’Anglais raccrocha le téléphone, se débarrassa de son col, puis passant à son cabinet de toilette, commença à préparer le smoking qu’il comptait revêtir quelque temps après le départ du garçon coiffeur.

Il y avait quelques minutes déjà qu’Ellis Marshall avait terminé tous ces préparatifs et qu’il venait de s’étendre dans un confortable fauteuil, lorsqu’on sonnait à sa porte :

Ce perruquier avait bien la tête la plus « perruquière » qui soit. C’était un jeune garçon de vingt-cinq à trente ans, exagérément chevelu, sentant d’une lieue le parfum à la rose, pommadé et peigné avec un soin extrême, la barbe en pointe du plus beau noir et une fine moustache retroussée à la mousquetaire.

— Isidore Lubin, pour vous servir, monsieur. Isidore Lubin, le garçon coiffeur dont on vous annonçait l’arrivée il y a quelques minutes. Oh, oh, vous avez de beaux cheveux.

À l’exclamation flatteuse d’Isidore Lubin, l’Anglais répondit par un haussement d’épaule :

— Ah oui, dit Marshall, entrez. Vous allez, n’est-ce pas, me tailler les cheveux légèrement, me les rafraîchir, et après vous me ferez la barbe ?

Tout en parlant, Ellis Marshall, précédant le garçon coiffeur, venait de regagner sa chambre à coucher. Il s’était assis sur un fauteuil après s’être lui-même enveloppé d’un grand peignoir. À sa droite se trouvait une table recouverte d’un linge blanc sur laquelle il avait disposé ses peignes, ses brosses, ses rasoirs, tout l’attirail nécessaire.

L’Anglais avait fermé les yeux. Mais c’était, en vérité, un étrange garçon perruquier : campé debout au milieu de la pièce, il croisa les bras, il regarda fixement Ellis Marshall et s’écria :

— Eh bien, non monsieur, je ne vous couperai pas les cheveux. Inutile d’insister, je ne vous les couperai pas.

— Et pourquoi ?

Mais, une main sur son épaule, le garçon perruquier forçait son client à se rasseoir.

— Pourquoi ? continuait l’étrange envoyé de la maison de coiffure, pourquoi je me refuse à vous couper les cheveux, vous le demandez, monsieur ? En vérité, c’est scandaleux. Je m’y refuse, monsieur, parce que vous avez une chevelure superbe, une chevelure qui, avec un peu de soins, pourrait, en étant artistement peignée, être aussi belle que la mienne. Vous me prenez pour un garçon coiffeur, monsieur ?

— Mais oui, sans doute je vous prends pour un garçon coiffeur.

— Eh bien, vous vous trompez. Je suis un artiste, capillaire, il est vrai, mais il n’y a pas d’artistes inférieurs aux autres. Tous les arts son égaux. La beauté est estimable sous toutes ses formes.

Et, sans doute, l’artiste capillaire eût longtemps continué sur ce ton si soudain Ellis Marshall n’en avait eu assez.

— Aoh, fit-il avec la rudesse spéciale aux fils d’Albion, vous m’embêtez, mon ami. Voulez-vous, oui ou non, me couper les cheveux ?

Si Ellis Marshall pensait avoir le dernier mot, il se trompait. Loin de se démonter, en effet, à l’apostrophe de son client, le garçon coiffeur n’en paraissait nullement affecté :

— Monsieur, répondait-il, ou, si vous le voulez, milord, car je parle anglais, je connais un peu la langue de Shakespeare, je ne vous couperai pas les cheveux, je ne vous les couperai pas. Et si vous voulez en savoir le motif, je vous l’expliquerai à mon tour, avec cette sécheresse de termes qui est propre à la langue française – vous voyez monsieur, que j’ai de l’instruction – je ne vous les couperai pas, parce que vous les couper serait idiot.

— Mais enfin ?

