Armes et techniques de combat

Il y en avait une bonne vingtaine : hommes, femmes et enfants. On a ouvert le feu à environ 70 mètres, peut-être 80. Les morceaux de chair volaient dans tous les sens. Tous nos tirs portaient ! Et eux, ils continuaient à s’approcher, ils continuaient comme si de rien n’était ! J’en ai visé un et je lui ai vidé mon chargeur dans le bide. J’ai immédiatement su que je lui avais pété la colonne vertébrale, parce qu’il est tombé comme une pierre. Mais il a continué à ramper vers moi, avec les jambes tordues dans le mauvais sens ! À 20 mètres, on a décidé de se servir du Vektor. Rien ! J’ai vu des membres et des os arrachés gicler un peu partout. Je les regardais se faire littéralement scier les membres, comme ça. Le SS77 est le meilleur fusil d’assaut de tous les temps, 840 mètres par seconde, 800 coups/minute, et ça servait à que dalle ! On leur a balancé toutes nos grenades et on n’en a descendu qu’un seul ! Un seul ! Et son corps est resté par terre avec ses dents qui claquaient encore ! [nom effacé] s’est pointé avec son RPG. Sa foutue roquette a juste traversé sa cible, comme ça, et elle a explosé contre les rochers ! Finalement, à 5 mètres, on a vidé les réservoirs de nos lance-flammes ! Ces fils de putes ont cramé comme des torches, mais ça ne les a pas arrêtés ! L’un d’entre eux s’est jeté sur [nom effacé] et lui a foutu le feu en lui mordant le cou. Je les ai vus se précipiter sur lui alors qu’on se tirait vers la jungle : une horde de corps enflammés qui se disputaient les restes hurlants d’une torche humaine. Putain de bordel de sa pute de mère ! Qu’est-ce qu’on était censés faire ?

Un mercenaire serbe
pendant la guerre civile zaïroise, 1994.

 

 

Choisir l’arme adéquate (ne vous contentez jamais d’une seule arme) suffit à faire la différence entre un tas de zombies morts (eux) et un futur mort-vivant (vous). Quand on se frotte aux goules, il est tentant de croire au mythe du super-commando : opter pour l’arme la plus lourde, le calibre le plus puissant et sortir « se faire » du zombie. Une attitude aussi stupide que suicidaire. Les zombies n’ont pas grand-chose à voir avec les sentinelles d’un camp de prisonniers dans un mauvais film de série Z. Ils ne meurent pas tous dès la première salve. S’armer correctement en vue d’un affrontement avec un zombie requiert une attention considérable, du sang-froid et une analyse pratique de la situation.

RÈGLES GÉNÉRALES

1. Respectez la loi

La législation concernant les armes à feu et les explosifs varie en fonction des pays où vous vous trouvez. Suivez-la à la lettre. Les peines encourues peuvent aller de la lourde amende à la prison pure et simple. Dans tous les cas, Vous ne pouvez pas vous permettre une inscription au casier judiciaire. Si les morts-vivants viennent à débarquer, la police doit vous considérer comme un citoyen modèle, en qui on peut avoir confiance et qu’on peut laisser librement aller et venir. Non pas comme un type louche au passé douteux qu’on interrogera en priorité dès que les ennuis commenceront. Fort heureusement, vous le verrez au cours de ce chapitre, de simples armes légales vous seront bien plus utiles que n’importe quelle arme lourde.

2. Entraînez-vous constamment

Quelle que soit l’arme que vous choisirez, simple machette ou fusil semi-automatique, elle doit devenir une excroissance naturelle de votre corps. Exercez-vous aussi souvent que possible. Si vous avez la possibilité de prendre des cours, inscrivez-vous sans tarder. Des instructeurs qualifiés vous feront gagner énormément de temps. Si votre arme est démontable, entraînez-vous à la désosser jour et nuit jusqu’à en connaître parfaitement chaque vis, chaque encoche, chaque courbe et chaque angle. À l’usage, vous gagnerez en expérience et en confiance, deux conditions essentielles pour vaincre des zombies. L’histoire nous prouve qu’un individu bien entraîné, armé d’une simple pierre, a plus de chances de survivre qu’un néophyte équipé du tout dernier joujou technologique.

3. Prenez-en soin

Quel que soit leur degré de complexité, les armes doivent être cajolées comme des enfants. Quiconque possède un minimum d’expérience dans le domaine des armes à feu sait que leur inspection et leur nettoyage font partie de la routine quotidienne. Même chose pour les armes de combat rapproché. Les armes blanches doivent être régulièrement aiguisées et préservées de la rouille, les manches contrôlés et réparés. N’abusez jamais de votre arme et ne vous en servez qu’en cas de nécessité. Si possible, faites-les régulièrement vérifier par des professionnels reconnus. Ces derniers décèleront des défauts imperceptibles pour l’amateur moyen.

4. Méfiez-vous des imitations

De nombreuses marques fabriquent de fausses lames, épées, arcs, etc. qui ne servent qu’au décorum. Choisissez votre arme avec attention et assurez-vous qu’elle est utilisable dans un contexte réel. Ne vous contentez pas de ce que vous raconte le fabricant. « Prêt à l’emploi » peut signifier que l’article résistera à quelques coups sur scène pendant une kermesse de province, mais qu’il se brisera en mille morceaux au premier affrontement sérieux. Si vos moyens vous l’autorisent, achetez un double de votre arme et entraînez-vous avec jusqu’à ce qu’elle rende l’âme. Vous connaîtrez alors ses capacités réelles.

5. Votre corps est (aussi) une arme

Bien entretenu et bien entraîné, le corps humain reste la meilleure arme au monde. Les Américains sont célèbres pour leur mauvais régime alimentaire, leur manque d’exercice et leur fétichisme regrettable envers toutes les machines qui leur permettent d’éviter de se fatiguer. On pourrait les traiter de « légumes », mais le mot « bétail » nous paraît plus adapté : gros, paresseux, mou et tout prêt à se faire dévorer. Votre corps est un véritable outil biologique. Il peut et doit évoluer pour vous faire passer du statut de proie à celui de prédateur. Suivez un régime strict et un entraînement physique rigoureux. Concentrez-vous sur les exercices d’endurance plutôt que sur la force brute. Surveillez toute maladie chronique dont vous vous savez victime, et ce quelle que soit son importance. Même si vous ne souffrez que d’une légère allergie, traitez-la régulièrement. En cas de danger, il faudra savoir très exactement ce dont votre corps est capable. Entraînez-vous et tâchez de maîtriser au moins un art martial. Assurez-vous qu’il met l’accent sur les méthodes d’évitement et non sur la façon de porter les coups. Savoir échapper à l’étreinte mortelle du zombie constitue l’essence même du combat rapproché.

COMBAT RAPPROCHÉ

Il est toujours préférable d’éviter le combat rapproché à mains nues. Étant donné la lenteur des zombies, courir (ou marcher rapidement) s’avère plus facile que d’aller au contact et se battre. Cela dit, il est parfois nécessaire de tuer un zombie en combat rapproché. Dans ce cas, il faut savoir agir avec précision. Un faux mouvement, une seule seconde d’hésitation et vous vous retrouverez avec deux mains froides agrippées au bras ou plusieurs dents ébréchées plantées dans la jambe. La plupart du temps, savoir choisir une arme s’avère crucial.

1. Matraques, masses et gourdins

L’utilisation d’une arme de ce genre a pour but d’écraser la cervelle (rap-pelez-vous, détruire le cerveau d’un zombie reste la seule façon de s’en débarrasser). Cela n’a rien de facile, loin de là. Le crâne humain est l’un des os les plus durs et les plus résistants du règne animal. Une réalité physiologique qui s’applique aussi aux zombies. Il faut asséner un coup d’une extrême violence pour parvenir à briser un crâne, sans parler de l’éclater en mille morceaux. Il s’agit pourtant de la seule méthode efficace, et elle suppose un seul coup bien placé. Si vous ratez votre cible ou que vous ne parvenez pas à briser l’os, vous n’aurez pas de deuxième chance.

