15 – NIKITA RÊVAIT-IL ?

— Me suis-je trompé ? L’endroit que j’ai visité ne serait-il pas celui que m’indique Juve ? Si seulement il faisait clair, si je pouvais consulter une carte, mais non, la nuit est obscure et des nuages épais interceptent le moindre rayon de lune. Quelle nuit sinistre. Quelle obscurité de cauchemar.

Relevant le col de son pardessus, le personnage monologuant ainsi, cependant qu’il arpentait à grands pas la falaise abrupte qui s’étend au nord de la pointe Saint-Mathieu, n’était autre que le lieutenant prince Nikita, qui, sitôt après avoir quitté le policier Juve, était venu sur ses indications à la pointe extrême du Finistère, rechercher sur la falaise escarpée le précieux document que le policier lui déclarait y avoir dissimulé. Le voyageur était arrivé au crépuscule dans les environs de la pointe Saint-Mathieu.

Pendant plusieurs heures, il avait exploré l’endroit nettement désigné par Juve, mais ses recherches avaient été vaines.

Par moments, le prince Nikita se demandait s’il avait bien compris les indications qui lui avaient été données.

Mais non, impossible. S’il n’avait pas trouvé le précieux document dans l’anfractuosité du rocher indiquée par le policier de la rue Bonaparte, il avait du moins très nettement découvert la cachette qui l’avait contenu.

Or, cette cachette, le prince Nikita s’en rendait aisément compte, était vide, absolument vide, et l’officier devait en conclure qu’entre le départ de Juve et la venue de l’envoyé russe, quelqu’un avait découvert la cachette et emporté le dépôt.

À présent, le prince Nikita cherchait en vain sa route. Au cours de ses pérégrinations, il s’était égaré et désormais ne retrouvait plus le véhicule qui, plusieurs heures auparavant, l’avait conduit à quelque cent mètres du phare de la pointe et s’y était arrêté.

Fouillant des yeux l’obscurité, après de longues tentatives infructueuses, Nikita avait aperçu une petite lumière qui scintillait à l’horizon, émergeant d’une masse d’ombre.

Il s’en était approché, croyant découvrir quelque maison de pêcheurs dans laquelle il pourrait prendre un peu de repos. Mais, comme il arrivait aux abords de la demeure ainsi éclairée, il s’apercevait en présence d’une habitation fort importante, d’un manoir aux épaisses murailles, aux contours tourmentés.

Il hésita à sonner.

Lentement, il fit le tour du vieux manoir, espérant rencontrer quelque domestique, trouver quelqu’un d’éveillé. Mais c’était partout le silence et la nuit.

Soudain, cependant, comme il passait entre les écuries et une grange voisine de la maison, le prince Nikita s’arrêta.

Il venait d’entendre un léger bruit et à peine s’était-il arrêté qu’une voix dans l’ombre appelait :

— Psst.

Instinctivement, l’officier se rapprocha d’une petite porte basse à peine entrebâillée. Derrière cette porte, la même voix articulait doucement :

— Ici, c’est par ici, suivez-moi, je vais vous montrer le chemin.

Surpris, Nikita allait se nommer à cet interlocuteur invisible, mais celui-ci, curieux évidemment de savoir à qui il s’adressait, venait de braquer sur l’inconnu le pinceau lumineux de sa lanterne sourde.

La voix qui avait appelé Nikita murmura avec une intonation de surprise :

— Tiens, ce n’est pas vous ? Ce n’est pas lui.

Puis la voix ajoutait, une voix d’homme, grave, un peu rude :

— Je comprends. Vous venez peut-être de sa part ?

Intrigué, soupçonnant un mystère, peut-être aussi une aventure, et redoutant par-dessus tout d’être laissé dehors, Nikita répondit évasivement.

L’homme, cependant, qui l’avait si opportunément rencontré et appelé poursuivit la conversation :

— Évidemment, vous venez pour l’affaire.

Ce fut, dans l’esprit de l’officier russe, un trait de lumière :

— Oui, je viens pour l’affaire, répondit-il.

Tout en parlant l’officier avait franchi la porte du vieux manoir, et il se trouva bientôt à l’entrée d’un couloir.

Son interlocuteur le considéra un instant avec une certaine attention, presque de la méfiance, mais, sans doute l’air décidé et martial du jeune officier lui plut :

— Ça va bien, suivez-moi.