— Oh, il n’y a pas d’enfin. Voyons, réfléchissez. Vous êtes pileux, monsieur, vous êtes pileux. Vous avez une chevelure, je vous le répète, admirable, pourquoi voulez-vous y porter le fer ? pourquoi y frayer un passage à coup de tondeuse ? nul n’habite dans votre chevelure, monsieur. Tenez, en ce moment, vous vous coupez en brosse. Pardon, je veux dire, vous portez la taille en brosse. Bien. Mais, monsieur, vous ne seriez pas pileux que vous pourriez la porter, cette taille. C’est une taille économique, une taille avare, une taille à la disposition de toutes les têtes. Or, étant pileux, je le répète, ayant cette chance exceptionnelle, comme moi, monsieur, vous devez, monsieur, comme moi, adopter une coiffure qui mette en relief votre pilosité.

— Et c’est pourquoi vous ne voulez pas me couper les cheveux ? aoh, vous êtes fou, mon garçon.

— Artiste, monsieur, artiste. Laissez pousser vos cheveux. Laissez-les pousser. Croyez-moi, voilà mon conseil d’homme de l’art. Si vous le voulez, d’ailleurs, je reviendrai dans huit jours et alors vos cheveux seront assez longs pour que je puisse vous faire une taille à l’Absalon, à la Clovis, à la mérovingienne, quelque chose enfin.

Ce garçon, évidemment, était fou, ou ivre, peut-être ?

— Bah, répondit-il simplement à la diatribe du perruquier, ne me coupez pas mes cheveux, puisque cela vous désoblige, mais faites-moi la barbe, s’il vous plaît.

Et, en même temps qu’il prononçait ces mots, Ellis Marshall se demandait, amusé malgré lui, si le perruquier amateur de pilosité allait bien vouloir consentir à lui tailler la barbe.

Il devait être rapidement rassuré :

— La barbe ? oh, la barbe tant que vous voudrez. Je vous la raserai une fois, deux fois, trois fois. Je ferai mieux, monsieur, si tant est que cela puisse vous agréer, je ne me contenterai pas de vous la raser, je vous l’épilerai. La barbe est inesthétique, laide, sale ; c’est une honte que les hommes soient barbus. La barbe cache les traits du visage, dissimule le dessin de la bouche, atténue la ligne du menton, donne un air efféminé au visage. Oui, monsieur, je vous enlèverai votre barbe. D’ailleurs, vous allez juger de mon savoir-faire.

Comme s’il accomplissait un sacerdoce, le garçon coiffeur se hâta en effet vers les accessoires disposés sur la table à toilette, il emplit un petit bol de poudre à savon, s’arma d’un blaireau, puis, à tour de bras, avec une vigueur extrême, savonna son client.

— Vous allez voir, monsieur, répétait-il.

Ellis Marshall, qui, à cet instant, subissait la violente friction du blaireau, était hors d’état de répondre. Et le perruquier n’arrêtait pas :

— La grande affaire, expliquait-il, la grande affaire, monsieur, quand on veut raser, c’est d’avoir la main légère et sûre, de ne pas s’y reprendre. Or, voyez-vous comment j’opère. Je pose mon rasoir sur le haut de votre joue, je le laisse descendre jusqu’à votre menton. Ainsi je fais à droite, ainsi je fais à gauche. Puis le dessous du menton, puis le dessus des lèvres, là, là, ne bougez pas. C’est une opération qui est faite. Voilà, monsieur.

Le « voilà » du perruquier était triomphal. Moins triomphale fut l’exclamation d’Ellis Marshall :

— Mais vous m’avez abominablement coupé. Me voici balafré pour huit jours.

— Oh, ce n’est rien, monsieur, rien du tout.

— Comment, ce n’est rien du tout ? Ah çà, vous vous moquez de moi ?

— Nullement, monsieur, nullement, les coupures de la face n’ont jamais causé une réelle laideur. Songez à l’esthétique des sauvages qui se couturent le visage à seule fin de paraître avoir combattu en vaillants guerriers. Vous me direz que ce sont des sauvages. L’argument n’a aucune valeur. Je le prouve. Les Allemands agissent de même, monsieur. Les étudiants allemands, vous ne l’ignorez pas, sont fiers des balafres – je reprends votre propre terme – qu’ils se font au sabre, ils en sont fiers, ainsi.