Les manches de pioche, les hachettes ou tout autre type de bâton en bois s’avèrent excellents pour faire tomber un zombie ou le maintenir à distance. Hélas, leur manque de poids et de résistance vous empêcheront de délivrer un coup fatal. La barre à mine se révèle parfois très utile sur le moment, mais son poids vous posera un sérieux problème si vous devez vous déplacer.

La masse possède les mêmes inconvénients et nécessite par ailleurs un entraînement rigoureux avant que son utilisateur puisse toucher une cible en mouvement. Les battes de base-ball en aluminium peuvent éventuellement servir une ou deux fois, mais sont connues pour plier après un usage trop intensif. Quant au simple marteau standard, il permet certes d’asséner des coups très violents, mais son manque d’allonge réduit son efficacité et les zombies risquent de vous saisir le bras. La matraque de police – de type « tonfa », généralement en acétate renforcé – résistera à n’importe quel type de situation, sans toutefois pouvoir délivrer un coup mortel et définitif (notez qu’elle a justement été conçue pour ça).

Le meilleur choix reste le pied-de-biche en acier trempé. Son poids relativement mesuré et sa très grande résistance en font l’arme idéale du combat rapproché intensif. Ses bords recourbés à demi aiguisés vous permettront également de le planter dans l’œil et d’atteindre très facilement le cerveau. Bon nombre de réfugiés se sont débarrassés des zombies de cette façon. Autres avantages non négligeables du pied-de-biche : il permet de forcer les portes si nécessaire, et de soulever des objets lourds ou tout autre type d’usage pour lequel on l’a conçu à l’origine. Aucune autre arme ne combine autant d’avantages. Le modèle en titane est encore plus léger, plus résistant, et se trouve facilement sur le marché occidental, en Europe de l’Est ou en ex-Union soviétique.

2. Armes blanches

Les armes blanches, quelles qu’elles soient, ont leurs avantages et leurs inconvénients. Celles qui permettent de briser l’os du crâne tiennent rarement le coup à la longue. Aussi, la décapitation s’avère-t-elle presque aussi efficace que l’écrasement du cerveau (attention : la tête coupée d’un zombie est toujours capable de mordre et doit être considérée comme un danger potentiel). Grâce à la décapitation, il n’est plus nécessaire d’achever immédiatement le zombie. Dans certains cas, il suffit de lui trancher un membre ou de lui briser la colonne vertébrale pour le handicaper lourdement (notez que trancher un membre vous expose au virus via la zone blessée).

Une simple hache de bûcheron brisera facilement le crâne d’un zombie et lui réduira la cervelle en bouillie d’un seul coup. La décapitation s’avère tout aussi facile, ce n’est pas pour rien que la hache reste l’arme préférée des bourreaux depuis des siècles. Toutefois, atteindre sa cible n’a rien d’évident. De plus, si vous ratez votre coup, vous risquez de perdre l’équilibre.

Les haches plus légères et plus courtes font d’excellentes armes d’urgence. Si les morts vous encerclent et que les armes à forte allonge s’avèrent inutiles, une simple hachette suffira pour calmer les ardeurs de vos agresseurs.

L’arme blanche idéale reste l’épée, mais pas n’importe laquelle. Les fleurets, les rapières et autres lames d’escrime ne valent rien quand il s’agit de trancher un membre. À moins de les planter droit dans l’œil du zombie et de tourner votre poignet à quatre-vingt-dix degrés, elles ne vous seront d’aucune utilité. Ce geste technique n’a d’ailleurs été accompli qu’une seule fois, et encore, par un escrimeur professionnel. À ce titre, nous ne pouvons vous les recommander.

Les épées à une main vous laissent l’autre libre pour ouvrir une porte ou vous protéger avec un bouclier. Leur unique inconvénient reste leur manque de puissance. Il est difficile de taillader cartilages et os d’un seul coup. Autre problème, leur notoire manque de précision : blesser un ennemi vivant est une chose, viser proprement le cou et le trancher d’un seul et même mouvement en est une autre.

Les épées à deux mains pourraient bien remporter la palme dans leur catégorie. Elles délivrent en effet la puissance et la précision nécessaire pour une décapitation parfaite. Le katana des samouraïs arrive largement en tête. Son poids (entre 1 et 2 kilos, en fonction des modèles) se révèle idéal en cas de combat prolongé, et sa lame coupe facilement l’os le plus dur.

En dernier recours, les lames plus courtes conservent l’avantage. Le gladius romain constitue un très bon choix, même s’il est difficile d’en trouver une réplique valable. Le ninjite japonais autorise une prise à deux mains et sa lame en acier trempé est réputée pour sa solidité, deux points qui en font une arme de premier choix. Grâce à sa taille, son poids et sa très grande disponibilité, la machette standard reste probablement l’outil idéal. Si possible, optez pour les modèles militaires vendus dans les surplus. L’acier est de meilleure qualité et la lame noire mate vous aidera à passer inaperçu la nuit.

3. Autres armes

Les lances, javelots et fourches vous serviront à embrocher un zombie et le maintiendront à distance, mais sans nécessairement le tuer. Les chances de les lui planter dans l’œil ne sont certes pas nulles, cependant elles restent minces. La hallebarde du Moyen Âge (un hybride entre la hache et l’épée) peut éventuellement se montrer utile, mais là encore, elle requiert une très grande maîtrise pour décapiter correctement un zombie. A moins de vous en servir comme masse ou comme repoussoir, ce genre d’arme risque de vous décevoir.

La masse d’armes (ou le fléau d’armes), sorte de grosse boule accrochée à un manche par une lourde chaîne, s’avère à peu près aussi efficace qu’un pied-de-biche, bien que ses effets soient bien plus dévastateurs. Il vous faudra effectuer de grands mouvements circulaires jusqu’à obtenir suffisamment d’inertie pour écraser la cervelle de votre adversaire. Néanmoins, l’usage de cette arme nécessite une très grande habileté et nous ne la recommandons pas.

La massue médiévale remplit les mêmes fonctions qu’un banal marteau, sans les avantages pratiques de ce dernier. Une massue ne vous sera d’aucune utilité pour ouvrir une porte ou défoncer une fenêtre, redresser une lame ou planter un clou. N’essayez pas, vous risqueriez de vous blesser. Aussi, n’optez pour cette arme rétrograde que si vous n’avez rien d’autre sous la main.

Les couteaux sont toujours utiles, et peuvent servir en de nombreuses occasions. Contrairement aux hachettes, ils ne tuent un zombie que si on les plante dans la tempe, dans l’œil ou à la base du crâne. D’un autre côté, les couteaux pèsent beaucoup moins lourd que les haches, un détail important lorsqu’on se déplace. Avant de choisir un couteau, assurez-vous que sa lame est correctement aiguisée et qu’elle mesure plus de 20 centimètres. Évitez les lames dentelées et les couteaux-scies qu’on trouve dans les kits de survie : ils ont tendance à rester plantés dans leur victime. Comment réagirez-vous si vous plongez votre couteau dans la tempe d’un zombie sans pouvoir le retirer à temps pour faire face aux autres ?

La baïonnette est sans conteste la meilleure arme compacte anti-zombies au monde. Elle peut servir comme simple couteau (sa taille avoisine les 25 centimètres) ou se visser au bout d’un pic. Elle a fait ses preuves lors des violents combats au corps-à-corps dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, quand les soldats s’entre-tuaient dans des couloirs de boue dont la largeur n’excédait pas quelques mètres. À l’origine, elle a été conçue pour porter les coups vers le bas, de façon à transpercer le casque d’un ennemi. On imagine sans peine à quel point cette arme se montre efficace dès qu’il s’agit de s’occuper du crâne d’un zombie, de retirer proprement la lame, de passer au suivant et de le terrasser d’un seul coup bien placé en pleine face. Les modèles d’époque sont extrêmement rares. Seuls quelques musées et certains collectionneurs en possèdent encore un ou deux exemplaires. Toutefois, cotes et schémas explicatifs se trouvent assez facilement. Ayez toujours deux baïonnettes sur vous, bien huilées et bien rangées. C’est un investissement que vous ne regretterez pas.