Nikita avait eu le temps de voir cet hôte étrange et mystérieux qui peut-être allait dans un instant lui fournir les explications dont il avait si grand besoin.

C’était un homme de médiocre condition, à en juger par ses vêtements mal tenus, et même déchirés.

Mais le personnage ne paraissait pas s’inquiéter de l’examen dont il était l’objet.

Il avait pris l’officier par le bras, lui faisait gravir un petit escalier de pierre et soudain se penchant à son oreille, déclarait :

— Nous allons l’avoir aisément, rien n’est plus facile, j’ai tout préparé.

Il ajouta :

— Mais pourquoi n’est-il pas venu ?

À ce moment, Nikita pensait aux dernières paroles de Juve qui, fort subtilement d’ailleurs, avait suggéré à l’officier de se rendre seul en Bretagne, d’où il pourrait plus à son aise revenir avec le document, sa personnalité étant ignorée des bandits qui prétendaient s’en emparer.

Et, spontanément, répondant à son interlocuteur, Nikita déclarait :

— C’est qu’il avait peur d’être reconnu.

— Je comprends fit l’homme, il a eu raison. Il est connu.

Cependant, les deux hommes arrivaient au sommet de l’escalier, ils se trouvaient sur un palier étroit où s’ouvraient trois couloirs obscurs.

L’homme interroge l’officier :

— Vous êtes armé ?

— Sans doute, répondait celui-ci.

— Bien, je pense que vous n’avez pas peur ?

— Non, fit Nikita, jamais.

L’homme avait éteint sa lanterne, il serra le bras du prince et l’entraîna dans l’obscurité.

L’officier, malgré tout son courage, malgré son désir de faire l’impossible pour se procurer le portefeuille rouge, était en proie à une certaine émotion.

Certes, il bénissait l’heureux hasard qui lui avait permis de rencontrer cet homme, mais il maudissait la légèreté de Juve qui avait complètement omis de lui dire que, dans le cas où le document ne se trouverait pas dans la cachette, il conviendrait de se rendre au manoir voisin pour y trouver un collaborateur pouvant l’assister dans ses recherches.

Juve n’avait rien dit. C’était invraisemblable. Et Nikita, par moments, se demandait s’il n’était pas victime d’un extraordinaire quiproquo, ou s’il ne bénéficiait pas d’une chance inespérée.

Soudain, comme il passait près d’une porte sous laquelle filtrait un filet de lumière, l’homme proféra ;

— Doucement, ne faisons pas le moindre bruit, elle a beau être vieille, elle a l’oreille fine, elle pourrait nous entendre.

— Ah.

Ils avaient beau marcher sur la pointe des pieds, on entendait le grincement des clous sur les dalles de pierre. Et soudain, ce fut la porte ouverte, un flot de lumière dans l’étroit passage, une voix angoissée, une voix de femme :

— Qui va là ? Ah, c’est vous, Jean-Marie. Mais où allez-vous ?

L’équarisseur ne disait toujours rien. Nikita resta immobile, figé, ébloui.

Devant eux, se dressait une femme jeune et merveilleusement belle, chevelure d’or fauve auréolant son majestueux visage, simplement vêtue d’une robe sombre qui moulait admirablement ses formes magnifiques. Quelle allure, quel port de reine.

Mais, soudain, le prince eut un sursaut de terreur.

Jean-Marie, revenu de sa stupéfaction, s’était précipité sur cette femme, la menaçait de son coutelas ouvert :

— Je te connais pas, dit-il, mais peu importe. Deux femmes ne me font pas peur, et si tu viens défendre la vieille Brigitte, elle n’aura pas longtemps à compter sur toi.

Une seconde de plus, l’infortunée était frappée par le monstre.

Plus vif que la pensée, Nikita s’était précipité sur son guide et, faisant preuve d’une force herculéenne, il lui tordait le poignet, l’obligeait à lâcher son arme.

Les deux hommes alors roulèrent à terre, dans une lutte déchaînée. L’officier frappait à tour de bras l’audacieux criminel, cependant que Jean-Marie rugissait, l’écume aux lèvres :

— Traître. Bandit. Canaille. Je te crèverai toi aussi.

Jean-Marie mordit au bras l’officier qui poussa un cri de douleur. Mais voyant rouge, Nikita, cette fois, étrangla à moitié Jean-Marie, puis le rejeta inerte, évanoui, hors de la pièce, dans le couloir d’où ils venaient.