— Taisez-vous. Aoh, je n’ai jamais connu de pire bavard comme vous. De plus, vous étiez un maladroit, vous m’avez horriblement coupé et je le répète…

— Vous tombez en cela dans une profonde erreur, monsieur, mais qu’importe, j’ai l’habitude d’être incompris. Et maintenant, proposait le terrible bavard, comme l’Anglais, après s’être passé le visage à l’eau fraîche, contemplait d’un air chagrin les deux larges coupures qui le défiguraient, et maintenant, vous proposerai-je, noble représentant de l’île anglaise, vous proposerai-je de vous parfumer ? Les anciens s’oignaient d’huile d’olives, mais nous sommes en période de décadence, et on se sert plus communément d’eau de Cologne que l’on fabrique à Paris, d’eau de Portugal que l’on fabrique à Paris encore, de benjoin, de…

— Aoh, vous allez me fiche le camp immédiatement. Le plus vite sera le préférable, et je vous donne mon billet que je ne ferai pas des congratulations de vous à votre maison. Allez, hop.

Excédé, Ellis Marshall avait empoigné par le bras le garçon perruquier, il le conduisit de force jusqu’à la porte de son appartement, il le poussa dans l’escalier tout en répétant, absolument hors de lui :

— Aoh, aoh, vous étiez une insolente, une ignorante, une prétentieuse, une désagréable créature.

Et en même temps il décrochait le téléphone : Il fallut bien au brave Anglais dix bonnes minutes pour obtenir de l’apathie des demoiselles du bureau central la communication qu’il désirait. Il l’eut enfin et, ayant fait appeler à l’appareil le patron coiffeur, il commença immédiatement à lui adresser de virulents reproches :

— Allo… allo… clamait Ellis Marshall, penché sur l’appareil transmetteur ; vous étiez une brute, digne de la pendaison. Vous m’avez envoyé un garçon qui est…

— Mais, monsieur Ellis, je ne comprends pas du tout ce que vous me dites, c’est demain matin que je dois…

— Allo, vous étiez digne de passer à la machine-guillotine pour l’étendue et la grandeur de vos mensonges. Vous ne voulez pas avouer que vous m’avez téléphoné il y a une heure en m’annonçant l’arrivée d’un nouveau garçon venant ce soir au lieu de demain matin ? et vous ne m’avez pas envoyé une sorte de fou inconséquent ?

— Mais, jamais de la vie, monsieur Marshall, jamais de la vie. Je ne comprends rien à ce que vous me racontez. Je ne vous ai pas téléphoné. Je ne vous ai envoyé personne. Vous avez été victime d’un escroc.

Le patron-coiffeur devait à coup sûr continuer à protester, mais le malheureux Ellis Marshall ne l’entendit pas davantage.

Alors que suffoquant de rage, pris d’une de ces colères folles particulières aux Anglais, il se penchait sur son téléphone, prêt à foudroyer son interlocuteur par une bordée de jurons, il perdit complètement notion de tout ce qui l’entourait.

C’est alors en effet que, sans qu’il eût eu le temps de pousser un cri, sans qu’il eût vu qui l’attaquait, sans s’être aperçu que d’une armoire voisine doucement ouverte, un homme entièrement vêtu de noir, le visage masqué d’une longue cagoule noire, était sorti, s’était approché de lui, avait levé la main, Ellis Marshall, la gorge horriblement tailladée par un furieux coup de rasoir, laissa choir l’appareil téléphonique et, poussant un râle étouffé, tomba à la renverse, inondé de sang.

Moins de trois secondes plus tard, le malheureux baronnet avait cessé de vivre.

Non seulement, en effet, l’assassin ne manifestait aucune émotion, mais même il éclata de rire et y alla de son soliloque :

— Pas un cri, pas une exclamation. J’ai toujours le geste vif, la main sûre. Je puis encore compter faire de jolies choses dans ma vie.