Le bâton shaolin

Cette arme se distingue des autres dans l’arsenal anti-zombies. Elle n’est pas très conventionnelle au premier abord : un bâton de bois dur d’environ 180 centimètres, muni d’une lame plate en forme de cloche à une extrémité et d’une deuxième en forme de demi-lune ouverte à l’autre bout, ayant pour ancêtre un outil agricole chinois en bronze de la dynastie Shang (1766-1122 av.J.C.). Quand le bouddhisme s’est implanté en Chine, les moines shaolins ont adopté cet objet qui tient tout autant de l’outil que de l’arme. Il s’est à maintes reprises révélé étonnamment efficace contre les morts-vivants. Un coup vers l’avant, peu importe la lame utilisée, et vous obtiendrez une décapitation propre et nette, tout en restant protégé par la longueur du bâton. Hélas, la grande taille de cette arme rend son maniement difficile ; il est donc préférable de ne pas s’en servir dans ces conditions. En extérieur, par contre, rien ne combine aussi bien la sécurité de la lance et la mortelle efficacité du katana que le bâton shaolin.

Il existe quantité d’autres armes de par le monde, mais le manque de place nous empêche de toutes les évoquer. Si vous en découvrez une qui vous semble efficace, posez-vous les questions suivantes :

1. Peut-elle écraser un crâne d’un seul coup ?

2. Sinon, peut-elle décapiter d’un coup sec ?

3. Est-elle facile à manier ?

4. Est-elle légère ?

5. Est-elle solide ?

Les questions 3, 4 et 5 dépendent de votre situation, mais les questions 1 et 2 sont essentielles !

4. Outils motorisés

Les romans de gare et les films populaires décrivent ad nauseam la terrifiante et brutale efficacité des tronçonneuses. Leurs dents rotatives découpent sans problème l’os le plus dur et ne demandent ni compétence ni force particulières. Sans compter que le rugissement du moteur constitue un « plus » psychologique – détail important dans des situations où la terreur la plus abjecte fait partie du quotidien. Combien de films d’horreur montrent une tronçonneuse sceller le destin de tous ceux qui ont le malheur de la croiser ? La réalité est, hélas, tout autre.

Les tronçonneuses et les autres outils tranchants motorisés apparaissent tout en bas de la liste des armes efficaces pour se débarrasser d’un zombie. Tout d’abord, leur réservoir est limité. En panne sèche, une tronçonneuse vous protégera à peu près autant qu’un lecteur MP3. S’encombrer de bidons d’essence pose un autre problème : le poids. Une tronçonneuse standard pèse environ 5 kilos, là où une bonne machette n’en fait qu’un seul. Pourquoi augmenter encore les risques d’épuisement ?

Considérez également votre propre sécurité : un seul écart, et la lame vous sciera le crâne aussi facilement qu’elle le ferait pour un zombie. Enfin, comme pour n’importe quel outil motorisé, le bruit pose un sérieux problème. Le moteur d’une tronçonneuse – même si vous ne le faites tourner qu’un instant – signale à tous les zombies du coin que le dîner est servi.

FRONDES ET ARCS

À l’ère des armes à feu, on aurait tendance à considérer les lance-pierres, les frondes et les arcs comme totalement obsolètes. Et dans la plupart des cas, c’est parfaitement exact. Néanmoins, pour peu qu’on les utilise correctement, de telles armes permettent tout de même d’abattre en silence une cible très éloignée. Que faire si vous tentez de fuir une zone contaminée et qu’une goule vous bloque le passage au coin de la rue ? Son gémissement guttural risque à tout moment de trahir votre position et interdit toute tentative d’approche. La détonation sèche d’une arme à feu produira autant de vacarme que la plus forte des alarmes. Quelle solution ? Dans un cas comme celui-là, votre seule chance reste la discrétion.

1. Fronde

Célèbre à travers les âges grâce au mythe de David et Goliath, la fronde fait partie de notre héritage culturel depuis la préhistoire. L’utilisateur place une pierre polie au centre d’une bande de cuir, en saisit les deux bouts et la fait tourner de plus en plus vite avant d’en relâcher d’un coup une extrémité, ce qui projette la pierre vers sa cible. D’un point de vue strictement théorique, il est possible d’abattre sans un bruit un zombie à 10 mètres. Hélas, même après des mois d’entraînement intensif, les chances de réussite ne dépassent pas les 10 %. Sans expérience en la matière, autant lancer des pierres à la main.

2. Lance-pierre

Descendant direct de la fronde, le lance-pierre moderne possède une précision dix fois supérieure à son glorieux ancêtre. Il manque toutefois de puissance. Les petits projectiles tirés à partir d’un lance-pierre dernier cri n’ont tout simplement pas la puissance nécessaire pour perforer le crâne d’un zombie. Une telle arme ne servira qu’à signaler votre présence aux goules.

3. Sarbacane

Les morts-vivants étant insensibles au poison, cette arme n’a strictement aucun intérêt.

4. Shuriken

Utilisées par les Japonais à l’époque féodale pour perforer discrètement la tête des sentinelles, ces petites armes de jet ressemblent à des étoiles métalliques, d’où leur surnom d’« étoiles de ninja ». Entre des mains expertes, les shurikens se montrent d’une redoutable efficacité quand il s’agit d’abattre un zombie.

Néanmoins, comme pour beaucoup d’autres armes évoquées ici, leur usage requiert une grande habileté. À moins de faire partie du cercle très fermé des grands maîtres de cet art (seuls une poignée d’élus en méritent le titre), évitez ce genre de méthode exotique.

5. Couteaux de lancer

Tout comme les shurikens, les couteaux de lancer nécessitent plusieurs semaines d’entraînement intensif avant de pouvoir toucher une cible aussi volumineuse qu’un homme, et plusieurs mois avant d’espérer atteindre une zone aussi étroite que le crâne. Seul un expert peut raisonnablement envisager de tuer un zombie de cette façon. Mieux vaut employer votre temps et votre énergie au maniement d’une arme plus conventionnelle. Vous avez déjà suffisamment de choses à apprendre et vous devez le faire aussi vite ¡que possible. Ne perdez pas de temps à essayer de maîtriser ces armes de seconde zone.

6. Arc (long ou court)

Pour être honnête, planter une flèche dans la tête d’un zombie demeure extrêmement difficile, même avec une arme de compétition et un viseur moderne. Seuls les archers expérimentés ont une chance de réussir un coup pareil. La seule utilité pratique d’un arc réside dans l’usage de flèches incendiaires. Rien de mieux qu’une flèche enflammée pour faire partir un feu à distance. Cette méthode s’avère également pratique (comme elle l’a prouvé à maintes reprises) pour incendier directement un zombie. Ce dernier ne pensera pas à retirer la flèche et, avec un peu de chance, enflammera au passage les goules voisines avant de succomber aux flammes (pour un descriptif pratique, voir la rubrique « Feu »).

7. Arbalète

La puissance et la précision de l’arbalète permettent au « carreau » (la flèche de l’arbalète, en quelque sorte) de traverser proprement le crâne d’un zombie à 300 mètres. Pas étonnant qu’on la surnomme « la Mort Silencieuse ». Une bonne adresse au tir est requise, mais pas plus que pour un fusil. Recharger une arbalète réclame de la force et prend un certain temps, mais cela n’a pas beaucoup d’importance. C’est une arme de sniper, pas un canon à eau. Ne l’utilisez que pour un seul zombie. Si vous tentez le diable, vous risquez de vous faire dévorer avant d’avoir eu le temps de tirer une deuxième fois. Des carreaux à pointe triangulaire ou cylindrique feront l’affaire. Pour plus de précision, ajoutez-y un viseur télescopique. Malheureusement, le poids et la taille d’une arbalète constituent un sérieux handicap. En conséquence, ne l’utilisez que si la situation le permet : si vous voyagez en groupe, si vous défendez votre maison ou si vous ne disposez d’aucune autre arme silencieuse.