Le poussant du pied, comme une charogne, Nikita laissa le vaincu sur les dalles de pierre puis, pour empêcher un retour offensif de sa part, il referma à double tour la porte communiquant avec le couloir et se trouva seul à seul avec la jeune femme qu’il venait d’arracher à un si terrible danger.

La malheureuse, plus belle encore dans l’expression sincère de sa frayeur, avec ses grands yeux bruns qui brillaient étrangement, s’était emparée d’un revolver et sa main blanche et délicate braquait sans trembler le canon de l’arme sur l’officier.

Machinalement, Nikita rétablit le désordre de sa toilette puis, immobile en face de l’inconnue, il courba la tête dans un profond salut, et attendit.

D’une voix étouffée, la jeune femme lui demanda :

— Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ?

— Madame, balbutia le lieutenant prince Nikita, excusez-moi, je n’y comprends rien moi-même, je suis victime d’un quiproquo, je le bénis toutefois, car il m’a permis de vous arracher à l’agression de ce bandit.

— Vous n’êtes pas son complice ? Vous êtes donc pas tous les deux des assassins ? interrogea la superbe créature.

Blêmissant sous l’outrage, Nikita dressa la tête et spontanément déclara :

— Madame, vous avez devant vous un honnête homme, je m’appelle le prince Nikita, je suis lieutenant de l’armée russe.

— Que veniez-vous faire ici ?

Nikita rougit comme un écolier pris en défaut :

— Je ne peux pas vous le dire, madame.

Mais la magnifique créature insistait :

— Vous êtes peut-être un imposteur. Je veux vous croire. Vous avez un visage qui m’inspire confiance.

L’officier balbutiait maintenant :

— Je ne peux pas vous le dire, madame, je ne le peux pas, il s’agit d’un secret d’État.

— Vous venez de la côte, monsieur, dit la dame, vos vêtements sont souillés de boue, vous avez erré cette nuit dans mon voisinage, qu’y faisiez-vous ?

— Vous avez raison, madame, hélas je cherchais quelqu’un, quelque chose.

Mais, soudain, l’extraordinaire personne parut comprendre et deviner ce que l’officier voulait taire.

Au mépris de toute prudence, elle quitta l’angle de la pièce dans laquelle elle se tenait jusqu’alors, traversant l’intervalle qui la séparait de l’officier avec une allure souple et majestueuse, elle vint auprès de lui, si près, que son parfum captivant monta aux narines de Nikita, et le grisait.

— Prince, dit-elle, je sais ce que vous êtes venu faire ici, vous cherchez un document, et prétendez vous emparer du portefeuille ?

— Ah, madame, madame, s’écria Nikita, taisez-vous, je ne peux rien dire !

La grande dame se tut. Elle semblait avoir compris. Désormais certaine de ce qu’elle soupçonnait, elle n’éprouvait plus la moindre crainte.

Un sourire triste erra sur ses lèvres qui pâlirent un peu.

D’un geste de la main, d’un geste élégant de vraie femme du monde, elle désignait un siège à l’officier :

— Asseyez-vous, prince, fit-elle, nous avons à causer.

La mystérieuse inconnue s’étendit à demi sur une bergère, et dès lors Nikita, qui jusqu’alors avait été trop troublé pour se rendre compte de l’endroit où il se trouvait, s’apercevait qu’il était avec son interlocutrice dans un petit salon meublé avec un goût parfait.

Quittant son air hautain, la grande dame parut prendre l’officier en pitié.

— Prince, dit-elle, vous êtes jeune, vous êtes encore au seuil de la vie, peut-être que vous nourrissez quelque espoir. Eh bien, croyez-en une femme qui a connu les malheurs les plus terribles, quand elle vous dit : Fuyez.

— Pourquoi, madame ?

Une frayeur subite se peignit sur le visage de la superbe créature.

— Parce que quiconque prétend retrouver ce document courra les plus grands risques. Celui qui voudra se l’approprier est voué à la mort certaine.

Nikita, frémissant, s’était levé :

— Je m’en doutais, madame, je me doutais que vous saviez quelque chose. Peut-être est-ce vous qui détenez ce document ? Dans ce cas, madame, quoi qu’il doive m’en coûter, je connais mon devoir, je sais ce que je dois faire.

— Quoi donc, mon garçon ?

— Je ne ferai rien, que vous ne m’autorisiez à faire, mais je vous en supplie, madame, dites-moi la vérité, aidez-moi à rester un homme d’honneur.