Tout en monologuant, le sinistre bandit ne perdait pas son temps.

Après s’être assuré qu’Ellis Marshall était bien mort, en effet, il jeta le rasoir qui lui avait servi à perpétrer son crime, puis il se dirigea vers le lit où quelques minutes auparavant le baronnet anglais avait déposé le veston qu’il portait le matin même.

C’est avec une visible anxiété que Fantômas s’empara de ce vêtement.

Il le tourna et le retourna dans tous les sens, et, soudain, une exclamation de rage s’échappa de ses lèvres :

— Avoir ourdi toute cette affaire, avoir réussi cette invraisemblable histoire de la salle d’armes, m’être aperçu, grâce à elle, que cet imbécile d’Anglais avait le portefeuille, être parvenu jusqu’à lui, l’avoir tué, et puis que tout cela soit inutile, qu’un inconnu, car je n’ai pu voir ses traits de l’armoire où j’étais dissimulé, ait été plus vif que moi, ait réussi à subtiliser ce portefeuille, c’est vraiment à devenir fou.

***

Si Fantômas, furieux de son échec, exhalait sa mauvaise humeur, le garçon coiffeur qu’il accusait n’avait pas été, quelques minutes auparavant, beaucoup plus satisfait du résultat de la visite qu’il venait de faire à son client anglais.

À peine Ellis Marshall, en effet, avait-il refermé sa porte, que l’extraordinaire garçon perruquier avait changé d’attitude.

Avec une prestesse insoupçonnable chez un individu qui venait de jouer le rôle d’un bavard, il arrachait la perruque, il se dépouillait d’une fausse barbe, de deux sourcils postiches, il pliait son chapeau mou, se coiffait d’une casquette plate, puis, retirant sa veste, il la retournait, l’enfilait à l’envers et, métamorphosé, il se décidait à descendre l’escalier, à sortir de l’immeuble, poussant l’audace jusqu’à saluer la concierge au passage.

Le faux garçon coiffeur, précipitant sa marche, se dirigeait alors vers le square de la Trinité, peu éloigné de l’endroit où habitait Ellis Marshall. Là, avec une extrême émotion, il tira de sa poche le portefeuille rouge d’Ellis Marshall.

Hélas, il suffit de quelques instants pour que son visage changeât du tout au tout d’expression. Le jeune homme, en effet, venait d’ouvrir le portefeuille rouge qu’il tenait dans ses mains, il en vérifiait le contenu et il songea, blême de fureur :

— Miséricorde, je suis joué. C’est bien un portefeuille rouge, mais ce n’est pas le « Portefeuille Rouge ». Ah, nom d’un de nom d’un chien, qui donc alors peut l’avoir ? Bon sang de bon sang, c’est à flanquer sa démission. Voilà que je suis camelot, que je file tous les individus intéressants. Ce matin, j’arrive au bon moment à la salle d’armes pour être témoin du « déchirage » du veston. Ce soir, je me compose un merveilleux personnage de coiffeur, je raconte un boniment invraisemblable à cet excellent Anglais pour éviter de prendre la tondeuse en mains et ne pas avouer avant d’avoir réussi mon vol que je suis totalement incapable de couper les cheveux à quelqu’un. Et tout cela, tout cela, des trésors d’ingéniosité, des merveilles de ruse, tout cela pour rien. Ah, c’est fichant, c’est à devenir merlan pour de bon.

Il se leva brusquement :

— Après tout, mon petit, se déclara-t-il, redevenu joyeux et de bonne humeur, après tout, cela n’a pas d’importance. J’ai échoué aujourd’hui. Je réussirai demain. Demain ou après demain, mais je réussirai ou j’y perdrai mon nom.

Cet homme qui, successivement, avait été camelot, puis garçon coiffeur, qui déployait une telle activité pour rattraper le fameux portefeuille rouge, évidemment donnait dans l’optimisme.

L'Arrestation de Fantômas
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