8. Arbalète légère

Beaucoup plus petite que le modèle standard, l’arbalète légère s’utilise d’une seule main et peut servir d’arme d’appoint. En avoir une à la ceinture vous laisse toujours une arme silencieuse à portée de main en cas de besoin. Comparée aux arbalètes traditionnelles, l’arbalète légère se révèle moins précise, moins puissante, et sa portée est moindre. Il faudra vous rapprocher sensiblement de votre cible, ce qui augmente le risque d’être découvert et rend donc sans objet le besoin d’opérer silencieusement… Utilisez-la avec circonspection et rigueur.

ARMES À FEU

Une bonne arme à feu surclasse tout ce qui a été évoqué plus haut. Prenez-en soin, gardez-la toujours à portée de main, assurez-vous qu’elle est correctement huilée et chargée. S’il conserve son sang-froid, qu’il ne tremble pas et qu’il ne manque pas de munitions, un seul homme tiendra tête à une armée de zombies.

On ne choisit pas une arme à feu au hasard. Il ne faut négliger aucun détail.

Dans quel contexte allez-vous vous en servir ? Défense passive, attaque ou retraite précipitée ? À quel type d’épidémie allez-vous être confronté ? De combien de personnes se compose votre groupe ? Où se situe le champ de bataille ? Dans quel environnement ?

Toutes les armes à feu n’ont pas la même fonction et presque aucune ne répond à toutes les situations. Pour choisir l’arme la mieux adaptée, plongez-vous dans l’étude de la guerre, un domaine vivace depuis la nuit des temps. Nous excellons dans l’art de nous entre-tuer. Éliminer des zombies, par contre, c’est une autre histoire.

1. Mitrailleuse lourde

Depuis la Première Guerre mondiale, cette invention a révolutionné les conflits modernes. Son mécanisme interne lui permet de tirer une multitude de coups en quelques secondes. Une méthode sans doute formidable dans le cadre d’un champ de bataille conventionnel, mais totalement absurde contre les morts-vivants. Rappelez-vous qu’il faut viser la tête. Une seule balle correctement placée suffit. Les mitrailleuses sont conçues pour le tir à saturation ; il faut des centaines, voire des milliers de cartouches pour un seul coup au but. Même si on opte pour une utilisation au coup par coup (une technique choisie par les Forces spéciales américaines), cela reste une perte de temps. Pourquoi gâcher des balles de mitrailleuse quand un simple coup de fusil produit le même résultat ? Dans les années 70, une école de pensée a proposé la « technique des Scythes » : on positionne une mitrailleuse à hauteur de tête face à une horde de morts-vivants et il suffit ensuite de tous les abattre d’un seul tenant. Cette idée a fait long feu – les goules, à l’instar des humains, n’ont pas toutes la même taille. Même si quelques-unes ne « survivent » pas aux balles, les autres continueront à s’approcher de votre position. Mais qu’en est-il des dommages corporels massifs produits par ce genre d’arme ? Avec une mitrailleuse, plus besoin de viser la tête. N’ont-elles pas la puissance nécessaire pour cisailler littéralement le corps d’un zombie ? Oui et non. Une seule balle standard de 5,56 millimètres tirée par une mitrailleuse SAW[ii] (Squad Automatic Weapon) nord-américaine suffit à sectionner l’épine dorsale d’un soldat moyen, peut lui arracher un membre et peut effectivement très bien couper un zombie en deux. Mais un nettoyage ultérieur n’en reste pas moins nécessaire. Gardez à l’esprit que les chances de pulvériser un zombie restent minces et nécessitent de fait un grand nombre de munitions. Par ailleurs, techniquement parlant, si la cervelle d’un zombie reste intacte, celui-ci est toujours vivant – handicapé, certes, et peut-être même immobile, mais encore en vie. Pourquoi prendre des risques inutiles ?

2. Fusil-mitrailleur

Cette arme pose peu ou prou les mêmes problèmes que la mitrailleuse lourde. Munitions abondantes obligatoires et zombies disséminés un peu partout ne font pas bon ménage. Cela étant, si vous nettoyez des zones confinées, le fusil-mitrailleur reste l’arme idéale. Son canon court le rend bien plus maniable qu’un simple fusil et son magasin confortable augmente son autonomie par rapport au pistolet moyen. Pensez à toujours sélectionner le mode « coup par coup ». Comme on l’a vu plus haut, le mode « tir continu » gâche inutilement des munitions. Pensez à caler la crosse contre votre épaule. Si vous la calez contre votre hanche, vous ferez beaucoup de bruit pour pas grand-chose. L’un des inconvénients majeurs du fusil-mitrailleur reste son manque de précision. Sa conception même le prédispose au combat rapproché ; il faut donc s’approcher bien plus près de sa cible qu’avec un fusil d’assaut standard. Sur le papier, cela ne pose aucun problème, mais à l’instar de nombreuses autres armes automatiques, le fusil-mitrailleur a tendance à s’enrayer. Un défaut qui vous expose à des risques inutiles. C’est d’ailleurs la principale raison pour laquelle il vaut mieux éviter de choisir ce genre d’arme comme compagnon de route.

3. Fusil d’assaut

Conçue à l’origine pour combler le vide entre le fusil et le fusil-mitrailleur, cette arme offre une puissance de feu considérable tout en restant maniable. L’outil idéal face à la menace zombie ? Pas vraiment. Bien que la polyvalence et la précision soient – on l’a vu – deux qualités appréciées, une forte puissance de feu ne va pas sans inconvénients. Même s’il est possible de régler un fusil d’assaut en mode « semi-automatique » – tout comme le fusil-mitrailleur –, quand on risque sa vie au quotidien, la tentation est grande de basculer en mode « rock’n’roll », même si cela ne présente aucun intérêt. Si vous choisissez un fusil d’assaut comme arme principale, tâchez de vous souvenir des questions fondamentales qui s’appliquent à toute arme à feu : quelle est sa portée utile ? Sa précision ? Trouve-t-on facilement des munitions ? Peut-on le nettoyer et l’entretenir facilement ?

Deux exemples parlants illustrent la question. Le M16 Al, de fabrication américaine, est considéré comme le pire fusil d’assaut jamais construit. Sa chambre interne pose quantité de problèmes d’entretien et son mécanisme complexe s’enraye facilement. Ajuster la visée – une manœuvre à effectuer chaque fois que la cible se déplace – requiert une pointe de crayon, un ongle ou tout autre type de tournevis de fortune. Que faire si vous n’en avez pas ? Ou si vous l’avez perdu et que des douzaines de zombies s’approchent lentement, mais sûrement ? Le délicat corps plastique du Ml6 Al interdit la pose d’une baïonnette, et si vous tentez malgré tout de le faire, vous risquez de fausser le magasin et de voiler l’affût. Un défaut rédhibitoire. Si vous affrontez une horde de goules et que votre Al s’enraye, vous ne pourrez même pas vous en servir comme massue. Le M16 (dénommé modèle AR-15, à l’origine) a été conçu dans les années 60 pour assurer la sécurité des bases aériennes américaines. Pour des raisons politiques douteuses, et à la suite de la néfaste influence du lobby militaro-industriel (« achetez mes armes, achetez mon vote et je contribue à votre campagne »), le gouvernement l’a choisi comme arme principale pour l’infanterie américaine. Ses défauts sont tels que, pendant la guerre du Vietnam, les forces Viêt-Cong ne daignaient même pas les prendre sur les corps des soldats américains. De facture plus récente, le Ml6 A2 est toujours considéré comme une arme de deuxième classe. Si vous avez le choix, faites comme les guérilleros communistes et laissez tomber le M16.

À l’inverse, l’AK-47 soviétique est considéré comme le meilleur fusil d’assaut au monde. Plus lourde que le Ml6 (5 kilos contre 3) et souffrant d’un recul beaucoup plus important, cette arme reste célèbre pour son efficacité et sa robustesse. Large et spacieuse, sa chambre interne ne risque pas de s’enrayer, même en cas d’intrusion de sable et de poussière. Au corps à corps, vous pouvez soit planter la baïonnette optionnelle dans l’œil du zombie, soit vous servir de la crosse en bois massif pour lui écraser le crâne. L’imitation est une forme sincère de respect, et plusieurs nations ont décidé de flatter le AK en le copiant (le type 56 chinois, par exemple, ou le Galil israélien). On l’a vu, le fusil d’assaut n’est pas l’arme idéale dans la lutte anti-zombies, mais un membre de la famille du AK-47 ne vous laissera jamais tomber.