— À la bonne heure. Écoutez, prince, peut-être pourrais-je vous aider un jour, mais pour le moment je ne puis rien faire et, d’ailleurs, je tiens à rassurer votre conscience en vous donnant ma parole que ce portefeuille n’est pas ici et que je ne puis rien pour vous le restituer. Vous allez partir, monsieur, et tout de suite.

— Pas encore, madame, pas avant d’avoir tué tout à fait ce misérable qui vous voulait du mal.

— Vous ne tuerez pas Jean-Marie.

— Mais…

— Vous ne le tuerez pas.

— Au moins, madame, souffrez que je le remette à la police, que je le fasse emprisonner, il faut que ce bandit soit puni, voyons.

— Non. Je ne veux pas. Vous allez au contraire l’emmener avec vous. Il faut que jusqu’au matin vous ne le quittiez pas, c’est la meilleure manière de me protéger. À l’aube, vous vous séparerez de Jean-Marie, et vous pourrez le faire sans inquiétude pour moi, car moi je serai loin.

— Vous serez loin.

— Que vous importe ?

— Madame, ne me torturez pas. Je n’ai pas beaucoup d’usage de la vie, je ferai ce que vous voudrez, mais accordez-moi une grâce. C’est un homme à genoux qui vous supplie, un homme qui vous aime. Votre nom Madame ?

Et il baisait le bas de sa robe.

La châtelaine du manoir tendit au prince Nikita sa main aux doigts fuselés, pour l’inviter à se relever, mais elle retira brusquement cette main que l’ardent officier voulait couvrir de baisers. Il insistait, humble et pressant.

— Votre nom, madame ? Faites-moi la grâce de ne pas me quitter avant que je sache où vous revoir.

Lentement enfin, la grande dame laissa tomber de ses lèvres ces paroles :

— Je m’appelle Mathilde de Brémonval et, dans deux jours, je serai à Paris.

— Ah, madame, s’écria l’officier radieux, dans deux jours…

— N’oublions pas nos conventions. Retirez-vous, exécutez votre promesse. Il faut que ce Jean-Marie sorte d’ici immédiatement, que vous le teniez éloigné du manoir jusqu’au lever du jour. Promettez-moi qu’il en sera ainsi fait ?

— Je vous le jure, madame, vous avez ma parole.

Puis, il insista d’une voix torturée d’émotion :

— Une grâce encore, madame.

— Laquelle ?

— Votre main à baiser.

D’un geste gracieux, la grande dame tendit à l’officier ses jolis doigts, et le jeune homme les porta à ses lèvres où il les maintint longuement.

***

Jean-Marie, maintenu au collet par Nikita, épaule démise, poignet foulé, se laissa faire. Enfin, l’équarrisseur s’expliqua :

— Vous n’êtes pas trop rosse pour moi, car maintenant que je suis démoli, vous pourriez me faire boucler, or, vous ne le faites pas. Une charité en vaut une autre. À mon tour de vous rendre un service.

— En êtes-vous donc capable ?

— Pourquoi pas ? fit Jean-Marie. Tout à l’heure, j’ai entendu votre conversation avec la femme du manoir, une femme que je ne connais pas d’ailleurs, car moi qui suis depuis trois mois jardinier dans cette boîte, je n’ai jamais vu qu’une vieille toupie qui s’appelle dame Brigitte, et qui s’est bien gardée de se montrer ce soir. Je vous disais donc que j’ai entendu votre conversation. Vous êtes de ceux qui cherchez le portefeuille ?

— Hein.

— Hé oui, la jolie rombière avec qui vous avez jaspiné pendant la moitié de la nuit ne vous a pas balancé des blagues. Elle ne sait pas où est le portefeuille. Seulement moi Jean-Marie, je le sais.

— Où ?

— Il est entre les mains d’une femme, une jeune et une chouette, une qui n’a pas froid aux yeux, une môme à la redresse, une qui est un peu là.

— Jean-Marie, si tu m’aides à le retrouver, je te couvre d’or.

— Suffit d’avoir la poule, et l’œuf d’or n’est pas loin. Mais attention, son poulailler, il est un peu gardé.

— Et où est-il ?

— C’est simple. Vous aurez compris quand vous saurez que la fille de Fantômas est sous les verrous à la prison de Morlaix.

L'Arrestation de Fantômas
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