4. Fusil à culasse mobile. Fusil à levier

Fabriqués à partir du milieu du XIXe siècle, ces deux types de fusils sont aujourd’hui considérés comme obsolètes. Pourquoi choisir un fusil de chasse alors qu’il est si facile de s’offrir un fusil-mitrailleur ? Une attitude regrettable, principalement fondée sur une sorte de parti pris technologique qui n’hésite jamais à nier l’évidence. Un fusil à culasse (ou à levier) de bonne qualité vous protège aussi bien – voire mieux – des morts-vivants que le dernier joujou technologique à la mode. Sa chambre coup par coup oblige le tireur à se concentrer sur chaque tir et augmente les chances de réussite. Cette caractéristique évite aussi au tireur de s’énerver et l’oblige à économiser ses précieuses munitions, qu’il le veuille ou non. Par ailleurs, ce type de fusil se nettoie et s’utilise facilement, deux aspects qu’on ne doit jamais prendre à la légère. Les fusils de chasse sont destinés avant tout au marché civil, et les fabricants savent bien qu’une arme trop complexe réduira les ventes. Avantage notable, on trouve des munitions adaptées à peu près partout. Comme il existe plus d’armureries civiles que militaires aux États-Unis (ce n’est pas le cas partout dans le monde), vous constaterez assez vite qu’il est plus facile de se procurer des munitions pour un simple fusil de chasse que pour un fusil d’assaut ou un fusil-mitrailleur. Un point fondamental si les hypothèses avancées en fin de volume se produisent réellement.

Avant d’opter pour un fusil à culasse mobile, vérifiez qu’il s’agit d’un modèle militaire un peu plus ancien. Attention, les modèles civils ne sont pas de moins bonne qualité – c’est même le contraire, en fait –, mais la quasi-totalité des fusils à culasse militaires sont conçus pour le combat rapproché. Prenez d’abord le temps d’apprendre à vous en servir correctement dans ce cas de figure. Utilisez-le comme massue et vous risquez tout bêtement de l’endommager, modèle militaire ou pas. Quantité de manuels en détaillent l’usage. Même les vieux films de guerre montrent bien à quel point ces armes peuvent s’avérer mortelles sans qu’il soit nécessaire d’appuyer sur la gâchette. Quelques noms célèbres pour vous aider dans votre choix : le Springfield américain, le Lee Enfield anglais ou le Mauser Kar 98k allemand. On en trouve encore beaucoup, certains en parfait état de marche. Avant de vous décider, assurez-vous d’avoir assez de munitions sous la main pour tenir un siège. Posséder un magnifique fusil à culasse militaire ne vous servira à rien si les seules munitions disponibles ne s’utilisent qu’avec les modèles civils.

5. Fusil/carabine semi-automatique

Depuis son apparition, cette arme a largement mérité le titre de tueur de zombie. Le risque de gâcher des munitions demeurant important (une balle tirée chaque fois que l’on presse la détente), il faut se plier à un minimum de discipline. Cette option s’avère toutefois merveilleusement utile quand on se frotte à des cibles multiples. Ainsi, une femme cernée de toutes parts a abattu pas moins de quinze zombies en douze secondes (voir « 1947 – Jarvie, Colombie britannique » au chapitre Épidémies recensées). Cette histoire authentique illustre bien le potentiel du fusil semi-automatique. Pour tout ce qui relève du combat rapproché ou des déplacements en terrain découvert, le semi-automatique s’utilise de la même façon qu’un modèle plus gros et plus puissant. On perd certes en portée, mais la carabine est généralement plus légère, plus facile à transporter et s’utilise avec des munitions plus modestes. Une arme décidément très pratique, quels que soient le modèle et la situation. Avant d’opter pour un fusil semi-automatique, sachez que la Garand Ml – qui date de la Seconde Guerre mondiale – ou la simple carabine Ml sont par bien des aspects supérieures aux armes contemporaines les plus sophistiquées. Une assertion qui peut vous paraître curieuse, mais n’oubliez pas que ces armes ont été conçues alors que le plus grand conflit de l’histoire ravageait encore la planète. Et elles ne se sont pas contentées de remplir admirablement bien leur rôle : la Garand Ml restait encore l’arme de référence des troupes américaines pendant la guerre de Corée et la carabine Ml a repris du service lors des toutes premières années du conflit vietnamien. Autre avantage de la Garand Ml, il est possible de s’en servir au corps à corps (pendant la Seconde Guerre mondiale, on considérait l’usage de la baïonnette comme une part essentielle du combat). Bien que sa production industrielle ait cessé, on trouve encore quantité de Garand sur le marché civil, avec leurs munitions. Quant à la carabine Ml, aussi incroyable que cela puisse paraître, elle est encore fabriquée à l’heure actuelle. Sa légèreté et son canon court conviennent parfaitement au combat en environnement clos et facilitent les longues journées de marche forcée.

On trouve de nombreux modèles plus modernes, comme la Ruger mini-30, la mini-14, ainsi qu’une carabine chinoise de type 56 (une copie de la carabine soviétique SKS, à ne pas confondre avec le fusil d’assaut du même nom). Si vous vous astreignez à une discipline rigoureuse, vous ne trouverez pas meilleure arme que le fusil semi-automatique.

6. Fusil à pompe

Contre un assaillant humain, et à distance réduite, cette arme n’a pas son pareil. Avec les zombies, c’est moins évident. Certes, un bon fusil à pompe de calibre 12 peut littéralement exploser la tête d’un mort-vivant. Cependant, plus la cible est éloignée, plus la dispersion des plombs augmente et moins vous aurez de chances de faire mouche. Une simple balle standard aura le même effet, avec une portée plus importante (en supposant que son canon soit plus long), alors pourquoi ne pas s’en contenter et opter pour un fusil ? Tout simplement parce qu’un fusil à pompe arrête net un adversaire. Le coup forme un véritable mur alors qu’une simple balle de fusil peut traverser sa victime ou la manquer. Si vous vous retrouvez acculé et qu’il vous faut gagner du temps à tout prix, un fusil à pompe projettera en arrière plusieurs zombies d’un seul coup. Hélas, ses grosses cartouches sont lourdes et encombrantes. N’oubliez pas ce détail si vous prévoyez de vous déplacer.

7. Pistolet

Les Américains ont un rapport particulier avec les pistolets. On en voit dans tous les films, émissions, séries télé, romans modernes et bandes dessinées. Nos héros en ont toujours porté un, du vieux shérif de western au flic infiltré dans la Mafia. Les gangs lui dédient des hymnes rap. Progressistes et conservateurs se déchirent sur le sujet. Les parents essaient d’en protéger leurs enfants et pendant ce temps-là, les fabricants amassent des fortunes.

Le pistolet supplante même l’automobile en tant que vrai symbole de l’Amérique. Mais cette icône culturelle nationale a-t-elle vraiment son utilité contre une bande de mangeurs de chair humaine affamés ? Pas vraiment. Contrairement à nos héros de papier, le citoyen moyen aura bien du mal à toucher quoi que ce soit, surtout une cible aussi petite qu’une tête de zombie. Imaginez votre état psychologique quand, fou de terreur, vous affronterez des zombies dans un combat à mort… Vous comprendrez rapidement que vous avez autant de chance d’abattre tous vos agresseurs que de mener de fructueuses négociations économiques avec eux. Plusieurs études sérieuses ont montré que parmi les balles perdues – comprendre les balles qui touchent des zombies sans les tuer – 73 % provenaient d’un pistolet, tous modèles confondus. Ces derniers se montrent néanmoins utiles dans les cas désespérés. Si un zombie vous agrippe, un pistolet peut vous sauver la vie. Pointer le canon à bout portant contre la tempe d’un agresseur et presser la détente ne requiert aucune adresse particulière et le tuera immédiatement. Les pistolets sont légers, petits et faciles à transporter, ce qui en fait d’excellentes armes de secours en toutes circonstances. Si votre arme principale est une carabine, optez pour des munitions communes ; vous réduirez d’autant le poids de votre paquetage. Pour toutes ces raisons, un pistolet garde donc son mot à dire dès qu’on envisage de lutter contre les goules, mais seulement en tant qu’arme de secours. Ne perdez jamais de vue que de nombreux corps à moitié dévorés ont été retrouvés avec un pistolet encore accroché à leurs doigts tout raides.

8. Calibre 22

Cette arme (version fusil ou pistolet) s’utilise avec une balle dont le diamètre n’excède pas quelques millimètres et la longueur 3 centimètres. On les réserve d’ordinaire à l’entraînement, à la compétition ou à la chasse au petit gibier.

Néanmoins, en cas d’attaque de morts-vivants, un modeste fusil de calibre 22 se révèle aussi efficace que ses cousins plus encombrants. La compacité des balles vous permet d’en transporter trois fois plus. L’arme en elle-même est très légère, un vrai don du Ciel si vous devez traverser de longues distances dans de vastes zones contaminées. Les munitions restent faciles à produire et on en trouve dans tout le pays. Aucune armurerie ne manque de calibre 22. Cela étant, deux inconvénients de taille tempèrent notre jugement : premièrement, ces petites balles n’ont pas la puissance nécessaire pour arrêter net un assaillant potentiel. Certaines personnes (dont l’ancien président Ronald Reagan) ont encaissé des projectiles de calibre 22 sans même s’en rendre compte sur le moment. Une goule touchée avec ce type de balle en pleine poitrine ne ralentira pas le moins du monde, et ne s’arrêtera pas non plus.

Deuxièmement, les projectiles perdent tout pouvoir pénétrant en longue portée. Avec une 22, vous risquez de vous approcher d’un peu trop près pour agir sereinement, détail qui augmente le stress et réduit l’adresse au tir. Mais le manque de puissance d’une 22 reste malgré tout une bénédiction. Comme la balle ne peut traverser l’arrière du crâne, elle a tendance à ricocher à l’intérieur et à causer autant de dommages qu’un colt 45. Aussi, quand vous vous équiperez pour affronter la menace zombie, ne dénigrez pas cette arme qui ressemble presque à un jouet, mais dont l’efficacité n’est plus à prouver.

9. Accessoires

S’il est possible de les monter sur le canon, les silencieux se révèlent parfois d’une importance vitale. Leur capacité à étouffer le bruit vous autorise à vous passer des arcs, arbalètes et autres armes de jet (un point fondamental quand vous vous déplacez).

Un viseur télescopique augmente considérablement vos chances de succès, surtout si vous comptez opérer en sniper. Dans ce cas, votre meilleur allié reste la visée laser. Rien de plus ludique que de placer un point rouge sur le front d’une goule. Le problème principal des visées laser réside dans leur faible autonomie. Idem pour les visées nocturnes à intensification de lumière. Bien qu’elles autorisent de jolis coups à longue portée après la tombée de la nuit, elles ne sont pas plus utiles que de simples tubes noirs une fois les batteries épuisées. Les lunettes conventionnelles restent donc préférables. Même si elles manquent de charme, elles ne vous feront jamais défaut.

 

PORTÉE OU PRÉCISION ?

 

Des études ont montré que le stress inhérent au combat tendait à augmenter l’imprécision du tireur à mesure qu’il s’approchait de sa cible. Lors des entraînements, gardez à l’esprit l’équation portée maximale/précision raisonnable. Pratiquez sur cibles mobiles dans des conditions idéales (sans stress). Une fois que vous connaîtrez vos limites, divisez-les par deux pour obtenir votre zone d’efficacité en situation réelle. Empêchez coûte que coûte les zombies de franchir cette « ligne rouge », votre précision en dépend. Si vous en affrontez toute une horde, assurez-vous d’abattre ceux qui pénètrent en premier la zone limite avant de vous occuper des autres. Ne prenez pas ces conseils à la légère, quelle que soit votre expérience en la matière. Flics de terrain, vétérans décorés ou même tueurs à gages confirmés, nombreux sont ceux à avoir été transformés en steaks hachés pour avoir cru que leurs nerfs d’acier pallieraient leur manque d’entraînement.

EXPLOSIFS

Question : quoi de mieux qu’une grenade lancée au milieu d’un tas de zombies ? Réponse : presque tout. Les explosifs antipersonnel tuent grâce aux shrapnels, ces échardes métalliques qui lacèrent les organes vitaux. Cela n’a aucun effet sur les zombies, et les chances d’atteindre le cerveau demeurant réduites, les grenades, les bombes et autres joujoux explosifs s’avèrent totalement inefficaces.

Cela dit, il ne faut pas non plus toujours les dénigrer : pour forcer une porte, élever une barricade en un clin d’œil ou faire sauter un groupe de zombies, rien ne vaut un bon bâton de dynamite.

FEU

Les morts-vivants ne craignent pas le feu. Placer une flamme devant un zombie ne fera que le ralentir. Les goules qui prennent feu ne le remarquent pas et n’ont aucune réaction particulière. Beaucoup trop d’inconscients ont connu une fin tragique pour n’avoir pas compris à temps que le feu n’avait aucun pouvoir dissuasif sur les zombies.

Le feu reste cependant le meilleur allié de l’humanité. L’incinération complète constitue le moyen le plus efficace de se débarrasser une bonne fois pour toutes d’un Zombie. Le feu fait non seulement disparaître le corps, mais également toute trace de solanum. Cela dit, ne croyez pas que les lance-flammes ou les cocktails Molotov apporteront une solution facile à tous vos problèmes. En situation réelle, le feu s’avère aussi mortel pour la cible que pour celui qui le manie.

La chair – humaine, zombie ou autre – brûle très lentement. Avant qu’un zombie ne succombe aux flammes, il se transformera d’abord en torche humaine – précisément en torche inhumaine – pendant quelques minutes ou même quelques heures. De nombreux cas mentionnent des goules enflammées causant des dégâts et tuant plus de personnes en brûlant qu’avec leurs dents et leurs ongles.

Le feu en lui-même n’a aucune loyauté. Considérez la nature inflammable de votre environnement, les risques d’inhalation de fumées nocives et la possibilité que la lumière joue le rôle de phare pour les zombies qui traînent dans le quartier… Il faut prendre ces facteurs sérieusement en compte avant de vous décider pour quelque chose d’aussi puissant et imprévisible que le feu.

Précisons enfin que la plupart des experts considèrent le feu comme une arme d’attaque frontale ou de retraite précipitée, rarement de défense statique.

1. Cocktail Molotov

Ce terme s’applique à tout récipient rempli de liquide inflammable et chapeauté d’une mèche de fortune. C’est une manière économique et efficace de tuer plusieurs zombies d’un seul coup. Si la situation vous l’autorise – lors d’une retraite, si vous devez nettoyer un bâtiment conçu pour résister aux flammes ou, au contraire, brûler une construction inflammable infestée de goules – jetez le cocktail sur les goules et réduisez-les en cendres jusqu’à la dernière.

2. Arrosage

Cette technique consiste à remplir un récipient de liquide inflammable, à le lancer contre un ou plusieurs zombies, à craquer une allumette et… à courir très vite. Si la place ne manque pas et qu’il n’y a aucun danger de feu résiduel, cette méthode n’a qu’un seul inconvénient : la proximité de l’ennemi.

3. Chalumeau

Le chalumeau standard (une bonbonne de propane pourvue d’un brûleur) ne génère pas assez de chaleur et ne dispose pas d’une réserve suffisante de carburant pour brûler efficacement le crâne d’un zombie. Mais il peut très bien servir à embraser le mort-vivant en question si celui-ci a préalablement été recouvert de liquide inflammable.

4. Lance-flammes

Plus que tout autre, cet engin passe pour un véritable exterminateur de zombies. Un jet de flammes de 60 mètres, nourries d’essence gélifiée, transforme n’importe quelle horde de morts-vivants en magnifique bûcher funéraire. Alors pourquoi ne pas vous en offrir un ? Pourquoi ne pas jeter aux orties tout votre arsenal et opter pour une authentique gueule de dragon ? Les réponses sont aussi nombreuses qu’évidentes. Le lance-flammes a été conçu pour un usage militaire et n’est plus en service dans l’armée américaine. Il est donc difficile d’en trouver un – surtout un modèle en état de marche –, sans parler du carburant adapté. Même en supposant que vous disposiez du nécessaire, vous aurez bien du mal à utiliser correctement pareil engin. Pourquoi porter 35 kilos de matériel pour vous occuper d’une poignée de goules ? Un lance-flammes vous interdit purement et simplement tout déplacement. À moins de ne pas bouger ou de disposer d’un engin motorisé, l’épuisement risque de se révéler tout aussi mortel que les zombies eux-mêmes. La place d’un lance-flammes est au milieu du champ de bataille, face à des centaines, voire des milliers de zombies hurlants. Soit. Mais si une telle « armée des morts » existait – Dieu nous en garde –, il y a de fortes chances qu’elle affronterait une armée régulière dûment équipée par le gouvernement, et non un simple particulier muni de son fidèle (et sans doute illégal) lance-flammes.

AUTRES TYPES D’ARMES

Imagination et improvisation… Deux alliés de poids quand on affronte les morts-vivants. N’hésitez surtout pas à observer scrupuleusement votre environnement immédiat et réfléchissez à ce qui peut vous servir d’arme. Mais n’oubliez pas la physiologie des zombies et évaluez bien les capacités réelles de cette arme de fortune.

1. Acide

En dehors du feu, l’acide sulfurique reste le meilleur moyen de se débarrasser complètement du corps d’un zombie. Les aspects pratiques posent davantage de problèmes. En supposant que vous ayez accès à une réserve suffisante d’acide sulfurique, maniez-le avec précaution. Cette substance est sans doute plus dangereuse pour vous que pour vos victimes, et dissoudre totalement un zombie vous prendra beaucoup de temps. Mieux vaut considérer l’acide comme un bon moyen de nettoyer proprement la zone une fois le combat terminé, et non comme une arme offensive.

2. Poison

On dénombre plusieurs milliers de poisons mortels et il n’est pas question ici d’en dresser la liste exhaustive. Rappelons simplement les règles de base de la physiologie zombie : ils sont totalement immunisés contre tout type de poison, y compris les gaz innervants et les lacrymogènes. Toute substance conçue pour paralyser les fonctions motrices se révèle pareillement inefficace, les morts-vivants n’ayant plus aucun usage de ces fonctions. Les zombies ne craignent pas la crise cardiaque, la paralysie nerveuse, la suffocation ou tout autre effet mortel des poisons.

3. Guerre bactériologique

N’y a-t-il pas une certaine poésie dans le fait d’envisager l’extermination de créatures contaminées par un virus en utilisant un autre virus ? Hélas, la question ne se pose même pas. Les virus ne s’attaquent qu’aux cellules vivantes et n’ont donc aucun effet sur les cellules mortes.

Même constat pour tous les types de bactéries. De nombreuses tentatives de production et d’épandage de necrotizing fasciitis (une bactérie nécrophage) sur des cobayes zombies ont été effectuées en laboratoire, sans succès. On conduit aujourd’hui des expériences complexes pour développer une nouvelle variété de bactéries se nourrissant exclusivement de chair morte, mais les experts restent sceptiques. Des tests sont en cours pour déterminer quels micro-organismes habituellement impliqués dans la décomposition peuvent continuer à se nourrir de chair malgré l’infection. Si les chercheurs réussissent à les isoler, à les reproduire et à les répandre sans risque pour celui qui s’en charge, ces microbes pourraient bien devenir la principale arme de destruction massive de l’humanité dans sa lutte contre les morts-vivants.

4. Guerre zoologique

Petites ou grandes, des centaines de créatures se nourrissent de charognes. L’idée d’en sélectionner quelques-unes pour dévorer les morts avant que ceux-ci vous dévorent peut sembler séduisante. Malheureusement, toutes ces espèces – des hyènes aux fourmis rouges – évitent instinctivement les zombies. La nature hautement toxique du solanum semble profondément inscrite dans la mémoire génétique du règne animal. Ce mystérieux signal émis par le solanum – odeur, phéromone ou « vibration » imperceptible pour les humains – ne se dissimule tout simplement pas, et ce quelle que soit la substance aromatique utilisée (voir « 1911 – Vitre, Louisiane », page 314).

5. Électrocution

Le système musculaire zombie fonctionnant à peu près comme celui des humains, l’électricité peut très bien les paralyser ou les sonner temporairement. Des résultats létaux n’ont été obtenus que dans des cas extrêmes (des lignes hautes tension tombées à terre qui ont littéralement grillé la cervelle des morts-vivants). Ce n’est pas une arme absolue pour autant – le courant qui circule dans les fils électriques est dangereux pour tout le monde et suffit parfois à carboniser n’importe quelle matière organique, vivante ou morte. Sonner un zombie requiert deux fois plus de tension que pour un humain. Par conséquent les matraques électriques ne vous seront d’aucune utilité. L’électricité peut servir de barrière temporaire si on fait passer du courant dans une fosse remplie d’eau, par exemple. Le choc paralyse les goules et il est beaucoup plus facile de s’en débarrasser par la suite. Cette technique a régulièrement été employée, avec succès.

6. Radiations

Les chercheurs étudient aujourd’hui l’effet des micro-ondes et des autres rayonnements électromagnétiques sur le cerveau des morts-vivants. D’un point de vue strictement théorique, cette méthode pourrait générer des tumeurs massives et presque instantanées dans la matière grise zombie. Les expériences n’ont pas dépassé le stade préliminaire et les résultats ne sont pas encore très probants. Le seul exemple connu où des zombies ont encaissé une émission massive de rayons gamma remonte à la célèbre « affaire du Khotan » (voir « 1987 – Khotan, Chine », page 340). À l’époque, non seulement les goules n’ont pas succombé à la radioactivité ambiante – mortelle pour tout être humain en seulement quelques heures – mais elles ont aussi failli répandre la contamination à travers toute la province. Pour la première fois, le monde a dû faire face à une menace encore plus dévastatrice : le zombie radioactif. Même si toute cette histoire ressemble à un mauvais film de S-F des années 50, elle s’avère rigoureusement authentique. Les zombies radioactifs ne possèdent ni pouvoir magique particulier, ni capacités supplémentaires. Le seul danger réside dans les radiations émises, mortelles pour tous ceux qu’ils touchent ou approchent. Des gens ayant bu une eau souillée par les goules sont morts d’irradiation peu de temps après. Fort heureusement, la puissante armée chinoise a totalement éradiqué l’épidémie. Cette intervention n’a pas seulement mis un terme à la nouvelle menace, elle a surtout permis au réacteur nucléaire du Khotan de ne pas dépasser son seuil critique.

7. Guerre génétique

De récents travaux ont très sérieusement étudié l’utilisation d’armes génétiques pour contrer la menace zombie. La première étape consiste à établir la carte génétique du solanum. On développe ensuite un agent séquentiel qui réécrit son code génétique et lui ordonne de cesser son attaque sur les tissus humains avant de s’auto-cannibaliser. On ne combat plus les zombies directement, mais le virus qui les contrôle. En cas de succès, cet agent séquentiel marquerait une étape aussi décisive que révolutionnaire dans la guerre anti-morts-vivants : le remède génétique. Il va néanmoins falloir attendre un certain temps avant d’ouvrir les bouteilles de Champagne. La thérapie génique n’en est qu’à ses débuts. Même avec une attention médiatique constante et des fonds importants – deux aspects actuellement inexistants –, l’idée d’un agent séquentiel capable de combattre le virus n’a pas encore dépassé le stade expérimental.

8. Nanothérapie

La nanotechnologie – la conception d’engins microscopiques – n’en est encore qu’à ses balbutiements. Aujourd’hui, nous sommes capables de produire des puces électroniques expérimentales de taille moléculaire. Un jour, des robots tout aussi petits seront capables d’agir à l’intérieur du corps humain. Ces nano-robots, ou quelle que soit leur appellation, détruiront les cellules cancéreuses, répareront les tissus endommagés et pourront même attaquer des virus hostiles. En théorie, il n’y a aucune raison de ne pas les injecter par milliards dans un corps récemment infecté pour identifier le solanum et l’éradiquer du système vasculaire. Quand disposerons-nous de cette technologie ? Quand trouvera-t-elle ses applications médicales ? Quand pourra-t-on éradiquer efficacement le solanum ? L’avenir nous le dira.

ARMURES

Agilité et rapidité représentent vos premiers atouts pour vous défendre contre les morts-vivants. Une armure limitera votre mobilité et sapera votre énergie si le combat s’éternise. Ajoutez à cela les risques de déshydratation, et l’idée perd tout intérêt. En outre, L’inconvénient principal d’une armure (et le plus difficile à comprendre) n’est pas d’ordre physique, mais bien psychologique : ceux qui portent une tenue protectrice ont tendance à trop se sentir en sécurité et prennent plus de risques que s’ils portaient de simples vêtements. Un Ici état d’esprit a déjà trop fait de victimes inutiles. Pour dire les choses clairement, la meilleure protection contre une morsure de zombie reste la distance. Si malgré tout vous décidez de porter une tenue protectrice, les paragraphes qui suivent vous apporteront les informations nécessaires pour faire le bon choix en toute connaissance de cause.

1. Armure à plaques

On pourrait la définir comme l’armure « classique ». Le terme évoque irrésistiblement l’image d’invincibles chevaliers couverts d’acier des pieds à la tête. Avec une telle protection, on pourrait tranquillement déambuler parmi les zombies affamés tout en les narguant impunément, non ? Non. Pour être honnête, l’armure médiévale standard est tout sauf invulnérable. Les joints (en cuir ou en métal) qui maintiennent les différentes plaques en place peuvent facilement être arrachés par des mains insistantes, sans parler d’une foule enragée. Même intactes, les armures en acier restent lourdes, encombrantes, étouffantes et extrêmement bruyantes (en plus du risque de déshydratation évoqué plus haut). Dans la mesure du possible, prenez le temps d’observer de près une véritable armure ; revêtez-la et exercez-vous au combat contre un leurre. Au mieux, l’expérience s’avérera désagréable. Au pire, épouvantable. Imaginez maintenant que vous faites face à cinq, dix, cinquante assaillants. Tous s’approchent inexorablement, s’agrippent à vos plaques et les tordent en tous sens. Privé de la rapidité et de l’agilité suffisante pour les distancer ou les éviter, privé même de la vision nécessaire pour les repérer et les abattre, vous terminerez tristement votre existence en corned-beef.

2. Cotte de mailles

Portée des pieds à la tête, cette armure plus légère constitue une assez bonne protection contre les morsures de zombies. Aucune dent ne risque de traverser le fin réseau de mailles, ce qui vous évite toute infection. Sa grande flexibilité autorise des mouvements plus amples et accroît la mobilité. L’absence de masque facial laisse la vision libre. La conception même de la cotte de mailles (à la différence de l’armure à plaques) permet à votre peau de respirer et supprime les effets de la déshydratation et/ou de la chaleur. Malheureusement, ses inconvénients n’en restent pas moins nombreux. A moins de vous être entraîné pendant des années, votre efficacité au combat en souffrira nécessairement. Le poids, notamment, vous épuisera lentement mais sûrement. Le manque de confort permanent risque de vous distraire au mauvais moment, et Dieu sait à quel point il vaut mieux éviter toute forme de distraction en situation de combat. Attention, si une cotte de mailles vous protège de la contamination stricto sensu, la pression des mâchoires d’un zombie suffira amplement à vous briser un os ou à écraser les chairs. Par ailleurs, le tintement des mailles signale à tous les zombies environnants qu’il est temps de passer à table. À moins de vouloir volontairement vous faire repérer, n’essayez pas. D’un point de vue pratique, si vous optez malgré tout pour une cotte de mailles, assurez-vous qu’elle résistera à un combat réel. La plupart des armures anciennes d’allure médiévale sont aujourd’hui produites pour décorer les châteaux ou servir de costumes de scène. On utilise de fait des matériaux moins onéreux pour leur fabrication. Avant d’acheter la vôtre, vérifiez toujours – minutieusement – que la cotte de mailles en question peut supporter sans problème une morsure de zombie.

3. Combinaison anti-requins

Conçue pour protéger les plongeurs des requins, cette combinaison maillée supporte facilement les plus violentes morsures de zombies. Fabriquée à partir d’un fin réseau de fibres d’acier ou de titane, elle est deux fois plus efficace qu’une cotte de mailles standard et deux fois plus légères. Pour autant, cela ne règle pas la question du bruit, sans parler de P inconfort physique ou de la perte de vitesse et d’agilité. Néanmoins, les combinaisons anti-requins s’avèrent très utiles pour la chasse aux zombies sous-marins (voir « Combats sous-marins »).

4. Casque

Les goules l’apprécieraient beaucoup si elles savaient s’en servir. Mais pour nous autres humains, le casque ne fera qu’entraver notre vision. Proscrivez cet encombrant couvre-chef, sauf si les conditions s’y prêtent (en cas d’utilisation de dynamite, par exemple, où des projections de gravats et de débris divers risquent à tout moment de vous retomber sur la tête).

5. Gilet pare-balles

La quasi-totalité des morsures de zombies sont infligées au niveau des membres. Les gilets pare-balles et autres types de protections ventrales représentent donc une perte de temps. On peut à la rigueur envisager de porter un gilet pare-balles en cas de bataille rangée où l’on risque soi-même d’encaisser un tir, mais même dans ce cas, un sniper maladroit aura généralement tendance à viser la tête.

6. Protections en Kevlar

Ces dernières années, la police a commencé à équiper ses unités d’intervention avec ce genre de matériau léger et résistant. On utilise des plaques épaisses et lourdes pour fabriquer des gilets pare-balles, mais une version plus légère et plus souple suffit à stopper une lame de couteau et protège efficacement des morsures de chiens. Si on la porte sur les avant-bras et les jambes, cette nouvelle panoplie aidera à réduire les risques de morsures de zombies lors d’un combat rapproché. Si vous achetez des protections en Kevlar, ne les portez qu’en cas de danger et ne vous croyez surtout pas invulnérable. De nombreuses personnes ont cru que de telles protections (ou tout autre type d’armure) les autorisaient à prendre des risques inutiles. Aucune armure au monde ne protège de la bêtise. Comme on l’a vu plus haut, votre but est de survivre, et seulement de survivre. Pas question de jouer les héros. Ce genre d’attitude ne réussira qu’à vous mettre en danger. Vous et les autres.

7. Vêtements serrés et cheveux courts

Tous les vétérans endurcis par des années de combats (guerres, bagarres de rue, etc.) vous le diront : contre les morts-vivants, rien n’est plus efficace que des vêtements bien ajustés et des cheveux ras. Le simple fait que les goules attaquent en essayant d’attraper leurs victimes, puis les tirent vers elles pour les mordre, constitue un argument en soi. La logique parle d’elle-même : moins vous leur offrez de prise, plus vous avez de chances de leur échapper. Les vêtements larges, les poches de treillis, les sangles et tout ce qui pendouille librement aideront les zombies à vous agripper. Quiconque a un jour travaillé en usine ou dans un atelier de confection insistera sur la nécessité de ne jamais rien laisser traîner nulle part.

Des vêtements serrés – dans les limites du confortable, évidemment – élimineront ce danger. Les cheveux présentent le même inconvénient. Certaines personnes ont trouvé une mort atroce après avoir été attrapées par les cheveux. Il est toujours possible de se les attacher avant un combat, mais limitez-vous au centimètre réglementaire pour optimiser vos chances.